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Le syndrome de la blouse blanche (2/2)

13/01/2014

Le précédent article voulait souligner la place décroissante des sciences de l’éducation lors de la programmation d’Activités Physiques Adaptées (APA) au profit d’une « techno-médicalisation » de l’Enseignant en APA (EAPA). Poursuivant la lecture de ce cours, je retrouve différents critères à partir desquels il apparaît aisé de distinguer un enseignant novice d’expert.

blouse-blancheCette taxonomie, basée initialement sur l’enseignant d’EPS, gagnerait à être spécifiquement enrichie pour les enseignants en APA (e.g., gestion sécurité du bénéficiaire, lien avec son projet). Les critères suivants sont proposés : la planification, communication verbale, buts poursuivis, nature et nombre de tâches (e.g., semi-définies, définies), gestion des tâches en cas d’échec, organisation du ou des dispositifs, nature des feed-back, traitement des informations, questionnement de l’apprenant, rapport à l’apprenant, évolution physique de l’enseignant dans l’espace, gestion du temps.

Plus précisément, pour la planification, 3 temps semblent nécessaire à un bon fonctionnement (Tochon), une phase préactive, interactive et postactive.

La phase préactive amène à réfléchir sur ses contenus, objectifs, son organisation de l’ensemble de la programmation mais aussi des séances. A titre d’exemple, quelques questions : quel but pour l’apprenant et comment le formuler, quel dispositif envisager, quelles sont les règles de fonctionnement, les critères de réalisation, de réussites, les variantes de tâches envisageable ?

La phase interactive suppose un questionnement durant la séance sur le décalage entre ce qui était visé et ce qui a été réalisé.

La phase post-active permet une analyse à « chaud » et à « froid » du déroulement de la séance et le place de celle-ci dans la programmation. Clairement, elle permet une ou des révisions de programmation d’APA.

Les deux points développés dans cet article offre une perspective intéressante. La première pourrait permettre un travail de plusieurs professionnels APA afin de construire une grille d’évaluation ENRICHIE de leur stagiaire. Une fois celle-ci mise en œuvre, l’évaluation qualitative d’une prise en charge en APA pourrait aussi être partiellement réalisée à l’aide de cette grille.

La seconde oblige le professionnel APA à une routine de travail qui peut être lourde lors d’une prise de poste, surtout que les temps de préparation sont peu reconnus dans le domaine des APA. Mais des efforts en ce sens ne peuvent que faciliter une reconnaissance des temps de préparation à condition que l’EAPA sache présenter cette complexité à une équipe pluridisciplinaire et que sa démarche majore réellement la qualité des APA pour les bénéficiaires. De plus, développer une démarche réflexive autours de sa pratique en APA nécessite de l’expérience, une volonté réelle, ainsi que la rédaction de projets APA d’établissement.

Quels sont les risques à ne pas prendre en compte ces critères lors d’une pratique quotidienne d’enseignement en APA ? Une faible qualité de prise en charge, une non reconnaissance des EAPA accentuée, des APA proposées sans raison à des bénéficiaires, des EAPA « emmurés » dans leur institutions ou des EAPA qui téléchargent leur séances sur leur tablettes bien rangées dans la poche de leur blouse, bref un acronyme APA qui perd son dernier mot.

Mauny C, Cours de Sciences de l’éducation, STAPS, Université du Littoral et de la Côte d’Opale

One Comment leave one →
  1. Guillaume permalink
    13/01/2014 5:21

    Merci Paquito pour ce « retour aux fondamentaux »,

    Pour les UFR STAPS, non surchargés d’élèves, une perspectives intéressante est de remplacer une partie des nombreuses heures de pratique par de l’intervention!

    Cela permet (1) de mettre les étudiants en situation péda de manière encadrée et non « livrés à eux mêmes » comme parfois en stage, (2) aux enseignants EAPA de se rapprocher de l’Université (je les encourage à le faire) et (3) aux Universitaires de se rapprocher des EAPA (je les encourage toujours).

    Evidemment compliqué à mettre en place dans certaines structures, je pense notamment au secteur sanitaire, mais en ce qui concerne les IME, les associations de patient ou autre office de retraité la pratique est déjà de mise dans certains UFR!

    L’ayant expérimenté en Licence APAS, je me souviens du temps important consacré à préparer les séances et aujourd’hui j’imagine le travail que devaient fournir nos enseignants pour nous faire un retour sur nos séances mais au moins nous savions faire la différence entre un critère de réalisation et un critère de réussite…

    La différence entre l’animation et l’enseignement enfaîte.

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