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L’activité physique adaptée a-t-elle une place dans les soins palliatifs en oncologie ?

14/04/2015

Speed-Andrews & Courneya ont redigé un chapitre centré sur les effets de l’activité physique pré-sous-post traitement pour cancer dans l’ouvrage dirigé par Acevedo et al. (1) (déjà utilisé pour l’article sur le modèle écologique de l’activité physique (AP). Dans une sous-partie, ils abordent la question de la fin de vie et de la possibilité d’intervention en APA en soins palliatifs. Il m’apparaît essentiel de retranscrire cette partie, peu traitée dans la littérature.invasion

L’objectif des soins palliatifs sont le maintien dans le temps de la qualité de vie ainsi que la diminution/gestion des symptômes liés au cancer (OMS).

Speed-Andrews & Courneya soulignent que la littérature scientifique qui se centre sur ce sujet repose sur très peu d’études. Oldervoll et al. 2005 montre que 63 % de sujets interrogés ayant une espérance de vie entre 3 & 12 mois (déterminée par un clinicien) seraient intéressés pour participer à un programme structuré et supervisé d’AP. Une première revue systématique de la littérature en 2009 sur sujet a identifié six études (principalement des études pilotes ou de cas). Celles-ci soulignent la faisabilité et la bonne adhésion à des programmes d’activité physique en soins palliatifs. L’unique essai randomisé contrôlé démontrait une diminution beaucoup plus progressive du bien-être et de la fatigue parmi les sujets du groupe AP.

Les auteurs concluent à la faisabilité de l’AP en soins palliatifs mais soulignent qu’aucune conclusion ne peut être établie sur les potentiels effets bénéfiques de l’AP chez les personnes touchées par un cancers non traitables.

Une brève recherche dans la littérature actuelle (2–4) montre que deux essais cliniques ont en cours (5,6) et qu’un seul a été publié depuis 2013. Une étude pilote comparaient un programme d’AP aérobie versus renforcement musculaire chez des adultes traités par une chimiothérapie palliative (pour cancer gastro-intestinal) (n=26) (7). Les investigateurs concluent à la faisabilité de l’AP et à une possible amélioration des symptômes psychologiques liés au cancer.

Il y a donc un manque cruel de recherche dans ce domaine pour « réellement » établir l’intérêt de l’activité physique dans le domaine des soins palliatif en oncologie.

  • 1. Acevedo EO, editor. The Oxford Handbook of Exercise Psychology. New York: Oxford University Press; 2012. 544 p.
  • 2. Lowe SS, Danielson B, Beaumont C, Watanabe SM, Baracos VE, Courneya KS. Associations between objectively measured physical activity and quality of life in cancer patients with brain metastases. J Pain Symptom Manage. 2014 Sep;48(3):322–32.
  • 3. Lowe SS, Danielson B, Beaumont C, Watanabe SM, Baracos VE, Courneya KS. Correlates of objectively measured sedentary behavior in cancer patients with brain metastases: an application of the theory of planned behavior. Psychooncology. 2014 Jul 29;
  • 4. Bigum LH, Spielmann ME, Juhl G, Rasmussen A. A qualitative study exploring male cancer patients’ experiences with percutaneous nephrostomy. Scand J Urol. 2015 Apr;49(2):162–8.
  • 5. Zimmer P, Jäger E, Bloch W, Zopf EM, Baumann FT. Influence of a six month endurance exercise program on the immune function of prostate cancer patients undergoing Antiandrogen- or Chemotherapy: design and rationale of the ProImmun study. BMC Cancer. 2013;13:272.
  • 6. Jensen W, Oechsle K, Baumann HJ, Mehnert A, Klose H, Bloch W, et al. Effects of exercise training programs on physical performance and quality of life in patients with metastatic lung cancer undergoing palliative chemotherapy–a study protocol. Contemp Clin Trials. 2014 Jan;37(1):120–8.
  • 7. Jensen W, Baumann FT, Stein A, Bloch W, Bokemeyer C, de Wit M, et al. Exercise training in patients with advanced gastrointestinal cancer undergoing palliative chemotherapy: a pilot study. Support Care Cancer Off J Multinatl Assoc Support Care Cancer. 2014 Jul;22(7):1797–806.

Le sport-santé, l’activité physique adaptée, en question sur France Culture

06/04/2015

Vergnault MathieuL’émission de France Culture Pixel a récemment mis en ligne un reportage multimédia interactif sur l’expérimentation de Strasbourg « Sport santé sur ordonnance ». Vous trouverez des interviews et vidéos explicatives. A mon sens, la partie la plus intéressante du reportage est l’interview de Mathieu Vergnault, secrétaire national de la Société Française des Professionnels en Activités Physiques Adaptées, qui plaide pour une meilleure reconnaissance et une intégration des Enseignants en APA dans la prévention par l’activité physique à échelle nationale. Cet interview met en avant la formation universitaire STAPS (lien ci-dessous).

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5019849

Même si on peut saluer l’initiative du journaliste Eric Chaverou, il m’est apparu important de remarquer que le caractère scientifique de cette expérimentationFr Culture est très discutable. (Utilisant le compte de l’émission pour partager mon point de vue, (je le remercie de publier mon commentaire), voir ci-dessous). Pour rappel, l’article que je signale est en français et téléchargement libre

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Promouvoir et comprendre l’activité physique ou quand la complexité est au rendez-vous

02/04/2015

Les lecteurs du blog se rappellent de l’article de Janvier sur les mineurs anglais. J’y amorçais l’idée d’un vision de la promotion de l’activité physique parfois trop centrée sur des caractéristiques individuelles. Dans le domaine de la recherche ou dans le domaine clinique, éducatif ; les professionnels peuvent avoir tendance à uniquement prendre en compte des facteurs personnels (moi le premier) comme les indicateurs motivationnels, l’indice de masse corporel, la capacité à l’effort, la sévérité de la pathologie…

Or il existe une vision plus large, appelée une vision écologique de l’activité physique (1,2). Je reprend ici un extrait d’un chapitre de Claudio Nigg, tiré de l’excellent livre The Oxford Handbook of Exercise Psychology (3). Le modèle écologique classe systématiquement les facteurs associés à la santé selon 5 niveaux d’influence. Un comme un oignon, chaque couche a une influence proximale et distale sur les autres.

  • Niveau intrapersonnel : caractéristiques de l’individu (démographiques, personnels, croyance et attitudes)
  • Niveau interpersonnel : réseaux sociaux formels ou informels d’aide (famille, pairs, collègues de travail…)
  • Niveau communautaire : caractéristiques et règles qui encourage ou limite certains comportements
  • Niveau organisationnel : influences de l’organisation sociale de la société
  • Niveau politique : lois locales, nationales qui influencent de façon proactive ou non les comportements de santé.

modèle écologique de promotion de la santé

Ce modèle a l’avantage d’être très simple, et aide à mettre les choses en perspectives. Les professionnels de l’activité physique peuvent l’utiliser pour mieux cerner des problématiques rencontrées au sein d’institutions, par exemple. Deuxièmement, celui-ci étaye aussi la place de la politique dans la promotion de la santé. Quelles sont les volontés à ce sujet depuis 15 ans pour promouvoir, valoriser l’activité physique à des fins de santé ? Ou peux-t-on analyser l’ « expérience » de Strasbourg à travers ce prisme ? Troisièmement, ce modèle illustre les différentes qualités des acteurs qui entrent en jeu lorsque l’on veut promouvoir la santé, particulièrement l’activité physique. Les anglais l’on bien compris avec la création de l’Exercise Referal System, qui existe depuis 10 ans (voir l’article de la revue Santé Publique à ce sujet en accès libre (4)).

La rubrique AUTEUR DU BLOG a été réorganisée et plusieurs articles sont téléchargeables librement.

  • 1. Glanz K, Bishop DB. The role of behavioral science theory in development and implementation of public health interventions. Annu Rev Public Health. 2010;31:399–418.
  • 2. Glanz K, Rimer BK, Viswanath K. Health Behavior and Health Education: Theory, Research, and Practice. John Wiley & Sons; 2008. 968 p.
  • 3. Acevedo EO, editor. The Oxford Handbook of Exercise Psychology. New York: Oxford University Press; 2012. 544 p.
  • 4. Bernard P. Les systèmes d’orientation à l’activité physique au Royaume-Uni : efficacité et enseignements. Santé Publique. 2014 Nov 24;26(5):647–54.

Activité physique, santé, handicap, éducation : la littérature scientifique francophone en mouvement

25/03/2015

Récemment, le privilège d’analyser les résumés des interventions écrites et orales du Congrès National des Professionnels des Activités Physiques Adaptées (CNP-APA) m’a été donné. Je peux déjà annoncer que ceux-ci sont qualité et très variés en terme d’approches, de disciplines scientifiques et de publics visés. Un seul conseil, inscrivez-vous pour la seconde édition du CNP-APA !

© L'Internaute Magazine / Liv

© L’Internaute Magazine / Liv

Ces lectures, les précédents articles du blog, la démultiplication des archives ouvertes d’université et surtout l’intérêt croissant pour l’activité physique pour la santé décuple la quantité de textes francophones disponibles. J’ai donc fait tourner Zotero pour vous lister les textes francophones publiés durant les derniers 18 mois environ. Toutefois, l’exhaustivité n’est peut-être pas au rendez-vous, alors si vous connaissez des références qui ne sont pas dans bibliographie, laissez un commentaire.

  • Abitteboul, Y., Conort, C., Bouscaren, N., & Rivière, D. (2015). Importance du mal au dos comme frein à la pratique des activités physiques et sportives. Science & Sports, 30(1), 13‑18. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2014.07.017
  • Armand-Gaberan, F., & Bouilloud, J. (2013). Quand les jeunes en redemandent: Rencontre entre jeunes d’itep et éducateurs en formation autour du vtt. Empan, 92(4), 63. http://doi.org/10.3917/empa.092.0063
  • Ben-Sadoun, G., Petit, P.-D., Colson, S. S., König, A., & Robert, P. (2015). Activité aérobie et environnement enrichi : perspectives pour le patient Alzheimer. Science & Sports, 30(1), 1‑12. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2014.03.005
  • Bernard, P. (2014). Les systèmes d’orientation à l’activité physique au Royaume-Uni : efficacité et enseignements. Santé Publique, 26(4), 647‑654.
  • Bernard, P. (s. d.). Et si on prenait l’activité physique au sérieux en psychiatrie ? L’Encéphale. http://doi.org/10.1016/j.encep.2014.10.016
  • Besnier, A., Marqueste, T., & Comte, F. (2014). Activité physique durant la grossesse et ses répercussions sur le nouveau-né. La Revue Sage-Femme, 13(2), 49‑65. http://doi.org/10.1016/j.sagf.2013.12.001
  • Bouricha, R., Thoni, G., Raffard, L., Cohert, L., Saucourt, V., Tirode, V. (2015). Activité Physique Adaptée pour les malades chroniques en appartements de coordination thérapeutique. Santé Publique, 219-225
  • Brun, J.-F., Guiraudou, M., Romain, A.-J., Pollatz, M., Fédou, C., & Mercier, J. (s. d.). Le niveau d’oxydation maximale des lipides (LIPOXmax), un niveau d’exercice adapté par ses propriétés énergétiques et comportementales au « génotype économe » du syndrome métabolique : l’hypothèse du « healthy primitive lifestyle ». Science & Sports. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2015.01.002
  • Calmet, M., Franchini, E., & Assude, T. (2014). Handicaps simulés et outils numériques : un exemple d’utilisation en judo. La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation, N° 66(2), 253‑268.
  • Carré, F. (2010). L’activité physique dans la prévention de la maladie coronaire. Annales de Cardiologie et d’Angéiologie, 59(6), 380‑384. http://doi.org/10.1016/j.ancard.2010.10.008
  • Cochez, C., Lootgieter, R., Peres, S., Rubenstrunk, A., Prudhomme, C., Carru, V., & Azar, R. (2014). Faisabilité et bénéfices de l’activité physique adaptée (APA) perdialytique chez les patients hémodialysés. Néphrologie & Thérapeutique, 10(5), 315‑316. http://doi.org/10.1016/j.nephro.2014.07.066
  • Costes, F., & Pison, C. (2014). Activité physique et nutrition dans la broncho-pneumopathie chronique obstructive. Nutrition Clinique et Métabolisme, 28(4), 336‑347. http://doi.org/10.1016/j.nupar.2014.10.004
  • Demets, J., Weissland, T., & Metron, D. (2014). Étude de faisabilité du pédalage unilatéral en réentraînement à l’effort chez le patient amputé de membre inférieur d’origine vasculaire : résultats préliminaires. Science & Motricité, (84), 35‑42. http://doi.org/10.1051/sm/2013075
  • Desport, J.-C., Jésus, P., Fayemendy, P., & Pouchard, L. (2014). Activité physique lors de la sclérose latérale amyotrophique. Nutrition Clinique et Métabolisme, 28(4), 321‑326. http://doi.org/10.1016/j.nupar.2014.09.001
  • Duclos, M., Oppert, J.-M., Vergès, B., Coliche, V., Gautier, J.-F., Guezennec, C.-Y., … Strauch, G. (2012). Activité physique et diabète de type 2: Référentiel de la Société francophone du diabète (SFD), 2011. Médecine des Maladies Métaboliques, 6(1), 80‑96. http://doi.org/10.1016/S1957-2557(12)70366-8
  • Dupuis, C., Filaire, M., & Filaire, E. (2015). Activité physique spontanée et qualité de vie des patients atteints d’un cancer du poumon, en attente d’une résection pulmonaire. Science & Sports, 30(1), 47‑50. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2014.09.003
  • Durocher, T., Thuillier, B., & Guyader, B. (2014a). Impact d’un protocole en activités physiques adaptées chez des patients lombalgiques chroniques en restauration fonctionnelle du rachis. Science & Motricité, (84), 11‑17. http://doi.org/10.1051/sm/2013065
  • Durocher, T., Thuillier, B., & Guyader, B. (2014b). Impact d’un protocole en activités physiques adaptées chez des patients lombalgiques chroniques en restauration fonctionnelle du rachis. Science & Motricité, (84), 11‑17. http://doi.org/10.1051/sm/2013065
  • Ferez, S., Marin-Duval, E., Thomas, J., Héas, S., & Fougeyrollas, P. (2014). Continuer à s’engager dans des loisirs après avoir été infecté au VIH : entre quête de normalité et prescription sociale. Loisir et Société, 37(2), 205‑223. http://doi.org/10.1080/07053436.2014.936162
  • Filhol, G., Bernard, P., Quantin, X., Espian-Marcais, C., & Ninot, G. (s. d.). Activité physique durant la grossesse : point sur les recommandations internationales. Gynécologie Obstétrique & Fertilité. http://doi.org/10.1016/j.gyobfe.2014.09.014
  • Fuchs, A. (2014). Activités physiques adaptées et mucoviscidose. La « voix » des patients. Science & Motricité, (84), 111‑119. http://doi.org/10.1051/sm/2013076
  • Gérin, C., Guillemot, P., Bayat, M., André, A. M., Daniel, V., & Rochcongar, P. (s. d.). Enquête auprès des médecins généralistes sur leur expérience et leur avis en matière de prescription d’activité physique. Science & Sports. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2013.12.006
  • Ginsbourger, T., & Terral, P. (2014). Dynamiques « d’humanisation » puis de « managérialisation » d’un projet d’activité physique sur un site de lutte contre le cancer. SociologieS.
  • Giroux, M. (2014). L’activité physique adaptée, enjeu et support de l’éducation thérapeutique du patient diabétique de type 2 précaire : élaboration d’un cycle éducatif d’activité physique adaptée « escalade », 145.
  • Kolko Labadens, A., Lasseur, C., Labat, T., Trolonge, S., & Chauveau, P. (2014). Activité physique chez les patients dialysés : comment et pourquoi l’évaluer et mettre en place un programme ? Néphrologie & Thérapeutique, 10(3), 151‑158. http://doi.org/10.1016/j.nephro.2013.12.004
  • Lacharité-Lemieux, M. (2014). Adhésion à l’exercice et amélioration de la santé métabolique chez les femmes ménopausées : comparaison entre l’entraînement en plein air et en salle. Consulté à l’adresse http://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/5457
  • Lecocq, G., & Dervaux, S. (2014). De la résistance à la résilience : lorsque 2 types d’A.P.A. se mettent au service d’une personne vulnérable. Science & Motricité, (84), 89‑97. http://doi.org/10.1051/sm/2013079
  • Le Galudec, M., Contant, A.-C., Stephan, F., Feray, A., Le Floch-Bergot, A.-L., Alzas, N., … Guerrero, F. (2014). Impact d’un programme d’activité physique sur la symptomatologie schizophrénique : résultats d’une expérience menée au CHRU de Brest. European Psychiatry, 29(8, Supplement), 646. http://doi.org/10.1016/j.eurpsy.2014.09.011
  • Lemercier, L., Bernard, P., Delmotte, J., Vincent, L., Cartron, G., & Ninot, G. (2015). Bénéfices des activités physiques adaptées au cours de l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : étude de faisabilité. Oncologie, 17(1-2), 47‑56. http://doi.org/10.1007/s10269-015-2486-3
  • Leti, T., Guinot, M., Favre-Juvin, A., & Bricout, V.-A. (2014). Dysautonomie des sujets porteurs d’une trisomie 21 : apports de la variabilité de la fréquence cardiaque et du bilan hormonal. Science & Motricité, (84), 71‑79. http://doi.org/10.1051/sm/2013080
  • Moscone, A.-L., Leconte, P., & Le Scanff, C. (2014). L’anorexie et l’activité physique, une relation ambiguë. Science & Motricité, (84), 51‑59. http://doi.org/10.1051/sm/2013084
  • Mosson, M., Peter, L., & Montel, S. (2014). Impact du niveau d’activité physique sur l’alexithymie et le coping dans une population de plus de 40ans atteinte de sclérose en plaques : une étude pilote. Revue Neurologique, 170(1), 19‑25. http://doi.org/10.1016/j.neurol.2013.04.009
  • Paumard, C. (2014). Les bénéfices de l’activité physique dans les pathologies chroniques. NPG Neurologie – Psychiatrie – Gériatrie, 14(82), 201‑208. http://doi.org/10.1016/j.npg.2013.12.005
  • Pillard, F. (2014a). Bénéfices de l’activité physique chez le patient atteint de BPCO. Revue des Maladies Respiratoires Actualités, 6(3), 230‑232. http://doi.org/10.1016/S1877-1203(14)70560-9
  • Pillard, F. (2014b). Évaluer l’activité physique des patients atteints de BPCO. Revue des Maladies Respiratoires Actualités, 6(3), 233‑234. http://doi.org/10.1016/S1877-1203(14)70561-0
  • Pillard, F. (2014c). Faciliter et stimuler l’activité physique des patients atteints de BPCO : quels moyens, quels résultats ? Revue des Maladies Respiratoires Actualités, 6(3), 235‑237. http://doi.org/10.1016/S1877-1203(14)70562-2
  • Pollatz, M., Guiraudou, M., Romain, A.-J., Fédou, C., Brun, J.-F., & Mercier, J. (2014). Les effets d’un réentraînement de 45 minutes au LIPOXmax sur le comportement alimentaire de patients obèses sont analogues le matin et l’après-midi. Science & Sports, 29(2), 57‑61. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2013.12.002
  • Rivas-Branger, J., Chinalska-Chomat, R., Obeid, D., & Ricour, C. (2014). Handicap mental chez l’enfant et risque d’obésité : le rôle clé de l’activité physique (AP) adaptée. Science & Sports, 29, Supplement, S8. http://doi.org/10.1016/j.scispo.2014.08.008
  • Rolland, M. (2015). L’observance de la prescription d’activité physique en médecine générale : étude descriptive prospective chez des patients porteurs de facteurs de risque cardiovasculaires, 101.
  • Romain, A. J., & Bernard, P. (2015). L’amélioration de la santé cardiovasculaire par l’exercice physique, chez les individus atteints de schizophrénie, passe aussi par la psychologie de la santé. Obésité, 10(1), 63‑65. http://doi.org/10.1007/s11690-014-0463-4
  • Tant, M. (2014, janvier 20). Inclusion en Education Physique et Sportive des élèves en situation de handicap. Mise en évidence d’un système inclusif en trois stades distincts chez les enseignants d’EPS français (phdthesis). Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambresis. Consulté à l’adresse https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00998934/document
  • Thibault, R., Meyer, P., & Cano, N. (2014). Activité physique, nutrition, et insuffisance cardiaque chronique. Nutrition Clinique et Métabolisme, 28(4), 327‑335. http://doi.org/10.1016/j.nupar.2014.10.005
  • Thomas, J., Duval, E., Perera, É., & Ferez, S. (2014). La perception de l’activité physique comme mode de prise de charge du VIH : effets de la visibilité du corps sur les stratégies de gestion d’une « maladie chronique ». Science & Motricité, (84), 99‑110. http://doi.org/10.1051/sm/2013081
  • Villaron, C., Marqueste, T., Eisinger, F., Cappiello, M.-A., Therme, P., & Cury, F. (2015). Activité physique et cancer du sein métastatique : qualité de vie, fatigue et estime de soi — étude pilote. Oncologie, 17(1-2), 39‑46. http://doi.org/10.1007/s10269-014-2474-z

L’ Activité Physique Adapté (danse) chez des adultes traités par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques

19/03/2015

Un article est paru en Février dernier dans la revue française Oncologie présente l’étude de la faisabilité d’un programme d’APA dans un milieu très particulier, les hémopathies malignes. De plus, la présentation du programme d’APA est particulièrement réussie. J’ai eu la chance de collaborer à ce travail très original mené par Laura Lemercier. Pour les personnes n’ont pas accès à cet article, n’hésitez pas à contacter l’auteure pour lui demander une copie personnelle (contact sous le résumé).

Voici le résumé de l’étude.

Objectifs : L’objectif de cette étude est d’évaluer la faisabilité d’un programme d’activités physiques adaptées (APA) chez des adultes atteints d’hémopathies et traités par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH).

lemercierMatériel et méthode : Étude contrôlée comparant deux groupes : APA et témoin. Les sujets sont des adultes traités par ACSH. Durant l’intervention (APA de type danse, trois semaines, trois séances hebdomadaires), les critères de jugement de la faisabilité sont l’acceptabilité, l’adhésion, la satisfaction et la fréquence cardiaque cible. La comparaison intergroupe repose sur l’évaluation de la fatigue perçue, du niveau d’anxiété et de dépression.

Résultats : Un taux de 90,6 % d’adhésion est relevé. La fatigue perçue diminue dans le groupe APA, mais cette différence est non significative après contrôle des scores à l’inclusion.

Conclusion : Un programme d’APA est faisable chez des sujets traités par ACSH.

L. Lemercier, P. Bernard, J. Delmotte, L. Vincent, G. Cartron, G. Ninot. Bénéfices des activités physiques adaptées au cours de l’allogreffe de cellules souches  : étude de faisabilité (2015). Oncologie. 10.1007/s10269-015-2486-3

De l’activité physique adaptée (vraiment) pour tous ?

15/03/2015

L’institut National de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM) a publié un rapport d’expertise collective intitulé : Inégalité sociales de santé en lien avec l’alimentation et l’activité physique en Mai 2014. C’est l’occasion d’aborder cette question dans le blog qui s’est majoritairement centré sur les caractéristiques individuels et psychologiques associés à l’activité physique (AP).médiation

Voici quelques extraits des conclusions

Position socioéconomique et pratique d’activité physique ou sédentarité en France

« Chez l’adulte, le niveau d’activité physique globale varie selon la position socioéconomique, une position plus faible étant associée à une pratique moins importante. »

« Chez les jeunes, les résultats sont plus controversés. Les études suggèrent que le niveau d’activité physique totale n’est pas significativement lié à la position socioéconomique mais que ce sont le contexte ou les modalités de la pratique qui varient selon la position socioéconomique. »

Caractéristiques de l’environnement et disparités de pratique d’activité physique

« Les différentes formes urbaines entre les pays, les définitions subjectives de l’espace d’étude (quartier, environnement de vie) et les diverses populations visées sont autant d’éléments qui participent à la diversité des associations rapportées dans la littérature scientifique internationale. En l’état actuel des connaissances, l’hétérogénéité des relations entre environnement de vie et pratiques d’activité physique n’autorise pas de préjuger de la nature et du sens d’un éventuel lien de causalité.« 

« Les représentations des environnements de vie et le sentiment de la sécurité font partie des facteurs identifiés comme associés à la pratique d’activité physique dans la littérature internationale en lien avec la santé. »

« L’expertise démontre l’importance d’étudier l’influence de l’environnement bâti auprès de différents segments de population et dans différents contextes urbains, ce qui n’a pas toujours été prévu dans les études réalisées jusqu’à présent. Le lieu de vie ne se limite pas au quartier de résidence, il est donc nécessaire d’inclure les composantes du quartier où se situent par exemple le lieu de travail (ou de scolarisation) ainsi que des lieux vécus quotidiennement par exemple lors des déplacements domicile/travail ou pour réaliser des activités régulières. »

« En conclusion, et après analyse de la littérature internationale, il est difficile de conclure de façon tranchée sur l’existence d’associations significatives et concordantes entre caractéristiques de l’environnement physique, niveau socioéconomique des quartiers et pratique d’activité physique (loisirs, transports). »

Facteurs associés à la pratique d’activité physique et à la sédentarité

« Peu d’études ont analysé la pratique d’activité physique et la sédentarité sous l’angle des inégalités sociales. Cependant, une étude longitudinale a montré que s’il n’y avait pas de différences d’activité physique entre les catégories socioprofessionnelles durant les loisirs en début d’étude, des différences ont émergé au cours du suivi (5 à 7 ans), en faveur des catégories les plus favorisées qui étaient plus actives physiquement pendant les loisirs que leurs homologues des catégories moins favorisées (Seiluri et coll., 2011). »

« En conclusion, le modèle d’analyse privilégié aujourd’hui pour appréhender l’ensemble des différents facteurs liés à l’activité physique est le modèle écologique qui prend en considération les relations inter-individuelles de même que l’environnement social et physique. Des modèles écologiques de l’activité physique suggèrent que les facteurs associés à l’activité physique sont spécifiques aux quatre domaines traditionnels d’activité physique (Sallis et coll., 2006) : activités professionnelles, loisirs, transports, activités quotidiennes domestiques (Pratt et coll., 2004). Il est donc important de prendre en considération les différents domaines (Bauman et coll., 2012) et de ne pas considérer uniquement l’activité physique dans sa globalité. »

Commentaires du blog

Même si ce rapport est des plus intéressant, la lecture du sommaire souligne le déséquilibre important entre la nutrition et l’AP, reflétant certainement les déséquilibres de littérature scientifique.

Il apparaît difficile d’émettre des conclusions, l’intérêt de ce rapport réside dans le fait qu’il met à jour la complexité des facteurs qui influencent l’activité physique et le besoin de rassembler des acteurs de différents horizons pour modifier les comportements dans une logique de santé publique. De plus, l’activité physique n’est quasiment vu que sous un seul aspect l’activité sportive, or celle-ci ne représente qu’une partie plus moins importante du problème du faible niveau d’activité physique. Et encore trop souvent les instances publiques ne communiquent que sur ce point (voir l’exemple ici).

Il doit aussi interroger les Enseignants en APA qui travaillent « hors structure de santé/médico-social » sur l’influence des inégalités sociales sur les participants qui bénéficient de l’APA, autrement dit quelles sont les solutions (financières) pour que les personnes à moyens réduits pouvant participer à des programmes d’APA ? (voir ici ).

Vous trouverez aussi dans l’article une vidéo québecoise illustrant les effets néfastes des inégalités de santé sur la santé.

Moi ? Je fais beaucoup de sport, et je dis pas ça pour vous faire plaisir.

23/02/2015

Tout d’abord qu’est que la désirabilité et l’approbation sociale ?

La désirabilité sociale, se définit comme « l’adéquation connue des comportements observés ou anticipés d’une personne aux motivations ou aux affects réputés des membres typiques d’un collectif social » [1]. L’approbation sociale est le « besoin d’obtenir une réponse positive dans une situation de test » [2].

Il y a une décennie, Adams et al. [3] publiaient une étude (en accès libre) ayant un impact important dans le domaine de l’activité physique (AP). Après avoir mesuré par questionnaire, les deux concepts de désirabilité et l’approbation sociale (qu’ils considéraient comme des traits de personnalité) chez 81 femmes, ils ont mis en place une évaluation de la dépense énergétique et de la durée de l’activité physique. Les techniques de l’eau doublement marquée et de l’actimétrie utilisées sur 14 jours étaient associées à des mesures d’activité physique déclaratives (un évaluateur contactait les participantes par téléphones pour les interroger sur leur activité physique de la veille et des 7 derniers jours).

Par la suite, les chercheurs ont exploré statistiquement si la désirabilité et l’approbation sociale pouvaient expliquer l’écart entre la mesure objective et subjective de dépense d’énergie et de durée d’AP.

La désirabilité et l’approbation sociale sont significativement associées à l’écart de dépense énergétique. La désirabilité sociale est significativement associée à l’écart de durée d’AP modérée.  Les auteurs concluent que la désirabilité et l’approbation sociale pourrait influencer les mesures subjectives de l’activité physique.

Cette étude fait état de plusieurs limites, une faible taille d’échantillon composé uniquement de femmes, et peu de covariables étaient utilisées dans les analyses. Cependant, cette étude souligne les limites de la mesure de l’activité physique par interview ou questionnaire.

En terme pratique, les professionnels de l’activité physique doivent garder ces résultats à l’esprit et tenter de prévenir l’impact négatif de la désirabilité et l’approbation sociale dans leurs évaluations. Ces résultats n’ont (à ma connaissance) pas été reproduits dans le domaine de l’activité physique, mais par contre des résultats similaires sont publiés avec les questionnaires de nutrition [4].

Pour illustrer le présent article, une vidéo de promotion des activités physiques et sportives pour les femmes du Royaume-Uni. Comme souvent, en France, nous sommes à cents lieues de cela.

  1. Cambon L. Désirabilité sociale et utilité sociale, deux dimensions de la valeur communiquée par les adjectifs de personnalité. Rev Int Psychol Soc. 1 déc 2006;19(3):125‑51.
  2. Hebert JR, Ma Y, Clemow L, Ockene IS, Saperia G, Stanek EJ, et al. Gender differences in social desirability and social approval bias in dietary self-report. Am J Epidemiol. 15 déc 1997;146(12):1046‑55.
  3. Adams SA, Matthews CE, Ebbeling CB, Moore CG, Cunningham JE, Fulton J, et al. The Effect of Social Desirability and Social Approval on Self-Reports of Physical Activity. Am J Epidemiol. 15 févr 2005;161(4):389‑98.
  4. Van de Mortel T. Faking it: social desirability response bias in self-report research. Aust J Adv Nurs. 2008;25(8):40‑8.

Et si la thérapie cognitivo-comportementale suffisait ?

16/02/2015

grosse fatigueLa question de la diminution de la fatigue perçue chez les personnes touchées par la fibromyalgie ou un syndrome de fatigue chronique ou traitées pour un cancer est un enjeu de taille car celle-ci diminue la qualité de vie de ces personnes et favorise l’apparition de comorbidités physiques (i.e. fonte musculaire) et mentales (e.g. symptômes dépressifs élevés).  Parmi les interventions non-pharmacologiques évaluées, la thérapie cognitivo-comportementale a fait l’objet de nombreux essais randomisés contrôlés obtenant de résultats majeurs sur diminution de la fatigue.

On peut alors s’intéresser aux bénéfices secondaires potentiels de la thérapie cognitivo-comportementale pour les participants de ces études. Ainsi, plusieurs études explorent l’effet des thérapies cognitivo-comportementales sur l’activité physique en posant 2 questions :

Question 1 – l’activité physique des participants est-il modifié post-intervention ?

Question 2 – la diminution de la fatigue perçue post-intervention (thérapie cognitivo-comportementale) est-elle expliquée par l’activité physique ?

La réponse aux deux questions est très simple : NON.

 

Ci-dessous une présentation brève d’études répondant à ces questions

Question 1

VanBuskirk, Roesch, Afari, & Wetherell, 2014

Participants : adultes douloureux chroniques

Intervention(s) :thérapie cognitivo-comportementale vs thérapie d’acceptation et d’engagement

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement à moyen terme (6 mois)

Kashikar-Zuck et al., 2013

Participants : adolescents avec fibromyalgie

Intervention(s) : thérapie cognitivo-comportementale vs éducation santé

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

Remarques : diminution significative de l’activité physique vigoureuse et faible, « effet paradoxal »

 

Question 2

Wiborg, Knoop, Stulemeijer, Prins, & Bleijenberg, 2010

Participants : adultes avec fatigue chronique

Intervention(s) :thérapie cognitivo-comportementale (face à face vs auto-administré)

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

Gielissen, Wiborg, Verhagen, Knoop, & Bleijenberg, 2012

Participants : adultes traités depuis de 12 mois pour un cancer

Intervention(s) : thérapie cognitivo-comportementale vs soins usuels

Mesure(s) : Activité physique mesurée objectivement post-intervention

 

Ces études soulignent l’absence d’effet systémique de la thérapie cognitivo-comportementale dans un contexte de fatigue importante. Plus particulièrement, elles laissent penser qu’un couplage thérapie cognitivo-comportementale et intervention en Activité Physique Adaptée pourrait être beaucoup plus bénéfique pour ces personnes. La question des effets d’une prise en charge thérapie cognitivo-comportementale et activité physique avait déjà été abordé dans le blog en 2011 au sujet de vétérans de guerre. Il y a malheureusement peu d’études sur ce sujet, et des questions restent en suspens, par exemple sur les potentiels effets synergiques (i.e. effet TCC-AP = effet TCC* effet APA) ou antagonistes de la thérapie cognitivo-comportementale et d’une intervention en Activité Physique Adaptée ou d’une prise en charge séquentielle ou parallèle (e.g. TCC puis APA ou TCC et APA).

 Il y a certainement des structures ou psychologues et Enseignants APA travaillent de concert, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un article ou une étude de cas à ce sujet.

 Références

 Gielissen, M. F. M., Wiborg, J. F., Verhagen, C. A. H. H. V. M., Knoop, H., & Bleijenberg, G. (2012). Examining the role of physical activity in reducing postcancer fatigue. Supportive Care in Cancer, 20(7), 1441‑1447. doi:10.1007/s00520-011-1227-4

Kashikar-Zuck, S., Flowers, S. R., Strotman, D., Sil, S., Ting, T. V., & Schikler, K. N. (2013). Physical activity monitoring in adolescents with juvenile fibromyalgia: findings from a clinical trial of cognitive-behavioral therapy. Arthritis Care & Research, 65(3), 398‑405. doi:10.1002/acr.21849

VanBuskirk, K., Roesch, S., Afari, N., & Wetherell, J. L. (2014). Physical Activity of Patients With Chronic Pain Receiving Acceptance and Commitment Therapy or Cognitive Behavioural Therapy. Behaviour Change, 31(02), 131–143. doi:10.1017/bec.2014.6

Wiborg, J. F., Knoop, H., Stulemeijer, M., Prins, J. B., & Bleijenberg, G. (2010). How does cognitive behaviour therapy reduce fatigue in patients with chronic fatigue syndrome? The role of physical activity. Psychological Medicine, 40(8), 1281‑1287. doi:10.1017/S0033291709992212

 

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