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Mr J, 52 ans, dépressif mais va-t-il réellement faire de l’activité physique ???

20/06/2012

Whooley (2012) décrit les prises en charge possibles d’un adulte touché par un épisode dépressif majeur. Il souligne les moyen de dépistages, les aides au diagnostique pour le praticien. Si l’auteur fait preuve d’une approche multiple des traitements disponibles couplé à une logique de médecine basée sur les preuves, sa vision me semble trop restrictive.

En effet, envisager l’activité physique seulement comme un des traitements complémentaires est à mon sens trop restrictif.

Le choix de cet auteur se fait comme tout à chacun avec ses croyances mais aussi sur des faits scientifiques. Or la littérature scientifique sur l’activité physique et la dépression est abondante, d’une qualité méthodologique croissante, les tailles d’effet sont là. Mais il en reste au stade du conseil au patient. Pourquoi ne pas envisager la question d’un accompagnement spécifique des patients dépressifs par un professionnel de l’activité physique adaptée ? Une activité physique couplée à des conseils et une individualisation de la pratique ne peut que potentialiser les bénéfices de celle-ci.

D’ailleurs, au début du mois est paru un article dans le British Medical Journal qui testait l’efficacité du conseil à l‘activité physique chez des sujets dépressifs en soin primaire. Résultats, zéro effet, et ce malgré un échantillon important et une rigueur méthodologique (Chalder et al. 2012 – accès libre ici).

Peut être aussi que pour les lecteurs d’essai cliniques, décideurs, il manque encore des études à grande échelle multicentriques où l’on teste l’efficacité de l’activité physique sur la dépression à moyen et long terme, en aveugle, combiné ou non aux traitements références. Si cela n’est pas assez fait c’est aussi parce que cela à un coût pharaonique (300 000 à 400 000 euros). Donc plus largement, cela pose la question du financement de la recherche clinique sur les thérapies non médicamenteuses. Il serait intéressant de connaitre le nombre de PHRC qui traitent des thérapies non médicamenteuses (psychothérapies, activité physique, appareillages, éducation thérapeutique, rééducation…).

Je continue de penser que l’activité physique adaptée dans la cadre de la psychiatrie, du soin et de la prévention secondaire et tertiaire a un rôle essentiel à jouer. Pour cela la recherche clinique doit pouvoir apporter des preuves satisfaisantes, les médecins doivent s’ouvrir à la médecine dîtes comportementale, et les décideurs publiques doivent se former à la médecine factuelle.

 Chalder et al. 2012 Facilitated physical activity as a treatment for depressed adults: randomised controlled trial.British Medical Journal

Whooley. MA. Diagnosis and Treatment of Depression in Adults With Comorbid Medical ConditionsA 52-Year-Old Man With Depression. JAMA. 2012;307(17):1848-1857. doi:10.1001/jama.2012.3466

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