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L’activité physique chez les personnes sous méthadone

20/11/2013

La question de la place de l’Activité Physique dans le traitement des personnes dépendantes à une substance ou non est assez peu connue. Ce blog a déjà abordé quelques études (ici, ). A ma connaissance, la dépendance au tabac est l’addiction la plus étudiée dans le domaine de l’activité physique suivie par celle à l’alcool (Bernard et al., 2013; Sinyor, Brown, Rostant, & Serganian, 1982; Ussher, McCusker, Morrow, & Donaghy, 2000).

Ces dernières annéesmethadone, les études portent aussi sur les personnes dépendantes aux opiacés. Caviness et al. (2013) ont utilisé les données d’inclusion d’un essai clinique sur des fumeurs sous méthadone. Afin d’explorer le niveau d’AP, les barrières et bénéfices liés à l’AP, 305 sujets ont été inclus (50,2 % homme). L’AP était mesurée avec le questionnaire IPAQ version courte.

Parmi les répondants, 38 % déclarent une AP correspondant aux recommandations et 25 % ne déclarent aucune AP hebdomadaire. Les sujets soulignent à plus de 70 % que l’AP aide à gérer leur poids, donne une sensation de maîtrise et de confiance en soi. De manière moins marquée (55%), l’AP aide à la gestion des envie impérieuses (craving), la diminution de l’anxiété et de la dépression (Caviness, Bird, Anderson, Abrantes, & Stein, 2013).

Remarques

Ces résultats sont assez similaires avec ceux déjà identifiés auprès de populations malades chroniques. Cependant, les personnes sous méthadone ont risques plus élevé de développer des pathologies somatiques et psychiatriques invalidantes beaucoup plus élevé. En ce sens, l’AP pourrait limiter l’apparition de ces pathologies ou en favoriser le contrôle.

Il reste important de souligner qu’en France le suivi et la prescription de méthadone est assez strict et encadré. La prescription et le contrôle de l’adhésion au traitement peut être à une fréquence bi-mensuelle ou mensuelle. Dans ce cadre, le contact avec un médecin (spécialisé ou non), ou professionnel paramédical est fréquent. Il apparaît alors intéressant de pouvoir (in)former ces professionnels et au minimum leurs fournir de la documentation spécifique aux bénéfices de l’AP pour les personnes sous méthadone. Si les études futures tendent à montrer des bénéfices de l’activité physique, les centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou les services spécialisés dans les soins aux toxicomanes pourraient tirer bénéfices d’incorporer un Enseignant en Activités Physiques Adaptées au sein de leurs équipes.

Bernard, P., Ninot, G., Moullec, G., Guillaume, S., Courtet, P., & Quantin, X. (2013). Smoking cessation, depression, and exercise: empirical evidence, clinical needs, and mechanisms. Nicotine & tobacco research, 15(10), 1635‑1650. doi:10.1093/ntr/ntt042
 
Caviness, C. M., Bird, J. L., Anderson, B. J., Abrantes, A. M., & Stein, M. D. (2013). Minimum recommended physical activity, and perceived barriers and benefits of exercise in methadone maintained persons. Journal of substance abuse treatment, 44(4), 457‑462. doi:10.1016/j.jsat.2012.10.002
 
Sinyor, D., Brown, D., Rostant, L., & Serganian, L. (1982). The role of a physical fitness program in the treatment of alcoholism. Journal of Studies on Alcohol, (43), 380‑386.
 
Ussher, M., McCusker, M., Morrow, V., & Donaghy, M. (2000). A Physical Activity Intervention in a Community Alcohol Service. The British Journal of Occupational Therapy, 63, 598‑604.
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