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Utiliser des psychotropes pour modifier l’activité physique ou est-ce que le dopage peut-être une bonne chose ?

03/12/2015

velo-de-ghislain-lambert-12-gL’article d’aujourd’hui veut traiter d’un récent éditorial dans la revue Sports Medicine. Samuele Marcora rappelle les difficultés des chercheurs et cliniciens à mobiliser la population générale à une pratique d’activité physique (AP) plus importante. Il insiste sur le fait que l’AP est comportement complexe reposant sur des bases psychobiologiques.

Sur des bases évolutionnistes, il souligne que l’humain est par défaut, un « animal sédentaire », c’est à dire que nous nous sommes développés sur une base d’économie d’énergie afin de maximiser notre survie en en ayant en cas de besoin, chasse, fuite ou déplacements.

Il aborde ensuite les recommandations en termes d’AP qui mettent plus avant les AP d’intensité modérées car celles-ci nécessitent un effort et des douleurs moindres. Or il insiste sur le fait que l’AP de haute intensité procure globalement des résultats supérieurs pour la santé de l’adulte. Le premier frein à la haute intensité et à une vie plus active reste la perception de l’effort. Voir le modèle développé ci-dessous.

marcoraBasé sur des théories hédonistes de la pratique de l’AP, il pense que l’on pourrait utiliser des substances psychoactive pour modifier la perception de l’effort et ainsi moduler d’autre marqueurs psychologiques.

Il argumente en faveur de la caféine qui chez les sportifs, altère la perception d’effort, de fatigue, agissant sur le cortex moteur, les affects et la douleur musculaire. Il propose aussi le méthylphénidate (plus connu sous le nom commercial de Ritalin en France et Biphentin au Québec), molécule utilisée dans le traitement trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il propose d’examiner aussi des molécules régulant la dopamine par exemple, argumentant que celles-ci auraient des effets « motivationnels ».

En résumé, il souligne que ses hypothèses sont plausibles d’un point de psychobiologique, mais qu’il y a très peu d’études chez les sédentaires pour la caféine, par exemple et que cela poserait des problèmes éthiques importants d’explorer les molécules précédemment citées. Avec humour, il souligne la réaction effarée de l’un de ses collègues, chercheur en psychologie, quand il a partagé son idée dans un couloir.

Si l’auteur fait quelques raccourcis rapides (format oblige), il avance une idée originale qui pose encore la question de l’effort , du plaisir perçu durant la pratique d’activité physique. On peut critiquer son idée sur la base qu’il omet totalement le processus d’apprentissage qui peut être développé avec des patients afin de les amener vers des intensités d’effort plus élevées. Bien sur, c’est long, chronophage et demande des professionnels formés (Enseignant en Activité Physique Adapté – Kinésiologue).

En tout cas, ne mettons pas cette idée au placard, et imaginons que des équipes de chercheurs réellement pluridisciplinaires pourraient réfléchir à la question.

Marcora . S. Can Doping be a Good Thing? Using Psychoactive Drugs to Facilitate Physical Activity Behaviour (2015). Sports Medicine (en accès libre)

PS. L’auteur déclare avoir reçu des fonds du laboratoire GSK.

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