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L’activité physique et la santé : parlons chiffres.

19/10/2010

Cet article vise simplement à mettre en lumière le coût bénéfice de la promotion de l’AP, un sujet dont très peu de personnes parlent.  A titre d’information, le coût global des soins données aux patients diabétiques est estimé à 4,9 milliards d’euros ce qui représente 4,7% des dépenses de l’assurance maladie. Le coût annuel par patient est de 3780€.

Constat

Une étude se propose d’estimer les coûts directs et indirects de l’inactivité physique et de l’obésité au Canada en 2001. À l’aide d’une méta-analyse d’études de prospective, le risque relatif des maladies associées à l’inactivité physique et à l’obésité ainsi que les coûts des soins de santé de ces maladies au Canada ont été identifiés. Les estimations sont établies pour les coûts directs et indirects des soins de santé et les coûts. Le fardeau économique de l’inactivité physique se chiffre à 5,3 milliards de dollars (direct, 1,6 milliards de dollars; et indirect, 3,7 milliards de dollars); le fardeau économique de l’obésité s’élève à 4,3 milliards de dollars (direct, 1,6 milliards de dollars; et indirect, 2,7 milliards de dollars). Les coûts économiques globaux de l’inactivité physique et de l’obésité représentent 2,6% et 2,2% de tous les coûts de santé au Canada (Katzmarzyk et al., 2004). A ce titre une étude récente sur des enfants du nord de la France à mis à jour que seulement 10% d’entre eux avaient un niveau d’AP correspondant aux recommandations et que 25% des enfants étaient en surpoids ou obèses (Guinhouya et al., 2010)

En 2001, une étude réalisée par la division d’économie médicale de l’institut de médecine sociale et préventive et de l’hôpital universitaire de Zurich s’est penchée sur les répercussions économiques du rapport entre santé et AP. D’après les conclusions obtenues, l’activité physique que pratique une majorité de la population permet aujourd’hui d’éviter chaque année 2,3 millions de cas de maladies, au moins 3300 décès et 2,7 milliards de francs suisse de frais de traitement directs. En revanche, toujours selon ces estimations pourtant prudentes, le manque d’exercice dont souffre un bon tiers de la population est responsable de 1,4 million de cas de maladie de quelque 2000 décès et de 1,6 milliard de francs suisse de frais de traitement directs par année ? Bien sur ces résultats sont à modérer car la pratique d’AP engendre aussi des blessures et des décès (Martin et al., 2010).

La prévention

Une étude porte sur le cout efficacité des stratégies qui promeuvent l’AP chez l’adulte et l’impact sur l’incidence de pathologies. Le calcul se fait par dollars/QALY gagné. Ce travail rassemble des études qui évaluent les 4 stratégies de promotion de l’AP : campagne centrée sur des communautés, changement de comportement au niveau individuel, intervention sur les relations sociales à l’intérieur d’une communauté et la diffusion d’informations sur l’AP.  Les auteurs portent leur intérêt sur l’apparition des atteintes cardiaques, des diabètes de type 2, cancer du sein à travers différents niveau d’AP. Le ratio cout efficacité est évalué entre 14000 et 69000 dolars par QALY gagné par rapport à aucune intervention (Roux et al., 2008).

L’intervention

Quels seraient les couts et économies si on proposait un programme d’AP de 2 fois par semaine à plus de 10 000 personnes de plus de 65 ans ? Les chercheurs estiment  que ce programme couterait 854700£ par an. Ce programme pourrait éviter 76 décès et 230 hospitalisations (pour atteintes coronariennes, diabètes, troubles mentaux, fractures). Les dépenses évitées seraient de 600100 £ par an. Ce programme pourrait économiser 300£ par année de vie sauvée.

Pour conclure, on peut être en droit de se demander pourquoi, il n’y a pas des investissements massifs dans la prévention primaire, secondaire et tertiaire, brefs encore de réels choix politiques à mener.

Roux et al., “Cost Effectiveness of Community-Based Physical Activity Interventions,” American Journal of Preventive Medicine 35, n°. 6 (Décembre 2008): 578-588.

Guinhouya, “Niveau d’activité physique objectivement mesurée chez des enfants du Nord de la France,” Journal de Pédiatrie et de Puériculture 23, n°. 5 (10, 2010): 297-303.

Martin B.W., Beeler I., Szucs T., Smala A.M., Brugger O., Casparis C. (2001): Repercussions economiques du rapport entre sante et activite physique: premieres estimations pour la Suisse. Schweiz. Ztschr. Sportmed Sporttraum. 49: 87–89.

Katzmarzyk Peter T et Janssen Ian, “The economic costs associated with physical inactivity and obesity in Canada: an update,” Canadian Journal of Applied Physiology, 29, n°. 1 (Février 2004): 90-115.

 

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