Skip to content

Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ?

02/05/2016

Le blog Activités Physiques Adaptées vous donne rendez-vous sur le blog Qualaxia, blog québecois qui offre de nombreuses informations sur la santé mentale. Qualaxia est un réseau de chercheurs, d’experts, de décideurs, de gestionnaires et de cliniciens. L’article a pour titre : Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ? Cet article résume et vulgarise les résultats de l’étude anglophone suivante : Effects of a 6-month walking intervention on depression in inactive post-menopausal women: A randomized controlled trial (2015). Aging & Mental Health.

Capture du 2016-05-02 20:08:32

Ne ratez pas non plus un autre article du même blog sur cette thématique (lien)

La promotion de l’activité physique par les oncologues, ce n’est pas suffisant !

27/03/2016

Voici une traduction personnelle d’un texte rédigé en collaboration avec Josée Savard et édité par Jennifer Brunet pour l’Association Canadienne de Psycho-Oncologie.

katebPark et al. (2015) ont examiné les effets de la recommandation de l’activité physique à des personnes ayant terminé leur traitement pour un cancer du sein ou un cancer colorectal par des oncologues. Les investigateurs assignaient les participants dans une des 3 conditions suivantes : contrôle (consultation conventionnelle), recommandations en terme d’exercice physique (décrire les bénéfices de l’exercice d’intensité modérée sur les risques de récurrence de cancer), recommandations en terme d’exercice physique + outils motivationnels (DVD de présentation d’exercices de renforcement musculaire, podomètres et agenda) + une séance d’éducation menée par spécialiste de l’exercice physique. L’activité physique auto-rapportée 4 semaines à la suite de l’intervention était le critère de jugement de l’étude. La qualité de vie étant aussi mesurée à l’aide du questionnaire: European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC) QLQ C-30.

Parmi les participants recrutés, 121 avaient reçus un traitement pour un cancer du sein et 41 pour un cancer colorectal. Le taux de rétention de l’étude était bon (80%). L’analyse en intention de traiter indiquaient que l’ajout d’outils motivationnels et d’une séance d’éducation augmentaient significativement l’activité physique auto-rapportée modérée et totale, en comparaison au groupe contrôle. Les participants recevant cette intervention augmentaient leur durée d’exercice physique de presque 80 minutes par semaine. Les participants des deux autres bras ne modifiaient pas leur activité physique significativement. Aucune différence entre les 3 bras n’a été retrouvée pour la qualité de vie.

Cette récente étude montre que la recommandation de l’exercice physique par un oncologue pourrait être insuffisante pour modifier le comportement d’adultes traités pour un cancer du sein ou colorectal. Cela étaye l’idée que la promotion de l’activité physique devrait être accompagnée d’outils motivationnels et d’une consultation par un spécialiste de l’exercice physique.

Pourquoi cet article est pertinent : Malheureusement, la promotion de l’activité physique en oncologie est souvent conceptualisée comme une simple prescription de la part des oncologues. Mais l’activité physique est un comportement de santé complexe et devenir physiquement actif est défi de taille pour les personnes traitées pour un cancer. Cette étude souligne qu’une intervention appuyée par un soutien motivationnel est efficiente. Elle souligne aussi que l’intégration de spécialistes de l’exercice physique (ex: kinésiologues, enseignant en APA) pourrait être importante dans le futur.

Park, J.-H., Lee, J., Oh, M., Park, H., Chae, J., Kim, D.-I., … Jeon, J. Y. (2015). The effect of oncologists’ exercise recommendations on the level of exercise and quality of life in survivors of breast and colorectal cancer: A randomized controlled trial. Cancer, 121(16), 2740‑2748. http://doi.org/10.1002/cncr.29400

Version anglophone du texte en accès libre ici

Voir aussi un autre article du blogue sue ce sujet : Les oncologues et leurs croyances envers l’activité physique

Pour préparer la semaine d’information sur la santé mentale 2016 (2/2)

04/03/2016

Second article pour aider les lecteurs du blog à préparer la semaine d’information sur la santé mentale dont le thème reste : « Santé mentale et santé physique – un lien vital ».

Un poster sur l’utilisation du test de marche de 6 minutes avec des personnes touchées par des troubles schizophréniques. Celui-ci est anglais mais reste simple à lire et valorise une utilisation « juste » de ce test utilisable en clinique comme en recherche.

Ensuite un diaporama qui traite de la question de la motivation à l’activité physique chez ces mêmes personnes.

N’hésitez pas à diffuser les articles aux personnes intéressées.

Pour préparer la semaine d’information sur la santé mentale 2016 (1/2)

24/02/2016

SISM 2016Du 14 au 27 Mars se déroule la semaine d’information sur la santé mentale. Le thème de 2016 est le suivant : « Santé mentale et santé physique – un lien vital ». Vous avez sur l’image de gauche, un résumé des thèmes de cette semaine. L’activité physique a une bonne place ! Pour préparer cette semaine, le blog Activités Physiques Adaptées diffuse à nouveau deux diaporamas issus de présentations réalisées en congrès en 2011 et 2013 et facilite l’accès à des écrits scientifiques francophones.

C’est aussi l’occasion de rappeler que des chercheurs français et internationaux travaillent depuis longtemps sur cette thématique. Ayant eu la possibilité de dresser l’état de la littérature dans le domaine des effets de l’activité physique sur la santé mentale et physique, voici les articles francophones publiés dans ce domaine avec des collègues. Le plus récent est une lettre publiée dans la revue l’Encephale ayant pour titre : Et si on prenait l’activité physique au sérieux en psychiatrie ?.

La première partie de cet article contient le diaporama : Bénéfices des activités physiques adaptées dans la prise en charge de sujets atteints de pathologies mentales et la publication associée.

La sédentarité, le tour de la question

17/02/2016

La Presse Médicale a mis en ligne une revue de littérature de qui dresse l’état des connaissances actuelles à propos de la sédentarité. Avant d’aller plus loin, naviguez vers l’article à ce sujet de 2013 sur le blog, cela facilitera la lecture et l’interprétation du résumé de celle-ci.

L’auteur (Chevance et al., 2016), doctorant STAPS affilié à l’Université de Montpellier et couv_tremeaux Cliniques du Souffle, a pris le temps de rappeler les définitions importantes et méconnues de la sédentarité, de l’activité physique et de l’inactivité physique. Il souligne bien que la sédentarité et l’activité physique co-existent et sont trop souvent vus comme uniquement antinomiques. La description des effets délétères sur la santé est fine et souligne que le potentiel « effet compensatoire » de l’activité physique face à une sédentarité importante, n’est en réalité que peu vérifié. La revue se conclue par des pistes d’intervention visant la réduction de la sédentarité.

Points essentiels

  • Les comportements sédentaires et d’activité physique peuvent coexister chez un même individu.
  • Les effets néfastes des comportements sédentaires sur différents indicateurs de santé s’exercent même lorsque les individus sont actifs physiquement.
  • De nombreuses perspectives d’interventions pour réduire la sédentarité des Français sont à imaginer.
  • Certains pays ont déjà lancé des programmes de prévention à grande échelle sur des publics cibles.
Une lecture essentielle pour les professionnels du champ de la prévention, de la santé publique, mais aussi les Enseignants APA et kinésiologues.
Chevance, G., Foucaut, A. M., & Bernard, P. (2016). État des connaissances sur les comportements sédentaires. La Presse Médicale. http://doi.org/10.1016/j.lpm.2016.01.004
Déclaration d’intérêt: co-auteur de l’article

La psychologie au service de l’activité physique

11/02/2016

Les professionnels de la prévention, de la promotion de la santé, les enseignants en Activité Physique Adaptée ou les kinésiologues sont familiers avec quelques théories socio-cognitives utilisées dans le champ de la santé. Des théories comme le modèle transthéorique, la théorie de l’autodetermination, la théorie de la protection de la motivation…. sont souvent utilisées comme point d’appui pour élaborer une intervention pour modifier l’activité physique de populations cibles. Par exemple, Courneya et al. ont publié plusieurs études sur des interventions utilisant la théorie socio-cognitive de Bandura pour modifier la motivation à l’activité physique de femmes traitées pour un cancer du sein.show me a hero

Si le domaine de la psychologie de la santé et de l’activité physique est très actif pour mettre en place des études interventionnelles, aucunes études n’avait jamais rassemblé l’ensemble de la littérature disponible pour produire une méta-analyse et avoir une idée plus précise de leur efficacité.

Partis de ce constat, un groupe de jeune docteurs des universités de Montpellier a relevé ce défi (Gourlan et al. 2016).

Trois questions initiales étaient posées :

  1. Les interventions basées sur une théorie visant la promotion de l’AP sont-elles efficaces ?
  2. Les interventions basées sur une seule théorie sont-elles supérieures à celles qui en utilisent plusieurs ?
  3. Il-y-a-t-il une ou des théories plus efficace(s) que d’autres ?

La recension systématique de la littérature a été menée afin d’inclure des essais cliniques, ciblant des adultes et la promotion de l’AP, et stipulant explicitement une ou des théories comme base de création de l’intervention.

Résultats

77 études remplissaient les critères d’inclusion

  • L’effet de taille des études était de d = .31 (effet faible à modéré).
  • Les études basées sur une seule théorie font état d’une efficacité supérieure à celles qui en utilisent plusieurs (d = .35 vs. d = .21)
  • Aucune théorie utilisée dans la cadre d’une intervention ne semble supérieure à une autre.

Que faut-il retenir ?

Il est possible d’utiliser UNE théorie dite « motivationnelle » pour construire une intervention de promotion de l’activité physique avec un effet significatif mais faible à modéré.

Même si de nombreuses limites existent dans cette étude, elle souligne l’impact non-négligeable de produire des interventions pensées et réfléchies, ancrées théoriquement pour augmenter l’activité physique d’adultes (voir Romain et al 2016 par exemple). C’est un argument de poids pour un travail pluridisciplinaire dans le domaine de l’AP (Romain et al., 2015).

D’autres articles viendront sur le blog pour détailler d’autre (nombreux) résultats.

Enceinte et active

05/02/2016

Capture du 2015-12-28 11:42:28Le Centre de ressources sur l’activité physique (PARC) vient de mettre en ligne un guide « Enceinte et active ». Le document est en accès libre et rédigé très clairement. Après un rappel des bénéfices d’une grossesse active, il fournit des conseils, et illustrations d’exercices, d’étirements, ainsi que des contre-indications.

Ce document est très pédagogique, utilisable par le grand public comme par les professionnels de l’activité physique. Il s’appuie sur l’état de la littérature scientifique. D’ailleurs pour les lecteurs souhaitant approfondir le sujet, une revue de la littérature scientifique francophone est disponible ici, elle a été dirigée par Gautier Filhol, Enseignant en Activité Physique Adaptée.

Capture du 2015-12-28 11:41:45Si vous ne connaissez pas le Centre de ressources sur l’activité physique, prenez le temps d’examiner leur site internet, riche de ressources utiles francophones et anglophones. Un article du blog a déjà traité de cette thématique ici.

Filhol G, Bernard P, Quantin X, Espian-Marcais C, Ninot G. Point sur les recommandations d’activité physique durant la grossesse [Exercise during pregnancy : review]. Gynécologie Obstétrique & Fertilité

Catégoriser une personne comme active sur la base des réponses à un questionnaire, est-ce fiable ?

30/01/2016

The WireUn article (en accès libre) du numéro de février de la revue Medicine & Science in Sports & Exercise pose cette question. Les auteurs posent une question juste car dans le domaine de la recherche clinique ou épidémiologique, l’utilisation de questionnaires validés pour mesurer l’activité physique est la norme, même si un nombre croissant d’investigations utilisent des mesures dîtes objectives comme des accéléromètres.C’est aussi une problématique commune aussi aux aux Enseignants en APA ou kinésiologues, pour pouvoir catégoriser les habitudes en termes d’activité physique de leur « patients ».

La méthode utilisée est relativement simple. Les investigateurs ont comparé les proportions d’adultes classées comme « active » (c-a-d 150 min d’AP hebdomadaire) sur la base d’une mesure objective et auto-déclarée. Leurs données provenaient de 10 pays européens (dont la France), les participants (N=1713) étaient inclus après avoir répondu aux trois questionnaires suivants et réalisé une mesure objective de leur AP (combinaison d’un cardiofréquencemètre et d’un Actiheart « ajusté ») : Recent Physical Activity Questionnaire (RPAQ), International Physical Activity Questionnaire (IPAQ) (version courte) et le European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Physical Activity Questionnaire (EPIC-PAQ) (version courte).

La mesure objective classait 48.5% [95% CI, 41.6–50.9] des personnes suffisamment actives. Les prévalences de personnes actives étaient significativement différentes entre les questionnaires et la prévalence issue de la mesure objective.

  • International Physical Activity Questionnaire 84.2% [95% CI, 82.5–85.9],
  • Recent Physical Activity Questionnaire 87.6% [95% CI, 85.9–89.1],
  • European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Physical Activity Questionnaire 39.9% [95% CI, 37.5–42.1].

En prenant la mesure objective comme référence, les questionnaires attribuaient le statut d’actif dans 20 (IPAQ), 18 (RPAQ) et 70 % (EPIC-PAQ) des cas.

Les auteurs concluent à une fiabilité modeste de ces questionnaires. Ils ajoutent que les études populationelles utilisant ces questionnaires doivent être interprétées avec précaution.

Les spécialistes de l’AP recherchent souvent les meilleurs outils pour mesurer les habitudes d’AP, malheureusement peu d’outils de type questionnaire sont très fiables, en dépit de leur validation initiale. De plus, en pratique clinique, des outils émergent sans faire l’objet de validation (ex : Questionnaire Ricci Gagnon). Sur cette question il n’y a pas de bons questionnaires, il y en a de moins mauvais. Reste aussi la question de leur traitement et analyses qui ne se fait aisément dans la majorité des cas. Pour approfondir le sujet, une revue de littérature francophone a été publiée par Vuillemin et al. (2012).

Peu d’impact de la chirurgie bariatrique sur l’activité physique à long terme

24/01/2016

The Wire sofaDeux précédents articles traitaient de l’activité physique pré-post chirurgie bariatrique. Le second mettait en évidence que l’activité physique et la sédentarité restait respectivement très faible pour l’une et élevée pour l’autre. Du fait des devis des études, on ne pouvait pas réellement savoir si la chirurgie bariatrique entrainait une modification de ces comportements.

Un article de la revue Obesity répond à cette question. En effet, King et al. ont suivi 473 adultes avant puis 1,2,3 ans à la suite de leur opération. Les participants portaient un accéléromètre durant 7 jours pour caractériser leur activité physique.

La 1er année, la durée de sédentarité moyenne diminuait de 573 (95% CI: 563-582) à 545 (95% CI: 534-555) min par jour et l’activité physique modérée à vigoureuse augmentait de 77 (95% CI: 71-84) min par semaine. Cependant, aucun changement significatif n’était retrouvé pour les deux autres années. Le pourcentage de participants au-dessus des recommandations de 150 min d’activité physique modérée à vigoureuse hebdomadaire demeurait le même avant la chirurgie [3.4% (95% CI: 1.8-5.0) et trois plus tard [6.5% (95% CI: 3.1-12.7)]. Les auteurs ont aussi réalisé des analyses en sous-groupe qui soulignent aussi le peu de changement à la suite de l’opération, voir ci-dessous. Les auteurs concluent que la chirurgie entraine de très légers changements maintenus dans le temps mais que le niveau de d’AP n’est pas foncièrement augmenté à la suite de celle-ci. Il soulignent le besoin de prise en charge (conseil et AP supervisée pour les personnes ayant reçu une chirurgie de ce type).

King 2015 Objective assessment of changes in physical activity and sedentary behKing et al. 2015 Objective Assessment of Changes in Physical Activity and Sedentary Behavior: Pre- Through 3 Years Post-Bariatric Surgery. Obesity. 1143–1150. doi:10.1002/oby.21106

La chirurgie bariatrique, de la magie pour l’activité physique ?

19/01/2016

bunkAprès avoir traité de l’activité physique (AP) chez les candidats à une chirurgie bariatrique, posons-nous la question de l’après, du post-opératoire. On pourrait penser que l’opération entraine un déclic dans les habitudes des personnes, terme que l’on retrouve sous la forme de ‘teachable moment’ en anglais. Mais cela ne semble pas être le cas pour l’activité physique.
Chapman et al., (2014) ont demandé à 40 adultes australiens ayant subi une chirurgie bariatrique dans les 14 à 18 mois de porter deux accéléromètres durant 7 jours. La proportion de sédentarité, d’AP faible, modérée et élevée durant le temps d’éveil était la suivante : 72% ± 12%, 22% ± 9%, 5% ± 3% and 0% ± 0%. La moitié des moments de sédentarité était de plus de 30 minutes et plus de la moitié des temps liés à l’AP étaient de moins de 10 minutes.

Même si l’échantillon est peu important, il souligne que le changement de comportement ne semble pas être « naturel », « automatique » chez les personnes ayant reçu une chirurgie bariatrique. Un suivi spécifique pourrait faciliter un retour à un style de vie plus actif.Chapman 2014 Patterns of physical activity and sedentary behavior after bariatric

Chapman Naomi. Patterns of physical activity and sedentary behavior after bariatric surgery: An observational study. Surgery for Obesity and Related Diseases 10 (2014) 524–532. http://dx.doi.org/10.1016/j.soard.2013.10.012

Candidat à la chirurgie bariatrique – activité physique

15/01/2016

Tout d’abord qu’est-ce que la chirurgie bariatrique ?44934

La chirurgie bariatrique regroupe actuellement un ensemble de techniques qui peuvent être classées en deux types principaux d’interventions. Les premières visent à réduire la capacité gastrique, c’est-à-dire le volume utile de l’estomac (restriction). Les secondes, dites mixtes, associent à cette restriction gastrique plus ou moins importante la création d’une dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l’absorption intestinale des éléments nutritifs (malabsorption) (plus de détails ici). C’est un traitement reconnu de l’obésité dite morbide, IMC>40.

Les personnes qui peuvent obtenir ce traitement doivent réussir à modifier leurs comportements (alimentation et activité physique) de santé à la suite de l’opération. Ils font souvent l’objet d’étude afin d’examiner leur comportements et profiles avant et après l’opération. King et al., ont examiné l’association entre activité physique et indicateurs de santé mentale parmi des candidat à cette chirurgie (personnes obèses de type 2 ou 3 recrutés dans 10 hôpitaux américains).

Ainsi, 850 adultes ont porté un actimétre durant 7 jours, et ont répondu à des questionnaires validés afin d’évaluer leur niveau de symptômes dépressifs (BDI), leur qualité de vie dans le domaine mental (SF-36) et la présence d’un traitement récent pour la dépression et ou l’anxiété (majoritairement des psychotropes). L’AP était caractérisée de plusieurs façon : minutes d’AP globale par jour, nombre de pas par jour et cadence élevée.

Ces trois marqueurs d’AP n’étaient pas associée aux symptômes dépressifs, ni à la qualité de vie dans le domaine mental. En revanche, un niveau faible d’AP était associé avec la présence d’un traitement récent pour la dépression ou l’anxiété (avec un potentiel effet dose inverse). Comme l’étude avait un devis transversal, aucune causalité ne peut être interprétée. Cependant, dans cette population, les personnes traitées pour des symptômes dépressifs et ou anxieux sont des personnes qui pourraient bénéficier de conseils à l’activité physique plus spécifiques.

Voir aussi l’article du blog Pourquoi devrait-on s’intéresser beaucoup plus aux traitements antidépresseurs et anxiolytiques ?

King et al. (2013) Associations between physical activity and mental health among bariatric surgical candidates. Journal of Psychosomatic Research

 

 

Si l’activité physique est une médecine où est l’activité physique en médecine ?

10/01/2016

hippocrateBradley Cardinal a publié un article au titre interpellant, difficilement traduisible en français : If Exercise is Medicine, Where is Exercise in Medicine ? Après avoir dressé le nombre d’études et de recommandations qui suggèrent d’incorporer la promotion de l’activité physique dans le cursus universitaire de médecine, ses collègues et lui s’interrogeaient sur la place réelle de l’activité physique dans les formations médicales. Ils ont examiné les contenus de formation des écoles de médecine accréditées par l’Association Américaine des Écoles de Médecine en ciblant les « programmes » pour médecin et médecin en ostéopathie. Ils ont réussi à obtenir ces descriptions dans 118/170 écoles. Voici les questions posées et leurs réponses.

  • Combien de médecins reçoivent une formation à propos de l’activité physique ? 51 % des écoles fournissent aucune formation, 21 % une seule
  • Ces cours sont-ils optionnels ou obligatoires ? Parmi celles proposant un cours, celui-ci est optionnel dans 82 % des cas
  • Quels types de sujets sont traités en lien avec l’activité physique ? 45 % des cours sont centrés sur la médecine du sport ou la physiologie de l’exercice, alors que la médecine préventive, ou le conseil au changement de comportement est proposé beaucoup moins souvent (environ 8%).
  • Il y a-t-il des différences entre les médecins et les médecins ostéopathes, les écoles privées ou publiques ?Aucune différence significative retrouvée.

Les auteurs discutent de leurs résultats avec une vision américano-centrée et proposent le développement de modules en ligne pour pallier cet énorme écart entre les recommandations et les faits. On peut rester très septique face à cette proposition et à sa possible efficacité. La formation à l’activité physique est rare et reste ultra-dominée par une vision biologique selon cette étude.

Je ne connais pas d’équivalent en France ou Canada pour pouvoir comparer les résultats. Si les lecteurs du blogue se rappellent avoir lu des informations à propos de la convention passée entre la C3D et la Conférence des Doyens de Facultés de Médecine en 2013 (article du blogue), à ma connaissance, il n’y a pas d’écrit à ce sujet, ni de système d’évaluation des effets de cette convention. Cela ferait un très bon sujet de mémoire de Master/Maîtrise ou de thèse de médecine.

Cardinal et al. 2015. If Exercise is Medicine, Where is Exercise in Medicine? Review of U.S. Medical Education Curricula for Physical Activity-Related Content. Journal of Physical Activity & Health

C’est quoi un Enseignant en Activité Physique Adaptée ?

07/01/2016

L’année 2015 se concluait avec la 5e Rencontre en Activité Physique vo2maxAdaptée (APA) organisée les étudiants STAPS en Master APA. Le thème de la journée était le suivant : Les métiers de l’Activité Physique Adaptée et innovation en santé : ingénierie, mise en œuvre et perspectives socio-économiques .
Plusieurs vidéo sont en ligne, mais ma préférée reste celle de Guillaume Chevance qui présente le référentiel métier de l’Enseignant en APA. Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas (encore) ce document, c’est une vidéo essentielle, une entrée parfaite pour les étudiants STAPS par exemple. La conclusion est géniale !

Toujours plus d’activité physique ?

02/01/2016

Forrest_BiggestBeard_endContinuons notre réflexion sur l’activité physique sous ses multiples formes et ses relations avec la santé. Un article dans la prestigieuse revue JAMA aborde la question de la « “too much exercise hypothesis” »1. Quelle dose dAP est optimale pour des bénéfices de santé ? Est-ce que des doses plus élevées augmentent les bénéfices ?

  • Les faibles doses d’activité physique

Une mutualisation d’études de cohortes US et européennes permettent d’argumenter en faveur de celles-ci, avec un risque de mortalité réduit de 14 ans en comparaison aux personnes inactives

  • Les doses modérées d’activité physique

Être actif de façon à répondre aux recommandations entraîne de nombreux bénéfices pour la santé, tout ajout de 15 min d’AP modérée était associé à 4 % de réduction supplémentaire du risque de mortalité (étude sur 13 ans taïwanaise)

  • Les doses élevées d’activité physique

La Copenhagen City Heart Study démontre que toutes les causes de mortalité étaient diminuaient sur 12 ans de suivi parmi des coureurs moins de 60min en comparaison à des non-coureurs. Pour les participants avec une dose >240 minutes hebdomadaires n’avaient pas de bénéfices supplémentaires sur la mortalité.

Les auteurs suggèrent que la relation entre AP et santé est curvilinéaire, soit en forme de U ou J. Par exemple, les participantes de l’étude Million pratiquaient une AP quotidienne avaient une incidence similaire aux personnes inactives pour l’AVC sur 9 ans. De plus celles-ci étaient plus souvent fumeuses que les participantes inactives. L’auteur insiste sur le besoin d’identifier une dose d’activité physique intense maximale à partir de laquelle, les bénéfices pour la santé ne sont plus significatifs.

Même si l’argumentaire de l’article est assez mal construit, il reste intéressant dans la sa remise en cause du toujours plus d’efforts physiques trop souvent prôné dans les articles « pro » activité physique dans la littérature médicale. De nombreuses questions restent en suspend : est ce la dose globale d’activité physique uniquement, sa fréquence hebdomadaire, sa nature (pratique sportive versus marche vs activités de la vie quotidienne), les risques de trop d’activité physique ne sont évalués uniquement sous l’angle de leur effets délétères sur la mortalité, mais quand est-il sur la santé mentale ? Peut-on comparer des doses d’activité physique élevées uniquement par la dépense énergétique qu’elles génèrent (bûcheron versus sportif de haut niveau) ?

1. Eijsvogels TMH, Thompson PD. Exercise Is Medicine: At Any Dose? JAMA. 2015;314(18):1915-1916. doi:10.1001/jama.2015.10858.

Et si le sport n’était pas que bon pour la santé ?

14/12/2015

A l’heure où les recommandations internationales soulignent les multiples bénéfices d’une pratique d’activité physique régulière, martelant le message de 150 minutes d’activité physique aérobie hebdomimages.duckduckgo.comadaire d’intensité modéré ou 75 minutes d’activité physique d’intensité plus intense, si possible couplé à une séance de renforcement musculaire, de nombreuses interprétations sont possibles. En effet, la manière dont on parle de l’activité physique, influence sa perception. Ainsi, la vision « dose » (i.e. minutes en fonction du temps, fréquence…) couplée à une vision quasi-binaire « aérobie » vs. « renforcement musculaire », annihile une conceptualisation plus qualitative de l’activité physique. Si l’on se rappelle la définition de l’activité physique, de l’exercice physique et du sport, il y a des différences marquées dans la manière de voir l’activité physique.

Or un amalgame important est fait continuellement avec l’idée du « sport santé », ramenant toute pratique d’activité physique à du sport et toute pratique sportive à des bénéfices pour la santé. A ce jeu-là, la France est très forte, tant les relations (parfois contre nature entre médecine et fédérations sportives) sont fortes et historiques, voir le document de travail du Medico-Sport à ce sujet par exemple.

Pour illustrer l’intérêt de considérer l’activité physique et les pratiques sportives plus finement, je présente une étude d’Audrain-McGovern et Rodriguez (2015)1 qui étudient depuis plusieurs années les relations entre pratiques sportives et consommations de substances addictives (tabac, alcool, marijuana) chez les enfants, adolescents et jeunes adultes. S’il est communément admis qu’un niveau d’activité physique suffisant durant l’enfance et l’adolescence est un facteur protecteur contre les tentatives de consommations des substances citées plus haut, qu’en est-il réellement lorsque l’on regarde les détails des pratiques déclarées de pratiques sportives. Ils ont examiné une cohorte d’adolescents américains durant 4 ans évalués tous les 6 mois (+ de 1300 sujets) afin d’identifier les activités sportives associées positivement ou négativement à la consommation de tabac. Ils ont pu ainsi identifier un groupe d’activités sportives « négatives » produisant un risque quatre fois plus élevé de consommation de tabac par tranche de 30 minutes de pratique chez les adolescents suivis.

Exemples:

  • pratiques sportives positives : tennis, football, yoga, running, natation (pratiques collectives, individuelles)…
  • pratiques sportives négatives : danse de loisirs (sauf le ballet et le jazz), le vélo, le bowling, les sports de combat, le « cheerleading », les sports de glisse… 

L’étude se base des analyses statistiques longitudinales multivariées afin de contrôler les facteurs connus comme la supervision des parents, l’impulsivité…

Les auteurs soulignent que la classification des pratiques sportives est parfois culturellement dépendante (ex « cheerleading ») mais que des résultats similaires ont été retrouvés dans une cohorte norvégienne.

Que retenir ??? Le sport n’est pas que bon pour la santé, qu’il faut de la mesure lorsqu’on évalue ses bénéfices, que l’activité physique est bien plus diverse qu’uniquement les pratiques sportives, que des campagnes de prévention des conduites addictives chez les jeunes pourraient cibler des fédérations sportives spécifiques.

1. Audrain-McGovern, J. & Rodriguez, D. All physical activity may not be associated with a lower likelihood of adolescent smoking uptake. Addict. Behav. 51, 177–183 (2015).

Utiliser des psychotropes pour modifier l’activité physique ou est-ce que le dopage peut-être une bonne chose ?

03/12/2015

velo-de-ghislain-lambert-12-gL’article d’aujourd’hui veut traiter d’un récent éditorial dans la revue Sports Medicine. Samuele Marcora rappelle les difficultés des chercheurs et cliniciens à mobiliser la population générale à une pratique d’activité physique (AP) plus importante. Il insiste sur le fait que l’AP est comportement complexe reposant sur des bases psychobiologiques.

Sur des bases évolutionnistes, il souligne que l’humain est par défaut, un « animal sédentaire », c’est à dire que nous nous sommes développés sur une base d’économie d’énergie afin de maximiser notre survie en en ayant en cas de besoin, chasse, fuite ou déplacements.

Il aborde ensuite les recommandations en termes d’AP qui mettent plus avant les AP d’intensité modérées car celles-ci nécessitent un effort et des douleurs moindres. Or il insiste sur le fait que l’AP de haute intensité procure globalement des résultats supérieurs pour la santé de l’adulte. Le premier frein à la haute intensité et à une vie plus active reste la perception de l’effort. Voir le modèle développé ci-dessous.

marcoraBasé sur des théories hédonistes de la pratique de l’AP, il pense que l’on pourrait utiliser des substances psychoactive pour modifier la perception de l’effort et ainsi moduler d’autre marqueurs psychologiques.

Il argumente en faveur de la caféine qui chez les sportifs, altère la perception d’effort, de fatigue, agissant sur le cortex moteur, les affects et la douleur musculaire. Il propose aussi le méthylphénidate (plus connu sous le nom commercial de Ritalin en France et Biphentin au Québec), molécule utilisée dans le traitement trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il propose d’examiner aussi des molécules régulant la dopamine par exemple, argumentant que celles-ci auraient des effets « motivationnels ».

En résumé, il souligne que ses hypothèses sont plausibles d’un point de psychobiologique, mais qu’il y a très peu d’études chez les sédentaires pour la caféine, par exemple et que cela poserait des problèmes éthiques importants d’explorer les molécules précédemment citées. Avec humour, il souligne la réaction effarée de l’un de ses collègues, chercheur en psychologie, quand il a partagé son idée dans un couloir.

Si l’auteur fait quelques raccourcis rapides (format oblige), il avance une idée originale qui pose encore la question de l’effort , du plaisir perçu durant la pratique d’activité physique. On peut critiquer son idée sur la base qu’il omet totalement le processus d’apprentissage qui peut être développé avec des patients afin de les amener vers des intensités d’effort plus élevées. Bien sur, c’est long, chronophage et demande des professionnels formés (Enseignant en Activité Physique Adapté – Kinésiologue).

En tout cas, ne mettons pas cette idée au placard, et imaginons que des équipes de chercheurs réellement pluridisciplinaires pourraient réfléchir à la question.

Marcora . S. Can Doping be a Good Thing? Using Psychoactive Drugs to Facilitate Physical Activity Behaviour (2015). Sports Medicine (en accès libre)

PS. L’auteur déclare avoir reçu des fonds du laboratoire GSK.

Promouvoir l’activité physique pour les plus de 55 ans, oui mais comment ?

16/11/2015

La question des techniques de changement comportement liées à l’augmentation de l’activité physique a peu été abordée sur ce blog, excepté les travaux de M.Gourlan dans le domaine de l’obésité.

La revue Health Psychology Review vient de mettre en ligne une méta-analyse qui explorait l’efficacité des interventions motivationnelles (sans AP supervisée) sur l’AP de personnes âgées de 55 à 70 ans (O’Brien et al., 2015). Précisément, les auteurs investiguaient les TCC associées à une efficacité plus importante.

19 essais cliniques ont été identifiés dans la littérature, dont 10 qui déclaraient utiliser une théorie spécifique (e.g., Modèle Transthéorique). La majorité de celles-ci avait une composante en face à face menée par un soignant et était menée à domicile (durée de 11 mois et 29 entrevues en moyenne).

9 TCC étaient relevées, comme la fixation de buts comportementaux, l’information sur les conséquences du comportement, l’identification des barrières… Dans l’ensemble les études ont un petitanchorman-2-the-legend-continues-movie-wallpaper-21 effet mais significatif sur l’AP. L’examen des effets modérateur des TCC souligne que seul le « feedback » (fournir un retour à la personne sur la quantité et la nature de l’AP qu’il/elle a réalisé) améliore l’AP à long terme. En revanche, les interventions qui donnaient du matériel d’information en papier, les informations sur les conséquences du comportement pour l’individu et la fixation du lieu et du moment de pratique entraînaient un effet moindre. Les auteurs ne retrouvaient pas non plus un effet plus important lorsqu’un nombre plus élevé de TCC étaient utilisés.

Il y a de nombreuses interprétations possibles à ces résultats et ainsi que plusieurs limites, que je ne développe pas ici. En revanche, cette étude illustre l’importance que revêt la psychologie de la santé dans la promotion de l’activité physique et les informations essentielles qui peuvent être livrées aux spécialistes de l’activité physique (Enseignants en APA & Kinésiologues) pour améliorer leur intervention (Romain & Bernard, 2015).

  • O’Brien, N., McDonald, S., Araújo-Soares, V., Lara, J., Errington, L., Godfrey, A., … Sniehotta, F. F. (2015). The features of interventions associated with long-term effectiveness of physical activity interventions in adults aged 55-70 years: a systematic review and meta-analysis. Health Psychology Review, 9(4), 417‑433. http://doi.org/10.1080/17437199.2015.1012177
  • Romain, A. J., & Bernard, P. (2015). L’amélioration de la santé cardiovasculaire par l’exercice physique, chez les individus atteints de schizophrénie, passe aussi par la psychologie de la santé. Obésité, 10(1), 63‑65. http://doi.org/10.1007/s11690-014-0463-4

 

Les personnes touchées par des troubles schizophréniques très peu actives

08/11/2015

willfortedodgerstadiumlastmanonearthQu’est ce que cela donne lorsqu’on évalue objectivement l’activité physique et la sédentarité de 46 personnes en surpoids ou obèses touchés par des troubles schizophréniques ? Un équipe de chercheurs vient de publier les données qui répondent à cette question et mettent en perspectives leurs résultats avec la population générale 1. Les participants portaient un actimètre Actiwatch durant 7 jours avant d’être répartis dans une étude interventionnelle. L’Actiwatch était porté en moyenne 15h par jour.

81 % du temps de mesure était classifié comme de la sédentarité (environ 13h/jour). L’activité physique modérée à intense, ainsi que l’AP de faible intensité représentait 2% (19min), 17 % (157min) du temps de mesure, respectivement. Les mesures par questionnaire de l’activité physique souligne que les activités de la vie quotidienne sont la 1er source d’activité physique suivie par les déplacements à pied. En comparaison, aux données d’une étude épidémiologique importante, les participants étaient significativement plus sédentaires et inactifs que des utilisateurs de services de santé mentale et que la « population générale ».

Pour résumer, les preuves des risques de la sédentarité et de l’inactivité physique sont chaque mois plus importantes, les cliniciens et décideurs en psychiatrie, santé mentale et soins primaires doivent développer des stratégies de soins spécifiques incluant des spécialistes de l’activité physique comme les kinésiologues et Enseignants en Activité Physique Adaptée 2. Voir mes articles en accès libre à ce sujet

  1. Janney CA, Ganguli R, Tang G, et al. Physical activity and sedentary behavior measured objectively and subjectively in overweight and obese adults with schizophrenia or schizoaffective disorders. J Clin Psychiatry. 2015;76(10):e1277-e1284. doi:10.4088/JCP.14m09330.
  2. Bernard P. Et si on prenait l’activité physique au sérieux en psychiatrie ? L’Encéphale. doi:10.1016/j.encep.2014.10.016.
  3. Bernard P, Ninot G. Bénéfices des activités physiques adaptées dans la prise en charge de la schizophrénie: revue systématique de la littérature (2012) [Benefits of exercise for people with schizophrenia: A systematic review]. L’Encéphale, 38(4), 280-287. (téléchargement)

L’intensité « auto-choisie », « libre » pour le traitement de la dépression chez les adolescents

02/11/2015

En septembre dernier, un article présentait l’exploration des effets de programmes d’exercice physique à intensité « libre » ou « auto-choisie » chez des adultes dépressifs. Cette fois-ci, une étude de Tim Carter1 et al., vient d’être publiée chez des adolescents traités pour des troubles dépressifs (article en accès libre).

kind of funny storyUn essai clinique randomisé contrôlé a été mis en place proposant à un bras de l’étude (44 vs 43 participants) un programme d’exercice physique de 6 semaines (2 fois par semaine, 45 min, circuit training, aérobie et renforcement musculaire, supervisé) en parallèle des soins usuels. Je copie la manière dont les auteurs décrivent l’intensité :

« Preferred intensity was operationalised as follows: Participants could choose the order in which they undertook the different exercises; they could choose the intensity in which they exercised on each station and they could choose to take rests when they wanted. Moreover, no pressure was applied to participants to exercise at higher levels nor was it applied to participants to attend the sessions.

La méthode de l’étude stipule que 158 participants au total sont nécessaire afin d’avoir une puissance statistique attendue. Le groupe contrôle suivait les soins usuels uniquement. La mesure de la dépression et de l’activité physique était réalisée à l’aide d’échelles auto-raportées validées.

L’analyse des résultats ne révèle pas de différence significative entre les 2 groupes en fin d’intervention.

Le taux d’attrition est de 25% en fin d’intervention et de 50% à 6 mois. A 6 mois, le groupe exercice physique fait état d’un niveau significativement plus faible de dépression et aucun changement n’est retrouvé en termes d’activité physique déclarée.

En conclusion, comme l’étude précédemment citée 2, l’exercice physique à intensité “auto-choisie” ou libre ne diminue pas le niveau de dépression d’adolescent pris en charge pour des troubles dépressifs (possiblement due au nombre de participant trop faible). Même si des résultats significatifs à 6 mois sont retrouvés, le faible nombre de participants pourrait réellement biaiser les résultats et ceux-ci doivent être considérés comme exploratoires. Pour les curieux les auteurs ont mené des entretiens qualitatifs avec une partie des participants.

  • 1. Carter T, Guo B, Turner D, et al. Preferred intensity exercise for adolescents receiving treatment for depression: a pragmatic randomised controlled trial. BMC Psychiatry. 2015;15(1). doi:10.1186/s12888-015-0638-z.
  • 2. Doose M, Ziegenbein M, Hoos O, et al. Self-selected intensity exercise in the treatment of major depression: A pragmatic RCT. Int J Psychiatry Clin Pract. 2015;0(0):1-10. doi:10.3109/13651501.2015.1082599.

L’exercice physique aérobie comme traitement de la dépression majeure ?

26/10/2015

Un nombre important d’essais cliniques a été publié pour décrire les résultats de l’efficacité de l’exercice physique sur la dépression. Les 1er études portaient sur des personnes en bonne santé, puis des adultes avec un niveau de dépression modéré (non clinique) et récemment des investigations voient le jour auprès d’adultes touchés par des troubles dépressifs majeurs cliniques.

Une équipe brésilienne vient de publier un essai clinique évaluant l’efficacité de l’exercice chez ce type de patient 1. Leur objectif principal était d’incorporer un programme d’exercice aérobie (3 fois par semaine, réalisé en individuel, supervisé) durant leur hospitalisation à temps complet (‘inpatient’) versus soins usuels (i.e., antidépresseurs, électroconvulsivothérapie) pour diminuer les symptômes dépressifs (rémission, taux de réponse, score Hamilton scale). Les patients étaient évalués à l’aide d’un entretien psychiatrique standardisé et d’une échelle de dépression.

Sur 106 participants répondant aux critères d’inclusion (score Hamilton scale >25), 56 ont acceptés de participer, répartis dans un des deux bras de l’étude. L’échantillon était majoritairement composé de femmes normo-pondérées.

Aucune différence statistique n’a été retrouvée en termes de rémission et de taux de réponse. Cependant, une diminution significative du score de l’échelle d’Hamilton a été retrouvée dès la 2nd semaine et à la fin de l’intervention. Les participants demeuraient hospitalisés en moyenne 21,3 et 23,3 jours respectivement pour les groupes soins usuels et Exercice physique. Les auteurs décrivent les traitements utilisés par les traitements, ceux-ci sont très différents en termes de nature et de combinaison.

En conclusion, il y a une certaine incohérence dans les résultats, une taille d’échantillon assez faible, donc établir l’effet « clinique » de l’exercice physique sur la dépression majeure reste prématuré. Il pourrait y avoir des effets d’interactions avec les traitements pharmacologiques ou l’électroconvulsivothérapie, voir les articles du blog à ce sujet ici et .

Limites:

  • Manque d’informations sur le nombre de participants répondant aux critères diagnostiques de la dépression
  • Participants de groupe Ex semble en meilleure condition physique
  • La participation et l’abandon à l’Ex est décrite maladroitement.
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 443 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :