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Une seule séance d’activité physique pour améliorer les affects positifs ?

20/11/2018

A plusieurs reprises, des articles du blogue ont abordé la place importante des affects dans le domaine de l’activité physique. Comme par exemple le rôle prédicteur des affects positifs de la première séance d’AP d’un programme de plusieurs semaines. Dans le cadre d’un projet de recherche, il a fallu étayer l’effet d’amélioration des affects positifs d’une séance d’AP. Replongeons nous alors dans une méta-analyse de 2006 très citée dans le domaine de la psychologie de l’AP. v1.bjs1MzcwNTk7ajsxNzg3MTsxMjAwOzEwMjQ7NzY4Avant cela, il apparaît nécessaire de définir les affects : concept se référant à des ressentis accessibles consciemment et ne se référant pas nécessairement à un événement ou à un objet extérieur à l’individu. Ce sont des états mentaux non cognitifs et non réflexifs et constamment accessibles à la conscience de l’individu 1.

Reed & Ones (2006)2 avaient alors publié un travail de titan, rassemblant l’ensemble des études qui examinaient l’effet ‘instantané’ d’une séance d’AP aérobie sur les affects positifs. Ils réussirent à identifier plus de 150 études publiées entre 1979 et 2005, incluant au total plus 13000 participants . Au de là, de la quantité de travail produite, les auteurs ont exploré le rôle modérateur du temps d’évaluation, du niveau des affect initial, de l’intensité, la durée et la dose (intensité*temps) d’AP.

Pour inclure une étude, les investigateurs ne devaient pas manipuler les affects avant ou pendant la séance d’AP, et évaluer les affects positifs avec des outils qui mesuraient les affects dans le moment présent (ex : Positive and negative affect schedule). Pour le calcul des tailles d’effet, Reed & Ones ont examiné séparément les études avec et sans groupe contrôle. D’ailleurs les participants dans les groupes contrôle devaient la pluspart du temps lire un texte durant la même durée que les participants réalisant une séance d’AP.

Les analyses statistiques menées ont permis aux auteurs de conclure qu’une seule séance d’AP aérobie entraînait une amélioration significative des affects positifs avec une taille d’effet modérée (d = .47). Cet effet était encore plus marqué (d = .63) quand les participants avaient un faible niveau initial d’affect positif (loi de la valeur initiale). L’intensité de l’AP déterminait grandement l’amélioration des affects positifs. En effet, l’AP de faible intensité entraînait une amélioration quasiment deux fois plus élevée que l’AP d’intensité modérée ou élevée.

  • Aucune différence d’effet n’a été identifiée entre les différentes durées de séance : 7-15, 20-28, 30-35, 40-60 minutes.
  • Une relation dose inverse marquée a été identifiée. Autrement dit, les doses d’AP faibles ou modérées entraînaient de plus importantes améliorations d’affects et les très hautes doses détérioraient sévèrement les affects positifs.
  • A la suite de l’arrêt de l’exercice physique, il y a un patron général de diminution des affects, mais les résultats ne permettent pas de clairement identifier la cinétique à laquelle les affects positifs diminuent.

Comme souvent les faiblesses méthodologiques des études augmentent le risque de sur-évaluation des effets de l’AP. Les auteurs le soulignent à plusieurs reprises dans leur article.

Cette revue de littérature a de nombreux égards, fournit des résultats factuels pour promouvoir l’AP de faible intensité ou des doses faibles à modérées afin obtenir une amélioration des affects à court terme.

D’autres questions restent en suspend, comme les facteurs individuels ou contextuels qui entraînent de l’hétérogénéité dans les effets de l’AP, devrait-on mettre à mal les séances d’AP d’intensité élevée car elle produisent une diminustion drastique des affects positifs, d’autres types d’AP entrainent les mêmes effets, ce « feel-good » effect est-il aussi présent chez des personnes aux prises avec un trouble de l’humeur (ex :dépression, bipolarité) ?

 

1. Ekkekakis P. The Measurement of Affect, Mood, and Emotion: A Guide for Health-Behavioral Research. Cambridge University Press; 2013.

2. Reed J, Ones DS. The effect of acute aerobic exercise on positive activated affect: A meta-analysis. Psychology of Sport and Exercise. 2006;7(5):477-514. doi:10.1016/j.psychsport.2005.11.003

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