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L’intensité d’exercice physique chez des personnes dépressives : imposée ou libre ?

17/10/2016

Un équipe de l’Université du Wisconsin a comparé les effets, sur le niveau de dépression, de différentes intensités d’exercice physique chez des femmes touchées par une dépression majeure.

Ainsi 24 participantes réalisaient, dans un ordre aléatoire, trois sessions d’exercice (vélo stationnaire) à une intensité imposée (échelle d’effort perçu à 11, 13, 15) et une session à intensité libre (‘choisissez l’intensité d’exercice que vous préférez’). Le niveau de dépression auto-rapporté était évalué avant et à 10 et 30 minutes post-exercice ainsi que le niveau sanguin de facteur neurotrophique dérivé du cerveau (FNDC) (i.e., un marqueur potentiellement explicatif de la relation entre exercice physique et santé mentale). L’ effort perçu était mesuré tous les 5 minutes durant la session intensité libre.

Les chercheurs ont donc utilisé des comparateurs différents :

  • A- libre versus imposé (qui avait le niveau d’effort perçu le plus proche de la moyenne de l’effort perçu durant la session libre)
  • B- libre versus imposé ayant entraîné la plus importante diminution de la dépression

A- Libre versus imposé (qui avait le niveau d’effort perçu le plus proche de la moyenne de l’effort perçu durant la session libre)

A 10 min et 30 min

  • Aucune différence sur la diminution de la dépression
  • Le niveau de FNDC était significativement augmenté pour la session imposée.

B-Libre versus imposé ayant entraîné la plus importante diminution de la dépression

A 10 min et 30 min

  • Différence significative en faveur de la session imposée sur la diminution de la dépression
  • Aucune différence sur le niveau de FNDC

Les résultats suggèrent que l’intensité libre entraîne une diminution de la dépression, mais celle-ci est plus faible que lorsque l’intensité est imposée. Ce qui est étonnant, c’est que dans la comparaison A, les efforts réalisés sont très proches au niveau perceptif et physiologique. Il y aurait donc un effet de la décision interne versus externe sur l’amélioration de la réponse affective dans un contexte de dépression clinique.

Pour la comparaison B, il est important de noter que la session de comparaison n’était pas la même en fonction des participantes (effort perçu à 11 ou 13 ou 15). Cela pourrait indiquer que l’intensité optimale n’est pas la même pour l’ensemble des sujets.

Cette étude est la première qui montre des effets supérieurs de l’exercice physique à intensité imposée vs. libre dans un contexte de trouble mental. Ces résultats sont à l’opposé de ceux retrouvés sans un contexte de trouble de santé mentale.

Les auteurs soulignent que les résultats sont peut être expliqués par la nature même de l’étude, testant uniquement des sessions séparées d’exercice physique et non un programme de plusieurs semaines.

On pourrait penser que les résultats pourraient diverger car à terme les participantes pourraient mieux connaître leurs possibilités physiques et produire une intensité libre supérieure ou égale à celle imposée. A noter aussi que les auteurs n’ont pas retrouvé d’effet des types d’antidépresseurs sur la réponse à l’exercice physique (voir précédents articles du blogue à ce sujet 1 et 2).

Meyer, J. D., Ellingson, L. D., Koltyn, K. F., Stegner, A. J., Kim, J.-S., & Cook, D. B. (2016). Psychobiological Responses to Preferred- and Prescribed-Intensity Exercise in MDD: Medicine & Science in Sports & Exercise, 1. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000001022

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