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Activité physique et cancer du sein: on passe a l’action ?

05/02/2012

Le 26 Janvier et les jours qui ont suivis, pour les mordus d’internet qui veillent l’actualité concernant les APA, il était impossible de ne pas connaître l’étude de l’Institut Curie en partenariat avec Siel Bleu. Cette étude explore les bénéfices de l’activité physique chez des femmes qui ont été traitées pour cancer du sein.

 Au de là, de l’intérêt scientifique discutable (en termes de design…) (étude voulant explorer l’impact de la pratique physique sur la récidive de cancer), le sur-traitement médiatique de celle-ci m’interroge. En effet, la quantité importante de sites, journaux, même de vidéo mettant en avant cette étude est assez rare pour un sujet traitant de l’activité physique dans le traitement de malades. La dépêche AFP a été reprise de nombreuse fois. Comme à chaque fois, la lisibilité Activités Physiques Adaptées (APA) est brouillée par les termes sport, sport santé, exercice physique…

Video France 3, Santé log, Notre temps, AlloDocteurs, Destination Santé, Le Progrès, SNPPCI, Institut Curie

La littérature scientifique : meta-analyses, revue de littérature systématique, revue Cochrane (déjà présentée sur ce blog), et les recommandations de sociétés savantes concluent à des niveaux de preuve élevés (A-B) sur les bénéfices de certains types d’activités physiques en terme de santé physique-mentale dans le domaine du cancer (ACSM 2010).

Ne serait-il pas important, de faire connaitre ces résultats majeurs ? La réponse est oui et pour deux raisons.

 1- Baser la prise en charge des femmes en post traitement cancer du sein, sur une approche basée sur les preuves (evidence based medicine) prenant aussi en compte les thérapies non médicamenteuses. A ce jeu, cela nécessiterait une réorganisation des prises en charge notamment incluant l’activité physique et ces professionnels spécialisés.

2- Mieux prendre en compte l’état des connaissances pour construire une recherche multicentrique, à grande échelle en France concernant l’activité physique. Cela aurait pour conséquence, des échanges plus serrés entre le monde de la santé et les chercheurs dans le domaine de l’activité physique. Pourquoi continuer à construire des études où chacun fait avec ses limites de moyens, de connaissances et un manque de pluri- et transdisciplinarité.

La littérature est plus qu’abondante sur l’activité physique et le cancer, encore très récemment (accès intégral ici et ).

 En conclusion, je reprendrais partiellement le titre d’un article précédant « il est temps de transposer les preuves dans la pratique clinique ».

 American College of Sports Medicine Roundtable on Exercise Guidelines for Cancer Survivors 2010

Courneya KS and Friedenreich CM. (2011). Physical Activity and Cancer. Springer Edition

6 commentaires leave one →
  1. Anonyme permalink
    06/02/2012 12:43

    Au delà savoir qui a fait le 1er programme, qu’il soit APA ou non, ne doit-on pas plutôt dépasser ces espèces de querelles autour des termes? Les définitions sont anciennes. Le grand public parle de sport, de gym. Le mot activité physique est flou pour le grand public. Nous devons différencier les discours entre professionnel et pour la médiatisation de notre profession, de notre formation.

    En réalité, sur le terrain, Siel Bleu fait connaitre l’APA comme il se doit. Leur couverture médiatique est importante. Partout en France lorsqu’on interroge les collectivités sur l’activité physique proposée, ils parlent de Siel Bleu. A la base et sur leur site, on parle bien d’APA. Je pense qu’il faut davantage féliciter la couverture médiatique et l’impact au niveau français que critiquer sur le simple fait qu’il se revendique innovant.

    Ce genre de querelle dessert davantage l’APA qu’il ne le sert. On parle d’activité physique sur des chaines publiques, dans la presse spécialisée. Il insiste sur le fait de développer ce genre de pratique non médicamenteuse. Là est le point positif le plus important à mon avis ! Concentrons nous au terrain. C’est le terrain qui fait notre formation et non l’inverse. Regardons la réalité en face, les APA sont très peu connues sur le terrain en France !

    • 06/02/2012 7:46

      Je ne suis que partiellement d’accord. L’APA est un terme qui gagne a être connu. A mon sens, entretenir l’ambiguïté ou le flou vis à vis du grand public ou des malades chroniques, ne favorise pas la reconnaissance des spécificités des professionnels qui les encadrent.
      De plus cela freine, l’apparition de textes législatifs et ou de recommandations spécifiques concernant la prise en charges par l’APA.

      En tout cas, merci pour votre commentaire qui enrichit nos réflexions.

    • Malakov permalink
      08/02/2012 9:55

      Pas forcement plus d’accord que Paquito. En quoi « différencier les discours entre professionnel et pour la médiatisation de notre profession » servirai l’APA ? Un boucher est un boucher, un kiné un kiné et un APA un APA. Serions-nous la seule profession à ne pas vouloir revendiquer notre appartenance ?
      Cela va t-il favoriser la vision d’ensemble du public, si les uns sont des moniteurs de sport, les autres professeurs d’APA, ailleurs des acteurs de prévention des chutes et ici éducateurs médico-sportifs ?
      Oui améliorons notre communication. Non ne nous rabaissons pas à simplifier notre fonctionnement pour nous faire connaître.

      Je pose une question : vaut-il mieux être très peu connu mais bien par les personnes qui savent ce que l’on fait ou connu par le plus grand nombre mais sans réellement savoir qui nous sommes ? N’oublions pas que c’est cette méconnaissance qui est à l’origine de discordes avec certains kinés dans le milieu de la rééducation.

      Je finirai simplement sur le fait que oui le mot activité physique est flou pour le grand public mais il me semble de notre devoir d’APA de le faire connaitre et de ne pas se limiter à sport et gym.

  2. Malakov permalink
    06/02/2012 11:29

    Tout à fait d’accord avec cet article. Autre chose qui n’a pas été mentionné : le fait qu’à travers tous ces reportages et articles, on a l’impression que ce projet est novateur, le premier en France.
    Pourtant cela fait quelques années que des programmes d’APA sont nés un peu partout en France. Curie et Siel bleu n’ont rien inventé, et encore moins l’APA (cf http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20111031.OBS3567/les-pionniers-de-la-gym-pour-seniors.html ).
    Continuons à travailler, restons humbles et communiquons d’avantage entre nous pour aller vers une étude multi-centrique Française.

    • 06/02/2012 7:51

      A mon sens, les professionnels APA gagneraient à améliorer leur communication à propos de leur travail, leurs spécificité et leurs projets.

      https://actiphysetc.wordpress.com/2011/02/02/activites-physiques-adaptees-jeux-traditionnels-et-vieillissement/

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  1. Pourquoi les personnes traitées pour un cancer font (ou pas) de l’activité physique ? (1) | Activités physiques (adaptées)...

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