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L’activité physique en fin de journée allonge-t-elle la durée d’endormissement ? Que disent les études ?

25/06/2015

La question des effets postifis ou négatifs de l’exercice sur le sommeil est souvent résolue sur la base de croyances acquises, mais en l’état actuel des connaissances, qu’en est-il vraiment ?

Plusieurs recommandations internationales recommandent d’éviter une pratique d’activité physique relativement intense les 3 dernières heures précédant le coucher car cela augmenterait l’arousal (degré de « tension/éveil ») à l’endormissement et donc rallongerait la latence d’endormissement (temps passé entre le couché et le sommeil réel).1

A l’inverse, d’autres écrits préconisent de pratiquer une activité physique proche dans les dernières heures pré-sommeil car cela diminuerait ce fameux temps de latence.sleep

Les dernières études publiées offrent une réponse différente.

Lambiase et al. 2013 2 étudiant les relations entre activité physique et sommeil chez des femmes âgées (déjà présentées dans le blog). Les auteurs examinaient la relation entre l’AP pratiquée les 2 dernières heures avant le couché et la durée d’endormissement durant 7 jours (mesures objectives). Ils n’ont identifié aucune association significative.

Buman et al. 2014 3 examinaient les données auto-déclarées d’AP de 1000 adultes américains en terme d’intensité et de moment dans la journée et les caractéristiques du sommeil (devis transversal). Aucune association n’a été établie entre l’AP (moment/intensité) et latence d’endormissement.

sleep2Falusino et al 2012 – Une étude interventionnelle examinait les effets de 5 jours d’exercice physique (intensité élevée discontinue) pratiquée uniquement le soir, chez des bons dormeurs. Aucune relation entre l’intervention et la latence (mesure objective) n’a été identifiée.

 Benloucif et al. 2004 – Ces investigateurs exploraient les effets de 2 sessions d’AP+activité sociale pratiquée aléatoirement le soir ou le matin, puis comparaient la qualité du sommeil évalué par polysomnographie (pré-post) des personnes âgées. Leurs conclusions sont similaires aux études précédentes.

 Maculano et al. 2014 6 – Cette équipe brésilienne a testé, chez des bons dormeurs, l’effet de la nature de l’AP (aérobie, résistance, intervalle – 1 seule session) et du moment de la journée (matin-midi-soir) sur les différents paramètres du sommeil (polysomnographie). Malgré des analyses statistiques peu adéquates à leur étude, ils ont identifié un effet significatif (faible à modéré) de l’AP sur la diminution de la latence d’endormissement.

La dernière méta-analyse 7 qui examine les effets de l’activité physique (une session ou un programme régulier) conclue à une absence d’effet modérateur du moment de la journée de pratique sur la latence d’endormissement.

On peut donc conclure que, basé sur les études actuelles, que le moment dans la journée de pratique d’activité physique n’influence pas la latence d’endormissement chez des adultes sans troubles du sommeil.

 Voir les autres articles sur le sommeil ici la !

  1. Schutte-Rodin S, Broch L, Buysse D, Dorsey C, Sateia M. Clinical guideline for the evaluation and management of chronic insomnia in adults. J Clin Sleep Med JCSM Off Publ Am Acad Sleep Med. 2008;4(5):487.
  2. Lambiase MJ, Gabriel KP, Kuller LH, Matthews KA. Temporal relationships between physical activity and sleep in older women. Med Sci Sports Exerc. 2013;45(12):2362-2368. doi:10.1249/MSS.0b013e31829e4cea.
  3. Buman MP, Phillips BA, Youngstedt SD, Kline CE, Hirshkowitz M. Does nighttime exercise really disturb sleep? Results from the 2013 National Sleep Foundation Sleep in America Poll. Sleep Med. 2014;15(7):755-761. doi:10.1016/j.sleep.2014.01.008.
  4. Flausino NH, Da Silva Prado JM, de Queiroz SS, Tufik S, de Mello MT. Physical exercise performed before bedtime improves the sleep pattern of healthy young good sleepers. Psychophysiology. 2012;49(2):186-192. doi:10.1111/j.1469-8986.2011.01300.x.
  5. Benloucif S, Orbeta L, Ortiz R, et al. Morning or evening activity improves neuropsychological performance and subjective sleep quality in older adults. Sleep. 2004;27(8):1542-1551.
  6. Maculano Esteves A, Ackel-D’Elia C, Tufik S, De Mello MT. Sleep patterns and acute physical exercise: the effects of gender, sleep disturbances, type and time of physical exercise. J Sports Med Phys Fitness. 2014;54(6):809-815.
  7. Kredlow MA, Capozzoli MC, Hearon BA, Calkins AW, Otto MW. The effects of physical activity on sleep: a meta-analytic review. J Behav Med. 2015;38(3):427-449. doi:10.1007/s10865-015-9617-6.
2 commentaires leave one →
  1. 30/08/2015 11:25

    merci de votre commentaire, je connais moins bien la littérature sur l effet de compétition, mais je pense que l effet compet doit augmenter l arousal, donc la tension interne, donc la latence de manière indirecte.
    Mais cet effet peut être « contré » par un travail d’auto relaxation.
    PB

  2. masson raphael permalink
    30/08/2015 10:28

    merci pour cette info qui contredit mon expérience de sportif occasionnel… je n’ai même plus cette excuse pour ne pas être actif alors 😉
    par contre, est ce que la notion de compétition lors de l’exercice va tout de même influencer la latence d’endormissement?

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