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Activité physique en psychiatrie: une étude orginale belge

26/10/2011

Le numéro d’octobre 2011 de la revue l’Encephale affiche un article titré : Efficacité de l’exercice physique en psychiatrie : une voie thérapeutique ? Tordeur et al., (2011) (lien).

 Cette recherche vise à étudier le lien entre l’exercice physique et l’amélioration du bien-être général de 283 patients hospitalisés au sein d’un service de psychiatrie.

283 sujets sont inclus dont 45% d’hommes et une moyenne d’hospitalisation de 15 jours. Parmi les sujets inclus, on retrouve différents types de pathologies : troubles anxieux, dépendances à l’alcool, toxicomanies, décompensations psychotiques et troubles dépressifs majeurs. Les sujets accèdent de manière libre aux activités physiques (gym, vélo, promenades)

 L’étude est mono-centrique et l’ensemble de l’équipe de soin, pluridisciplinaire, évalue en aveugle (sans connaître l’objet de l’étude) à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) allant de 1 (aucune amélioration) à 10 (très forte amélioration) l’état des patients. Les auteurs constituent 2 groupes en fonction des variations à ces EVA : le groupe amélioré (> 5) et peu amélioré (< 5).

 Au-delà des résultats positifs, par corrélations, entre amélioration de l’état perçu et pratiques physiques ainsi que de souligner que les sujets dépressifs pratiquent plus, quelques commentaires peuvent être établis sur cette étude.

 Tout d’abord, c’est avec plaisir qu’on peut enfin lire une étude francophone sur activité physique et psychiatrie.

Le traitement de cette thématique est très original.

 Les auteurs abordent un sujet très important et peu pris en compte dans la littérature spécialisée : « faut-il contraindre les patients « non motivés » à participer aux exercices physiques ? ». Les travaux de Beebe et al 2010 offrent des pistes de réponse.

 Il est tout de même important de souligner quelques limites.

 Absence d’informations précises socio-médicales sur les patients qui rend l’interprétation des résultats hasardeuse.

 Prendre en compte la nature de l’activité physique comme variable dépendante. Ce n’est pas du tout étayé par la littérature. Pour illustrer mes propos, je propose un exemple : C’est équivalent à tester différents médicaments sans aucun rapport pour traiter la fièvre afin de voir lequel est le plus efficace. Non la question doit être, est ce que ce médicament précis est efficace pour traiter la fièvre, ensuite d’établir la dose, et le type de prescription.

 Les analyses ne portent que « les patients qui leur avaient laissé une trace mnésique claire » à l’équipe, c’est un biais énorme quand on connait les traces que peuvent laisser certains patients parmi les soignants pour des raisons totalement indépendantes du sujet de l’étude.

 L’étude porte sur l’activité physique, or il apparaît que l’équipe est composée de kinésithérapeute et ergothérapeute mais aucun spécialiste de l’activité physique dans le domaine de la psychiatrie.

 Les analyses ne portent que sur les patients souhaitant pratiquer, c’est donc un biais important quand connaît l’effet placebo de l’activité physique (voir l’article ici).

 Les analyses effectuées ne permettent pas de prendre en compte la durée du séjour, or les travaux de Mead et al. 2008 démontrent un effet minimal de l’AP sur la dépression à partir de 6 à 8 semaines, or la moyenne de l’étude est de 2 semaines (voir les publications du groupe Cochrane dans les liens du blog).

 Pour conclure, j’affirme à nouveau le plaisir de voir émerger ce type d’étude au niveau francophone. Je constate que la Belgique publie de plus en plus dans ce domaine notamment avec les travaux de Vancampfort D (bibliographie).

  N’hésitez pas à réagir aux articles et à les partager sur facebook….

2 commentaires leave one →
  1. 29/11/2011 5:52

    Bien sur, vous avez tout à fait raison. L’ouvrage de Caouette a été cité dans un article précédent.

    https://actiphysetc.wordpress.com/2011/09/15/etudiant-staps-apa-tu-lis-quoi/

    Cet ouvrage est une référence, malheureusement, il est difficilement accessible.

  2. delorme permalink
    29/11/2011 5:34

    brunet et caouette avaient déjà bien déblayé le terrain dans corps et psychiatrie

Un commentaire ???

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