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Les canadiens connaissent-ils les recommandations d’activité physique ?

28/08/2016

BS1020AFB04Afin de mieux préparer la communication sur les prochaines recommandations d’activité physique de 2017, une enquête souhaite évaluer la connaissance des recommandations de 2011 parmi un échantillon de Canadien (Pfaeffli Dale et al. 2016).

La question était la suivante : Avez-vous entendu parler des recommandations d’activité physique pour adulte à leur sortie en 2011 ? Oui (Non Pas sur). Des questions démographiques étaient proposées ainsi qu’une question permettant d’évaluer l’activité physique modérée à élevée habituelle.

25-35 % de taux de réponse, représentant 1586 participants dont 149 francophones, la Colombie-Britanique était la province la plus représentée.

Résultats

  • 44 d’âge moyen
  • 80 % de femmes
  • 55 % des participants se déclaraient actif (i.e., >150 minutes par semaine)
  • 13 % des participants déclaraient connaître les recommandations
  • Les adultes actifs déclaraient plus fréquemment connaître les recommandations.
  • Le taux de 13 % est similaire à ceux relevés au Royaume-Uni ou aux États-Unis.

Ce résultats montre bien qu’il est nécessaire de réfléchir en amont aux stratégies d’application des futures recommandations afin d’augmenter ce taux. De plus, avec les biais méthodologiques (absence d’échantillonnage, évaluation auto-rapportée), il est fort probable que ce taux de 13 % soit encore plus bas.

Pfaeffli Dale, L., LeBlanc, A. G., Orr, K., Berry, T., Deshpande, S., Latimer-Cheung, A. E., … Faulkner, G. (2016). Canadian physical activity guidelines for adults: are Canadians aware? Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism. http://doi.org/10.1139/apnm-2016-0115

L’activité physique durable

23/08/2016

Bjornara et al. (2016) développent une idée très originale et riche de réflexion : l’activité physique durable. (article original en accès libre)

19716675Dans le sociétés occidentales, l’activité physique et l’effort physique ont été très largement diminués dans notre vie quotidienne : machines d’aide au travail, transports motorisés et activités de loisir sédentaires. Quand l’homme chasseur-cueilleur existait, il réalisait environ 19 kilomètres, soit 24000 pas quotidiennement, contre 7000 à 6600 aujourd’hui pour un adulte américains.

Le style de vie influence l’environnement, à travers l’alimentation, le transport (23 % des gaz à effet de serre) et la consommation de produits divers. Sur la base des projections populationnelles mondiales, 9 milliards d’humains devraient peupler la Terre en 2050, et la production d’alimentation devra être doublée. Les auteurs donnent la définition de l’alimentation durable, puis étendent le concept issu de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à l’activité physique.

Alimentation durable rassemble l’ensemble des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines. (plus d’information ici).

Il y a-t-il une activité physique durable ?

Dans une perspective de santé, l’OMS aborde la question de l’activité physique à travers les facteurs suivant : la fréquence, l’intensité et la durée de l’activité mais ne traite pas du type d’activité. En effet, de nombreux types d’activité physique peuvent entraîner des bénéfices similaires sur la santé. Dans ce cadre, Bjornara et al. (2016) introduisent l’idée d’une activité physique durable.

« Activité physique durable rassemble l’ensemble des activités physiques produites avec une durée, une fréquence et une intensité suffisante pour promouvoir la santé sans dépense/coût énergétique trop élevé en terme de nourriture, de transport ou d’équipement. Les activités physiques durables ont un faible impact environnemental et sont culturellement et économiquement acceptables et accessibles ». (Bjornara et al.2016) (traduit par mes soins).

« Sustainable physical activity includes those activities that are conducted with sufficient duration, intensity and frequency for promoting health, yet without excessive expenditure of energy for food, transportation, training facilities or equipment. Sustainable physical activities have low environmental impact and they are culturally and economically acceptable and accessible » (Bjornara et al.2016)

Bjornara et al. (2016) argumente en faveur d’une modification de la vision de l’activité physique. En voici quelques un sélectionnés.

  • Augmentation et développement des Transports/déplacements actifs = Bénéfices pour la santé physique et la diminution d’émission de dioxyde de carbone
  • Développer des activités physiques communautaire = Diminution des transports motorisés (i.e., prendre sa voiture pour aller au gym courir sur un tapis)
  • Améliorer la facilité à ce déplacer à pied dans les quartiers = Entraîne une augmentation de 800 pas quotidiens chez des adultes
  • Diminuer l’équipement qui remplace des tâches quotidienne qui nécessitent une dépense énergétique = Pelleter la neige à la main plutôt qu’à la souffleuse. Les auteurs abordent une étude qui montre que réaliser son pain soi même entraîne une dépense de 16,2 min d’activité physique modérée chez 10 sujets.

Les auteurs offrent un vision différente de l’activité physique véhiculée généralement. Ils donnent un rôle important à l’activité physique dans l’élaboration d’un mieux vivre ensemble dans le futur. A méditer…

Bjørnarå, H. B., Torstveit, M. K., Stea, T. H., & Bere, E. (2016). Is there such a thing as sustainable physical activity? Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports. http://doi.org/10.1111/sms.12669

L’activité physique, un catalyseur des traitements de la dépression ?

18/08/2016

6857123Le niveau d’activité physique (AP) d’adultes touchés par des troubles dépressifs (modérés à élevés) est un facteur qui influence la réponse à un traitement de la dépression. Mats Hallgreen et al. (2016) ont réalisé une analyse secondaire d’un essai clinique qui évaluait initialement l’efficacité d’un programme d’exercice physique versus une thérapie cognitive et comportementale (TCC) par internet versus des soins usuels . Il s’est concentré uniquement sur les 2 derniers bras interventionnels, c’est à dire, sans les participants au groupe exercice physique, représentant au total 629 participants. L’essai clinique était en simple aveugle et multicentrique.

Les investigateurs ont catégorisé le niveau d’activité physique faible, modéré, élevé, sur la base d’un questionnaire d’AP. Ils se concentraient sur l’analyse des scores au Montgomery–Åsberg Depression Rating Scale (MADRS) pré et post-intervention. L’analyse statistique prenait en compte des covariables importantes, comme par exemple la prise d’antidépresseurs.

Les résultats montrent que la diminution du niveau de dépression est significativement plus marquée uniquement chez les sujets ayant déclarés un niveau d’activité physique élevé avant le traitement. Ce résultat est indépendant du bras interventionnel (TCC ou soins usuels) et du sexe.

happiness-therapy-silver-linings-playbook-30-01-2013-16-11-2012-9-gBien que l’étude souffre de plusieurs limites (AP auto-rapportée, non prise en compte des données manquantes…), c’est un résultat important car c’est, à ma connaissance, une des 1er fois que l’activité physique est identifiée comme un facteur associé à une efficacité plus importante des traitements de la dépression. Ainsi, promouvoir un style de vie plus actif durant une thérapie cognitive et comportementale pourrait être bénéfique pour les usagers.

Dans le futur, une évaluation objective de l’activité physique pourrait venir confirmer ces résultats.

Voir aussi sur le blog un précédent article sur la question des antidépresseurs et de l’activité physique.

Hallgren, M., Nakitanda, O. A., Ekblom, Ö., Herring, M. P., Owen, N., Dunstan, D., … Forsell, Y. (2016). Habitual physical activity levels predict treatment outcomes in depressed adults: A prospective cohort study. Preventive Medicine, 88, 53–58. http://doi.org/10.1016/j.ypmed.2016.03.021

Absence de preuve d’une relation réciproque entre l’activité physique et le sommeil chez les femmes.

21/07/2016

Le dernier article du blogue concluait « Une nouvelle fois, la relation bidirectionnelle attendue entre activité physique et sommeil n’est pas confirmée. Bien entendu, la mesure uniquement 51XHwOA-UILsubjective du sommeil est une limite sérieuse ». La littérature scientifique apporte parfois des surprises. En effet, un article sous presse qui traite de cette question vient d’être mis en ligne [1]. Sa force principale est l’utilisation de mesures objectives pour quantifier l’activité physique et les paramètres du sommeil durant 7 jours consécutifs chez un nombre important de sujet (N= 353, uniquement des femmes).

Les auteurs ont examiné les relations bidirectionnelles au jour le jour entre l’activité physique modérée et intense et la sédentarité d’une part, et le temps total de sommeil et l’efficience de sommeil d’autre part.2016-07-21 18_11_44-Sans nom 3 - LibreOffice Impress

Résultat, aucune association significative n’a été identifiée. Il semble que l’activité physique et plusieurs paramètres du sommeil soient réellement indépendant. Cependant, il reste des questions en suspend : est ce que ces absences de relations sont toujours le même lorsqu’on les étudient chez des personnes touchée par des troubles du sommeil, une modification importante de l’activité physique durant plusieurs semaines impacte-elle le sommeil à moyen terme?…

1. Mitchell JA, Godbole S, Moran K, Murray K, James P, Laden F, et al. No Evidence of Reciprocal Associations between Daily Sleep and Physical Activity. Med. Sci. Sports Exerc. 2016;

Plus on dort, moins nous sommes actifs le lendemain

15/07/2016

La question des relations entre activité physique et sommeil a fait l’objet de plusieurs articles sur ce blog. Notamment, celui qui décrivait les relations entre activité physique Bigsleep2et sommeil au jour le jour chez des femmes âgées. L’ activité physique du jour même ne semblait pas être associée avec le sommeil de la nuit qui suit. Dans un autre article, il était question de possibles bénéfices de l’exercice physique pour des adultes dépressifs cliniquement. Les sujets actifs avaient des symptômes d’insomnie de moindre intensité, indépendamment de la sévérité de leur dépression.

L’article du jour est un peu une synthèse des deux précédents. Bouwmans et al. (2016) ont examiné les relations temporelles entre activité physique et sommeil durant 30 jours consécutifs chez 27 adultes dépressifs et 27 cas contrôles (sans difficulté de santé mentale) [1]. Les sujets portaient tous un accéléromètre et répondaient quotidiennement par écrit aux questions suivantes : Avez-vous bien dormi? Et Combien de temps avez-vous dormi?

Sur la base d’analyses statistiques solides, les auteurs ont traité les données pour répondre aux questions suivantes (les réponses suivent) :

  • Un changement de qualité de sommeil précède-t-il un changement d’activité physique?  NON
  • Un changement de durée de sommeil précède-t-il un changement d’activité physique?   OUI, une relation négative (B = -.21)
  • Un changement d’activité physique précède-t-il un changement de qualité de sommeil?  NON
  • Un changement d’activité physique précède-t-il un changement de durée de sommeil?  NON
  • La dépression modere-t-elle ces relations?  NON

Cette relation n’a pas été retrouvée avec des participants insomniaques ou âgés [2] dans de précédentes études. En revanche, cela pourrait venir confirmer l’indépendance de la relation AP-sommeil en contexte dépressif. Une nouvelle fois, la relation bidirectionnelle attendue entre AP et sommeil n’est pas confirmée. Bien entendu, la mesure uniquement subjective du sommeil est une limite sérieuse.

1. Bouwmans MEJ, Oude Oosterik NAM, Bos EH, de Groot IW, Oldehinkel AJ, de Jonge P. The Temporal Order of Changes in Physical Activity and Subjective Sleep in Depressed Versus Nondepressed Individuals: Findings From the MOOVD Study. Behav Sleep Med. 2016 Jun 2;1–15.

2. Lambiase MJ, Gabriel KP, Kuller LH, Matthews KA. Temporal relationships between physical activity and sleep in older women. Med Sci Sports Exerc. 2013 Dec;45(12):2362–8.

Faut-il taper sur les kinésithérapeutes ?

11/07/2016

81019-game-of-thrones-une-saison-6-top-secreteSi les exemples ne manquent pas pour s’énerver face à son écran (je vous aurais prévenu, exemple 1exemple 2), le titre est volontairement provoquant. Uniquement pour attirer les chalands ! D’ailleurs, prenez le mot kinésithérapeutes et remplaçaient le par éducateur sportif, ministère de sports/santé… c’est exactement la même réponse que je donne : Non.

Avec un peu de recul, ces derniers 12 mois ont été très agités autours des questions de l’activité physique adaptée, sa place, son rôle, ses acteurs, sa reconnaissance. Voir à ce propos deux articles de la SFP-APA qui dressent un bilan (mitigé?) clair des enjeux actuels.

Pour les fans du réseau social, plusieurs comptes livrent aussi une quantité d’informations non négligeables et facilitant une meilleure appréhension du contexte actuel (@MVergnault @stefdijoux @Chaudru_ @GillesThoni ).

Cet article dénote de ceux généralement postés sur ce blog. Il vise simplement à livrer ma position personnelle sur la question de l’organisation des forces vivantes autours de l’activité physique adaptée. Je reprends mots pour mots un ancien texte: Il me semble que le développement des APA arrive à un point de bascule. En effet, les pouvoirs publics prennent conscience du potentiel de l’activité physique pour des raisons majoritairement utilitaristes plus que scientifiques. La question de la mise au pas de l’activité physique par la santé (1) et le monde du sport est d’actualité et amène les APA à une vision réductionniste. Dans ce contexte, les acteurs des APA sont face à une sorte de pari de Pascal (2) : restons sur des positions attentistes, individuelles et uniquement corporatistes et les APA vivoteront benoîtement ici et là ou supposons que les APA peuvent réellement être portées par une expérience collective fédératrice, accompagnée des bénéficiaires et menée avec conviction et ainsi elles seront vivantes et en évolution permanente.Voir le texte complet pour les curieux.

Je souhaite souligner, à nouveau, que la reconnaissance de l’APA et son développement en faveur des usagers repose uniquement sur les professionnels de l’APA ACTIFS à sa reconnaissance. Si la SFP-APA est irréprochable dans ce domaine, les Enseignants APA forts de leur référentiel métier et de leur formation universitaire devraient se mobiliser en plus grand nombre par le biais de la SFP-APA ou d’autres voies. L’énergie et le temps de chacun n’est pas extensible à l’infini, donc concentrons nous sur la promotion de l’APA et évitons les réactions/critiques à chaud chronophages visant des corporations ou personnes. Les pistes ne manquent pas : créer un syndicat professionnel, ou se faire connaître dans les syndicats classiques, être réellement actifs en terme de communication auprès des usagers, associations de malades ou d’aidants, développer des manières de travailler en réseau avec les professionnels médicaux-paramédicaux-éducatifs-du loisirs et penser que les élections approchent (rappelez vous le travail nécessaire de l’ANESTAPS en 2012 ici et ).

6e année pour le blog !

12/06/2016

simon 2Ce blog a évolué au cours de ces années avec un nombre d’articles plus ou moins important en fonction de mes tâches parallèles. Si je tente de résumer sa vocation, ce blog est une base d’informations pour les professionnels de la prévention, les Enseignants en Activité Physique Adaptée, les kinésiologues et plus globalement les professionnels de la santé. Les thématiques abordées sont: la question de la motivation à l’activité physique, de l’approche épidémiologique de l’activité physique et des relations (négative & positive) entre l’activité physique et la santé mentale avec parfois quelques articles de réflexion personnelle ou issus d’articles originaux.

Qu’est ce qui pourrait être mieux ? L’interaction avec les lecteurs et une diffusion plus importante des articles sur les réseaux sociaux. Peut être aussi que des demandes pourraient faire émerger des idées d’articles… et que de mon côté de je me penche sur la question de l’activité physique en Afrique.

Le blog étant basé dorénavant au Québec, et grandissant progressivement en terme d’audience, je mesure aussi qu’une de ses forces reste la langue française (voir par exemple, les articles de mars et octobre 2015 de recension de la littérature francophone glanée sur internet) facilitant la diffusion de résultats souvent anglophones.

Pour fêter cet anniversaire, rien de mieux que de poursuivre la question de l’activité physique adaptée en francophonie, mais en Suisse cette fois !

L’activité physique chez les personnes touchées par des troubles schizophréniques, tout ce que l’on sait

06/06/2016

Après une activité moins fournie sur le blog ces derniers mois, voici un article qui présente une méta-analyse réellement intéressante. L’équipe composée principalement de Stubbs, Schuch, Rosenbaum and Vancampfort produit énormément d’études (1,2), dont plusieurs présentées dans ce même blog, et celles-ci font souvent l’état de la littérature sur une question précise touchant la santé somatique, psychiatrique et l’activité physique de personnes suivies pour des troubles psychiatriques.

Ainsi, leur dernière production rassemble l’ensemble des études disponibles évaluant le niveau d’activité physique de personnes touchées par des troubles schizophréniques (3).

The Lefovers_runningNous nous concentrerons uniquement sur les résultats des études ayant évalué l’activité physique objectivement (12 études). Si vous êtes un lecteur du blog, vous n’êtes pas sans savoir que la question de la mesure subjective ou dîtes, auto-rapportée pose de nombreux problèmes méthodologiques. Dans cette investigation, les participants rapportaient 25 min par jour par questionnaire d’activité physique alors que les mesures objectives décrivent en moyenne 192 min par jour.

L’activité physique MODÉRÉE mesurée objectivement représente en moyenne 42 minutes par jour. Cela diminue radicalement pour l’activité physique VIGOUREUSE, tombant 0,2 minutes par jour.

Les auteurs ont aussi porté leur intérêt sur les 2 études qui décrivaient la proportion de participants ayant une activité physique équivalente ou supérieure aux recommandations internationales (150 minutes par semaines d’activité physique modérée minima). C’était le cas pour 54.2 % des participants. Globalement, les analyses de sous groupes soulignent que les personnes en soins ambulatoires sont plus actives indépendamment de la catégorie d’activité physique.

Ces résultats sont majeurs et appellent les professionnels de la psychiatrie, les familles et les usagers à porter un intérêt plus grand à l’activité physique, principalement d’intensité vigoureuse. Les kinésiologues, les enseignants en Activité Physique Adaptée ont un rôle majeur à jouer pour mobiliser (en sécurité) les personnes touchées par des troubles mentaux sévères.

1. Vancampfort D, Firth J, Schuch F, Rosenbaum S, De Hert M, Mugisha J, et al. Physical activity and sedentary behavior in people with bipolar disorder: A systematic review and meta-analysis. J Affect Disord. 2016 May 14;201:145–52.

2. Schuch FB, Vancampfort D, Rosenbaum S, Richards J, Ward PB, Stubbs B. Exercise improves physical and psychological quality of life in people with depression: A meta-analysis including the evaluation of control group response. Psychiatry Res. 2016 Apr 26;241:47–54.

3. Stubbs B, Firth J, Berry A, Schuch FB, Rosenbaum S, Gaughran F, et al. How much physical activity do people with schizophrenia engage in? A systematic review, comparative meta-analysis and meta-regression. Schizophr Res [Internet]. 2016 Jun 1 [cited 2016 Jun 6];0(0).

Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ?

02/05/2016

Le blog Activités Physiques Adaptées vous donne rendez-vous sur le blog Qualaxia, blog québecois qui offre de nombreuses informations sur la santé mentale. Qualaxia est un réseau de chercheurs, d’experts, de décideurs, de gestionnaires et de cliniciens. L’article a pour titre : Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ? Cet article résume et vulgarise les résultats de l’étude anglophone suivante : Effects of a 6-month walking intervention on depression in inactive post-menopausal women: A randomized controlled trial (2015). Aging & Mental Health.

Capture du 2016-05-02 20:08:32

Ne ratez pas non plus un autre article du même blog sur cette thématique (lien)

La promotion de l’activité physique par les oncologues, ce n’est pas suffisant !

27/03/2016

Voici une traduction personnelle d’un texte rédigé en collaboration avec Josée Savard et édité par Jennifer Brunet pour l’Association Canadienne de Psycho-Oncologie.

katebPark et al. (2015) ont examiné les effets de la recommandation de l’activité physique à des personnes ayant terminé leur traitement pour un cancer du sein ou un cancer colorectal par des oncologues. Les investigateurs assignaient les participants dans une des 3 conditions suivantes : contrôle (consultation conventionnelle), recommandations en terme d’exercice physique (décrire les bénéfices de l’exercice d’intensité modérée sur les risques de récurrence de cancer), recommandations en terme d’exercice physique + outils motivationnels (DVD de présentation d’exercices de renforcement musculaire, podomètres et agenda) + une séance d’éducation menée par spécialiste de l’exercice physique. L’activité physique auto-rapportée 4 semaines à la suite de l’intervention était le critère de jugement de l’étude. La qualité de vie étant aussi mesurée à l’aide du questionnaire: European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC) QLQ C-30.

Parmi les participants recrutés, 121 avaient reçus un traitement pour un cancer du sein et 41 pour un cancer colorectal. Le taux de rétention de l’étude était bon (80%). L’analyse en intention de traiter indiquaient que l’ajout d’outils motivationnels et d’une séance d’éducation augmentaient significativement l’activité physique auto-rapportée modérée et totale, en comparaison au groupe contrôle. Les participants recevant cette intervention augmentaient leur durée d’exercice physique de presque 80 minutes par semaine. Les participants des deux autres bras ne modifiaient pas leur activité physique significativement. Aucune différence entre les 3 bras n’a été retrouvée pour la qualité de vie.

Cette récente étude montre que la recommandation de l’exercice physique par un oncologue pourrait être insuffisante pour modifier le comportement d’adultes traités pour un cancer du sein ou colorectal. Cela étaye l’idée que la promotion de l’activité physique devrait être accompagnée d’outils motivationnels et d’une consultation par un spécialiste de l’exercice physique.

Pourquoi cet article est pertinent : Malheureusement, la promotion de l’activité physique en oncologie est souvent conceptualisée comme une simple prescription de la part des oncologues. Mais l’activité physique est un comportement de santé complexe et devenir physiquement actif est défi de taille pour les personnes traitées pour un cancer. Cette étude souligne qu’une intervention appuyée par un soutien motivationnel est efficiente. Elle souligne aussi que l’intégration de spécialistes de l’exercice physique (ex: kinésiologues, enseignant en APA) pourrait être importante dans le futur.

Park, J.-H., Lee, J., Oh, M., Park, H., Chae, J., Kim, D.-I., … Jeon, J. Y. (2015). The effect of oncologists’ exercise recommendations on the level of exercise and quality of life in survivors of breast and colorectal cancer: A randomized controlled trial. Cancer, 121(16), 2740‑2748. http://doi.org/10.1002/cncr.29400

Version anglophone du texte en accès libre ici

Voir aussi un autre article du blogue sue ce sujet : Les oncologues et leurs croyances envers l’activité physique

Pour préparer la semaine d’information sur la santé mentale 2016 (2/2)

04/03/2016

Second article pour aider les lecteurs du blog à préparer la semaine d’information sur la santé mentale dont le thème reste : « Santé mentale et santé physique – un lien vital ».

Un poster sur l’utilisation du test de marche de 6 minutes avec des personnes touchées par des troubles schizophréniques. Celui-ci est anglais mais reste simple à lire et valorise une utilisation « juste » de ce test utilisable en clinique comme en recherche.

Ensuite un diaporama qui traite de la question de la motivation à l’activité physique chez ces mêmes personnes.

N’hésitez pas à diffuser les articles aux personnes intéressées.

Pour préparer la semaine d’information sur la santé mentale 2016 (1/2)

24/02/2016

SISM 2016Du 14 au 27 Mars se déroule la semaine d’information sur la santé mentale. Le thème de 2016 est le suivant : « Santé mentale et santé physique – un lien vital ». Vous avez sur l’image de gauche, un résumé des thèmes de cette semaine. L’activité physique a une bonne place ! Pour préparer cette semaine, le blog Activités Physiques Adaptées diffuse à nouveau deux diaporamas issus de présentations réalisées en congrès en 2011 et 2013 et facilite l’accès à des écrits scientifiques francophones.

C’est aussi l’occasion de rappeler que des chercheurs français et internationaux travaillent depuis longtemps sur cette thématique. Ayant eu la possibilité de dresser l’état de la littérature dans le domaine des effets de l’activité physique sur la santé mentale et physique, voici les articles francophones publiés dans ce domaine avec des collègues. Le plus récent est une lettre publiée dans la revue l’Encephale ayant pour titre : Et si on prenait l’activité physique au sérieux en psychiatrie ?.

La première partie de cet article contient le diaporama : Bénéfices des activités physiques adaptées dans la prise en charge de sujets atteints de pathologies mentales et la publication associée.

La sédentarité, le tour de la question

17/02/2016

La Presse Médicale a mis en ligne une revue de littérature de qui dresse l’état des connaissances actuelles à propos de la sédentarité. Avant d’aller plus loin, naviguez vers l’article à ce sujet de 2013 sur le blog, cela facilitera la lecture et l’interprétation du résumé de celle-ci.

L’auteur (Chevance et al., 2016), doctorant STAPS affilié à l’Université de Montpellier et couv_tremeaux Cliniques du Souffle, a pris le temps de rappeler les définitions importantes et méconnues de la sédentarité, de l’activité physique et de l’inactivité physique. Il souligne bien que la sédentarité et l’activité physique co-existent et sont trop souvent vus comme uniquement antinomiques. La description des effets délétères sur la santé est fine et souligne que le potentiel « effet compensatoire » de l’activité physique face à une sédentarité importante, n’est en réalité que peu vérifié. La revue se conclue par des pistes d’intervention visant la réduction de la sédentarité.

Points essentiels

  • Les comportements sédentaires et d’activité physique peuvent coexister chez un même individu.
  • Les effets néfastes des comportements sédentaires sur différents indicateurs de santé s’exercent même lorsque les individus sont actifs physiquement.
  • De nombreuses perspectives d’interventions pour réduire la sédentarité des Français sont à imaginer.
  • Certains pays ont déjà lancé des programmes de prévention à grande échelle sur des publics cibles.
Une lecture essentielle pour les professionnels du champ de la prévention, de la santé publique, mais aussi les Enseignants APA et kinésiologues.
Chevance, G., Foucaut, A. M., & Bernard, P. (2016). État des connaissances sur les comportements sédentaires. La Presse Médicale. http://doi.org/10.1016/j.lpm.2016.01.004
Déclaration d’intérêt: co-auteur de l’article

La psychologie au service de l’activité physique

11/02/2016

Les professionnels de la prévention, de la promotion de la santé, les enseignants en Activité Physique Adaptée ou les kinésiologues sont familiers avec quelques théories socio-cognitives utilisées dans le champ de la santé. Des théories comme le modèle transthéorique, la théorie de l’autodetermination, la théorie de la protection de la motivation…. sont souvent utilisées comme point d’appui pour élaborer une intervention pour modifier l’activité physique de populations cibles. Par exemple, Courneya et al. ont publié plusieurs études sur des interventions utilisant la théorie socio-cognitive de Bandura pour modifier la motivation à l’activité physique de femmes traitées pour un cancer du sein.show me a hero

Si le domaine de la psychologie de la santé et de l’activité physique est très actif pour mettre en place des études interventionnelles, aucunes études n’avait jamais rassemblé l’ensemble de la littérature disponible pour produire une méta-analyse et avoir une idée plus précise de leur efficacité.

Partis de ce constat, un groupe de jeune docteurs des universités de Montpellier a relevé ce défi (Gourlan et al. 2016).

Trois questions initiales étaient posées :

  1. Les interventions basées sur une théorie visant la promotion de l’AP sont-elles efficaces ?
  2. Les interventions basées sur une seule théorie sont-elles supérieures à celles qui en utilisent plusieurs ?
  3. Il-y-a-t-il une ou des théories plus efficace(s) que d’autres ?

La recension systématique de la littérature a été menée afin d’inclure des essais cliniques, ciblant des adultes et la promotion de l’AP, et stipulant explicitement une ou des théories comme base de création de l’intervention.

Résultats

77 études remplissaient les critères d’inclusion

  • L’effet de taille des études était de d = .31 (effet faible à modéré).
  • Les études basées sur une seule théorie font état d’une efficacité supérieure à celles qui en utilisent plusieurs (d = .35 vs. d = .21)
  • Aucune théorie utilisée dans la cadre d’une intervention ne semble supérieure à une autre.

Que faut-il retenir ?

Il est possible d’utiliser UNE théorie dite « motivationnelle » pour construire une intervention de promotion de l’activité physique avec un effet significatif mais faible à modéré.

Même si de nombreuses limites existent dans cette étude, elle souligne l’impact non-négligeable de produire des interventions pensées et réfléchies, ancrées théoriquement pour augmenter l’activité physique d’adultes (voir Romain et al 2016 par exemple). C’est un argument de poids pour un travail pluridisciplinaire dans le domaine de l’AP (Romain et al., 2015).

D’autres articles viendront sur le blog pour détailler d’autre (nombreux) résultats.

Enceinte et active

05/02/2016

Capture du 2015-12-28 11:42:28Le Centre de ressources sur l’activité physique (PARC) vient de mettre en ligne un guide « Enceinte et active ». Le document est en accès libre et rédigé très clairement. Après un rappel des bénéfices d’une grossesse active, il fournit des conseils, et illustrations d’exercices, d’étirements, ainsi que des contre-indications.

Ce document est très pédagogique, utilisable par le grand public comme par les professionnels de l’activité physique. Il s’appuie sur l’état de la littérature scientifique. D’ailleurs pour les lecteurs souhaitant approfondir le sujet, une revue de la littérature scientifique francophone est disponible ici, elle a été dirigée par Gautier Filhol, Enseignant en Activité Physique Adaptée.

Capture du 2015-12-28 11:41:45Si vous ne connaissez pas le Centre de ressources sur l’activité physique, prenez le temps d’examiner leur site internet, riche de ressources utiles francophones et anglophones. Un article du blog a déjà traité de cette thématique ici.

Filhol G, Bernard P, Quantin X, Espian-Marcais C, Ninot G. Point sur les recommandations d’activité physique durant la grossesse [Exercise during pregnancy : review]. Gynécologie Obstétrique & Fertilité

Catégoriser une personne comme active sur la base des réponses à un questionnaire, est-ce fiable ?

30/01/2016

The WireUn article (en accès libre) du numéro de février de la revue Medicine & Science in Sports & Exercise pose cette question. Les auteurs posent une question juste car dans le domaine de la recherche clinique ou épidémiologique, l’utilisation de questionnaires validés pour mesurer l’activité physique est la norme, même si un nombre croissant d’investigations utilisent des mesures dîtes objectives comme des accéléromètres.C’est aussi une problématique commune aussi aux aux Enseignants en APA ou kinésiologues, pour pouvoir catégoriser les habitudes en termes d’activité physique de leur « patients ».

La méthode utilisée est relativement simple. Les investigateurs ont comparé les proportions d’adultes classées comme « active » (c-a-d 150 min d’AP hebdomadaire) sur la base d’une mesure objective et auto-déclarée. Leurs données provenaient de 10 pays européens (dont la France), les participants (N=1713) étaient inclus après avoir répondu aux trois questionnaires suivants et réalisé une mesure objective de leur AP (combinaison d’un cardiofréquencemètre et d’un Actiheart « ajusté ») : Recent Physical Activity Questionnaire (RPAQ), International Physical Activity Questionnaire (IPAQ) (version courte) et le European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Physical Activity Questionnaire (EPIC-PAQ) (version courte).

La mesure objective classait 48.5% [95% CI, 41.6–50.9] des personnes suffisamment actives. Les prévalences de personnes actives étaient significativement différentes entre les questionnaires et la prévalence issue de la mesure objective.

  • International Physical Activity Questionnaire 84.2% [95% CI, 82.5–85.9],
  • Recent Physical Activity Questionnaire 87.6% [95% CI, 85.9–89.1],
  • European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Physical Activity Questionnaire 39.9% [95% CI, 37.5–42.1].

En prenant la mesure objective comme référence, les questionnaires attribuaient le statut d’actif dans 20 (IPAQ), 18 (RPAQ) et 70 % (EPIC-PAQ) des cas.

Les auteurs concluent à une fiabilité modeste de ces questionnaires. Ils ajoutent que les études populationelles utilisant ces questionnaires doivent être interprétées avec précaution.

Les spécialistes de l’AP recherchent souvent les meilleurs outils pour mesurer les habitudes d’AP, malheureusement peu d’outils de type questionnaire sont très fiables, en dépit de leur validation initiale. De plus, en pratique clinique, des outils émergent sans faire l’objet de validation (ex : Questionnaire Ricci Gagnon). Sur cette question il n’y a pas de bons questionnaires, il y en a de moins mauvais. Reste aussi la question de leur traitement et analyses qui ne se fait aisément dans la majorité des cas. Pour approfondir le sujet, une revue de littérature francophone a été publiée par Vuillemin et al. (2012).

Peu d’impact de la chirurgie bariatrique sur l’activité physique à long terme

24/01/2016

The Wire sofaDeux précédents articles traitaient de l’activité physique pré-post chirurgie bariatrique. Le second mettait en évidence que l’activité physique et la sédentarité restait respectivement très faible pour l’une et élevée pour l’autre. Du fait des devis des études, on ne pouvait pas réellement savoir si la chirurgie bariatrique entrainait une modification de ces comportements.

Un article de la revue Obesity répond à cette question. En effet, King et al. ont suivi 473 adultes avant puis 1,2,3 ans à la suite de leur opération. Les participants portaient un accéléromètre durant 7 jours pour caractériser leur activité physique.

La 1er année, la durée de sédentarité moyenne diminuait de 573 (95% CI: 563-582) à 545 (95% CI: 534-555) min par jour et l’activité physique modérée à vigoureuse augmentait de 77 (95% CI: 71-84) min par semaine. Cependant, aucun changement significatif n’était retrouvé pour les deux autres années. Le pourcentage de participants au-dessus des recommandations de 150 min d’activité physique modérée à vigoureuse hebdomadaire demeurait le même avant la chirurgie [3.4% (95% CI: 1.8-5.0) et trois plus tard [6.5% (95% CI: 3.1-12.7)]. Les auteurs ont aussi réalisé des analyses en sous-groupe qui soulignent aussi le peu de changement à la suite de l’opération, voir ci-dessous. Les auteurs concluent que la chirurgie entraine de très légers changements maintenus dans le temps mais que le niveau de d’AP n’est pas foncièrement augmenté à la suite de celle-ci. Il soulignent le besoin de prise en charge (conseil et AP supervisée pour les personnes ayant reçu une chirurgie de ce type).

King 2015 Objective assessment of changes in physical activity and sedentary behKing et al. 2015 Objective Assessment of Changes in Physical Activity and Sedentary Behavior: Pre- Through 3 Years Post-Bariatric Surgery. Obesity. 1143–1150. doi:10.1002/oby.21106

La chirurgie bariatrique, de la magie pour l’activité physique ?

19/01/2016

bunkAprès avoir traité de l’activité physique (AP) chez les candidats à une chirurgie bariatrique, posons-nous la question de l’après, du post-opératoire. On pourrait penser que l’opération entraine un déclic dans les habitudes des personnes, terme que l’on retrouve sous la forme de ‘teachable moment’ en anglais. Mais cela ne semble pas être le cas pour l’activité physique.
Chapman et al., (2014) ont demandé à 40 adultes australiens ayant subi une chirurgie bariatrique dans les 14 à 18 mois de porter deux accéléromètres durant 7 jours. La proportion de sédentarité, d’AP faible, modérée et élevée durant le temps d’éveil était la suivante : 72% ± 12%, 22% ± 9%, 5% ± 3% and 0% ± 0%. La moitié des moments de sédentarité était de plus de 30 minutes et plus de la moitié des temps liés à l’AP étaient de moins de 10 minutes.

Même si l’échantillon est peu important, il souligne que le changement de comportement ne semble pas être « naturel », « automatique » chez les personnes ayant reçu une chirurgie bariatrique. Un suivi spécifique pourrait faciliter un retour à un style de vie plus actif.Chapman 2014 Patterns of physical activity and sedentary behavior after bariatric

Chapman Naomi. Patterns of physical activity and sedentary behavior after bariatric surgery: An observational study. Surgery for Obesity and Related Diseases 10 (2014) 524–532. http://dx.doi.org/10.1016/j.soard.2013.10.012

Candidat à la chirurgie bariatrique – activité physique

15/01/2016

Tout d’abord qu’est-ce que la chirurgie bariatrique ?44934

La chirurgie bariatrique regroupe actuellement un ensemble de techniques qui peuvent être classées en deux types principaux d’interventions. Les premières visent à réduire la capacité gastrique, c’est-à-dire le volume utile de l’estomac (restriction). Les secondes, dites mixtes, associent à cette restriction gastrique plus ou moins importante la création d’une dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l’absorption intestinale des éléments nutritifs (malabsorption) (plus de détails ici). C’est un traitement reconnu de l’obésité dite morbide, IMC>40.

Les personnes qui peuvent obtenir ce traitement doivent réussir à modifier leurs comportements (alimentation et activité physique) de santé à la suite de l’opération. Ils font souvent l’objet d’étude afin d’examiner leur comportements et profiles avant et après l’opération. King et al., ont examiné l’association entre activité physique et indicateurs de santé mentale parmi des candidat à cette chirurgie (personnes obèses de type 2 ou 3 recrutés dans 10 hôpitaux américains).

Ainsi, 850 adultes ont porté un actimétre durant 7 jours, et ont répondu à des questionnaires validés afin d’évaluer leur niveau de symptômes dépressifs (BDI), leur qualité de vie dans le domaine mental (SF-36) et la présence d’un traitement récent pour la dépression et ou l’anxiété (majoritairement des psychotropes). L’AP était caractérisée de plusieurs façon : minutes d’AP globale par jour, nombre de pas par jour et cadence élevée.

Ces trois marqueurs d’AP n’étaient pas associée aux symptômes dépressifs, ni à la qualité de vie dans le domaine mental. En revanche, un niveau faible d’AP était associé avec la présence d’un traitement récent pour la dépression ou l’anxiété (avec un potentiel effet dose inverse). Comme l’étude avait un devis transversal, aucune causalité ne peut être interprétée. Cependant, dans cette population, les personnes traitées pour des symptômes dépressifs et ou anxieux sont des personnes qui pourraient bénéficier de conseils à l’activité physique plus spécifiques.

Voir aussi l’article du blog Pourquoi devrait-on s’intéresser beaucoup plus aux traitements antidépresseurs et anxiolytiques ?

King et al. (2013) Associations between physical activity and mental health among bariatric surgical candidates. Journal of Psychosomatic Research

 

 

Si l’activité physique est une médecine où est l’activité physique en médecine ?

10/01/2016

hippocrateBradley Cardinal a publié un article au titre interpellant, difficilement traduisible en français : If Exercise is Medicine, Where is Exercise in Medicine ? Après avoir dressé le nombre d’études et de recommandations qui suggèrent d’incorporer la promotion de l’activité physique dans le cursus universitaire de médecine, ses collègues et lui s’interrogeaient sur la place réelle de l’activité physique dans les formations médicales. Ils ont examiné les contenus de formation des écoles de médecine accréditées par l’Association Américaine des Écoles de Médecine en ciblant les « programmes » pour médecin et médecin en ostéopathie. Ils ont réussi à obtenir ces descriptions dans 118/170 écoles. Voici les questions posées et leurs réponses.

  • Combien de médecins reçoivent une formation à propos de l’activité physique ? 51 % des écoles fournissent aucune formation, 21 % une seule
  • Ces cours sont-ils optionnels ou obligatoires ? Parmi celles proposant un cours, celui-ci est optionnel dans 82 % des cas
  • Quels types de sujets sont traités en lien avec l’activité physique ? 45 % des cours sont centrés sur la médecine du sport ou la physiologie de l’exercice, alors que la médecine préventive, ou le conseil au changement de comportement est proposé beaucoup moins souvent (environ 8%).
  • Il y a-t-il des différences entre les médecins et les médecins ostéopathes, les écoles privées ou publiques ?Aucune différence significative retrouvée.

Les auteurs discutent de leurs résultats avec une vision américano-centrée et proposent le développement de modules en ligne pour pallier cet énorme écart entre les recommandations et les faits. On peut rester très septique face à cette proposition et à sa possible efficacité. La formation à l’activité physique est rare et reste ultra-dominée par une vision biologique selon cette étude.

Je ne connais pas d’équivalent en France ou Canada pour pouvoir comparer les résultats. Si les lecteurs du blogue se rappellent avoir lu des informations à propos de la convention passée entre la C3D et la Conférence des Doyens de Facultés de Médecine en 2013 (article du blogue), à ma connaissance, il n’y a pas d’écrit à ce sujet, ni de système d’évaluation des effets de cette convention. Cela ferait un très bon sujet de mémoire de Master/Maîtrise ou de thèse de médecine.

Cardinal et al. 2015. If Exercise is Medicine, Where is Exercise in Medicine? Review of U.S. Medical Education Curricula for Physical Activity-Related Content. Journal of Physical Activity & Health

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