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Que nous enseignent les anciens mineurs anglais à propos de l’activité physique ?

22/01/2015

Un des articles les plus consultés du blog reste celui sur  l’activité physique des amish. S’il est vrai qu’il est très original et améliore réellement la compréhension que nous avons de la modification des habitudes de vie contemporaines, il souligne aussi indirectement l’aspect socio-culturel qui peut déterminer l’activité physique. Les articles du blog qui traitent des facteurs explicatifs associés à l’activité physique se centrent souvent sur les caractéristiques individuels (e.g., perte de temps…) ou psychologiques (e.g. processus de changement…) des individus étudiés. Or, au même titre que certaines activités sportives ou sports de compétition sont pratiqués plus fréquemment dans certaines régions ou milieux sociaux (voir le livre d’Olivier Chovaux pour un bel exemple), il pourrait en aller de même pour l’activité physique (dans un sens plus large que celui restreint du sport).

Rind & Jones (2015) viennent de publier une étude (en accès libre) qui explore comment l’histoire socio-culturelle d’une zone géographique peut former les croyances etPride FIlm attitudes à propos de l’activité physique. Ainsi à travers une approche qualitative, ils explorent les implications du déclin industriel sur les opportunités d’activité physique et les attitudes qui y sont liées.

Les deux chercheurs ont recrutés 19 adultes (10 hommes) assez âgés pour pouvoir avoir vécu les changements environnementaux, socio-économiques et sanitaires depuis les années 80 (moyenne d’âge 72 ans). Deux anciens bassins miniers au sein de zones respectivement rurale et semi-urbaine, au nord-est de l’Angleterre ont volontairement été choisies. Ils ont réalisé des focus groupes séparément par sexe.

Voici les principaux résultats :

Leur ancien travail étant très physique a freiné leur participation parallèle à des activités physiques de loisirs, donc cela influence encore aujourd’hui leur manque d’habitude d’activités physique de loisirs. Malgré la réfection de leurs quartiers respectifs laissés longtemps à l’abandon, les personnes décrivaient réaliser peu de marche car ils craignent pour leur sécurité.

jardins ouvriersIls insistent aussi sur le fait que leur revoit des mines les à couper du réseau social auquel ils appartenait et qui participait à leur activité physique. Ils soulignent aussi que la jardinage reste leur dépense physique majoritaire, en plus de fournir de la nourriture. Les sujets se décrivent aussi comme très diminués physiquement des suites de leur travail à la mine. Rind & Jones soulignent que les participants exprimaient un fonctionnement social de leur quartier très limité du fait de leur manque d’échanges entre eux et les jeunes habitants.

Cette étude soulève le besoin de prendre en compte les caractéristiques socio-historiques des zones où l’on souhaite aider les personnes à être plus actives. Ainsi, on peut imaginer que développer des programmes inter-générationnels autours de l’activité physique (voir l’exemple de l’association Jouvence en France) ou du jardinage et de travailler à ce que les espaces piétons paraissent plus sécuritaires demeurent de bonnes pistes de travail.

Dans un cadre plus large, cela rappelle aussi aux professionnels de la santé que travailler auprès d’un usager pour le rendre actif physiquement se base aussi sur les caractéristiques sociales et historiques dans lequel il évolue. Au niveau politique, la lutte contre la sédentarité passe aussi par les l’organisation des espaces comme les jardins ouvriers (jadis nombreux). Pour les enseignants en Activité Physique Adapté qui par exemple proposent des pratiques d’APA, cela peut aussi se traduire par des séances tarifées en fonction du revenu par exemple ou se rapprocher d’associations rassemblant des anciens travailleurs.

Rind & Jones (2015) “I used to be as fit as a linnet” – Beliefs, attitudes, and environmental supportiveness for physical activity in former mining areas in the North-East of England. Social Science & Medicine. doi:10.1016/j.socscimed.2014.12.002

Chovaux
 O.,
 Cinquante
 ans
 de
 football
 dans
 le
 Pas‐de‐Calais.
 Le
 temps
 de
 l’enracinement
 (fin
XIXe‐1940),
 Artois
 Presses 
Université,
coll.
Histoire,
2001,
378
p.


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