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Faire de l’activité physique augmente le risque d’attaque de panique ?

06/03/2019

A plusieurs reprise lors de présentations formelles de l’état de la littérature à propos des effets connus de l’activité physique chez les adultes aux prises avec un trouble mental sévère, des cliniciens m’ont posé la question ci dessus. Elle concerne les adultes touchés par un trouble panique : « Le trouble panique est caractérisé par une préoccupation persistante ou des changements de comportements en lien avec la survenue récurrente d’attaques de panique inattendues, c’est-à-dire qui se produisent sans cause évidente ou déclencheur. Elles peuvent survenir par exemple lorsque la personne se détend ou dort. » (plus de détails ici).MV5BNTg5NzFlZTgtN2RkZi00Y2QzLWE2YjItZWQ4NjYxYWVjMDM5XkEyXkFqcGdeQXVyMTY0NzA3Mg@@._V1_

Une réponse sérieuse a été apportée en 20001. Les auteurs expliquent que cette croyance soit répandue sur la base d’une étude plus ancienne où l’auteur concluait à un lien entre augmentation de la concentration en acide lactique et déclenchement d’attaque de panique : “The characteristic anxiety symptoms were often evoked by the exercise and appeared to be concomitant with the extremely rapid rise of blood lactic acid2. O’Connor et al. présentent aussi des investigations plus anciennes allant dans ce sens. Ils ajoutent que ces résultats ont été plus tard renforcé par la publication de cas d’athlètes ayant rapporté avoir eu une crise durant un entraînement ou une compétition3.

Afin de pouvoir élaborer une réponse à cette questions, O’Connor et al. ont réalisé une revue systématique de la littérature1. Ils rapportent que parmi plus de 695 tests d’efforts réalisés chez 660 adultes (1944-1980) ayant un diagnostic ressemblant à un trouble panique, aucune crise n’a été identifiée. Entre 1980 et 1998, 5 attaques sur 444 tests menés ont recensés. Enfin, une étude qui suivait des adultes en milieu ouvert, n’a identifié qu’un seul cas sur 91 associant clairement l’activité physique et le déclenchement d’une crise de panique.

Sur la base de cette étude, on peut raisonnablement penser que réaliser une séance d’activité physique d’intensité modérée à élevée n’augmente pas le risque de déclencher une attaque de panique chez des adultes.

1. O’connor, P. J., Smith, J. C. & Morgan, W. P. Physical activity does not provoke panic attacks in patients with panic disorder: A review of the evidence. Anxiety, Stress, & Coping 13, 333–353 (2000).

2. Pitts, F. N. & McClure, J. N. Lactate Metabolism in Anxiety Neurosis. New England Journal of Medicine 277, 1329–1336 (1967).

3. Rubin, A. & Chassay, C. M. When anxiety attacks: treating hyperventilation and panic. Phys Sportsmed 24, 54–65 (1996).

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