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Retour sur l’assemblée générale et les 10 ans de la SFP-APA

19/06/2018

Le rendez-vous était fixé depuis longtemps, 16 juin Montpellier, assemblée générale de la Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée (SFP-APA). Une bonne partie du conseil d’administration est présente, le bureau s’active de partout et les retrouvailles s’annoncent entre les anciens des précédents bureaux. Justement, on les apostrophe : «tu pensais que la SFP-APA allait devenir comme cela, continuer à se développer ? ». L’étonnement est partagé parmi les ex-présidents, secrétaires, trésoriers. «Cela ne pouvait qu’être mieux, les équipes qui venaient derrière nous était systématiquement armées, compétentes et déterminées ».

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Vient ensuite, le bilan moral du (futur ex-)président, certainement le meilleur moment de la journée. Comment rendre compte du travail « dissimulé » des membres du bureau en 15 minutes, des milliers de courriels, des heures de train, des rendez-vous au quatre coins de la France auprès d’instances officielles. Trois diapositives suffises pour révéler le chemin parcouru, et pour comprendre les forces et faiblesses de la SFP-APA. Le retour sur les engagements initiaux est orné du fameux « Banco » qui caractérise l’énergie et la réussite des objectifs atteints. Bien entendu, il y a eu des échecs, des projets que l’on aurait souhaité pouvoir mener. Le manque de bras, de nouvelles énergies en est souvent la résultante. Le président souligne que la SFP-APA est face aux défis d’augmenter la pérennisation des adhésions, d’améliorer le soutien aux membres hésitant à prendre des responsabilités et bien d’autres points qui seront certainement évoqués sur le site de l’association dans un futur proche. La présentation se poursuit par un bilan financier qui confirme les bases solides de la SFP-APA.

Vient ensuite l’élection du nouveau bureau, la quasi totalité du bureau est démissionnaire, et c’est la surprise pour une partie importante de l’assemblée. Les anciens membres du bureau se souviennent certainement de ce moment, un partage entre le sentiment d’avoir fait beaucoup, la crainte de ne pas avoir assez préparé la passation et la joie (simple) de voir le nombre de courriels quotidiens chuter drastiquement. Les postulants se présentent, forts de leurs expériences passées au sein du conseil d’administration. Les quelques mots qui suivent le vote, confortent l’assemblée. La SFP-APA poursuivra son travail de qualité et le nouveau bureau donnera une couleur propre aux projets à venir. Le verre qui clôture l’assemblée offre un autre moment de partage tandis que les membres échanges, classeurs, clés USB et quelques informations sur les projets urgents en cours.

Capture du 2018-06-19 07-49-56On pourrait croire que les festivités pour l’anniversaire des 10 ans entamées par la suite, ont laissé place uniquement aux échanges informels, impossible. Rassemblez des passionnés de l’APA et des professionnels qui portent cette vision, peu importe le lieu, l’heure tardive ou la puissance de la musique, les discussions à propos : des décrets, des projets d’APA menés ou à venir, d’une idée pour la SFP-APA, d’une personne à contacter pour développer l’APA dans tel domaine… seront inépuisables.

Impossible de conclure ce texte sans souligner le plaisir personnel à la vue de la première diapositive du rassemblement qui listait plus d’une cinquantaine de patronymes, des hommes et femmes ayant oeuvrés au sein des comités, bureau, commission de l’association. Fascinant de pouvoir se rappeler les visages et les dossiers d’une majorité d’entre eux. Si parmi les lecteurs du blogue, Enseignants APA, étudiants en fin de formation, universitaires certains se demandent comment faire avancer la profession, faîtes grossir cette liste pour que pour les 20 ans de la SFP-APA, trois diapositives ne suffisent pas.

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Détour du blogue sur The Conversation

12/06/2018

Malades chroniques : l’activité physique et la psychothérapie, aussi efficaces pour préserver sa santé mentale

Bernard Paquito, Université du Québec à Montréal (UQAM)

indexLes personnes touchées par une maladie chronique, comme un diabète, une bronchopneumopathie chronique obstructive, une lombalgie ou un cancer, doivent affronter un quotidien parfois difficile. Celui-ci peut être source d’anxiété, ou entraîner une dépression.

Pour les aider à préserver leur santé mentale, différentes alternatives aux médicaments leur sont couramment proposées. Parmi celles-ci, des psychothérapies comme la thérapie cognitive et comportementale, ou encore du sport, dans une version adaptée à leur pathologie, qu’on qualifie « d’intervention d’activité physique ».

Notre équipe du département des sciences de l’activité physique, à l’Université du Québec à Montréal, en association avec l’université de Montpellier et l’université de Lyon, a décidé de vérifier si la combinaison des deux se soldait par une plus grande efficacité. L’analyse des articles scientifiques disponibles sur la question nous a permis de publier en mai une méta-analyse dans la revue Health Psychology. La conclusion est négative, incitant les patients à se tourner, au choix, vers la thérapie ou vers l’activité physique.

La maladie chronique, source possible d’anxiété

Les personnes touchées par une maladie chronique peuvent ressentir des

Capture du 2018-06-12 00-48-28

symptômes au quotidien. Vivre avec une maladie chronique, même si elle est bien traitée, peut entraîner des contraintes importantes et les complications ne peuvent pas toujours être évitées. Ces circonstances peuvent susciter de l’anxiété plus fréquemment ou plus intensément que chez d’autres personnes.

Parmi ces pathologies, certaines font naître des sensations de fatigue ou de douleurs accrues qui ont tendance à se répéter ou se prolonger – par exemple la lombalgie chronique. Elles peuvent aussi entraîner le déclin de la mobilité, de l’autonomie ou rendre un appareillage obligatoire. Ces difficultés peuvent être associées à des troubles dépressifs.

Pour les personnes malades chroniques comme pour tout un chacun, il n’y a pas de bonne santé sans une bonne santé mentale.

Des traitements non pharmacologiques

Il existe des traitements non pharmacologiques pour agir sur les symptômes affectant la santé mentale, comme les troubles anxio-dépressifs, les douleurs ou la fatigue. Deux types d’interventions en particulier ont fait l’objet d’un nombre élevé d’études cliniques : les thérapies cognitives et comportementales (TCC) et les interventions d’activité physique (AP).

Les thérapies cognitives et comportementales sont une famille de psychothérapie centrée sur la modification des pensées, des émotions et des comportements problématiques. Elle est généralement qualifiée comme étant active (c’est-à-dire demandant l’implication du patient), directive (le thérapeute propose différents exercices au patient), structurée (avec des étapes à franchir pour obtenir le résultat souhaité).

L’intervention d’activité physique, elle, consiste en des séances de marche, de danse ou encore d’entraînement sur un vélo fixe avec des critères précis d’exécution (concernant par exemple l’intensité de l’effort) et une adaptation aux besoins de la personne. Elle peut être supervisée par un professionnel qui encadre des sessions régulières durant plusieurs semaines. Mais elle peut aussi être conseillée par le thérapeute afin que la personne incorpore elle-même plus de moments actifs dans son quotidien. Ces deux approches peuvent même être utilisées conjointement.

Plusieurs méta-analyses, incluant des essais randomisés contrôlés offrant le plus haut niveau de preuve, ont exploré les effets respectifs de la TCC et de l’AP sur la santé mentale. Mais aucune n’a porté sur la combinaison des deux. Or des dispositifs proposant un suivi psychologique et de l’AP sont déjà proposés aux malades chroniques dans les hôpitaux de jour, les centres spécialisés ou les réseaux de santé. C’est pourquoi notre équipe a décidé de mener à bien ce travail.

Quels effets sur l’anxiété, la dépression, la fatigue et la douleur ?

Nous avons souhaité répondre à deux questions. D’abord, une intervention de TCC combinée à de l’AP entraîne-t-elle une diminution du niveau d’anxiété et de dépression, de fatigue et de douleur chez des adultes avec une maladie chronique ? Ensuite, les personnes malades chroniques retirent-elles plus de bénéfices à mener de front une TCC couplée à l’AP, ou bien une des deux interventions uniquement ?

Trente essais randomisés contrôlés portant sur la combinaison d’une TCC et d’une AP ont été identifiés, avec des participant·e·s majoritairement affecté·e·s par un syndrome de fatigue chronique, une lombalgie chronique, un cancer ou une bronchopneumopathie chronique obstructive.

L’analyse fine des interventions de TCC a suggéré une grande diversité dans les intervenants, qui pouvaient être une infirmière, un psychologue ou encore un travailleur social. Les modalités d’intervention étaient également variables : en groupe, en individuel, par téléphone.

Une importante diversité dans les programmes d’activité physique était aussi relevée. Ainsi, plus de la moitié des interventions incluaient de l’AP supervisée par un professionnel, par exemple un enseignant en activité physique adapté. Le type d’AP proposé incluait des efforts physiques liés à l’endurance cardio-vasculaire et/ou des exercices qui visent le gain de force musculaire.

Un bénéfice pour la santé mentale des malades chroniques

L’analyse statistique nous a permis de constater qu’une amélioration de la dépression, de l’anxiété, de la douleur et fatigue était bien présente en fin d’intervention, avec des tailles d’effet modérées à élevées. Autrement dit, oui la combinaison TCC et AP entraîne un bénéfice pour la santé mentale des malades chroniques.

En revanche, la comparaison des interventions couplant TCC et AP face à la TCC seule ou à l’AP seule ne montrait pas de différence notable dans les effets. On peut donc penser qu’il n’y a pas de bénéfice supplémentaire à mener de front une TCC et une intervention d’AP pour les malades chroniques.

Comment expliquer que la combinaison TCC et AP n’entraîne pas d’effet supérieur ? Une explication possible pourrait être que la TCC et l’AP agissent grâce à des facteurs communs. Plusieurs sont déjà connus. Il s’agit notamment de l’alliance thérapeutique, c’est-à-dire le désir de collaborer avec le soignant durant l’intervention, fondé sur des affects positifs. Jouent également les effets de l’apprentissage, par exemple le fait d’avoir l’impression d’être plus à l’aise physiquement au cours d’une intervention d’AP, ou encore des croyances envers une intervention, par exemple se dire « le sport c’est la pilule magique pour moi ». Ces facteurs sont d’ailleurs souvent mis en avant pour expliquer l’absence (ou les faibles) différences d’efficacité entre différents types de psychothérapies.

Laisser le choix à la personne en fonction de ses envies

Nos conclusions, cependant, trouvent certaines limites. Plusieurs interventions de TCC semblaient être plus « inspirées » de la TCC que réellement construites sur ses principes directeurs. Autrement dit, toutes les interventions présentées comme des TCC ne sont pas forcément aussi rigoureuses qu’attendu. Le manque de détails à ce sujet dans les articles scientifiques pose un problème récurrent de fiabilité au stade de l’analyse.

Cette première étape de notre projet de recherche permet d’établir un état des connaissances sur la combinaison de la TCC avec l’AP. Par la suite, des études mieux réalisées avec des comparaisons directes entre la combinaison TCC et AP et la TCC seule, puis entre la combinaison des deux et l’AP seule, devraient être menées.

The ConversationPour l’instant, faut-il proposer la TCC seule, l’AP seule, ou la combinaison des deux ? D’un point de vue clinique, les résultats suggèrent que la TCC combinée à l’AP entraîne des améliorations mais que celles-ci ne sont pas supérieures à chacune des interventions proposée seule. Il y a peut-être des profils de personnes aux prises avec une maladie chronique qui répondent mieux à une des trois options. En attendant que de nouvelles études permettent de le savoir, le choix pourrait donc être tout simplement laissé à la personne, en fonction de ses envies.

Bernard Paquito, Professeur adjoint, Université du Québec à Montréal (UQAM)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

L’exercice physique pour aider les personnes en difficulté avec leur consommation de cannabis ?

06/04/2018

0064126Si plusieurs articles traitent des relations complexes entre les conduites addictives et l’activité physique (ici et ), nous n’avions pas encore abordé les possibles effets positifs de l’exercice physique chez les consommateurs de cannabis. On connaît le niveau de preuve élevé des bénéfices de l’activité physique sur les symptômes de manque de tabac. L’enjeu est d’autant plus important que le gouvernement du Canada prépare activement la légalisation de l’achat et de la consommation de cannabis pour 2018.

Lorsqu’on explore les banques de données, on tombe sur de nombreuses revues de littérature ou points de vue argumentant en faveur de l’activité physique comme potentiel traitement des substances addictives (par exemple (Brellenthin & Koltyn, 2016). Mais les études observationnelles ou expérimentales ne sont pas légion.

Une étude incluant des vétérans américains dépendants, proposait de tenter un arrêt de consommation de cannabis en autonomie avec l’aide de supports informationnels (Irons, Babson, Bergeria, & Bonn-Miller, 2014). Les chercheurs utilisaient le questionnaire IPAQ pour mesurer l’activité physique des participants. Une fois que les participants stoppaient leur consommation, ils rapportaient pendant 7 jours leur abstinence ou leur « faux-pas » (bouffées). Les participants ayant un niveau d’activité physique relativement modéré à élevé rapportaient moins de faux-pas et plus de jours sans consommation. L’étude a énormément de limites mais elle est encourageante pour les chercheurs du domaine.

Une seconde étude proposait à 12 adultes dépendants (ne cherchant pas à arrêter) de réaliser 10 séances d’exercice physique de 30 minutes à intensité modérée durant 2 semaines (Buchowski et al., 2011). Le niveau de craving (envie impérieuse de consommer) était systématiquement mesuré avant et après chaque séance. Les participants fumaient moins durant la période d’entraînement. Les différentes composantes de l’envie de consommer semblaient aussi diminuer en fin de chaque séance. Le nombre de participants est trop modeste pour élaborer des conclusions mais ces résultats sont, eux aussi, encourageants. Une étude plus sérieuse est en cours de réalisation, voici le protocole pour les curieux (Allsop et al., 2017).

A l’heure d’aujourd’hui, on ne peut rien conclure à propos des bénéfices de l’exercice physique pour aider les personnes dépendantes à la marijuana.

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  • Allsop, D. J., Rooney, K., Arnold, J. C., Bhardwaj, A. K., Bruno, R., Bartlett, D. J., … Lintzeris, N. (2017). Randomised controlled trial (RCT) of daily aerobic exercise for inpatient cannabis withdrawal: A study protocol. Mental Health and Physical Activity, 13, 57–67. https://doi.org/10.1016/j.mhpa.2017.06.002
  • Brellenthin, A. G., & Koltyn, K. F. (2016). Exercise as an Adjunctive Treatment for Cannabis Use Disorder. The American Journal of Drug and Alcohol Abuse, 42(5), 481–489. https://doi.org/10.1080/00952990.2016.1185434
  • Buchowski, M. S., Meade, N. N., Charboneau, E., Park, S., Dietrich, M. S., Cowan, R. L., & Martin, P. R. (2011). Aerobic Exercise Training Reduces Cannabis Craving and Use in Non-Treatment Seeking Cannabis-Dependent Adults. PLOS ONE, 6(3), e17465. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0017465
  • Irons, J. G., Babson, K. A., Bergeria, C. L., & Bonn-Miller, M. O. (2014). Physical activity and cannabis cessation: Physical Activity and Cannabis. The American Journal on Addictions, 23(5), 485–492. https://doi.org/10.1111/j.1521-0391.2014.12135.x

Accès gratuits aux piscines et salles de sport pour réduire les inégalités sociales de santé ?

12/03/2018

my-name-is-joeLes inégalités sociales de santé touchent aussi l’activité physique des personnes. À titre d’exemple, lorsqu’on divise la population anglaise en cinq niveaux en fonction des revenus, 76 % des plus aisés ont un niveau d’AP équivalent aux recommandations contre seulement 55 % dans la catégorie des personnes les moins aisées. Dans ce cadre, des chercheurs en santé publique pensent que faciliter l’accès à des infrastructures d’AP de loisirs pourrait briser cette inégalité (Higgerson, Halliday, Ortiz-Nunez, Brown, & Barr, 2018).

Dans le comté de Blackburn with Darwen au nord est de l’Angleterre (le 24e le plus pauvre), un programme nommé re:fresh a été mis en place en 2008. Parmi 9 endroits dans le comté, les accès à des piscines et gyms ont été rendu gratuits et 5 professionnels de l’AP ont été mis à disposition pour mener des séances de groupe ou individuelles. À cela s’ajoute deux personnes chargées de mobiliser des bénévoles afin de faire connaître le programme et une campagne de promotion importante. À partir de 2016, les séances sont devenues payantes à auteur de 1 livre.

Les auteurs ont comparé la fréquentation des lieux avant et après la mise en place du programme, et examiné les déclarations de fréquence de pratique d’AP de loisirs au sein d’une enquête nationale dont les répondants vivaient dans le comté en 2008 ou 2015.

Les analyses suggèrent que la fréquentation des piscines et gym augmente de 64 %. Cependant, l’intervention influence majoritairement les AP de liées à la piscine ou au gym et non l’AP totale des participants. Les auteurs soulignent qu’il pourrait avoir un transfert d’une AP à un autre et non la création de nouvelles habitudes. L’analyse des résultats de l’enquête souligne dans le comté que (seulement) 2 à 4 % des personnes ont augmenté leur fréquence d’AP de loisir. De plus, les augmentations de fréquentation sont plus marquées chez les participants de faible niveau socio-économique.

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Étant un peu éloigné de ce type d’approche, j’espère avoir convenablement retranscrit les principaux résultats de cette étude en accès libre. La question des inégalités sociales de santé dans la promotion de l’activité physique est primordiale. Ces résultats sont encourageants, même si comme souvent la promotion de l’AP ne vise uniquement que le sport et omet les transports actifs, les espaces verts…

Les anglais ont quand même une bonne longueur d’avance dans les projets et publications dans ce domaine, voir aussi cet article en accès libre.

Higgerson, J., Halliday, E., Ortiz-Nunez, A., Brown, R., & Barr, B. (2018). Impact of free access to leisure facilities and community outreach on inequalities in physical activity: a quasi-experimental study. J Epidemiol Community Health, jech-2017-209882. https://doi.org/10.1136/jech-2017-209882

Activité physique et santé mentale, une conférence en ligne grand public et une seconde pour les cliniciens – étudiants – chercheurs

21/02/2018

Il y a peu, j’ai eu l’occasion de pouvoir réaliser une conférence pour le grand public, intitulée S’asseoir moins et bouger plus pour se sentir mieux dans sa tête, une première pour moi, sur la question des relations entre activité physique, sédentarité et santé mentale. Celle-ci a fait l’objet d’un enregistrement grâce aux moyens de l’Institut Universitaire de Santé Mentale de Montréal (IUSMM) (merci). Elle fait partie des conférences Fernand-Seguin organisées par le centre de rechercher de l’IUSMM.

En se basant sur des études scientifiques, la présentation répondait aux questions suivantes:

  • Comment l’activité physique influence le bien être psychologique des canadiens ?
  • Quel domaine d’activité physique est associé au bonheur ?
  • Faut-il être en santé et bouger beaucoup pour être mieux dans sa peau ?
  • Est-ce que l’activité physique peut aider les personnes touchées par la dépression, l’anxiété ou des troubles psychotiques ?
  • Quels sont les bénéfices de l’activité physique pour un enfant avec un trouble du développement ?

https://livestream.com/accounts/2986981/events/8027734/videos/170298945/player?width=640&height=360&enableInfo=true&defaultDrawer=&autoPlay=true&mute=false

Par la suite, un webinaire organisé par le Réseau de recherche en santé des populations du Québec et Qualaxia (la partie du Réseau dédiée à la santé mentale) : L’activité physique : une stratégie pour promouvoir la santé mentale, prévenir et traiter les troubles mentaux. Animé par G. Moullec, I.Doré présentait l’approche conceptuelle de la santé mentale, les relations entre la santé mentale positive et différentes composantes de l’activité physique, suivi par un point sur la question des bénéfices connus de l’exercice physique chez les personnes aux prises avec un trouble mental. Pour finir, AJ Romain traite des questions de facteurs associés aux changements des habitudes de vie dans un contexte de troubles schizophrénique. Cette seconde vidéo vise plus un public de cliniciens, étudiants (STAPS, kinésiologie, santé publique, psychologie de la santé…) et chercheurs.

N’hésitez pas à les partager et à laisser des commentaires – critiques pour améliorer les suivantes.

Un conseil aux personnes avec des troubles dépressifs : « faites de l’activité physique à l’intensité que vous souhaitez ! »

11/02/2018

En octobre dernier un article du blogue présentait un essai clinique multicentrique incluant des adultes avec des troubles dépressifs modérés à élevés, répartis en 4 groupes : yoga (n=106), exercice physique de type aérobie de moyenne intensité (n=105), d’intensité élevée (n=99) ou soins usuels (n=310). Les programmes d’activité physique étaient supervisés et réalisés en groupe, 3*55minutes durant 12 semaines. La fréquence cardiaque durant l’effort était contrôlée dans 78 % des séances. Le niveau de dépression était évalué avec l’hétéro-questionnaire de Montgomery (pre-post intervention).Capture du 2018-02-11 17-35-50

Les auteurs concluaient à une absence de différence d’efficacité de l’exercice physique sur la dépression en fonction de l’intensité de pratique en fin d’intervention. En d’autres termes, pratiquer une activité physique à trois reprises durant la semaine, durant 12 semaines, diminue le niveau de dépression de la même manière pour le yoga, l’exercice physique modérément ou très intense.

Cette même équipe, a récemment publié les résultats concernant les effets de cette même étude 12 mois après l’intervention. Résultats =

  • Les bénéfices de l’exercice perdurent dans le temps.
  • Le participants au groupe yoga était ceux qui demeuraient les plus améliorés en comparaison au groupe soins usuels.
  • Les participants au groupe d’activité physique d’intensité élevée ou modérée obtenaient aussi des bénéfices à long terme mais avec une diminution moins importante.

Ces résultats ont une conséquence importante pour les cliniciens souhaitant réaliser la promotion de l’activité physique auprès de leurs patients. En d’autres termes, appliquer les recommandations du Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments (CANMAT). Le message est clair : « faites de l’activité physique à l’intensité que vous souhaitez ! ».

Pour pousser la réflexion : on a tendance à oublier que l’adhésion aux interventions d’activité physique est relativement mauvaise (entre 50 et 60 % des séances prévues sont effectivement réalisées). Imaginez ce que seraient les résultats de l’exercice physique, si on réussissait à motiver les participants à s’entraîner plus régulièrement.

Helgadóttir, B., Forsell, Y., Hallgren, M., Möller, J., & Ekblom, Ö. (2017). Long-term effects of exercise at different intensity levels on depression: A randomized controlled trial. Preventive Medicine, 105, 37–46. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2017.08.008

Les personnes obèses tirent-elles des bénéfices psychologiques de la participation à une intervention d’activité physique ?

03/02/2018

Sur une idée originale d’Aurélie Baillot, Pre à l’Université du Québec en Outaouais, j’ai eu la chance de participer à un projet de revue de littérature systématique dans le but de répondre à la question inscrite dans le titre de cet article (Baillot et al., 2018). Elle a réuni une équipe pluridisciplinaire afin d’avoir différents points de vue et niveaux d’expertise. J’avoue que ma première réaction était peu enthousiaste : « cela a déjà du être publié » ; « on va crouler sous les articles »…tdecl

Dans la préparation du protocole, les variables psychologiques d’intérêt s’articulaient autours de :

  • la qualité de vie liée à la santé (physique et mentale)
  • le niveau de dépression & d’anxiété
  • l’image du corps.

Nous voulions inclure les interventions qui évaluaient un programme d’exercice physique isolément (c-a-d indépendamment d’interventions nutritionnelles, psychologiques …). Bien entendu, nous anticipions de pouvoir réaliser une série de méta-analyses afin de quantifier les effets, mais surtout identifier les modérateurs comme la durée du programme, l’intervention supervisée ou non, l’intensité de l’effort…

Ok, nous étions prết(e)s à nous lancer dans la recherche effrénée d’articles scientifiques anglopho- ou francophones.

Le résultat a été (plus que) décevant, uniquement 16 essais cliniques au total, trop peu d’études pour l’image de soi et l’anxiété. La majorité des interventions étaient supervisées, duraient moins de 16 semaines. Nos analyses ne nous ont pas permis de confirmer nos hypothèses sur les bénéfices psychologiques de l’activité physique.

Plusieurs constats :

  • la majorité des études incluaient un faible de nombre de participants (les deux études les grandes en terme de participants n’ont pas partagé leur résultats)
  • aucune étude visait initialement l’amélioration d’une composante psychologique
  • quasiment aucune étude ne rapportait la proportion de participants utilisant par exemple un antidépresseur ou un autre psychotrope (voir l’article de blogue à ce sujet)

Conclusion

Plus largement, les sciences de l’activité physique portent un vision inconditionnelle de l’exercice physique comme outils de perte/gestion de poids. Or il apparaît que l’impact potentiel psychologique n’est que très peu envisagé/testé. Cela a une conséquence méthodologique forte : les chercheurs portent leur(s) intérêt(s) sur des variables « physiologiques » ou « biologiques » qui nécessitent moins de participants d’étude pour obtenir « un effet statistique important ». En conséquence, ils mesurent quand même une ou des variables psychologiques (on se demande pourquoi parfois) mais ils manquent systématiquement de puissance statistique pour discriminer un potentiel effet. Autrement dit les variables psychologiques sont toujours au second plan ! Il y a un besoin important d’études interventionnelles PLURIDISCIPLINAIRES dédiées aux questions des effets psychologiques de l’activité physique.

Cette revue doit aussi amener les lecteurs à examiner l’écart entre la communication à propos des effets de l’exercice physique et les données probantes. Le mouvement « exercise is medicine » en est la première victime/complice. L’activité physique n’est pas une pilule magique, mais les chercheurs dans le domaine de l’activité physique peuvent être victime du biais d’allégeance, biais très décrit dans l’évaluation des psychothérapies pas exemple (plus d’informations ICI ou LA).

Pour les curieux, l’article est disponible ici.

Baillot, A., Saunders, S., Brunet, J., Romain, A. J., Trottier, A., & Bernard, P. (2018). A systematic review and meta-analysis of the effect of exercise on psychosocial outcomes in adults with obesity: A call for more research. Mental Health and Physical Activity, 14, 1–10. https://doi.org/10.1016/j.mhpa.2017.12.004

L’activité physique pour mieux échanger avec les personnes qui m’entourent ?

26/01/2018

nebraska-maxresdefaultLes croyances populaires attribuent de (trop) nombreux bénéfices à l’activité physique. Parmi eux, le fait qu’une pratique physique régulière d’activité physique est un puissant outil de lutte contre l’isolement, notamment chez les personnes âgées. Une équipe de Birmingham au Royaume-Uni a souhaité traiter cette question en effectuant une revue de littérature systématique qui questionnait les effets de l’activité physique sur 5 indicateurs sociaux :

  1. la solitude,
  2. l’isolement social,
  3. le soutien social,
  4. le réseau social et
  5. le fonctionnement social (1).

Ils ont identifié 23 études représentant plus de 5200 participants. Celles-ci devaient tester l’effet d’une intervention d’activité physique chez des personnes de plus de 60 ans. La moitié des programmes incluaient aussi une activité sociale couplée à l’activité physique (ex : éducation à la santé, atelier cuisine). Les durées d’intervention s’étalaient de 6 à 54 semaines. Un tiers des études souffraient de limites méthodologiques importantes. Les auteurs ont mené une méta-analyse par indicateur social (quand c’était possible).

Une absence d’effet de l’activité physique est à noter pour le soutien social et le réseau social. En revanche, les interventions amélioraient significativement le fonctionnement social des participants âgés (avec une taille d’effet faible). Malheureusement, le nombre insuffisant d’études ne permettait pas aux auteurs de se prononcer à propos de la solitude et de l’isolement social.

Comme souvent dans les méta-analyses de ce type, les sous-analyses sont très intéressantes. Ainsi les programmes d’activité physique sans une activité associée montraient un effet plus important, mais aussi les interventions supervisées par un spécialiste. Cette revue de la littérature était nécessaire afin de confronter les croyances populaires aux faits disponibles dans la littérature scientifique (anglophone).

A la lecture de l’article, un Enseignant en Activité Physique Adaptée, un Kinésiologue ne doit pas être déçu, mais s’interroger sur les composantes de sa programmation d’activité physique qui pourraient majorer les effets sur le soutien social et le réseau social. On pense, par exemple, aux Enseignants en Activité Physique Adaptée qui évoluent dans des réseaux de santé ou à domicile qui peuvent modifier leurs pratiques professionnelles afin de favoriser les échanges, les aides inter-générationnelles, les « patient-pairs »… Peut-être que les réseaux sociaux, même chez les personnes âgées, ont un rôle à jouer.

1. Shvedko A, Whittaker AC, Thompson JL, Greig CA. Physical activity interventions for treatment of social isolation, loneliness or low social support in older adults: A systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Psychol Sport Exerc. 2018;34:128-137. doi:10.1016/j.psychsport.2017.10.003

Une histoire populaire du sport aux États-Unis: pour voir le sport autrement

13/12/2017

Capture du 2017-12-13 17-15-38L’article suivant devait sortir des chemins battus et présenter le passionnant ouvrage, Une histoire populaire du sport aux États-Unis de Dave Zirin (Editions Lux). Une lecture incroyable, qui fait regretter les cours d’histoire dans le cursus Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives. En préparant mon écrit, j’ai découvert trois articles largement au dessus de mon résumé alors j’ai rangé mon article et vous propose d’aller les lire, ils se complètent très bien.

  1. L’autre histoire des sportifs américains (Olivier Villepreux)
  2. Une histoire populaire du tennis aux États-Unis. Quelques notes au sujet de l’ouvrage de Dave Zirin.
  3. Politiques musculaires (Claude Grimal)

Pour l’anecdote, liée au Québec, voici, un extrait concernant Jackie Robinson qui a été le premier joueur noir à évoluer dans la ligue majeure de Base-ball, c’est à dire « non-noire ».

170px-Jackie_Robinson_No5_comic_book_cover« Le premier géant à qui Robinson a eu affaire dans les ligues mineures a été Clay Hopper, des Royals de Montréal. Ce sudiste a tôt fait de se plaindre du comportement de son nouveau joueur. Les lèvres tremblantes, Hopper a demandé à son patron : « Mr Rickey, croyez-vous vraiment qu’un nègre est être humain ? » Chaque matche de l’équipe de Montréal;, qu’il ait lieu à Harlem ou à Watts, était suivi d’un zèle intempestif, et chaque passage à la zone de prise était un test visant à vérifier si les afro-américians avaient « ce qu’il fallait » pour réussir au base-ball. »

Augmenter l’utilisation des escaliers avec de simples signaux: cela fonctionne ? (suite)

05/12/2017

19869288Une étude française parue le mois dernier s’intéresse à la question des signaux dans les escaliers pour mobiliser les utilisateurs (Allais et al. 2017). La rédaction et la méthode de l’article est remarquable. Les auteurs ont, chose rare, inclus une vidéo au sein de l’article en ligne rendant aisée la compréhension de leur méthode.

Au sein de trois stations de métro comparables (dont 1 contrôle), ils ont mis en place une étude interventionnelle de trois semaines, entre avril et Juillet 2014 pour tenter de répondre aux questions suivantes :

  1. les « signaux facilitant une décision rapide » augmentent-ils la fréquence individuelle d’utilisation des escaliers ;
  2. ce changement est-il persistant sur le temps ? ;
  3. les effets varient-ils en fonction du type de message (c-a-d faible coût immédiat versus bénéfices futurs [voir les photographies]).

Cette étude a deux avantages majeurs par rapport aux précédentes publications : les chercheurs ont ciblé les utilisateurs prenant moins de 2 fois les escaliers les 2 premières semaines sans intervention, à l’aide d’un logiciel dédié analysant les vidéos. Ainsi, les résultats sont basés sur des utilisateurs précis et non simplement une fréquence générale d’utilisation. Second intérêt, l’intervention et les mesures se déroulaient sur 3 (intervention) +3 (suivi) semaines, pouvant ainsi réellement mesurer un changement « réel » d’habitude.

Résultats: La proportion d’augmentation de l’utilisation des escaliers était respectivement de 9 et 4 % pour la station avec le message « faible coût » versus « bénéfice », puis chute de 22 et 54 % post intervention.Capture du 2017-12-03 19-37-31

Les auteurs soulignent que l’intervention entraîne une augmentation de l’utilisation des escaliers quasi immédiat, mais cet effet décroît déjà après une semaine. Dans le meilleur des cas, l’effet perdurait plus légèrement deux semaines post-intervention. Il apparaît que les signaux dans l’escalier ne favorisent pas un changement d’habitude.

Les auteurs suggèrent qu’une intervention plus longue, pourrait augmenter l’exposition aux signaux et ainsi peut être modifier le comportement des utilisateurs. Cette étude expérimentale souligne l’intérêt et les limites de ce type d’intervention. Si les effets immédiats semblent souvent retrouvés, à la suite de la mise en place de ces signaux, ils apparaissent comme momentanés. A titre d’exemple, dans la dernière revue systématique sur ce sujet, Bauman et al. 2017 ne trouvent pas que l’efficacité est majorée dans les interventions plus longues (inclusion des études jusque 2014). Ils « militent » même pour un déploiement national d’installation de « signaux facilitant une décision rapide » au sein des bâtiments ou transport en commun. A la vue, des trois derniers articles du blogue, cela pourrait être discutable, surtout que l’évaluation économique de ce type d’intervention pourrait demeurer très ardue.

  • Allais, O., Bazoche, P., & Teyssier, S. (2017). Getting more people on the stairs: The impact of point-of-decision prompts. Social Science & Medicine, 192, 18–27. https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2017.09.006
  • Bauman, A., Milton, K., Kariuki, M., Fedel, K., & Lewicka, M. (2017). Is there sufficient evidence regarding signage-based stair use interventions? A sequential meta-analysis. BMJ Open, 7(11), e012459. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2016-012459

Augmenter l’utilisation des escaliers avec de simples signaux: cela fonctionne ?

26/11/2017

Le dernier article abordait la question de l’efficacité « nuancée » des techniques de nudging « manipulation douce » dans le domaine de l’activité physique et de la sédentarité. Des échanges avec plusieurs chercheurs (merci Zachary Zenko) ont débouché sur plusieurs autres lectures.

cite-de-la-peur-1994-11-gEn 2010, une revue systématique de la littérature a exploré la question des effets des « signaux facilitant une décision rapide » (point of decision prompts) sur l’utilisation des escaliers (Soler et al. 2010). Ces signaux sont considérés comme des informations motivationnelles, placées sur ou près des escaliers afin d’encourager les personnes à les utiliser. Ils peuvent être couplés ou non avec des modifications des cages d’escaliers (musique, couleurs…). Les auteurs ont distingué les études utilisant uniquement les « signaux facilitant une décision rapide » (15 études) et modifications de cage d’escalier.

Onze études demeuraient de bonne qualité pour les inclure dans les analyses statistiques. Les signes utilisés près ou sur les escaliers étaient : des empreintes de pas, des messages de santé, des messages motivationnels. L’utilisation des marches pré-intervention était comprise entre 1.7 et 39.7 % et l’intervention entraînait une utilisation comprise entre 4 et 42 %.

Les 11 études représentaient 21 interventions différentes (menées dans des endroits variés : gare, magasins…), 15 augmentaient significativement l’utilisation des escaliers contre 2 ayant des effets délétères. Le niveau initial d’utilisation des escaliers n’influençait pas les résultats.

Les interventions améliorant l’utilisation des escaliers avaient toutefois un effet relativement faible, majoritairement sous les 20% d’augmentation de fréquence à court terme.

Très peu de résultats étaient disponibles à propos de la prolongation des effets dans le temps ainsi que de la modification des cages d’escalier. Cette publication vient donc nuancer les résultats du précédant article. A la lecture du détail des interventions, les signaux « explicites » (ex message de santé) semblent plus nombreux en comparaison à uniquement l’utilisation de pas colorés au sol (implicites). Cette distinction explicite/implicite devrait nuancer le terme d’interventions dits de « nudging » car, à ma connaissance, cela correspond plus majoritairement à des interventions plus implicites.

Voir aussi un précédant article sur la promotion de l’utilisation des escaliers.

Soler, R. E., Leeks, K. D., Buchanan, L. R., Brownson, R. C., Heath, G. W., & Hopkins, D. H. (2010). Point-of-Decision Prompts to Increase Stair Use. American Journal of Preventive Medicine, 38(2), S292–S300. https://doi.org/10.1016/j.amepre.2009.10.028

Augmenter l’activité physique par des stratégies de ‘nudging’ : peu de preuves scientifiques disponibles

14/11/2017

La question de l’économie comportementale, plus particulièrement d’une de ses sous-composantes très médiatisée est le nudging ou l’incitation ‘douce’.Un blogue en donne un définition claire 

« Un nudge est une incitation douce à adopter ou modifier un comportement, qui préserve le libre choix de l’individu, tout en l’orientant plus ou moins consciemment vers un choix souhaité par le décideur, bénéfique pour toutes les parties (les utilisateurs d’un service, l’acteur économique, la collectivité…). Le dispositif vise à agir sur l’environnement pour susciter une modification des comportements des individus de leur propre chef, sans les contraindre. La mesure de son efficacité fait partie intégrante du dispositif. »

Facile à médiatiser, car souvent basé sur modifications de l’environnement plaisantes, la vidéo d’un escalier rendu sonore a fait l’objet d’une large diffusion. Dans la champ de la santé, des études ont été mises en place pour cibler des comportements tels que le don d’organe, la consommation de fruits et légumes ou encore d’alcool.

Quand est-il dans le domaine de l’activité physique ou de la sédentarité ? Un examen rapide de la littérature ne semble pas fournir beaucoup de données probantes à ce sujet. On trouve plusieurs revues de littérature ou avis (Cohn & Lynch, 2017) sur ce sujet mais les études empiriques semblent rares (Marteau et al. 2011).

Une étude acceptée dans Psychology & Health (accès libre) se centrait sur l’augmentation de la fréquence de travail debout chez des employés du tertiaire ayant à disposition un bureau assis-debout (Venema et al. 2017). Après 2 Capture du 2017-11-14 21-27-14semaines d’observation et de mesures, les chercheurs ont modifié les bureau afin que la station debout soit la station par défaut à l’arrivée des employés le matin durant deux semaines, tout en continuant les mesures. Le taux de travail debout dans la journée est passé de 1.8 à 13.1 %. Une fois que l’intervention a été supprimée, ce taux est tombé à 10 % Capture du 2017-11-14 21-29-45deux semaines plus tard, puis 7 à deux mois. De plus, les chercheurs par des mesures auto-rapportées ont conclu à une augmentation significative de l’intention de travailler debout.

Une seconde étude (accès libre) visait l’augmentation de l’utilisation des escaliers versus l’ascenseur (Åvitsland et al. 2017). L’intervention était en 2 temps, on collait des traces de pas, puis inscrivait des messages sur les marches. Les chercheurs comparaient l’effet de leur intervention à un second site ou aucune intervention n’était réalisée. Le résultat est sans appel, l’intervention a significativement fait RÉDUIRE l’utilisation des escaliers. Le titre de l’article vaut d’ailleurs le détour « la promotion des escaliers au travail : parfois, ne pas intervenir est le mieux ». Capture du 2017-11-14 21-30-47

Ce bref article, veut souligner l’écart important entre un approche scientifique, sa (sur)médiatisation et l’état de la littérature scientifique. C’est une théorie intéressante qui peut s’avérer efficace dans certains contextes pour certains comportements, mais il apparaît que pour l’activité physique ou la sédentarité les preuves sont minces. Pour les curieux, une récente intervention de type nudging pour améliorer le prise médicamenteuse a récemment échoué dans sa tentative à modifier le comportement de manière durable afin de réduire le risque de mortalité de personnes cardiopathes (Volp et al., 2017).

  • Åvitsland, A., Solbraa, A. K., & Riiser, A. (2017). Promoting workplace stair climbing: sometimes, not interfering is the best. Archives of Public Health, 75(1). https://doi.org/10.1186/s13690-016-0170-8
  • Cohn, S., & Lynch, R. (2017). Falling into a routine: from habits to situated practices. Sociology of Health & Illness. https://doi.org/10.1111/1467-9566.12597
  • Marteau, T. M., Ogilvie, D., Roland, M., Suhrcke, M., & Kelly, M. P. (2011). Judging nudging: can nudging improve population health? BMJ, 342(, d228–d228. https://doi.org/10.1136/bmj.d228
  • Venema, T. A. G., Kroese, F. M., & De Ridder, D. T. D. (2017). I’m still standing: A longitudinal study on the effect of a default nudge. Psychology & Health, 1–13. https://doi.org/10.1080/08870446.2017.1385786
  • Volpp, K. G., Troxel, A. B., Mehta, S. J., Norton, L., Zhu, J., Lim, R., … Asch, D. A. (2017). Effect of Electronic Reminders, Financial Incentives, and Social Support on Outcomes After Myocardial Infarction: The HeartStrong Randomized Clinical Trial. JAMA Internal Medicine, 177(8), 1093–1101. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2017.2449

« ASSOYEZ-VOUS MOINS (et bougez plus)»

28/09/2017

19062292L’Anses a mis un document à destination des professionnels de l’activité physique, de l’éducation et de la santé intitulé : Synthèse pour les professionnels des recommandations de l’Anses de février 2016 sur l’activité physique et la sédentarité. Ce type de document demeure utile pour rappeler aux professionnels de développer/modifier leurs pratiques en fonction de lignes directrices. La présentation est relativement sommaire et fait échos de manière récurrente à la question de la dose d’activité physique.

Par une vision biomédicale appliquée à l’AP, l’identification de la dose optimale dans les relations AP marqueurs de santé a été très étudiée. Pour rappel, le concept de dose-réponse est un des critères de Hill pouvant participer à l’établissement de la causalité entre une « exposition » et une « maladie ».  Warburton & Bredin ont publié une revue de littérature à ce propos en s’interrogeant sur cette idée de dose-réponse entre l’AP et la santé et de son utilisation (Warburton and Bredin, 2016). Après avoir rappelé les associations inverses entre doses d’AP et la mortalité ou différentes incidence de pathologies chroniques, il étaye plusieurs constats.

  • Bien que 150 minutes d’AP modérée à vigoureuse entraîne des bénéfices pour la santé importants, un volume équivalent à la moitié ou moins à des bénéfices majeurs chez les personnes inactives.Capture du 2017-09-28 13-24-32
  • Les instances nationales recommandent très souvent la dose de 150 minutes d’AP modérée à vigoureuse et ajoutent « et plus c’est mieux ». Or de nombreuses études soulignent les effets délétères de doses d’AP trop importantes (voir un précédent article sur ce blogue à ce propos). Autrement dit, cette relation n’est jamais linéaire.
  • Une augmentation, aussi petite soit elle, d’AP modérée à vigoureuse chez des personnes inactives entraîne une réduction marquée du risque de maladie chroniquesCapture du 2017-09-28 13-25-12
  • Ils soulignent que pour de nombreuses pathologies, les recommandations en terme de dose restent arbitraires et que nous avons besoins d’un nombre plus important d’études ainsi que d’examiner l’effet contextuel de la sédentarité accrue.
  • Ils poursuivent par une critique des lignes directrices canadiennes en terme d’AP qui soulignent que les adultes « doivent » atteindre 150 d’AP modérée à vigoureuse par semaine. Ils soulignent que cela est une interprétation erronée des données probantes, que le « devraient » serait plus approprié. Il se prononce en faveur d’un message du type « chaque effort compte pour la santé ».

Le document de l’ANSES souligne dans son introduction : « Il est important de rappeler que ces repères représentent un idéal vers lequel il faut tendre. Toute quantité d’activité physique même inférieure aux repères procure un bénéfice pour la santé, et le dépassement des recommandations permet le plus souvent d’augmenter ce bénéfice. ». A la vue, des arguments de Warburton & Bredin, ils seraient presque satisfaits.

Comme de nombreuses fois souligné dans ce blogue, il y a un besoin d’approche transdisciplinaire pour traiter de la question des lignes directrices en activité physique & santé. La vision, pour l’instant, est quasi-uniquement médicale.

Warburton, D.E.R., and Bredin, S.S.D. (2016). Reflections on Physical Activity and Health: What Should We Recommend? Can. J. Cardiol. 32, 495–504.

Aider les étudiants de médecine à promouvoir l’Activité physique: une intervention brève ?

31/08/2017

Nous avons abordé à plusieurs reprises la question de la promotion de l’activité physique par des médecins de famille, des médecins généralistes. Les lecteurs assidus connaissent les facteurs qui prédisent la promotion de l’AP, ou se rappellent aussi qu’en dépit des nombreuses recommandations l’AP est quasi-absente des formations en médecine (Si l’activité physique est une médecine où est l’activité physique en médecine ?).

192862Une équipe d’Irlande du nord a décidé d’avancer sur cette question, avec une étude assez originale présentée ci-après (article disponible cooke2013). Cette équipe, composée de chercheur-enseignants en Département de médecine générale, a sollicité des étudiants de 4e année de médecine durant le stage en soins primaires (1 semaine de cours + 3 semaines de stage). Leurs principes de départ étant le suivant : les habitudes d’AP des étudiants en médecine influence la fréquence et leur confiance à promouvoir l’AP auprès de leur patients (ce sont peut être des lecteurs du blogue?). Dans ce cadre, si on modifie leurs propres habitudes, ils pourraient modifier leurs activités cliniques. Les auteurs de reposent sur la notion d’apprentissage expérientiel, partir de leurs propres expériences afin de modifier leur pensées et activer une réflexion personnelle sur la question de l’AP.

1er semaine : L’ensemble des participants disposaient d’un podomètre et d’un livret pour noter leur nombre de pas quotidiens, ils recevaient un message texte bi-hebdomadaire afin de leur rappeler de porter un le podomètre. Ils participaient ensuite à un cours sur la question du changement de comportent.

2nd semaine : Randomisation /

  • Le groupe contrôle (66 participants) discutait des problèmes rencontrés durant cette 1er semaine et on leur demandait de poursuivre l’enregistrement de leurs pas la semaine qui suivait.
  • Le groupe interventionnel (70 participants) suivait la même procédure, mais ils devaient rédiger leur objectif personnel de nombre de pas pour la semaine suivante.

Les critères de jugements étaient la différence de nombre de pas entre les 2 semaines ainsi que l’évolution des scores de marqueurs motivationnels centrés sur leurs confiance et leur intention à promouvoir l’AP comme clinicien (basé sur la Théorie du Comportement Planifié) 4 et 9 semaines plus tard. Les investigateurs de l’étude ont aussi réalisé des focus groupe avec une partie des participants.

Résultats : Le groupe interventionnel a augmenté son nombre de pas de 1310 pas quotidien en moyenne (environ 10 à 15 minutes par jour). En revanche, les marqueurs motivationnels, n’ont pas été modifié par l’intervention. Les analyses qualitative soulignent que l’auto-mesure de l’AP a majoritairement impacté les participants (des 2 groupes) sur les possibilités d’identifier les barrières à l’AP pour leur patients. Ils soulignent aussi l’impact majeur (négatif ou positif) des habitudes cliniques de leur mentor de stage (c’est à dire la norme subjective).

Cette étude est réellement riche d’enseignement pour qui veut réfléchir à la promotion de l’AP en contexte clinique. Elle illustre la possibilité d’intégrer des interventions de formations brèves au sein des cursus universitaires afin de modifier les pratiques cliniques. Il est certain qu’elle nécessite l’intégration de psychologues de la santé au sein des enseignements de médecine, et qui sait, cela pourrait faire évoluer les ‘normes’ de promotion de l’AP.

Cooke, P. A., Tully, M. A., Cupples, M. E., Gilliland, A. E., & Gormley, G. J. (2013). A randomised control trial of experiential learning to promote physical activity. Education for Primary Care, 24(6), 427–435.

Relation inverse entre l’activité physique et la fréquence des idées suicidaires

25/08/2017

leftovers-season-3-episode-5-mattUne méta-analyse vient d’être mise en ligne il y a quelque jours (Vancampfort et al. 2017), afin de traiter la question de l’association entre activité physique (AP) et la fréquence des idées suicidaires.

Parmi 21 études identifiées dans la littérature, 14 concluaient à une relation inverse entre le niveau d’AP et la fréquence des idées suicidaires. Les analyses (réalisées chez 122 395 personnes, [adolescents, adultes, personnes âgées]) suggèrent qu’un niveau d’AP correspondant aux recommandations internationales à un effet protecteur sur la fréquence des idées suicidaires (OR=0.91, 95%CI=0.51-0.99, P=0.03). Des résultats similaires ont été obtenus pour le niveau d’AP général.

Les auteurs examinaient aussi les effets des interventions d’exercice physique menées chez des participants à risque de passage à l’acte. L’exercice physique était systématiquement combiné à une intervention psychologique. Uniquement trois études ont été réalisées, avec des échantillons de faible taille rendant des conclusions impossibles sur les effets de l’exercice physique.

Même si la totalité des études observationnelles ont un devis transversal, cette publication est la première preuve que l’AP pourrait un jouer un rôle protecteur sur les idées suicidaires. Cette étude ajoute un argument supplémentaire en faveur de l’activité physique comme outil de la promotion de la santé mentale.

Vancampfort, D., Hallgren, M., Firth, J., Rosenbaum, S., Schuch, F.B., Mugisha, J., Probst, M., Van Damme, T., Carvalho, A.F., and Stubbs, B. Physical activity and suicidal ideation: a systematic review and meta-analysis. J. Affect. Disord. doi: 10.1016/j.jad.2017.08.070

Transport actif, santé et politiques publiques – Une journée pour en discuter

18/06/2017

J’ai eu le plaisir de participer à une table ronde lors d’une journée organisée par l’Institut Santé et Société (ISS) de l’Université du Québec à Montréal. Une vision pluridisciplinaire de la question du transport actif, avec bien entendu des exemples ‘made in Montréal’.  Le blogue Hinnovic a rapporté dans un article et des interviews audio, les idées échangées durant cette très agréable journée. Je vous invite à lire et écouter ce compte-rendu réalisé par J.Bouchez.

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Habitudes de vie et trouble de santé mentale, changer de perspective

13/06/2017

lwzasc65ahseigmrvuwnDeux lettres à l’éditeur viennent d’être mise en ligne, avec un point commun ; souligner qu’une réelle stratégie de prévention des troubles somatiques doit être mise en œuvre dans les soins apportés aux personnes accueillies dans les services de psychiatrie.

Ahmed Jérôme Romain en est l’initiateur. Il argumente en faveur de stratégies de changement des habitudes de vie (alimentation, activité physique) des la mise en place d’un traitement antipsychotique (Romain, 2017). Il présente les effets de ce type d’intervention sur la limitation de la prise de poids et les potentiels effets bénéfiques secondaire comme l’adhésion au traitement. Le point clé à souligner demeure le changement de perspective autours du poids. Ainsi, ce sont les comportements quotidiens, l’organisation des soins qui influencent les habitudes de vie qui sont à repenser, et cesser de mettre la focale uniquement sur le perte de poids comme « simple » objectif d’un programme d’exercice physique par exemple (lien vers le texte).

La seconde lettre est une réaction à un article publié dans L’Encephale qui déplorait qu’à l’heure d’aujourd’hui, il demeurait des services de santé mentale où les dossiers médicaux somatiques et psychiatriques étaient séparés (Romain and Bernard, 2017). Elle étaye le besoin de systématiser les stratégies d’aide au changement de comportement (tabagisme, alimentation, activité physique…). Le constat est simple des conseils l’arrêt du tabac, la nutrition et l’activité physique sont rapportés (dans le meilleur des cas) dans 12, 6 et 4 % des entretiens avec un psychiatre (Himelhoch and Daumit, 2003).

Voici la conclusion : « Face à l’accumulation de données probantes, il apparaît nécessaire d’élargir le spectre des soins somatiques en psychiatrie à la prévention primaire, secondaire et tertiaire. Ce changement de culture des soins pourrait passer par la formation des professionnels de la psychiatrie aux techniques de changement de comportements et l’intégration, dans les services de psychiatrie, de tabacologues, enseignants en activité physique adapté/kinésiologues et de diététiciens. Ces derniers pourraient soutenir des changements de comportement adaptés et à long terme. » (lien vers le texte)

Voir un article du blogue en 2013 sur ce même sujet

Déclaration d’intérêt : co-auteur de la seconde lettre

  • Himelhoch, S., and Daumit, G. (2003). To whom do psychiatrists offer smoking-cessation counseling? Am. J. Psychiatry 160, 2228–2230.
  • Romain, A.J. (2017). An ounce of prevention outweighs kilograms of weight loss. Psychiatry Res. 0.
  • Romain, A.-J., Bernard, P. (2017). Élargir les soins somatiques en psychiatrie à la prévention. L’Encéphale 43, 298–299.

L’entraînement fractionné de haute intensité, la meilleure solution pour perdre du poids ?

25/05/2017

RunFatBoyRun4L’entraînement fractionné de haute intensité (HIIT, (« High Intensity Interval Training« )) est un type d’entraînement qui combine des courts intervalles d’effort d’intensité (très) élevée et des périodes fixes d’activité moins intense. Ce type de programme d’exercice physique est très médiatisé et souvent présenté comme la méthode la plus efficace pour perdre du poids. Mais que disent les études ? Es-ce basé sur des données probantes ?

Dans le numéro de Juin, la revue Obésité Reviews publie une méta-analyse qui recense les études interventionnelles avec un groupe contrôle qui utilise un programme de type HIIT ou d’intensité modérée continue (Wewege et al., 2017). Les études devaient recruter uniquement des adultes de 18-45 ans en surpoids ou obèses sans comorbidité somatique.

Les analyses statistiques (sur 13 études) montrent que les deux types d’intervention entraînent une diminution significative de la masse grasse corporelle (~2kg) et du tour de taille (~3cm). Il n’y a aucune différence significative entre l’entraînement de type HIIT ou d’intensité modérée continue sur ces marqueurs (même magnitude). Les taux de sortie d’étude, d’adhésion ne sont pas différents. Très peu d’études renseignent les effets négatifs de l’exercice (e.g., déchirure musculaire, douleurs articulaires…).

Cette étude permet réellement de relativiser le potentiel de l’entraînement HIIT sur l’entraînement plus ‘classique’. De plus, le nombre d’étude est faible et la quasi totalité des études inclues sont réalisées sur de très petits effectifs (<15 participants). En conséquence, il est impossible de comparer ces entraînements sur le changement des habitudes de vie ou le maintien de la perte de masse grasse à moyen terme. Plus largement, on peut s’interroger sur l’intérêt du HIIT si celui-ci n’est utilisé qu’avec des sujets ‘non comorbides’, ce qui éloigné de la réalité clinique.

Le type et le niveau d’activité physique sont liés à la santé mentale chez des adultes vivant dans les quartiers défavorisés.

04/05/2017

ccq-PPhil Mason et al. ont publié une étude transversale intéressante sur deux points : les participants (peu étudiés dans le champ de l’activité physique) et la caractérisation de l’ activité physique (AP) (ici les auteurs distinguent niveau d’AP : faible, modéré, élevé et types d’activité [tâches ménagères, déplacement actif..]). (voir aussi un précédent article) Il posait 3 questions : comment les types et niveaux d’AP différent parmi les participants, les niveaux d’AP différent-ils en fonction de la diversité des types d’AP et comment le type et niveau d’AP sont associés à la santé mentale.

2654 participants adultes vivant dans divers quartiers défavorisés de différentes villes écossaises ont répondu aux questionnaires d’AP (e.g., IPAQ) et de santé mentale (i.e., WEMWBS). Des analyses multi-niveaux ont utilisées afin de prendre en compte la structure hiérarchique des données.

Comment les types et niveaux d’AP différent parmi les participants ?

  • Le niveau d’AP le plus bas était retrouvé chez les femme de plus de 40 ans, sans emploi.
  • 29 % des participants déclarait être touché par une affection de longue durée.
  • Le type d’AP était influencé par le degrés d’obligation. Par exemple, les personnes avec emploi réalisaient plus de transport actif.Capture du 2017-05-04 09-16-04

Les niveaux d’AP différent-ils en fonction de la diversité des types d’AP ?

  • Un plus haut niveau d’AP était associé à l’AP au travail, le transport actif au loisir et aux activités de famille.
  • Le plus important est que la diversité des types d’AP était associée à un plus haut niveau d’AP.
  • L’écart entre les types d’AP était peu expliqué par la variation entre les quartiers.

Comment le type et niveau d’AP sont associés à la santé mentale ?

  • L’AP de loisir et les activités familiales sont associées à une augmentation de plus de 1,5 au score de bonne santé mentale, INDÉPENDAMMENT du niveau d’AP.
  • L’association positive entre le transport actif et une meilleur santé mentale est retrouvée uniquement chez les personnes déjà hautement actives.
  • Un haut niveau d’AP n’était pas associé à une meilleure santé mentale.
  • Chez les adultes avec une atteinte de longue durée, l’AP de type tâche ménagère et au travail était associé positivement à la santé mentale.
  • Quand on s’intéresse à la diversité des types d’AP, celle-ci influence positivement la santé mentale chez les adultes déjà hautement actifs.

Que retenir ?

Promouvoir la diversité des types d’AP pourrait être un facteur clé pour faciliter l’augmentation de l’Activité Physique des personnes vivant en milieu défavorisé.

Le transport actif est un facteur important pour aider les personnes à atteindre un niveau d’AP modéré.

Clairement, cette étude fournit des informations non négligeables pour lutter contre les inégalités sociales dans le cadre de la santé publique.

Mason, P., Curl, A., & Kearns, A. (2016). Domains and levels of physical activity are linked to adult mental health and wellbeing in deprived neighbourhoods: A cross-sectional study. Mental Health and Physical Activity, 11, 19–28. https://doi.org/10.1016/j.mhpa.2016.07.001

Déterminants du transport actif chez des mères de Californie, perspectives sur l’activité physique

17/03/2017

Dans un précédent article, nous avons présenté des travaux qui illustraient la complexité de l’activité physique (AP) (voir exemple), en terme de durée, intensité, buts de pratique, type de pratique dans un échantillon d’adulte français.

tu dors nicole 1Rebecca Lee a développé des études sur ces différents types d’AP et leurs variations respectives en fonction de facteurs socio-économiques. L’article résumé se centre particulièrement sur le transport actif. Les auteurs soulignent que les mesures de l’AP uniquement centrées sur les AP de loisirs pourraient entraîner une vision trop restreinte de l’AP, notamment chez des personnes avec de plus faibles moyens. Dans un autre exemple, ils soulignent que les adultes avec des marqueurs socio-économiques bas, ont une part d’AP au travail beaucoup plus élevée.

L’étude investiguait les relations entre l’AP de loisirs, au travail et dans les transports actifs dans un échantillon représentatif des mères de Californie. Des analyses étaient aussi réalisées afin d’identifier les déterminants du transport actif soit réalisé pour aller au travail (pour celles en ayant un), soit réalisé dans l’ensemble des déplacements (excepté ceux liés au travail).

La totalité des mesures étaient réalisées avec des questionnaires auto-rapportés chez environ 2900 participants. Les prévalences de transport actif réalisé pour aller au travail étaient comprise entre 12,8 et 15,1 % en fonction des tranches d’âge. Les prévalences de transport actif réalisé hors travail étaient comprise entre 8,5 et 10 % en fonction des tranches d’âge.

Les analyses multivariées exploraient les associations entre déterminants socio-économiques et transport actif, en contrôlant les analyses pour des facteurs individuels et le niveau d’AP de loisirs ou au travail.

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Les images ci-dessus synthétisent les associations significatives.

Globalement, les indicateurs de faible niveau socio-économique sont associés au transport actif, résultats contraires à ce qui a été retrouvé en Europe. Cette étude ne trouve pas d’association entre les différents types d’AP, on peut penser qu’il y a une absence de compensation entre les différents types d’AP. En conclusion, la promotion de l’activité physique devrait viser plusieurs types d’activité physique.

Merci à KSO pour l’article

Lee, R. E., Lorenzo, E., Heck, K., Kohl, H. W., & Cubbin, C. (2017). Interrelationships of physical activity in different domains: Evidence from the Geographic Research on Wellbeing (GROW) study. Journal of Transport & Health. https://doi.org/10.1016/j.jth.2017.02.004

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