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Utiliser un devis expérimental à cas unique en activité physique adaptée (2/2)

27/11/2019

Le dernier article présentait les formes principales des études à devis expérimental à cas unique (DECU) et leurs intérêts en activité physique adaptée. Sur les questions des effets de programmes d’activité physique adaptée sur la symptomatologie de personnes aux prises avec un trouble mental, peu d’études à DECU ont été publiées. Toutefois, une équipe belge a examiné les effet de ce type d’intervention chez des adultes hospitalisés à temps complet avec un diagnostic de trouble de l’humeur1. Ils ont répliqué une série de DECU à 2 phases: A (observationnelle) et B (interventionnelle).

Les participants réalisaient 3 séances hebdomadaires en petits groupes qui couplaient des activités de type aérobie et résistance à intensité libre. Les encadrants souhaitaient que les participants vivent des expériences de succès par l’atteinte d’objectifs et qu’ils améliorent leur condition physique perçue et objective.

Chaque jour, les participants auto-évaluaient à l’aide d’un item respectif, leur niveau de dépression, d’anxiété, de tension et de bien-être (à 20H).

Les auteurs soulignent que les participants durant les 2 phases suivaient une thérapie cognitive-comportmentale individuelle (1h/sem), une thérapie systémaique (2h/mois), des ateliers d’ergothérapie (3/sem), une psychothérapie de grouep (2/sem), une rencontre hebdomadaire avec un psychiatre et avaient tous un ou plusieurs traitement(s) psychopharmacologique(s).

29 participants ont été recrutés pour une période allant de 77 à 436 jours. La phase B d’entraînement a duré entre 9 et 42 jours.

Les analyses statistiques réalisées pour chaque participant, révélaient qu’un seul semble avoir statistiquement diminué son niveau de dépression auto-rapporté. Les méta-analyses réalisées n’identifient pas de pattrons de réponses commun en terme de dépression ou bien-être. L’anxiété, le niveau de tension perçu et le bien-être ne semblent affecté par la pratique d’APA. 

Ces résultats sont en désaccord avec la littérature scientifique qui (à l’époque) était basée uniquement sur des études incluant des adultes suivis en ambulatoire. Les auteurs soulèvent de nombreux biais comme la participation volontaire au programme d’APA, l’hétérogénéité des diagnostics,le fait que les autres intervention étaient poursuivies en parallèle, ou les différentes vitesse de “rétablissement naturel” au niveau individuel. Les lecteurs pourront se rapporter au précédent article sur la comparaison exercice physique, psychothérapie.

Cette étude est riche d’enseignement et mériterait d’être reproduite à ce jour en palliant les limites méthodologiques.

1. van de Vliet P, Onghena P, Knapen J, Fox K, Probst M, van Coppenolle H, et al. Assessing the additional impact of fitness training in depressed psychiatric patients receiving multifaceted treatment: a replicated single-subject design. Disability and Rehabilitation. 2003 Dec 16;25(24):1344–53.

Utiliser un devis expérimental à cas unique en activité physique adaptée (1/2)

29/10/2019

MV5BNDZjZWYyZDUtZTllOC00ODJmLTk0MzYtMmU4OWZkNTUzM2RiXkEyXkFqcGdeQXVyMjU3NjQ5Mw@@._V1_Durant mes études de master, un professeur parlait souvent d’un devis d’étude qui devrait être plus présent dans le domaine de l’activité physique adaptée: le devis expérimental à cas unique (DECU). Je l’avais alors écouté d’une oreille (désolé François !).

Le DECU consiste en l’étude intensive d’un seul individu dans le but de déterminer l’impact sur une ou plusieurs variables dépendantes, d’une intervention réalisé en milieu naturel. Le DECU peut prendre plusieurs formes1. La plus simple reste la forme dîte AB, où A représente une durée où l’on mesure la ou les variables d’intérêt de manière répétée (ex. Remplissage hebdomadaire d’un questionnaire de qualité de vie durant 4 semaines) et la phase B où l’on propose une intervention (ex. Intervention d’activité physique adaptée bi-hebdomadaire de 12 semaines) tout continuant les mesures répétées.

Le DECU peut être complexifié en répétant ces 2 phases1, on obtient donc un devis dît ABAB. La phase A peut aussi être différentes pour les participants en fonction d’une répartition aléatoire choisie (ex. 3, 5, 8 semaines) ou de contextes cliniques (ex. Liste d’attente avant d’accéder à un Enseignant en APA). Le DECU peut aussi prendre la forme d’un devis avec changement de critères, ici l’intervention peut être décidée en fonction de l’atteinte ou non d’un critère clinique ou comportemental (ex. Score coupure à un questionnaire, décision clinique, diminution de la consommation de tabac de 30%). Les graphiques sont issus de l’article de Lanovaz1 (en accès libre), si vous souhaitez approfondir la question un livre francophone très pédagogique est en accès libre ici2.

Les études de type DECU sont très développées en psychologie de l’éducation, psychologie clinique, psychologie de la santé, mais aussi en pharmacologie1,2. Dans le domaine de l’activité physique, une revue de littérature est disponible3. Pour ce premier article, nous allons examiner la récente publication australienne, à propos d’une étude cas4. Les auteurs présentent une intervention d’auto-gestion visant l’atteinte d’une pratique régulière de course à pied chez un homme de 44 ans réalisant 3 à 4 marches de hebdomadaires. C’est une étude à DECU avec changement de critères.

L’objectif était triple: réussir à courir, en groupe, sans se blesser. L’intervention d’auto-gestion consistait en des rencontres fréquentes avec un conseiller. Les premières séances ciblaient la gestion de l’anxiété “de performance”, puis en une évaluation du comportement actuel, puis enfin à l’établissement d’intervalles d’incrémentation de la distance courue. Si le participant réussissaient à réaliser 20% supplémentaire de la distance initiale durant 4 séances de suites, il pouvait augmenter à nouveaux de 20%. Puis après l’atteinte de 160% de la distance initiale, l’incrémentation était de 60% (et un critère de rythme supplémentaire était utilisé) et le participant devait réussir à identifier des personnes de son entourage pour l’accompagner. L’analyse des effets de l’intervention est graphique, on s’aperçoit que le participant réussit parfaitement l’atteinte du critère de changement pour la distance mais non pour le rythme4.

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De nombreux facteurs extérieurs pourraient influencer le comportement du sujet (saison, température). L’intervention pourrait aussi être plus aisément décrite afin de faciliter la reproductibilité. Cependant, cela reste une bonne introduction au DECU. Une méthode plus sophistiquée et une exploration de la reproductibilité avec d’autres cas pourrait être une méthode solide pour tester des hypothèses dans le cadre d’un mémoire de Maîtrise APA/kinésiologie ou chez des cliniciens qui se posent des questions.

  • 1- Lanovaz, M. J. (2013). L’Utilisation de devis expérimentaux à cas unique en psychoéducation. Revue de psychoéducation, 42(1), 161. https://doi.org/10.7202/1061728ar
  • 2- Genoud, P. a, & Reicherts, M. (2016). L’Analyse Du Cas Singulier Dans La Pratique Et La Recherche Psychosociales. Zks-Verlag.
  • 3- Haegele, J. A., & Hodge, S. R. (2015). The Applied Behavior Analysis Research Paradigm and Single-Subject Designs in Adapted Physical Activity Research. Adapted Physical Activity Quarterly: APAQ, 32(4), 285–301. https://doi.org/10.1123/APAQ.2014-0211
  • 4- Furlonger, B., Kiley, S., Moore, D., Busacca, M., & Chittleborough, P. (2018). Using a single-case experimental design to evaluate a cognitive-behavioural self-management counselling intervention. Asia Pacific Journal of Counselling and Psychotherapy, 9(1), 46–60. https://doi.org/10.1080/21507686.2017.1411375

L’activité physique lorsqu’on initie un traitement antidépresseur chez des adultes avec un diagnostic de dépression majeure

13/09/2019

Une récente étude1 a examiné l’activité physique (AP) auto-rapportée, avant et pendant un traitement MV5BNWQ5NDYxNjYtODc4Ni00NmIyLWEyMGYtNGM0N2ZmYjgzYTliXkEyXkFqcGdeQXVyNTg0MzU3NjM@._V1_UY1200_CR90,0,630,1200_AL_antidépresseur (Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) chez 100 adultes ayant reçu un diagnostic de dépression majeure. Plus précisément, les chercheurs voulaient savoir si les répondeurs au traitement (diminution de 50 % du score à une échelle validée) augmentaient leur AP.

Les résultats suggèrent que les répondeurs augmentaient significativement leur moyenne hebdomadaire d’AP d’intensité modérée à élevée. Ensuite, l’AP avait tendance à diminuer légèrement. Environ 30% des participants avaient un niveau d’AP équivalent au recommandations.

Cette étude est la première à réellement questionner le rôle de l’AP comme un indicateur de réponse au traitement par antidépresseur. Il y a toutefois trois limites importantes : la mesure de l’AP auto-rapportée (environ 150 minutes AP d’intensité modérée à élevée), les résultats ne sont généralisables qu’à un seul psychotrope et la taille de l’échantillon reste modeste.

Pour les lecteurs qui s’intéressent au lien entre psychotropes et AP, voir les précédents articles du blogue (ici & ) ou la publication suivante2.Capture du 2019-09-13 12-32-32

1. Yun, L. et al. Are early increases in physical activity a behavioral marker for successful antidepressant treatment? J. Affect. Disord. 260, 287–291 (2020).

2. Bernard & Carayol, M. A commentary on the importance of controlling for medication use within trials on the effects of exercise on depression and anxiety. Ment. Health Phys. Act. 9, 10–15 (2015).

Existe-t-il une relation entre le nombre de visites chez le médecin et l’activité physique ?

30/08/2019

MV5BMGQzNjhkOWYtMTUwNC00OWI0LTkwNjctMjZiNjEwN2QxZTE3XkEyXkFqcGdeQXVyMTk1NzUwMA@@._V1_Une équipe composée d’économistes1 a utilisé les données longitudinales d’une cohorte anglaise pour tenter de réponse à cette question (>10000 personnes). Les adultes rapportaient le nombre de visites chez les médecins de famille sur les 12 derniers mois (excluant celles à l’hôpital), puis chaque année ils décrivaient la fréquence où ils pratiquaient un sport, de la natation ou de la marche.

Les analyses statistiques sont un peu obscures mais elles semblent être ajustées pour des facteurs confondants classiques (age, tabagisme, maladie chronique….).

Les auteurs ont identifié une association négative et non linéaire. Une visite supplémentaire chez le médecin était associée à une diminution de 0,5 point de la probabilité de réaliser une activité physique (vigoureuse) au moins une fois par semaine. Ces résultats restent quasiment identiques lorsqu’on découpe l’échantillon par classe d’âge ou pour d’autres intensités d’activité physique.

Les résultats sont peu interprétés dans l’article. On pourrait expliquer cela par le peu d’appétence des médecins à promouvoir l’activité physique, leur manque de formation, de temps…. Peut-être que mettre le médecin au comme acteur majeur de la promotion de l’activité physique ne pourrait pas être une bonne solution (ex programmes Sport-santé…..)1-s2.0-S1570677X16301204-gr2

1. Fichera, E., Emsley, R. & Sutton, M. Is treatment “intensity” associated with healthier lifestyle choices? An application of the dose response function. Econ. Hum. Biol. 23, 149–163 (2016).

Effets des interventions d’exercice physique sur le sommeil chez des adultes (ayant été) traités pour un cancer

27/08/2019

imagesLa revue Journal of Psychosomatic Research1 (accès libre) publie ce mois-ci un travail collectif qui aura duré plus de trois années. En effet, avec la collaboration étroite de J. Savard (U. Laval, Canada) et de L.M Buffart (U Amsterdam, Pays-Bas), nous avons utilisé les données disponibles dans la littérature scientifique et les données ‘brutes’ de 17 essais cliniques [c-à-d que les chercheurs ont partagé leurs données, une fois l’étude terminée, >2100 patients].

  • Notre objectif était double : Les interventions d’exercice physique sont-elles associées à une diminution des troubles du sommeil et une amélioration de la qualité du sommeil ? Quels sont les caractéristiques démographiques, cliniques ou liés à l’intervention qui pourraient être associés à de meilleurs résultats ?

Lorsque l’on rassemble la totalité des données disponibles dans la littérature (27 & 17 études) ayant respectivement une mesure de trouble du sommeil ou de qualité du sommeil, les analyses statistiques corrigées, nous permettent de montrer une diminution légère des troubles du sommeil à la suite d’une intervention d’exercice physique. En revanche, aucun effet n’est constaté sur la qualité du sommeil.

Les données partagées des chercheurs nous permettaient d’explorer les caractéristiques des participants ou des programmes d’exercice physique. En voici quelques un : âge, sexe, type de cancer, présence de métastases, type de traitement [ex. chirurgie], durée de l’intervention, fréquence, intensité…. Bilan, aucun des facteurs testés n’était associé à moins de trouble du sommeil. Pour la qualité du sommeil, nous avons uniquement testé la présence initiale d’un trouble de sommeil avant l’intervention, sans résultat.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ces résultats. Tout d’abord, les deux variables d’intérêt étaient uniquement auto-rapportées dont une avec un seul item. L’effet statistique significatif demeure faible, on peut se demander alors si les bénéfices ‘théoriques’ ont vraiment une réalité clinique pour les participants. Enfin, il y a beaucoup de facteurs spécifiques aux types de cancer qui pourraient entre en jeu. Par exemple, la prévalence des bouffées de chaleur nocturnes chez les femmes traitées pour un cancer du sein, nous en savons peu sur l’impact de l’exercice sur ce symptôme.

Capture du 2019-08-27 10-09-27À ce jour, le traitement basé sur des données probantes qui aide le plus les adultes aux prises avec des troubles du sommeil en contexte oncologique reste la thérapie cognitive et comportementale centrée sur l’insomnie (TCC-I). D’ailleurs une récente étude menée par J.Savard a comparé la TCC-I avec un programme d’exercice semi-supervisé2. La question des chercheurs n’était pas d’identifier la meilleure intervention mais plus tôt de savoir si les deux traitements pouvaient être considérés comme équivalents. Les résultats suggéraient que les deux interventions ont un effet sur la diminution des troubles. Cependant, à court terme la TCC-I était supérieure à court terme mais les deux traitements avaient le même effet à moyen terme.

Si vous souhaitez approfondir la question :

  • Bernard P, Ivers H, Savard M-H, Savard J. Temporal relationships between sleep and physical activity among breast cancer patients with insomnia. Health Psychol. 2016;35(12):1307-1315. doi:10.1037/hea0000408
  • Mercier J, Savard J, Bernard P. Exercise interventions to improve sleep in cancer patients: A systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews. 2017;36(Supplement C):43-56. doi:10.1016/j.smrv.2016.11.001

 

1. Bernard, P. et al. Effects and moderators of exercise on sleep in adults with cancer: Individual patient data and aggregated meta-analyses. J. Psychosom. Res. 124, 109746 (2019).

2. Mercier, J., Ivers, H. & Savard, J. A non-inferiority randomized controlled trial comparing a home-based aerobic exercise program to a self-administered cognitive-behavioral therapy for insomnia in cancer patients. Sleep 41, (2018).

Et si le nudging ne fonctionnait pas si bien (dans les escaliers) ?

14/08/2019

179608.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxDeux articles du blogues abordaient en 2017 l’utilisation de signaux (pas de couleurs collés au sol et ou affiches présentant des slogans) (ici & ) afin d’augmenter la fréquence d’utilisation des escaliers dans des entreprises ou bouches de métro. Ces interventions sont souvent présentées comme des interventions de « nudging », manipulation douce.

Ces précédentes études avaient des résultats mitigés sur l’augmentation de la fréquence des escaliers, voir aussi l’article du Monde sur cette question (plus bas).

Un article paru cet été (1) rapporte les résultats d’une étude examinant l’effet d’affiches placées avant une série d’escaliers ou d’escaliers mécaniques dans l’aéroport de San-Diego. Les auteurs s’interrogent sur le fait que peu de précédentes études ont comparé les effets des affiches sur la fréquence de montées d’escalier mécaniques ou non et le fait d’être passif ou actif dans l’escalier mécanique.

Ils ont alors filmé les utilisateurs durant 20 jours (10 jours avec puis 10 jours sans affiches). Les assistants de recherche codaient le genre, l’heure, la forme du corps, les chaussures, l’importance et le nombre de bagages, les vêtements portés et le besoin apparent d’escalier mécanique (ex. mobilité réduite) chez plus de 13500 voyageurs. Ces informations permettaient d’ajuster les modèles statistiques.

  • Les affiches faisaient passer la fréquence de l’utilisation des escaliers de 3,6 % à 6,9 % (un peu plus du double, 115 % dans le modèle de regression).
  • En revanche, la fréquence de montée des escaliers mécaniques passaient de 20,4 % à 18,5 % (soit 10 % de baisse) pendant l’intervention.
  • Lorsque les chercheurs rassemblait la fréquence des personnes montant activement les escaliers (mécaniques ou non) versus la fréquence de montée d’escalier passives, l’intervention entraînait une augmentation de 13 %.

Les auteurs montrent l’utilisation d’affiches augmentent la fréquence de montée d’escaliers et diminuent la fréquence d’utilisation passive ou active d’escaliers mécaniques. Ils suggèrent que les personnes qui utilisent les escaliers pourraient être celles qui gravissent déjà les escaliers mécaniques activement. Ainsi, les effets bénéfiques de type nudging des précédentes études comparant la fréquence d’utilisation d’escaliers et d’escaliers mécaniques pourraient être surévalués selon eux.

Pour les lecteurs qui souhaitent réfléchir sur l’utilisation, la médiatisation croissante du nudge en santé, je conseille la lecture de l’ouvrage collectif : Le biais comportementaliste aux éditions SciencesPo ou encore de visiter le site dédié au livre.

Arrêtons de ne penser qu’à l’exercice physique et au sport.

12/07/2019

Plus de 15000 participants d’Aberta (35-69 ans, Canada) ont répondu au questionnaire PYTAQ [Past Year Total Physical Activity Questionnaire] (en 2001) (Csizmadi, Lo Siou, Friedenreich, Owen, & Robson, 2011) qui permet de caractériser l’activité physique réalisée sur les 12 derniers mois ainsi que la dépense énergétique en fonction d’un compendium.

Le graphique ci-dessous représente les domaines d’activité physique en fonction d’une classification allant d’inactif à très actif en fonction du sexe. Les chercheurs ont représenté les domaines les plus saillants par catégories.

Chez les hommes, la sédentarité est très déterminée par le travail. On peut aussi remarquer que les tâches ménagères représentent (malheureusement) une part importante de l’activité physique chez les répondantes. Parmi les plus actif.ve.s, on peut aussi bien déterminer le rôle de l’activité physique au travail. Les regard les plus aiguisés auront remarqué l’absence du transport actif, je cite “Transportation-related energy expenditure was negligible (less than 0.5% of TEE) in both genders regardless of activity level”. Cela peut s’expliquer par le lieu et les température, en effet, l’Alberta n’est pas réellement le paradis du vélo (même si Calgary a organisé le congrès du vélo d’hiver en 2019).

Cet article illustre l’obligation que nous avons de conceptualiser l’activité physique dans ce multiples dimensions afin d’aider les personnes à être plus actives dans différents domaines et de développer des interventions/politiques plus nuancées.

Voir aussi l’article d’Omourou présenté dans le blogue en 2016

Csizmadi, I., Lo Siou, G., Friedenreich, C. M., Owen, N., & Robson, P. J. (2011). Hours spent and energy expended in physical activity domains: Results from The Tomorrow Projectcohort in Alberta, Canada. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 8(1), 110. https://doi.org/10.1186/1479-5868-8-110

L’insécurité (perçue) est-elle reliée à l’activité physique ?

08/06/2019

Lors d’une collaboration sur étude examinant les liens entre activité physique et caractéristiques perçus du quartier d’habitation chez des adultes aux prises avec un trouble de santé mental sévère, j’ai pour la première fois pris conscience du possible impact de l’insécurité sur les habitudes d’activité physique (Vancampfort et al., 2013). Récemment, une revue systématique et méta-analyse a été publiée sur cette question par une équipe de recherche américaine (Rees-Punia, 2018).

Ils ont identifié 15 études examinant les liens entre activité physique et insécurité perçue et 4 où l’insécurité était caractérisée sur la base d’un indicateur « objectif ». La moitié des études incluaient des participants d’un seul morpho-type (hispanique, afro-américian, européen), 3 des enfants et 4 étaient réalisées dans des pays en développement. La totalité de celles-ci avaient un devis transversal.

Les résultats de analyses statistiques suggèrent que percevoir son lieu de vie comme sécure est associé en moyenne à 27% de plus d’activité physique. Plus les participants vivaient dans un environnement objectivement insécure, moins ils rapportaient être actif (environ 28%).

Les auteurs ont exploré si le pays de l’étude, la méthode de mesure de l’activité physique ou de l’insécurité ou encore l’âge des participants modéraient les résultats. Mais aucun modérateur n’était significativement associé.

Dans la discussion les auteurs soulignent qu’à leur connaissance une seule étude longitudinale a été publiée. Ses auteurs concluaient que les participants augmentaient d’environ 10 min de marche hebdomadaire lorsqu’ils percevaient leur environnement comme plus sécure (Foster, Knuiman, Hooper, Christian, & Giles-Corti, 2014).

Cette article illustre bien comment la promotion de l’activité physique repose aussi sur les politiques publiques et l’urbanisme. Il y peut être aussi un effet négatif du journal de TF1 ou de certaines émissions apeurantes sur l’activité physique des auditeurs. Si vous regardez les graphique ci dessous, il se pourrait que l’insécurité objective et perçue soient relativement découplées.

  • Foster, S., Knuiman, M., Hooper, P., Christian, H., & Giles-Corti, B. (2014). Do changes in residents’ fear of crime impact their walking? Longitudinal results from RESIDE. Preventive Medicine, 62, 161–166. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2014.02.011
  • Rees-Punia, E. (2018). Crime, perceived safety, and physical activity: A meta-analysis. Preventive Medicine, 111, 307–313. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2017.11.017
  • Vancampfort, D., De Hert, M., De Herdt, A., Vanden Bosch, K., Soundy, A., Bernard, P. P., … Probst, M. (2013). Associations between physical activity and the built environment in patients with schizophrenia: a multi-centre study. General Hospital Psychiatry, 35(6), 653–658. https://doi.org/10.1016/j.genhosppsych.2013.07.004

Les populations sont plus actives dans les pays égalitaires

18/05/2019

Un article de Nature (Althoff et al. 2017) utilisait des données issues d’une application comptabilisant le nombre de pas quotidien chez plus de 700000 personnes issues de plus de 46 pays différents, dont 90 % étaient des pays développés économiquement. Ils ont « croisé » ces données avec l’indice de Gini. Selon Wikipédia, « Ce coefficient est utilisé pour mesurer l’inégalité des revenus dans un pays. … Le coefficient de Gini est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l’égalité parfaite et 1 signifie une inégalité parfaite (une seule personne dispose de tous les revenus et toutes les autres n’ont aucun revenu).                                                                                                     Capture du 2019-05-18 19-03-10

Dans les pays où les inégalités sont plus fortes, les personnes réalisaient un nombre de pas quotidiens plus faibles. Plus le niveau d’inégalité semblait important et plus les femmes réalisaient encore d’activité physique que les hommes. Autrement dit, l’inégalité au sein d’un pays affecte négativement encore plus l’activité physique des femmes.

Lorsque les chercheurs comparaient la contribution des inégalités et de l’activité physique sur la prévalence d’obésité, ces deux facteurs étaient associés mais le niveau d’inégalité avait une force explicative plus importante.

Capture du 2019-05-18 19-03-29L’équipe de chercheur portait aussi son intérêt sur le rôle de la « facilité à marcher » (walkability) au sein de 69 villes américaines et leur lien avec les inégalités et le nombre de pas. Un niveau de « facilité à marcher » élevé était retrouvé dans les villes les plus égalitaires, et nécessairement le nombre de pas était lui aussi plus élevé.

Cette étude de grande qualité souligne le lien ténu entre égalité au sein d’un pays et activité physique mais rappelle aussi que les efforts pourraient plus fournis pour réduire les inégalités (versus augmenter l’activité physique) afin de diminuer la prévalence de l’obésité. Elle met en exergue la place de l’urbanisme dans la lutte contre les conséquences des inégalités et l’inactivité physique.

l-egalite-c-est-la-sante-et-l-amour-aussiPour les lecteurs qui veulent approfondir la question, deux conseils de lecture : 1) le livre de Kate Pickett, Richard Wilkinson traduit en France et au Québec sous les titres : Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous (Éditions les petits matins),  L’égalité, c’est mieux (Ecosociété)

Pour les lecteurs qui veulent quelque chose de facile à lire : L’égalité c’est la santé (Fakir éditions ), un entretien entre Wilkinson l’auteur du livre précédent et Francois Ruffin

Althoff, T., Sosič, R., Hicks, J. L., King, A. C., Delp, S. L., & Leskovec, J. (2017). Large-scale physical activity data reveal worldwide activity inequality. Nature, 547(7663), 336–339. https://doi.org/10.1038/nature23018 

Le changement de comportement dans le domaine de l’activité physique, juste une question de motivation ?

05/05/2019

Le 3 Mai dernier, j’ai eu le plaisir de pouvoir présenter des pistes d’amélioration de l’accompagnement des personnes qui font appel à un kinésiologue. Durant quarante minutes, j’ai tenté de défendre les 4 idées suivantes.

  • LES versus L’ activité(s) physique(s) : pour mieux conseiller : penser les activités physiques dans leurs diversités afin de pouvoir identifier des solutions personnalisées
  • Facteurs psychologiques du changement de comportement sont pluriels et imbriqués dans un environnement et des règles : la psychologie de la santé progresse pour aider les cliniciens, mais les facteurs psychologiques connus sont influencés par la perception de l’environnement physique et social et les lois/réglementations
  • S’initier à l’AP ou rester actif repose sur des facteurs psychologiques à différencier : on ne conseille pas une personne de la même manière en fonction de son rapport avec l’activité physique
  • Qualité de la relation avec un usager, une obligation : comprendre comment la perception des personnes, la perception des kinésiologues peut influencer la participation.

 

  • Baillot, A., Baillargeon, J.-P., Paré, A., Poder, T. G., Brown, C., & Langlois, M.-F. (2018). Physical activity assessment and counseling in Quebec family medicine groups. Canadian Family Physician Medecin De Famille Canadien, 64(5), e234–e241.

  • Dale, L. P., LeBlanc, A. G., Orr, K., Berry, T., Deshpande, S., Latimer-Cheung, A. E., … Faulkner, G. (2016). Canadian physical activity guidelines for adults: are Canadians aware? Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 41(9), 1008–1011.
  • Dombrowski, S. U., O’Carroll, R. E., & Williams, B. (2016). Form of delivery as a key ‘active ingredient’ in behaviour change interventions. British Journal of Health Psychology, 21(4), 733–740.
  • Gourlan, M., Bernard, P., Bortolon, C., Romain, A. J., Lareyre, O., Carayol, M., … Boiché, J. (2016). Efficacy of theory-based interventions to promote physical activity. A meta-analysis of randomised controlled trials. Health Psychology Review, 10(1), 50–66.
  • Kelly, M. P., & Barker, M. (2016). Why is changing health-related behaviour so difficult? Public Health, 136, 109–116.
  • Michie, S., van Stralen, M. M., & West, R. (2011). The behaviour change wheel: A new method for characterising and designing behaviour change interventions. Implementation Science, 6(1), 42.
  • Rhodes, R. E., & Quinlan, A. (2015). Predictors of Physical Activity Change Among Adults Using Observational Designs. Sports Medicine, 45(3), 423–441.
  • Romain, Ahmed Jerome, & Bernard, P. (2018). Chapter 10 – Behavioral and Psychological Approaches in Exercise-Based Interventions in Severe Mental Illness. In B. Stubbs & S. Rosenbaum (Eds.), Exercise-Based Interventions for Mental Illness
  • Romain, Ahmed Jerôme, Bortolon, C., Gourlan, M., Carayol, M., Decker, E., Lareyre, O., … Bernard, P. (2018). Matched or nonmatched interventions based on the transtheoretical model to promote physical activity. A meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Sport and Health Science, 7(1), 50–57.

Livre: Activités physiques en santé mentale

27/04/2019

9782100789399-001-XLes éditions Dunod ont récemment fait paraître : Activités physiques en santé mentale. Dirigé par Fayollet, Kern, Thevenon, il dresse un état des connaissances scientifiques et pratiques sur cette question. Les chapitres présentent tour à tour un résumé d’études scientifiques à propos des effets de l’activité physique chez les personnes aux prises avec un trouble mental, et des expériences cliniques en lien avec un établissement de psychiatrie ou une pratique physique spécifique (ex. le yoga).

L’introduction historique à propos des relations entre activité physique et psychiatrie est plus que la bienvenue, tant les écrits à ce propos sont rares et éparpillés. Les lecteurs pourront découvrir les initiatives locales de développement de l’activité physique au sein d’institutions prenant pied dans la psychiatrie institutionnelle. Mais aussi comprendre l’origine de la « fausse » dichotomie santé psychique/santé mentale (qui perdure encore trop aujourd’hui 1) ainsi que la développement des fédérations et enseignants en Activités Physiques Adaptées (APA) en psychiatrie. L’auteure rappelle l’existence d’un livre ayant forgé mon intérêt pour la psychiatrie, indisponible à ce jour (Corps et psychiatrie, psychopédagogies des activités physiques et sportives). Ce chapitre jette les bases des suivants, notamment celui du Pr Saravane à propos des effets de l’activité physique sur la réduction des comorbidités somatiques en psychiatrie.

Un chapitre aborde la question du plaisir en activité physique et sportive sur la base des travaux d’Ekkekakis. C’est, à ma connaissance, un des premiers écrit francophone qui aborde cette question et qui souligne clairement l’intérêt de penser à l’amélioration des affects positifs durant la pratique et l’encadrement d’APA. Les enseignants en APA ont majoritairement tendance à inclure cette question dans leur pratique clinique, mais ce chapitre leur permettra de mieux comprendre les mécanismes psycho-physiologiques sous-jacents.

Le chapitre dédié à la question des effets de l’activité physique sur les symptômes de personnes aux prises avec un trouble dépressif majeur est bien documenté, précis et repose sur des données probantes solides. Il est à lire absolument pour qui veut découvrir un résumé des travaux scientifiques sur cette question.

Le livre apparaît comme une bonne introduction à la question de l’activité physique en psychiatrie, à destination des étudiants de licence (baccalauréat au Québec) ou des Enseignants en Activité Physique Adaptée (Kinésiologues au Québec) souhaitant découvrir de nouvelles perspectives. A ce propos, les enseignants en APA (formation en STAPS) sont cités à plusieurs reprises, leurs missions et leur communication avec les autres professionnels contextualisées. Cela a un vif intérêt pour faciliter la compréhension de l’implémentation des données probantes en contexte psychiatrique.

Merci à Somabec pour m’avoir fait connaître cet ouvrage et me l’avoir envoyé.

1 Romain & Bernard (2017). Élargir les soins somatiques en psychiatrie à la prévention. L’Encéphale.

« Activité physique verte » ou le Green exercise

11/04/2019

9781138807655Un article pour donner un avis sur le livre Green exercise : linking nature, health and well-being1. Cet ouvrage aborde différentes facettes d’études qui portent sur les liens entre l’exercice ou l’activité physique (AP) verte et la santé.

C’est une première pour le blogue d’aborder un livre complet dans un article. Les douze chapitres traitent : des relations entre environnement physique vert et santé, les effets de la pratique d’AP en contexte naturel chez les adultes, enfants et personnes vulnérables, des théories sous-jacentes, des effets des bains de forêts et des bénéfices des interventions en milieu naturel sauvage ou à la ferme. Les chapitres sont rédigés par différents auteurs et le livre est coordonné par des membres de l’équipe du laboratoire Green Exercise de l’Université d’Essex.

Mon niveau d’attente était élevé avant la lecture car je croise beaucoup d’étudiants ou de professionnels qui décrivent des effets positifs et intrinsèques d’interventions d’AP en milieu naturel ou de séjours de plusieurs jours en vélo de montagne ou en randonnée pédestre. Globalement, le livre est très hétérogène en terme de qualité scientifique avec des certains chapitres qui frisent la pseudoscience.

Une des théories sous-jacente souvent décrite pour étayer l’AP verte (AP réalisée en environnement naturel) est celle de la biophilie, c’est à dire l’Homme serait plus enclin à évoluer dans un environnement non-humain car le cote-opale-randonneecorps, l’état mental et les sens se seraient au cours de l’évolution dans un contexte de pression de l’environnement naturel2. La seconde théorie la plus citée est la Théorie de la Restauration de l’Attention  qui stipule qu’ « être psychologiquement dans un environnement tranquille ou reconstituant permet aux individus de prendre du répit de leurs périodes d’attention soutenue, qui caractérise la vie moderne ». Les auteurs ont proposé que « le rétablissement d’une surcharge cognitive puisse être atteint plus efficacement en renouant avec un environnement naturel fortifiant, qui s’éloigne des distractions quotidiennes et permet à l’imagination de s’égarer, et donc permettre aux individus de renouer avec leurs environnements ».

Globalement, les études qui examinent les effets de l’AP verte peuvent être classées en 3 catégories:

  • comparaison des effets de l’AP réalisée à l’intérieur versus l’extérieur,
  • comparaison des effets de l’AP réalisée dans un environnement battit versus à l’extérieur et
  • utilisation de laboratoires d’exercice physique pour examiner l’importante de l’information visuelle liée à l’environnement naturel pendant l’entraînement.

Dans ces 3 catégories les bénéfices psychologiques semblent supérieurs en milieu naturel ou lorsque les participants visionnent des images naturelles ou avec un filtre vert. Les doses d’AP vertes associées à des bénéfices semblent similaires à ceux réalisées dans d’autres contextes (voir l’article du blogue sur cette question). Les bénéfices psychologiques pourraient être majorés si l’on demande aux participants de se concentrer sur leur sens et leur imaginaire durant la pratique d’AP verte.

Pour les enfants, les auteurs suggèrent que l’AP verte a des avantages supérieurs sur plusieurs points : facilite la pratique des filles, des enfants en surcharge pondérale et demeure perçue comme plus attrayante par les enfants.

Un chapitre aborde l’idée de l’AP bleue, c’est à dire l’AP réalisée entreprise aux abords des lacs, des rivières, des canaux et des côtes. L’état des connaissances est peu avancé, les auteurs soulignent que les personnes qui vivent aux alentours d’un espace liquide réalise plus d’activité physique hebdomadaire en moyenne.

Enfin, le chapitre à propos des soins verts (green care) s’avère intéressant sur les types d’interventions présentés comme l’horticulture ou le soins des animaux, notamment quelques essais cliniques sont présentés. Le chapitre propose une bonne discussion à propos des méthodes à développer pour évaluer ce type d’intervention.

  • 1. Bragg, R. & Wood, C. Green Exercise. (Routledge, 2016).
  • 2. Wilson, E. O. Biophilia: the human bond with other species. (Harvard Univ. Press, 1984).

Une journée à l’ACFAS – L’activité physique : une stratégie de promotion et de gestion de la santé mentale (30 mai 2019)

03/04/2019

Membre de l’équipe organisationnelle, je présente la journée du 30 Mai à l’ACFAS (Gatineau) : « L’activité physique : une stratégie de promotion et de gestion de la santé mentale ». Cette journée est reconnue comme formation continue par la Fédération des Kinésiologues du Québec. Ci-dessous, voici le programme qui donnera la parole à des chercheurs, des étudiants des cycles supérieurs et des kinésiologues. Jusqu’au 28 avril, l’inscription est au prix de 190$ pour les non membres de l’ACFAS (toutes les infos ici). Si vous avez des questions : apsantementale@gmail.com, nous sommes aussi joignables par le site de la journée. N’hésitez pas à partager l’information sur les réseaux. Si vous faîtes le déplacement à Gatineau, le lendemain une journée dédiée à l’Activité physique et obésité19 03 17 ROQUETOIRE 13 km (31)a est aussi organisée.

 

  • 09 h 00 Mot de bienvenue
  • 09 h 15 La consommation de psychotropes est-elle associée à une plus faible activité physique ? Analyse de l’Enquête Canadienne sur les Mesures de la Santé. Samuel St-Amour (UQAM – Université du Québec à Montréal
  • 09 h 30- Passer une bonne nuit est-il associé à plus d’activité physique le lendemain ? Une revue systématique de la littérature et méta-analyse. Sarah Atoui (UQAM – Université du Québec à Montréal)
  • 09 h 45- Évolution des perceptions du soi physique lors d’un programme intégré et voilé du l’obésité et des ACAI en contexte scolaire. Vincent Lemieux (UQTR – Université du Québec à Trois-Rivières)

Pause

  • 10 h 00- Associations transversales entre l’activité physique de loisir et le stress au travail chez les travailleurs Canadiens. Jean-Philippe Lachance (UQAM – Université du Québec à Montréal)
  • 10 h 30- L’entraîneur de hockey : un acteur potentiel en promotion de la santé mentale? Lilian Guicherd-Callin (UdeS – Université de Sherbrooke)
  • 10 h 40- Troubles du comportement alimentaire chez le sportif : un défi diagnostique. Marilou OUELLET (UQTR – Université du Québec à Trois-Rivières)
  • 11 h 00- Attitudes et comportements alimentaires inappropriés et activité physique : un duo à connaître pour la promotion du sport et de la santé. Maud BONANSEA (UQTR – Université du Québec à Trois-Rivières)
  • 11 h 15- Intervention de réadaptation en contexte de hockey sur glace : Qu’est-ce qui change sous le casque ? Michel-Alexandre RIOUX (UdeS – Université de Sherbrooke)
  • 11 h 30- Activité physique et santé mentale, une association nécessaire ou nuisible ? Nicolas Moreau (Université d’Ottawa)

Partie 2

  • 99D5FECDFE21428A9FA5AA7DD37CA105
  • 14 h 00- Etats des lieux de l’activité physique dans les troubles psychotiques au Québec. Marianne Champagne (CISSS des Laurentides)
  • 14 h 15- Programme Santé globale, un tremplin vers mon mieux-être : pour un complément thérapeutique de premier choix. Claude-Émilie Lefebvre (CIUSSS de la Capitale-Nationale)
  • 14 h 30- LES PERCEPTIONS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE DES AÎNÉS EN HLM RECOUPENT SIX DIMENSIONS DU BIEN-ÊTRE, MAIS AUSSI LE MAL ÊTRE. Kadia Saint-Onge (UQAM – Université du Québec à Montréal)
  • 14 h 45- Effets et modérateurs de l’exercice physique sur le sommeil d’adultes touchés par un cancer : une méta-analyse sur données individuelles. Paquito BERNARD (UQAM – Université du Québec à Montréal)
  • 15 h 00- Activité physique et cancer : des bienfaits pour la santé mentale? Isabelle DORÉ (UdeM – Université de Montréal)
  • 15 h 15-Programme d’activité physique basé sur les préférences d’adultes ayant des troubles psychotiques: étude de faisabilité. Eve Dubois (UdeM – Université de Montréal)

16 h 00- Mot de clôture

Lutter contre la discrimination liée au poids chez les étudiants en kinésiologie/STAPS

22/03/2019

276La discrimination (comportement négatif émis à l’encontre des membres d’un groupe social, uniquement sur la base de leur appartenance à un groupe stigmatisé1) perçue liée au poids est associée à de nombreuses conséquences négatives. Par exemple, les personnes obèses sont discriminées dans l’accès à l’emploi, subissent plus de remarques négatives de la part des cliniciens et ont des relations avec leurs proches plus détériorées2. Plus récemment, une étude de cohorte américaine suggère parmi différents types de discrimination (ethnique, sexe), celles liées au poids sont associées longitudinalement à un risque plus élevé de décès précoce3.

301Dans le domaine de l’activité physique ou de l’exercice, une revue de littérature conclue les professionnels de cette branche font état d’attitudes négatives et discrimination à propos des individus qui sont obèses ou en surpoids relativement élevée, que celles-ci soient mesurées directement ou indirectement4. C’est assez problématique car plus le professionnel (kinésiologue ; enseignant en activité physique adaptée) va avoir des attitudes négatives plus la relation avec la ou les personnes obèse(s) risque d’être dégradée et augmenter le risque d’abandon du programme.

Wijayatunga et al.5 ont donc développé une intervention qui visait les étudiants en kinésiologie (STAPS pour les lecteurs français). Dans le groupe intervention, les étudiants étaient exposés à 3 extraits de documentaires (The Weight of nation) qui présentaient les causes « incontrôlables » de l’obésité et des témoignages de personnes obèses décrivant la discrimination au quotidien. Les étudiants devaient aussi jouer des scenarios qui présentaient un style de communication négatif entre un professionnel et un patient dus aux attitudes négatives du professionnels. Au total, l’intervention représentait 80 minutes. Elle était associée à une diminution significative des attitudes négatives mesurées par questionnaire à court et moyen terme, mais n’influençait pas les attitudes implicites (mesurée par une tâche sur ordinateur voir exemple ici). Cet article illustre un point qui devrait être présentés par les formateurs à l’université.

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Pour terminer, si parmi les lecteurs vous recherchez des supports visuels non stigmatisant, l’Université du Connecticut a mis en ligne de nombreuses images et vidéos dont celles présentées dans l’article.

  • 1. Bourguignon, D. & Herman, G. Chapitre 3. Au cœur des groupes de bas statut : la stigmatisation. in Travail, chômage et stigmatisation 99 (De Boeck Supérieur, 2007). doi:10.3917/dbu.herma.2007.01.0099
  • 2. Puhl, R. M. & Heuer, C. A. The Stigma of Obesity: A Review and Update. Obesity 17, 941–964 (2009).
  • 3. Sutin, A. R., Stephan, Y. & Terracciano, A. Weight Discrimination and Risk of Mortality. Psychol Sci 26, 1803–1811 (2015).
  • 4. Panza, G. A. et al. Weight bias among exercise and nutrition professionals: a systematic review. Obes Rev 19, 1492–1503 (2018).
  • 5. Wijayatunga, N. N., Kim, Y., Butsch, W. S. & Dhurandhar, E. J. The effects of a teaching intervention on weight bias among kinesiology undergraduate students. International Journal of Obesity (2019). doi:10.1038/s41366-019-0325-0

Faire de l’activité physique augmente le risque d’attaque de panique ?

06/03/2019

A plusieurs reprise lors de présentations formelles de l’état de la littérature à propos des effets connus de l’activité physique chez les adultes aux prises avec un trouble mental sévère, des cliniciens m’ont posé la question ci dessus. Elle concerne les adultes touchés par un trouble panique : « Le trouble panique est caractérisé par une préoccupation persistante ou des changements de comportements en lien avec la survenue récurrente d’attaques de panique inattendues, c’est-à-dire qui se produisent sans cause évidente ou déclencheur. Elles peuvent survenir par exemple lorsque la personne se détend ou dort. » (plus de détails ici).MV5BNTg5NzFlZTgtN2RkZi00Y2QzLWE2YjItZWQ4NjYxYWVjMDM5XkEyXkFqcGdeQXVyMTY0NzA3Mg@@._V1_

Une réponse sérieuse a été apportée en 20001. Les auteurs expliquent que cette croyance soit répandue sur la base d’une étude plus ancienne où l’auteur concluait à un lien entre augmentation de la concentration en acide lactique et déclenchement d’attaque de panique : “The characteristic anxiety symptoms were often evoked by the exercise and appeared to be concomitant with the extremely rapid rise of blood lactic acid2. O’Connor et al. présentent aussi des investigations plus anciennes allant dans ce sens. Ils ajoutent que ces résultats ont été plus tard renforcé par la publication de cas d’athlètes ayant rapporté avoir eu une crise durant un entraînement ou une compétition3.

Afin de pouvoir élaborer une réponse à cette questions, O’Connor et al. ont réalisé une revue systématique de la littérature1. Ils rapportent que parmi plus de 695 tests d’efforts réalisés chez 660 adultes (1944-1980) ayant un diagnostic ressemblant à un trouble panique, aucune crise n’a été identifiée. Entre 1980 et 1998, 5 attaques sur 444 tests menés ont recensés. Enfin, une étude qui suivait des adultes en milieu ouvert, n’a identifié qu’un seul cas sur 91 associant clairement l’activité physique et le déclenchement d’une crise de panique.

Sur la base de cette étude, on peut raisonnablement penser que réaliser une séance d’activité physique d’intensité modérée à élevée n’augmente pas le risque de déclencher une attaque de panique chez des adultes.

1. O’connor, P. J., Smith, J. C. & Morgan, W. P. Physical activity does not provoke panic attacks in patients with panic disorder: A review of the evidence. Anxiety, Stress, & Coping 13, 333–353 (2000).

2. Pitts, F. N. & McClure, J. N. Lactate Metabolism in Anxiety Neurosis. New England Journal of Medicine 277, 1329–1336 (1967).

3. Rubin, A. & Chassay, C. M. When anxiety attacks: treating hyperventilation and panic. Phys Sportsmed 24, 54–65 (1996).

Activité physique, sédentarité et santé mentale des adultes canadiens

25/02/2019

L’étude présentée dans cet article est le fruit d’un travail collectif et d’une première expérience d’analyse de données populationnelle [1]. L’étude a été dirigée par l’auteur du présent blogue. Nous avons utilisé les données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé recueillies par Statistiques Canada. Tous les deux ans depuis 2007, une dizaine de points de collecte sont choisis au Canada afin d’interroger des adultes et enfants sur leur santé et de leur proposer de venir dans un laboratoire mobile afin de réaliser différents tests. Parmi eux, il leur est demandé de porter un accéléromètre durant 7 jours puis de le renvoyer la poste. Nous avons donc accès à des données de grande qualité et représentatives de la population canadienne.

Notre objectif était double : modéliser les relations entre activité physique et santé mentale auto-rapportée et comprendre comment ces relations pouvaient être impactées par la sédentarité. Les détails de l’étude sont présentés dans les diapositives ci-dessous.

Que retenir de nos analyses ?

  • Les associations sont majoritairement non-linéaires, la sédentarité influence les relations activité physique – santé mentale.
  • Pour une meilleure perception de la santé mentale chez les adultes canadiens
  • Toutes les minutes d’AP modérée/vigoureuse comptent jusque 50 min/jr
  • Chaque pas compte avec des « bénéfices » supérieurs à 5000/jr
  • Mêler AP légère et modérée/vigoureuse semble être associé à + de bénéfices

La limite majeure de notre étude est le devis transversal, ne permettant pas de d’exclure le biais de causalité inversée. Autrement dit, les messages clés issus de l’étude « vont dans les deux sens » : Bouger plus et s’asseoir moins pour une meilleure santé mentale (Warburton et al. 2016) OU Les adultes rapportant une meilleure santé mentale bougent plus et s’assoient moins.

L’étude a été publiée en anglais et demeure en accès libre.

1. Bernard P, Doré I, Romain A-J, Hains-Monfette G, Kingsbury C, Sabiston C. Dose response association of objective physical activity with mental health in a representative national sample of adults: A cross-sectional study. PLOS ONE. 2018;13: e0204682. doi:10.1371/journal.pone.0204682

 

 

Quelles sont les tendances d’activité physique entre 2001 et 2016 au niveau mondial ?

24/01/2019

La revue Lancet Global Health a publié un article qui sur la base de l’analyse de données de plus de 1,9 millions de personnes pour répondre à cette question (1). Les auteurs ont rassemblé des résultats issus de 358 enquêtes réalisées dans 168 pays, et 37 % des données ont été récoltées par l’organisation mondiale de la santé à l’aide du questionnaire Global Physical Activity Questionnaire (GPAQ).

La lecture du résumé nous apprend que la prévalence mondiale d’inactivité physique (c-a-d par des personnes interrogées rapportant une durée d’AP inférieure aux recommandations) est de 27,5 % en 2016 avec un taux de 31,7 pour les femmes contre 23,4 pour les hommes. Guthold et al. soulignent que ce taux est similaire à celui mesuré en 2001. Les régions géographiques faisant état des plus haut niveaux sont les pays occidentaux, l’Amérique latine et les caraïbes. L’inactivité physique est aussi 2 fois plus élevée dans les pays à haut revenu et progresse majoritairement dans ces pays. Ci-dessous, quelques graphiques de l’article (en accès libre).

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Ces résultats sont assez alarmants si on les confronte aux moyens mis en place pour promouvoir l’AP dans certains pays et si on rappelle l’objectif mondial de diminuer de 10 % la prévalence de l’inactivité physique en 2025 (échec garanti ?).

Comme souvent les commentaires publiés à propos de l’article sont riches de nuances. O’Donovan rappelle que les états d’Amérique Latine, particulièrement la Colombie sont précurseurs de projet de promotion de l’AP dits « de grande échelle », par exemple en fermant des routes tous les dimanches afin de favoriser le transport actif et promouvoir l’AP chez toutes les catégories d’habitant (la photo est éloquente) (2).

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Chaput souligne que le taux d’inactivité physique mesurée par questionnaire sous-estime largement les « dégats » (3). Il rappelle que dans l’Enquête Canadienne de Mesures de Santé, ce taux est de 29 % avec une mesure de l’IPAQ contre 85 % avec une mesure d’accélérométrie.

Le troisième commentaire nuance les résultats en rappelant que les inégalités sociales à une échelle locale ou d’un pays (à haut revenu ou non) modifient clairement les taux d’inactivité physique (4). Par exemple, si le développement économique est associé à plus d’AP dans les pays européens, mais uniquement chez les adultes avec haut niveau d’éducation.

1. Guthold R, Stevens GA, Riley LM, Bull FC. Worldwide trends in insufficient physical activity from 2001 to 2016: a pooled analysis of 358 population-based surveys with 1·9 million participants. The Lancet Global Health. 2018 Oct;6(10):e1077–86.

2. O’Donovan G. Accuracy and inequalities in physical activity research. The Lancet Global Health. 2019 Feb 1;7(2):e186.

3. Chaput J-P. Accuracy and inequalities in physical activity research. The Lancet Global Health. 2019 Feb 1;7(2):e185.

4. Cauwenberg JV, Clercq BD, Deforche B, Cardon G, Chastin SFM. Accuracy and inequalities in physical activity research. The Lancet Global Health. 2019 Feb 1;7(2):e183–4.

Avoir un trouble de santé mental = être moins motivé à l’activité physique ?

17/01/2019

32185530975_9d876f09b9_bDe nombreux articles du blogue traitent de la question des bénéfices de l’activité physique pour améliorer le bien-être psychologique ou diminuer les symptômes spécifiques de troubles mentaux. Pour certaines pathologies, les données probantes indiquent que l’activité physique devrait être recommandée. Or, cette conclusion se heurte à la réalité clinique qui, souvent, nous rappelle que les personnes suivies pour un trouble de santé mentale sont peu enclins à initier un mode de vie plus actifs et moins sédentaire.

Le manque ou l’absence de motivation à l’AP est une barrière récurrente lors d’échanges avec les cliniciens. Il est souvent souligné que les troubles de santé mentaux, troubles de l’humeur ou psychotiques, entraînent par défaut une absence de motivation à l’AP. Cependant, est-ce que cela se vérifie dans la littérature scientifique ?

Nous avons pu examiner la question dans un chapitre paru dans un ouvrage anglophone et la réponse est généralement non (Romain & Bernard, 2018) [téléchargeable sur le blogue]. Lorsqu’on utilise des mesures (par questionnaire) de construits psychologiques connus comme expliquant en partie l’activité physique des adultes, les associations entre ces construits et l’AP demeurent similaires. Autrement dit, il semble que les construits psychologiques liés à l’AP soient les mêmes chez des adultes avec ou sans trouble de santé mentale.

Ces résultats ont été vérifiés par une équipe allemande, qui examinait les liens entres marqueurs motivationnels et AP mesurée par questionnaire ou accéléromètre chez des adultes aux prises avec un trouble mental sévère (Petzold et al., 2017). Le niveau d’auto-efficacité et la capacité à planifier son action était associés positivement l’AP auto-rapportée. Un niveau élevé d’auto-efficacité et d’intention était associé à un niveau plus élevé d’AP mesurée objectivement.

  • Petzold, M. B., Bischoff, S., Rogoll, J., Plag, J., Terán, C., Brand, R., & Ströhle, A. (2017). Physical activity in outpatients with mental disorders: status, measurement and social cognitive determinants of health behavior change. European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, 267(7), 639–650. https://doi.org/10.1007/s00406-017-0772-3
  • Romain, A. J., & Bernard, P. (2018). Behavioral and Psychological Approaches in Exercise-Based Interventions in Severe Mental Illness. In Exercise-Based Interventions for Mental Illness (pp. 187–207). Elsevier. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-812605-9.00010-1

Le football (soccer) est-il associé à une meilleure santé mentale chez les joueurs, les arbitres et les supporters ?

04/01/2019

Une revue de littérature en accès libre tente de répondre à cette question. Les auteurs anglais ont identifié 17 Jean-Marc - Jimmy - ADJOVI-BOCCO Panini RC Lens 1994études (Heun & Pringle, 2018). Ils concluent que la prévalence ou l’incidence de troubles de santé mentale sur les 12 derniers mois est similaire ou légèrement supérieure à celle de la population générale. En revanche, les études chez les joueurs amateurs adolescents ou spectateurs indiquaient que jouer ou regarder du football pourrait être associé à une santé mentale auto-rapportée plus altérée. Les auteurs soulignent aussi l’absence de preuve solide d’effets positifs du football sur la santé mentale lorsque des programmes sont élaborés spécifiquement dans ce but (en ligne avec le précédent article présenté dans le blogue) .

3127817308_1_2_5yoIn02RPour les curieux, la revue de littérature présente des études originales comme l’impact de la coupe du monde sur la santé mentale ou les accueils en urgence, ou encore, l’utilisation du football à des fins d’amélioration des échanges entre communauté au Sierra Leone ou en Australie.

L’étude est assez strict sur ses critères d’inclusion, rendant les conclusions discutables. De plus, les auteurs soulignent que les études sur les troubles de santé mentale utilisaient uniquement des questionnaires génériques. Il y a trop peu d’études disponibles pour se construire un avis solide. Les effets du football sur les spectateurs est peut être aussi trop éphémère pour être capté avec des devis d’étude classiques et ou trop influencé par des biais de rappel.

s-l300Comment auriez-vous jugé votre santé mentale le 12 juillet dernier ? Comment vous sentez-vous lorsque vous vous rappelez que le Racing Club de Lens est descendu en Ligue 2 ?

Heun, R., & Pringle, A. (2018). Football does not improve mental health: a systematic review on football and mental health disorders. Global Psychiatry, 1(1), 25–37. https://doi.org/10.2478/gp-2018-0001

Bénéfices de l’activité physique pour la dysfonction érectile ?

19/12/2018

121255730Il y a 8 ans, la question de la relation entre sexualité et activité physique était abordée sur le blogue. On y déplorait la quasi-absence d’étude sur la dysfonction érectile. La littérature scientifique semble assez mûre pour émettre un avis. Déjà, il était souligné que porter son intérêt sur la sexualité dans le champ de l’activité physique pourrait fournir des arguments de poids aux personnes réticentes à modifier leurs comportements de santé.

La dysfonction érectile est définie comme une « l’incapacité persistante ou récurrente pour un homme à obtenir ou à maintenir une érection suffisante du pénis pour permettre une activité sexuelle »1. La prévalence, tous âges confondus est estimée entre 13 % et 21 % et s’aggrave avec l’avancée en aĝe2. La présence d’une dysfonction va jouer aussi un rôle néfaste important sur la sexualité active des couples hétérosexuels vieillissants. Parmi les facteurs somatiques associés à ce trouble, on retrouve : l’inactivité physique, l’hypertension, le syndrome métabolique et les troubles cardiovasculaires. Ce trouble est généralement quantifié et diagnostiqué à l’aide de l’Index International de Dysfonction Érectile (IIDE).

Deux publications ont examiné l’état de littérature anglophone sur la question des relations entre activité physique et dysfonction érectile.

Une équipe portugaise examinait les essais cliniques proposant un programme d’AP incluant des hommes avec un diagnostic de dysfonction érectile3(accès libre). Un groupe de chercheurs suédois et danois4 a réalisé une revue de la littérature sur la question suivante : quelles sont les recommandations d’activité physique associées à une diminution de la dysfonction érectile chez des hommes inactifs, et ou hypertendus, avec un syndrome métabolique ou un trouble cardiovasculaire avéré.

Quel effet de l’AP sur la dysfonction érectile ?

  • 7 études réalisées sur 3 continents différents ont été identifiées, 478 participants.
  • 3/4 n’étaient pas supervisées, 2/7 groupes contrôles avaient un traitement pharmacologique dédié
  • risque de biais méthodologique modéré à élevé
  • amélioration générale du score d’IIDE de 3.8 points, pas de différence d’efficacité entre les programmes inférieurs ou supérieurs à 6 mois

Quelles sont les recommandations d’activité physique ?

  • 10 études identifiées
  • risque de biais méthodologique modéré à élevé
  • AP aérobie d’intensité modérée à élevée, individualisée selon les préférences des participants
  • Séances supervisées de 40 minutes, 4/semaines durant 6 mois

Avis

Le niveau de preuve des bénéfices de l’AP sur cette question est modéré. Même si la taille de l’effet est intéressante, aucune étude n’a examiné explicitement la modification du diagnostic évalué en aveugle. De plus, les tailles des échantillons sont relativement modestes. Je pense qu’en revanche les professionnels de santé pourraient souligner les possibles bénéfices.

Affaire à suivre

1 McCabe MP, Sharlip ID, Atalla E, et al. Definitions of Sexual Dysfunctions in Women and Men: A Consensus Statement From the Fourth International Consultation on Sexual Medicine 2015. Journal of Sexual Medicine 2016; 13: 135–43.

2 Colson MH, Cuzin B, Faix A, Grellet L, Huyghes E. La dysfonction érectile, une présence active.https://www.em-consulte.com/en/article/1198582.

3 Silva AB, Sousa N, Azevedo LF, Martins C. Physical activity and exercise for erectile dysfunction: systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine 2017; 51: 1419–24.

4 Gerbild H, Larsen CM, Graugaard C, Areskoug Josefsson K. Physical Activity to Improve Erectile Function: A Systematic Review of Intervention Studies. Sexual Medicine 2018; 6: 75–89.

 

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