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L’insécurité (perçue) est-elle reliée à l’activité physique ?

08/06/2019

Lors d’une collaboration sur étude examinant les liens entre activité physique et caractéristiques perçus du quartier d’habitation chez des adultes aux prises avec un trouble de santé mental sévère, j’ai pour la première fois pris conscience du possible impact de l’insécurité sur les habitudes d’activité physique (Vancampfort et al., 2013). Récemment, une revue systématique et méta-analyse a été publiée sur cette question par une équipe de recherche américaine (Rees-Punia, 2018).

Ils ont identifié 15 études examinant les liens entre activité physique et insécurité perçue et 4 où l’insécurité était caractérisée sur la base d’un indicateur « objectif ». La moitié des études incluaient des participants d’un seul morpho-type (hispanique, afro-américian, européen), 3 des enfants et 4 étaient réalisées dans des pays en développement. La totalité de celles-ci avaient un devis transversal.

Les résultats de analyses statistiques suggèrent que percevoir son lieu de vie comme sécure est associé en moyenne à 27% de plus d’activité physique. Plus les participants vivaient dans un environnement objectivement insécure, moins ils rapportaient être actif (environ 28%).

Les auteurs ont exploré si le pays de l’étude, la méthode de mesure de l’activité physique ou de l’insécurité ou encore l’âge des participants modéraient les résultats. Mais aucun modérateur n’était significativement associé.

Dans la discussion les auteurs soulignent qu’à leur connaissance une seule étude longitudinale a été publiée. Ses auteurs concluaient que les participants augmentaient d’environ 10 min de marche hebdomadaire lorsqu’ils percevaient leur environnement comme plus sécure (Foster, Knuiman, Hooper, Christian, & Giles-Corti, 2014).

Cette article illustre bien comment la promotion de l’activité physique repose aussi sur les politiques publiques et l’urbanisme. Il y peut être aussi un effet négatif du journal de TF1 ou de certaines émissions apeurantes sur l’activité physique des auditeurs. Si vous regardez les graphique ci dessous, il se pourrait que l’insécurité objective et perçue soient relativement découplées.

  • Foster, S., Knuiman, M., Hooper, P., Christian, H., & Giles-Corti, B. (2014). Do changes in residents’ fear of crime impact their walking? Longitudinal results from RESIDE. Preventive Medicine, 62, 161–166. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2014.02.011
  • Rees-Punia, E. (2018). Crime, perceived safety, and physical activity: A meta-analysis. Preventive Medicine, 111, 307–313. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2017.11.017
  • Vancampfort, D., De Hert, M., De Herdt, A., Vanden Bosch, K., Soundy, A., Bernard, P. P., … Probst, M. (2013). Associations between physical activity and the built environment in patients with schizophrenia: a multi-centre study. General Hospital Psychiatry, 35(6), 653–658. https://doi.org/10.1016/j.genhosppsych.2013.07.004
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