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Moi ? Je fais beaucoup de sport, et je dis pas ça pour vous faire plaisir.

23/02/2015

Tout d’abord qu’est que la désirabilité et l’approbation sociale ?

La désirabilité sociale, se définit comme « l’adéquation connue des comportements observés ou anticipés d’une personne aux motivations ou aux affects réputés des membres typiques d’un collectif social » [1]. L’approbation sociale est le « besoin d’obtenir une réponse positive dans une situation de test » [2].

Il y a une décennie, Adams et al. [3] publiaient une étude (en accès libre) ayant un impact important dans le domaine de l’activité physique (AP). Après avoir mesuré par questionnaire, les deux concepts de désirabilité et l’approbation sociale (qu’ils considéraient comme des traits de personnalité) chez 81 femmes, ils ont mis en place une évaluation de la dépense énergétique et de la durée de l’activité physique. Les techniques de l’eau doublement marquée et de l’actimétrie utilisées sur 14 jours étaient associées à des mesures d’activité physique déclaratives (un évaluateur contactait les participantes par téléphones pour les interroger sur leur activité physique de la veille et des 7 derniers jours).

Par la suite, les chercheurs ont exploré statistiquement si la désirabilité et l’approbation sociale pouvaient expliquer l’écart entre la mesure objective et subjective de dépense d’énergie et de durée d’AP.

La désirabilité et l’approbation sociale sont significativement associées à l’écart de dépense énergétique. La désirabilité sociale est significativement associée à l’écart de durée d’AP modérée.  Les auteurs concluent que la désirabilité et l’approbation sociale pourrait influencer les mesures subjectives de l’activité physique.

Cette étude fait état de plusieurs limites, une faible taille d’échantillon composé uniquement de femmes, et peu de covariables étaient utilisées dans les analyses. Cependant, cette étude souligne les limites de la mesure de l’activité physique par interview ou questionnaire.

En terme pratique, les professionnels de l’activité physique doivent garder ces résultats à l’esprit et tenter de prévenir l’impact négatif de la désirabilité et l’approbation sociale dans leurs évaluations. Ces résultats n’ont (à ma connaissance) pas été reproduits dans le domaine de l’activité physique, mais par contre des résultats similaires sont publiés avec les questionnaires de nutrition [4].

Pour illustrer le présent article, une vidéo de promotion des activités physiques et sportives pour les femmes du Royaume-Uni. Comme souvent, en France, nous sommes à cents lieues de cela.

  1. Cambon L. Désirabilité sociale et utilité sociale, deux dimensions de la valeur communiquée par les adjectifs de personnalité. Rev Int Psychol Soc. 1 déc 2006;19(3):125‑51.
  2. Hebert JR, Ma Y, Clemow L, Ockene IS, Saperia G, Stanek EJ, et al. Gender differences in social desirability and social approval bias in dietary self-report. Am J Epidemiol. 15 déc 1997;146(12):1046‑55.
  3. Adams SA, Matthews CE, Ebbeling CB, Moore CG, Cunningham JE, Fulton J, et al. The Effect of Social Desirability and Social Approval on Self-Reports of Physical Activity. Am J Epidemiol. 15 févr 2005;161(4):389‑98.
  4. Van de Mortel T. Faking it: social desirability response bias in self-report research. Aust J Adv Nurs. 2008;25(8):40‑8.

Et si la thérapie cognitivo-comportementale suffisait ?

16/02/2015

grosse fatigueLa question de la diminution de la fatigue perçue chez les personnes touchées par la fibromyalgie ou un syndrome de fatigue chronique ou traitées pour un cancer est un enjeu de taille car celle-ci diminue la qualité de vie de ces personnes et favorise l’apparition de comorbidités physiques (i.e. fonte musculaire) et mentales (e.g. symptômes dépressifs élevés).  Parmi les interventions non-pharmacologiques évaluées, la thérapie cognitivo-comportementale a fait l’objet de nombreux essais randomisés contrôlés obtenant de résultats majeurs sur diminution de la fatigue.

On peut alors s’intéresser aux bénéfices secondaires potentiels de la thérapie cognitivo-comportementale pour les participants de ces études. Ainsi, plusieurs études explorent l’effet des thérapies cognitivo-comportementales sur l’activité physique en posant 2 questions :

Question 1 – l’activité physique des participants est-il modifié post-intervention ?

Question 2 – la diminution de la fatigue perçue post-intervention (thérapie cognitivo-comportementale) est-elle expliquée par l’activité physique ?

La réponse aux deux questions est très simple : NON.

 

Ci-dessous une présentation brève d’études répondant à ces questions

Question 1

VanBuskirk, Roesch, Afari, & Wetherell, 2014

Participants : adultes douloureux chroniques

Intervention(s) :thérapie cognitivo-comportementale vs thérapie d’acceptation et d’engagement

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement à moyen terme (6 mois)

Kashikar-Zuck et al., 2013

Participants : adolescents avec fibromyalgie

Intervention(s) : thérapie cognitivo-comportementale vs éducation santé

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

Remarques : diminution significative de l’activité physique vigoureuse et faible, « effet paradoxal »

 

Question 2

Wiborg, Knoop, Stulemeijer, Prins, & Bleijenberg, 2010

Participants : adultes avec fatigue chronique

Intervention(s) :thérapie cognitivo-comportementale (face à face vs auto-administré)

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

Gielissen, Wiborg, Verhagen, Knoop, & Bleijenberg, 2012

Participants : adultes traités depuis de 12 mois pour un cancer

Intervention(s) : thérapie cognitivo-comportementale vs soins usuels

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

 

Ces études soulignent l’absence d’effet systémique de la thérapie cognitivo-comportementale dans un contexte de fatigue importante. Plus particulièrement, elles laissent penser qu’un couplage thérapie cognitivo-comportementale et intervention en Activité Physique Adaptée pourrait être beaucoup plus bénéfique pour ces personnes. La question des effets d’une prise en charge thérapie cognitivo-comportementale et activité physique avait déjà été abordé dans le blog en 2011 au sujet de vétérans de guerre. Il y a malheureusement peu d’études sur ce sujet, et des questions restent en suspens, par exemple sur les potentiels effets synergiques (i.e. effet TCC-AP = effet TCC* effet APA) ou antagonistes de la thérapie cognitivo-comportementale et d’une intervention en Activité Physique Adaptée ou d’une prise en charge séquentielle ou parallèle (e.g. TCC puis APA ou TCC et APA).

 Il y a certainement des structures ou psychologues et Enseignants APA travaillent de concert, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un article ou une étude de cas à ce sujet.

 Références

 Gielissen, M. F. M., Wiborg, J. F., Verhagen, C. A. H. H. V. M., Knoop, H., & Bleijenberg, G. (2012). Examining the role of physical activity in reducing postcancer fatigue. Supportive Care in Cancer, 20(7), 1441‑1447. doi:10.1007/s00520-011-1227-4

Kashikar-Zuck, S., Flowers, S. R., Strotman, D., Sil, S., Ting, T. V., & Schikler, K. N. (2013). Physical activity monitoring in adolescents with juvenile fibromyalgia: findings from a clinical trial of cognitive-behavioral therapy. Arthritis Care & Research, 65(3), 398‑405. doi:10.1002/acr.21849

VanBuskirk, K., Roesch, S., Afari, N., & Wetherell, J. L. (2014). Physical Activity of Patients With Chronic Pain Receiving Acceptance and Commitment Therapy or Cognitive Behavioural Therapy. Behaviour Change, 31(02), 131–143. doi:10.1017/bec.2014.6

Wiborg, J. F., Knoop, H., Stulemeijer, M., Prins, J. B., & Bleijenberg, G. (2010). How does cognitive behaviour therapy reduce fatigue in patients with chronic fatigue syndrome? The role of physical activity. Psychological Medicine, 40(8), 1281‑1287. doi:10.1017/S0033291709992212

 

Enquête auprès des médecins généralistes sur leur expérience et leur avis en matière de prescription d’activité physique

02/02/2015

Une étude est publiée dans la revue Sciences & Sports [1] avec pour objectif d’évaluer les connaissances des médecins généralistes d’Ille-et-Vilaine etFritz des départements limitrophes en matière de recommandations d’activité physique régulière (AP), ainsi que leur avis et ressenti sur leur prescription écrite.

 L’enquête s’est déroulée du 25 avril au 30 juin 2010 par envoi de questionnaires, 412 réponses ont été obtenues sur 1000 envois.

 Principaux résultats :

  • 45% et 51% des médecins interrogés déclarent « repèrent » et « conseillent » l’activité physique aux patients touchés par une pathologie chronique.
  • Les AP recommandées les plus fréquemment (par ordre) : la marche, les activités domestiques, l’inscription en club de sport
  • Les facteurs pouvant aider les médecins à la prescription (par ordre): réalisation de fiches à remettre au patient, l’organisation de formations sur la prescription d’AP, la collaboration médecins – éducateurs médicosportifs, la collaboration avec les services de médecine du sport, la collaboration médecins/ kinésithérapeutes, le fait d’être convaincu de l’intérêt de la prescription d’AP
  • « le fait de prescrire de l’activité physique a eu un lien statistiquement significatif avec celui de considérer la collaboration avec les éducateurs médicosportifs comme un facteur aidant la prescription ».

 Malgré ces résultats flatteurs, il faut garder le résultat le plus important à l’esprit, je cite : «  les médecins qui déclaraient pratiquer une AP étaient significativement ceux qui repéraient et conseillaient le plus une activité physique régulière chez leurs patients ».

 Souvent abordée sur le blog, la question de la « prescription » de l’activité physique repose majoritairement sur les caractéristiques personnelles du soignant (largement démontré [2]), notamment leur propre activité physique. Par exemple, les auteurs auraient pu interroger les médecins sur leur indice de masse corporel, ou leur statut tabagique (voir l’étude française [3] ou l’étude Canadienne [4])… Il serait alors apparu que les médecins fumeurs en surpoids ou obèses n’interrogent pas leur patients à propos de l’AP ou on peut imaginer qu’il s’agit des médecins non répondants (+ de 50% des médecins interrogés).

 Cette étude souligne aussi le besoin d’outils adéquats et du manque d’échanges entre les Enseignants APA et les médecins généralistes.

  1. Gérin C, Guillemot P, Bayat M, André AM, Daniel V, Rochcongar P. Enquête auprès des médecins généralistes sur leur expérience et leur avis en matière de prescription d’activité physique. Sci Sports
  2. Fie S, Norman IJ, While AE. The relationship between physicians’ and nurses’ personal physical activity habits and their health-promotion practice: A systematic review. Health Educ J. 1 janv 2013;72(1):102‑19.
  3. Attalin V, Romain A-J, Avignon A. Physical-activity prescription for obesity management in primary care: attitudes and practices of GPs in a southern French city. Diabetes Metab. juin 2012;38(3):243‑9.
  4. Lestage K. Promotion de l’activité physique des médecins omnipraticiens auprès de leurs patients. 3 juin 2013 [cité 14 nov 2013]; Disponible sur: https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/9845

 

Que nous enseignent les anciens mineurs anglais à propos de l’activité physique ?

22/01/2015

Un des articles les plus consultés du blog reste celui sur  l’activité physique des amish. S’il est vrai qu’il est très original et améliore réellement la compréhension que nous avons de la modification des habitudes de vie contemporaines, il souligne aussi indirectement l’aspect socio-culturel qui peut déterminer l’activité physique. Les articles du blog qui traitent des facteurs explicatifs associés à l’activité physique se centrent souvent sur les caractéristiques individuels (e.g., perte de temps…) ou psychologiques (e.g. processus de changement…) des individus étudiés. Or, au même titre que certaines activités sportives ou sports de compétition sont pratiqués plus fréquemment dans certaines régions ou milieux sociaux (voir le livre d’Olivier Chovaux pour un bel exemple), il pourrait en aller de même pour l’activité physique (dans un sens plus large que celui restreint du sport).

Rind & Jones (2015) viennent de publier une étude (en accès libre) qui explore comment l’histoire socio-culturelle d’une zone géographique peut former les croyances etPride FIlm attitudes à propos de l’activité physique. Ainsi à travers une approche qualitative, ils explorent les implications du déclin industriel sur les opportunités d’activité physique et les attitudes qui y sont liées.

Les deux chercheurs ont recrutés 19 adultes (10 hommes) assez âgés pour pouvoir avoir vécu les changements environnementaux, socio-économiques et sanitaires depuis les années 80 (moyenne d’âge 72 ans). Deux anciens bassins miniers au sein de zones respectivement rurale et semi-urbaine, au nord-est de l’Angleterre ont volontairement été choisies. Ils ont réalisé des focus groupes séparément par sexe.

Voici les principaux résultats :

Leur ancien travail étant très physique a freiné leur participation parallèle à des activités physiques de loisirs, donc cela influence encore aujourd’hui leur manque d’habitude d’activités physique de loisirs. Malgré la réfection de leurs quartiers respectifs laissés longtemps à l’abandon, les personnes décrivaient réaliser peu de marche car ils craignent pour leur sécurité.

jardins ouvriersIls insistent aussi sur le fait que leur revoit des mines les à couper du réseau social auquel ils appartenait et qui participait à leur activité physique. Ils soulignent aussi que la jardinage reste leur dépense physique majoritaire, en plus de fournir de la nourriture. Les sujets se décrivent aussi comme très diminués physiquement des suites de leur travail à la mine. Rind & Jones soulignent que les participants exprimaient un fonctionnement social de leur quartier très limité du fait de leur manque d’échanges entre eux et les jeunes habitants.

Cette étude soulève le besoin de prendre en compte les caractéristiques socio-historiques des zones où l’on souhaite aider les personnes à être plus actives. Ainsi, on peut imaginer que développer des programmes inter-générationnels autours de l’activité physique (voir l’exemple de l’association Jouvence en France) ou du jardinage et de travailler à ce que les espaces piétons paraissent plus sécuritaires demeurent de bonnes pistes de travail.

Dans un cadre plus large, cela rappelle aussi aux professionnels de la santé que travailler auprès d’un usager pour le rendre actif physiquement se base aussi sur les caractéristiques sociales et historiques dans lequel il évolue. Au niveau politique, la lutte contre la sédentarité passe aussi par les l’organisation des espaces comme les jardins ouvriers (jadis nombreux). Pour les enseignants en Activité Physique Adapté qui par exemple proposent des pratiques d’APA, cela peut aussi se traduire par des séances tarifées en fonction du revenu par exemple ou se rapprocher d’associations rassemblant des anciens travailleurs.

Rind & Jones (2015) “I used to be as fit as a linnet” – Beliefs, attitudes, and environmental supportiveness for physical activity in former mining areas in the North-East of England. Social Science & Medicine. doi:10.1016/j.socscimed.2014.12.002

Chovaux
 O.,
 Cinquante
 ans
 de
 football
 dans
 le
 Pas‐de‐Calais.
 Le
 temps
 de
 l’enracinement
 (fin
XIXe‐1940),
 Artois
 Presses 
Université,
coll.
Histoire,
2001,
378
p.


Agenda, crayon, clavier, diaporama : les maîtres mots du début de l’année 2015 pour les Activités Physiques Adaptées.

08/01/2015

1-Un an après quasi-jour pour jour, vous pouvez lire l’annonce du 2nd Congrès National des Professionnels des Activités PhysiquesCNP-APA 2015 Adaptées (CNP-APA) l’UFR SMBH de l’université Paris 13 à Bobigny. Une équipe plus étoffée travaille déjà à la seconde édition le 28-29 Mai 2015. Je l’ai souligné dans ma lettre ouverte aux acteThe_Congress_film_posterurs des APA, que ceux-ci n’écrivent, ne présentent, ne partagent pas assez leur expérience. Jusqu’au 15 Mars, proposez vos communications orales, vos ateliers pratiques, vos tables rondes entre professionnels, vos posters.
C’est peut être l’occasion de faire le point sur la législation, d’échanger avec un Enseignant-chercheur sur  les besoins d’outils validés, de questionner ce qui fait qu’un patient BPCO continue l’activité physique ou pas… ou d’utiliser votre droit à la formation continue. Vous pouvez toujours lire une des présentations de la première édition ici. Toutes les informations complémentaires sur le site du congrès.

2-Pour 2015, la revue Santé publique prépare un projet de numéro thématique qui sera dédié à : « Activités physiques & santé ». (Date limite d’envoi des déclarations d’intention : 6 mars 2015 – Date limite de dépôt des articles : 1erseptembre 2015).
Voici des extraits de l’appel à article :
« L’objectif de ce numéro thématique est de rassembler des contributions originales qui abordent les enjeux, débats et pratiques sur les rapportsSanté Publique entre activités physiques et santé. Il est attendu des articles de fond comme des retours d’expériences sur des pratiques innovantes.
Les approches pourront faire porter le focus sur la dimension territoriale où interviennent les professionnels de l’encadrement de l’activité physique et sportive, les professions médicales et paramédicales, l’offre de service des fédérations sportives et celle des entreprises. La mise au jour d’innovations locales sera particulièrement intéressante. La dimension nationale professions, instances de validation scientifique, organisations nationales et autorités de tutelle) est un terrain d’investigation tout aussi important car s’y jouent la reconfiguration des territoires professionnels ainsi que la pérennisation ou la fragilisation de groupes professionnels émergents. On pourra, ainsi, étudier les dynamiques professionnelles et sociales autour de l’activité physique pour la santé (enseignants en Activités Physiques Adaptées, éducateurs Sport –santé, etc.). ».

3-Pour terminer, la « traditionnelle » 13ème Journée des Activités Physiques Adaptées menée par les étudiants et professeurs du département «Activités Physiques Adaptées », de l’UFR STAPS se déroulera le Jeudi 9 Avril 2015. Le thème annoncé est : « Innovations Technologiques et Activités Physiques Adaptées ». Peu alléchant à mon goût, dans le contexte politique actuel d’autres thèmes semblaient prioritaires, mais attendons le programme pour me faire mentir.

N’hésitez pas à commenter les articles du blog.

Les activités physiques adaptées, une médecine alternative comme une autre ?

05/01/2015

Les Enseignants en Activités Physiques Adaptées, les médecins persuadés par les bienfaits de l’activité physique, les enseignants-chercheurs en santé ou en STAPS et moi-même clamons trop souvent à tort que l’activité physique (AP) est un remède à tout, est efficace dans la diminution de nombreux symptômes, diminue largement l’apparition d’un trouble physique ou mental. Or l’analyse stricte de la littérature montre que dans certain cas, celle-ci est très efficace à court terme mais pas long terme, que l’AP diminue le symptôme X mais le symptôme Y. Plus rarement, on peut lire des études ne démontrant pas d’effet sur la santé et encore plus rarement des effets négatifs [1]. Dans la majorité des cas, il apparaît difficile de clairement conclure du fait du manque d’essai randomisé contrôlé et ou de la faible qualité méthodologique des études [2].

Illustration issue de Podcast Science

Illustration issue de Podcast Science

Au fil des réflexions sur la question de l’efficacité de l’AP dans le domaine de la santé, de la prévention, j’ai élargi mon intérêt vers les méthodes et autres thérapies, dîtes alternatives ou complémentaires. En ville, on peut souvent croiser des plaques cuivrées de réflexologue, d’ostéopathe, d’acupuncteur…., or on peut s’interroger sur leurs fondations scientifiques, leur réelle efficacité, leur place dans la santé publique, les mécanismes « théoriques » sous-jacents, leur coût-efficacité….

Cet article se contente d’interroger la question de leur efficacité (des méthodes, des principes sous-jacents à ces méthodes et de leurs résultats). A mon sens, la communauté des personnes intéressés par les effets de l’AP sur la santé devraient être plus au fait de ces questions. Ainsi, je propose au lecteur du blog d’écouter deux émissions (dans l’ordre de présentation) traitant du même sujet et très complémentaires.

Le blog actiphysetc a déjà utilisé précédemment une émission du Podcast Science (toutes écoutables librement). La dernière de l’année 2014 abordait les Médecines Alternatives. Celle-ci était principalement menée par Nima Yeganefar, auteur du (très intéressant) blog Sham ans Science. Elle vous permettra de mieux comprendre les méthodes de la médecine factuelle et surtout de bien distinguer la question des mécanismes et de l’efficacité des médecines alternatives. Point négatif, l’émission est parfois àpodcastscience charge sur certaines thérapies sans prendre en compte la « sociologie » de la recherche (publication, modèle médical prégnant, absence de financement en France pour réellement mener des études d’envergures, travaux pluridisciplinaires peu lus par les médecins…).

 

Bruno Falissard

Bruno Falissard

Fr CultureLe seconde « Les médecines alternatives sont-elles efficaces ? » a très récemment été diffusée sur France Culture dans l’émission Science Publique, invitant autours de la table Bruno Falissard (voir son site internet – une mine d’or), Arnaud Fauconnier, Patrick Lemoine et Caroline Tourbe. Bruno Falissard est d’une rare justesse dans ses propos, permet réellement de comprendre la complexité du sujet. Tandis qu’Arnaud Fauconnier souligne le besoin d’un approche globale du patient, allant vers une identification de certaines thérapies alternatives comme faisant partie de l’arsenal thérapeutique.

Ces deux émissions ne traitent nullement de l’activité physique mais de nombreux ponts, questionnements sont identiques. N’hésitez pas a commenter ces émissions sur le blog. Elles sont toutes les deux téléchargeables librement, donc emportables dans le bus, la voiture ou pourquoi pas durant une sortie de vélo ou de course à pied.

Heureuse année 2015 à l’ensemble des lecteurs, une année pleine d’échanges et d’enrichissement autours de l’activité physique basée sur la science.

1. Thomas SG, Goodman JM, Burr JF. Evidence-based risk assessment and recommendations for physical activity clearance: established cardiovascular disease. Appl Physiol Nutr Metab. 2011 Jul 1;36(S1):S190–213.

2. Ussher M, Taylor A, Faulkner G. Exercise interventions for smoking cessation. COCHRANE DATABASE Syst Rev 2014

Merci à tous les lecteurs de 2014 !

29/12/2014

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 20 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 7 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Les systèmes d’orientation à l’activité physique au Royaume-Uni : efficacité et enseignements.

13/12/2014

Une revue de littérature francophone (accès libre) qui présente l’état des connaissances sur l’organisation de l’activité physique pour la santé au Royaume-Uni. J’ai rédigé cet article afin d’en présenter le contenu, l’évaluation, les intérêts/limites. Ce modèle est, à mon sens, faisable et adaptable en France (sous réserve de volonté politique).THIS IS ENGLAND

Voici quelques extraits, mais l’article est téléchargeable librement sur le site de la revue Santé Publique.

Introduction

L’activité physique (AP) dans l’organisation de la santé publique a une place croissante à tel point que l’AP est considérée comme une information importante à relever durant les consultations [1] … À ce titre, l’AP inclut l’exercice physique, les déplacements actifs et les pratiques sportives [2]… Au Royaume-Uni, dès les années 90, le Département de santé a sollicité l’association britannique des sciences du sport et de l’exercice afin d’élaborer des Systèmes d’orientation à l’AP (SOAP) (Exercise Referral Systems) à l’échelle nationale [19]. Ces SOAP ont pour objectif de développer des partenariats entre les milieux de santé et de l’AP. Leur construction est basée sur les principes de respect des individus visés et des professionnels, des aspects médico-légaux et s’établit en fonction de faits scientifiques et de bonnes pratiques.

Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer l’efficacité des SOAP dans les domaines de la santé et médico-économique et d’identifier les facteurs associés à l’orientation, l’adhésion et la réussite des SOAP. Pour cela, un examen systématique des articles publiés a été réalisé.

Perspectives

Dans une perspective française de mise en place de SOAP pour lutter contre les effets délétères de l’inactivité physique, plusieurs enseignements pourraient être retenus des SOAP anglo-saxons. Dans l’organisation-même des SOAP, les points-clés transposables seraient : une organisation en amont à échelle nationale rassemblant les spécialistes de la santé, de l’AP et du droit ; une adéquation entre niveau de sévérité this-is-england-big-cropde l’état de santé des usagers et niveau de formation des professionnels de l’AP ; un faible coût pour l’usager et une démarche d’évaluation incluse dès la mise en place, basée sur les critères d’efficacité clinique, médico-économiques et sur l’identification des (non) répondants.

Bernard Paquito. « Les systèmes d’orientation à l’activité physique au Royaume-Uni : efficacité et enseignements », Santé Publique 5/ 2014 (Vol. 26), p. 647-654. www.cairn.info/revue-sante-publique-2014-5-page-647.htm.

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