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« ASSOYEZ-VOUS MOINS (et bougez plus)»

28/09/2017

19062292L’Anses a mis un document à destination des professionnels de l’activité physique, de l’éducation et de la santé intitulé : Synthèse pour les professionnels des recommandations de l’Anses de février 2016 sur l’activité physique et la sédentarité. Ce type de document demeure utile pour rappeler aux professionnels de développer/modifier leurs pratiques en fonction de lignes directrices. La présentation est relativement sommaire et fait échos de manière récurrente à la question de la dose d’activité physique.

Par une vision biomédicale appliquée à l’AP, l’identification de la dose optimale dans les relations AP marqueurs de santé a été très étudiée. Pour rappel, le concept de dose-réponse est un des critères de Hill pouvant participer à l’établissement de la causalité entre une « exposition » et une « maladie ».  Warburton & Bredin ont publié une revue de littérature à ce propos en s’interrogeant sur cette idée de dose-réponse entre l’AP et la santé et de son utilisation (Warburton and Bredin, 2016). Après avoir rappelé les associations inverses entre doses d’AP et la mortalité ou différentes incidence de pathologies chroniques, il étaye plusieurs constats.

  • Bien que 150 minutes d’AP modérée à vigoureuse entraîne des bénéfices pour la santé importants, un volume équivalent à la moitié ou moins à des bénéfices majeurs chez les personnes inactives.Capture du 2017-09-28 13-24-32
  • Les instances nationales recommandent très souvent la dose de 150 minutes d’AP modérée à vigoureuse et ajoutent « et plus c’est mieux ». Or de nombreuses études soulignent les effets délétères de doses d’AP trop importantes (voir un précédent article sur ce blogue à ce propos). Autrement dit, cette relation n’est jamais linéaire.
  • Une augmentation, aussi petite soit elle, d’AP modérée à vigoureuse chez des personnes inactives entraîne une réduction marquée du risque de maladie chroniquesCapture du 2017-09-28 13-25-12
  • Ils soulignent que pour de nombreuses pathologies, les recommandations en terme de dose restent arbitraires et que nous avons besoins d’un nombre plus important d’études ainsi que d’examiner l’effet contextuel de la sédentarité accrue.
  • Ils poursuivent par une critique des lignes directrices canadiennes en terme d’AP qui soulignent que les adultes « doivent » atteindre 150 d’AP modérée à vigoureuse par semaine. Ils soulignent que cela est une interprétation erronée des données probantes, que le « devraient » serait plus approprié. Il se prononce en faveur d’un message du type « chaque effort compte pour la santé ».

Le document de l’ANSES souligne dans son introduction : « Il est important de rappeler que ces repères représentent un idéal vers lequel il faut tendre. Toute quantité d’activité physique même inférieure aux repères procure un bénéfice pour la santé, et le dépassement des recommandations permet le plus souvent d’augmenter ce bénéfice. ». A la vue, des arguments de Warburton & Bredin, ils seraient presque satisfaits.

Comme de nombreuses fois souligné dans ce blogue, il y a un besoin d’approche transdisciplinaire pour traiter de la question des lignes directrices en activité physique & santé. La vision, pour l’instant, est quasi-uniquement médicale.

Warburton, D.E.R., and Bredin, S.S.D. (2016). Reflections on Physical Activity and Health: What Should We Recommend? Can. J. Cardiol. 32, 495–504.

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