Skip to content

De l’activité physique adaptée (vraiment) pour tous ?

15/03/2015

L’institut National de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM) a publié un rapport d’expertise collective intitulé : Inégalité sociales de santé en lien avec l’alimentation et l’activité physique en Mai 2014. C’est l’occasion d’aborder cette question dans le blog qui s’est majoritairement centré sur les caractéristiques individuels et psychologiques associés à l’activité physique (AP).médiation

Voici quelques extraits des conclusions

Position socioéconomique et pratique d’activité physique ou sédentarité en France

« Chez l’adulte, le niveau d’activité physique globale varie selon la position socioéconomique, une position plus faible étant associée à une pratique moins importante. »

« Chez les jeunes, les résultats sont plus controversés. Les études suggèrent que le niveau d’activité physique totale n’est pas significativement lié à la position socioéconomique mais que ce sont le contexte ou les modalités de la pratique qui varient selon la position socioéconomique. »

Caractéristiques de l’environnement et disparités de pratique d’activité physique

« Les différentes formes urbaines entre les pays, les définitions subjectives de l’espace d’étude (quartier, environnement de vie) et les diverses populations visées sont autant d’éléments qui participent à la diversité des associations rapportées dans la littérature scientifique internationale. En l’état actuel des connaissances, l’hétérogénéité des relations entre environnement de vie et pratiques d’activité physique n’autorise pas de préjuger de la nature et du sens d’un éventuel lien de causalité.« 

« Les représentations des environnements de vie et le sentiment de la sécurité font partie des facteurs identifiés comme associés à la pratique d’activité physique dans la littérature internationale en lien avec la santé. »

« L’expertise démontre l’importance d’étudier l’influence de l’environnement bâti auprès de différents segments de population et dans différents contextes urbains, ce qui n’a pas toujours été prévu dans les études réalisées jusqu’à présent. Le lieu de vie ne se limite pas au quartier de résidence, il est donc nécessaire d’inclure les composantes du quartier où se situent par exemple le lieu de travail (ou de scolarisation) ainsi que des lieux vécus quotidiennement par exemple lors des déplacements domicile/travail ou pour réaliser des activités régulières. »

« En conclusion, et après analyse de la littérature internationale, il est difficile de conclure de façon tranchée sur l’existence d’associations significatives et concordantes entre caractéristiques de l’environnement physique, niveau socioéconomique des quartiers et pratique d’activité physique (loisirs, transports). »

Facteurs associés à la pratique d’activité physique et à la sédentarité

« Peu d’études ont analysé la pratique d’activité physique et la sédentarité sous l’angle des inégalités sociales. Cependant, une étude longitudinale a montré que s’il n’y avait pas de différences d’activité physique entre les catégories socioprofessionnelles durant les loisirs en début d’étude, des différences ont émergé au cours du suivi (5 à 7 ans), en faveur des catégories les plus favorisées qui étaient plus actives physiquement pendant les loisirs que leurs homologues des catégories moins favorisées (Seiluri et coll., 2011). »

« En conclusion, le modèle d’analyse privilégié aujourd’hui pour appréhender l’ensemble des différents facteurs liés à l’activité physique est le modèle écologique qui prend en considération les relations inter-individuelles de même que l’environnement social et physique. Des modèles écologiques de l’activité physique suggèrent que les facteurs associés à l’activité physique sont spécifiques aux quatre domaines traditionnels d’activité physique (Sallis et coll., 2006) : activités professionnelles, loisirs, transports, activités quotidiennes domestiques (Pratt et coll., 2004). Il est donc important de prendre en considération les différents domaines (Bauman et coll., 2012) et de ne pas considérer uniquement l’activité physique dans sa globalité. »

Commentaires du blog

Même si ce rapport est des plus intéressant, la lecture du sommaire souligne le déséquilibre important entre la nutrition et l’AP, reflétant certainement les déséquilibres de littérature scientifique.

Il apparaît difficile d’émettre des conclusions, l’intérêt de ce rapport réside dans le fait qu’il met à jour la complexité des facteurs qui influencent l’activité physique et le besoin de rassembler des acteurs de différents horizons pour modifier les comportements dans une logique de santé publique. De plus, l’activité physique n’est quasiment vu que sous un seul aspect l’activité sportive, or celle-ci ne représente qu’une partie plus moins importante du problème du faible niveau d’activité physique. Et encore trop souvent les instances publiques ne communiquent que sur ce point (voir l’exemple ici).

Il doit aussi interroger les Enseignants en APA qui travaillent « hors structure de santé/médico-social » sur l’influence des inégalités sociales sur les participants qui bénéficient de l’APA, autrement dit quelles sont les solutions (financières) pour que les personnes à moyens réduits pouvant participer à des programmes d’APA ? (voir ici ).

Vous trouverez aussi dans l’article une vidéo québecoise illustrant les effets néfastes des inégalités de santé sur la santé.

No comments yet

Un commentaire ???

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :