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L’exercice physique améliore-t-il le sommeil d’adultes traités pour un cancer ? Non, mais…

04/12/2016

Une revue de littérature systématique à paraître dans la revue Sleep Medicine Reviews tente de répondre à cette question (1). La prévalence de troubles du sommeil durant une chimiothérapie est 3 fois plus élevée qu’en population générale et les troubles sévères ont tendance à perdurer après la fin du traitement.le-bruit-des-glacons-le-cancer-albert-dupontel-charles-faulque-jean-dujardin

Mercier et al. (2016) (1) ont examiné les articles disponibles qui évaluaient les effets d’une intervention d’exercice physique durant ou post-traitement oncologique à l’aide d’outils spécifiques comme l’index de qualité de sommeil de Pittsburgh ou un actimètre. Les essais randomisés contrôlés étaient ensuite utilisés pour une méta-analyse.

  • 21 études ont été identifiées
  • 14 ERC utilisaient l’index de qualité de sommeil de Pittsburgh
  • Respectivement, 3 et 2 interventions mesuraient le sommeil objectivement (latence d’endormissement et efficacité du sommeil)
  • 33 % des études obtenaient une amélioration significative du sommeil
  • Les méta-analyses ne démontraient aucun effet de l’exercice sur la qualité du sommeil ou les marqueurs objectifs présentés plus haut.

A ce jour, aucune conclusion ne peut être faite à propos des bénéfices de l’exercice sur le sommeil en oncologie. En effet, le nombre d’étude est peu important et aucune d’entre-elles n’étaient menées dans le but de traiter cette question.

Il est urgent de développer des études qui évaluent une programme d’exercice ou d’activité physique en évaluant le sommeil objectivement. A ce titre, un très récent article avec cet objectif (non inclus dans la revue)  obtient des résultats mitigés (2).

Déclaration d’intérêts : co-auteur de la revue de Mercier et al. (2016)

1. Mercier J, Savard J, Bernard P. Exercise interventions to improve sleep in cancer patients: A systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews (2016)

2. Chen H-M, Tsai C-M, Wu Y-C, Lin K-C, Lin C-C. Effect of walking on circadian rhythms and sleep quality of patients with lung cancer: a randomised controlled trial. British Journal of Cancer. 2016 Nov 22;115(11):1304–12.

Promotion de l’activité physique et prévention de la sédentarité : la même pour tous ?

19/11/2016

392471Voici un article de chercheurs français que j’utilise lors de mes cours sur la promotion de l’activité physique, la lutte contre la sédentarité et les questions qui en découlent. Cette étude investiguait la sédentarité et de l’activité physique (AP) dans un échantillon d’adulte comme deux comportements distincts (voir un précédent article à ce sujet). Son intérêt majeur se retrouve aussi dans la volonté des auteurs de tenter d’identifier des groupes ayant des caractéristiques spécifiques. Enfin, l’AP n’était pas uniquement traitée comme une dose (durée de pratique à une intensité donnée) mais aussi comme des AP de différents domaines (AP au travail et à domicile, AP pour les transports (e.g., vélo), AP de loisirs).

Ces deux comportements étaient évalués à l’aide du Global Physical Activity Questionnaire chez 3324 adultes (1468 hommes) lors de l’Enquête Baromètre Santé en 2008. Les analyses statistiques permettent d’identifier 5 groupes différents représentant entre 5 à 41 % de l’échantillon, voir ci-dessous.capture-du-2016-11-19-20-07-55

Je reproduis ensuite la figure clé de l’article qui permet de distinguer les différentes caractéristiques de groupe en terme de domaines d’AP, de dose d’AP et de dose de sédentarité. Les auteurs ont, par le suite, tenté d’identifier les facteurs associés à ces différents groupes. La nature de la profession ou le niveau de revenu pouvaient être associés plus particulièrement à certains groupes. Capture du 2016-11-19 20-09-02.png

La mise à jour de profils particuliers dans un échantillon assez représentatif de population générale questionne l’intérêt des démarches de prévention/promotion de la santé globale. La discussion de l’article aborde la question d’une promotion des comportements de santé qui pourrait être différenciée en fonction de groupes sociaux particuliers.

Nous avons besoin de plus d’études qui cherchent à identifier des sous groupes en terme d’AP et de sédentarité, qui évaluent ces comportement objectivement et longitudinalement pour mieux comprendre comment ils évoluent à terme.

La prévention ciblant des professions particulières ou des populations plus précaires socialement pourrait se révéler plus adaptée et efficace pour changer des comportements de santé.

1. Omorou AY, Coste J, Escalon H, Vuillemin A. Patterns of physical activity and sedentary behaviour in the general population in France: cluster analysis with personal and socioeconomic correlates. Journal of Public Health. 2016 Sep;38(3):483–92.

Les affects à la suite d’une 1er séance d’activité physique, un marqueur clinique pertinent ?

12/11/2016

L’équipe de Trivedi [1] a récemment publié une sous analyse de l’essai clinique TREAD. Rapidement, cet essai clinique incluait des adultes qui ne répondaient pas ou peu à un traitement par antidépresseur. Ils étaient répartis aléatoirement dans un groupe réalisant une dose d’activité physique (AP) équivalente aux recommandations (180 minutes hebdomadaires) ou dans un groupe réalisant une plus faible dose (45 minutes hebdomadaires) d’AP durant 12 semaines. Les participants réalisaient une AP supervisée dans les premières semaines puis de façon autonome par la suite.joker-empire-suicide-squad-cover-feature

Les auteurs ont investigué les questions suivantes : la réponse affective à la première séance de d’AP prédit-elle l’effet des interventions à 12 semaines, ce potentiel effet est-il modéré par la dose d’AP et l’adhésion au programme ?

A la suite de leur inclusion, les participants réalisaient la première séance d’AP (à intensité libre d’effort). Des la fin de celle-ci, ils répondaient au questionnaire : Positive and Negative Affect Scale (PANAS). Ainsi pour chacun, un score d’affect positif et négatif était obtenu, et un score composite (affect positif – affect négatif).

Le niveau de dépression était évalué de manière hebdomadaire par un clinicien (Inventaire de symptomatologie dépressive). Les auteurs classifiaient les participants comme répondant s’ils diminuaient leur score initial de 50 % et comme en rémission si le score était < 13.

Résultats : La réponse affective à la 1er séance d’AP prédisait :

  • une diminution du score de dépression
  • un taux plus élevé de répondant et de rémission en fin d’intervention
  • Ces résultats n’étaient retrouvés que chez les participants à l’intervention 180 minutes hebdomadaires d’AP.

Cette étude souligne l’impact prédicteur de la réponse affective à une première séance d’AP à intensité libre. Il pourrait donc avoir un intérêt à évaluer en pratique cette réponse affective afin d’anticiper ou d’identifier les patients potentiels moins répondeurs. Cette analyse mets aussi en lumière le rôle majeur des affects dans le cadre de l’AP pour la santé mentale. Elle rappelle aussi qu’une intensité d’effort libre, ou auto-choisie pourrait être cliniquement plus pertinente qu’une intensité de travail imposée (voir les 3 articles du blogue à ce sujet, ici, et ici).

La limite majeure de cette investigation réside dans le fait que les affect soient mesurés uniquement en fin de séance, or les étudent précédentes soulignent que c’est l’écart pré-, post-séance qui est le plus prédicteur, notamment de l’adhésion à un programme d’AP.

1. Suterwala AM, Rethorst CD, Carmody TJ, Greer TL, Grannemann BD, Jha M, et al. Affect Following First Exercise Session as a Predictor of Treatment Response in Depression. The Journal of Clinical Psychiatry. 2016 Aug 24;1036–42.

L’intensité d’un programme d’exercice physique influence-t-elle la sévérité de la dépression ?

24/10/2016

234305Nous avions abordé les recommandations canadiennes d’exercice physique pour un niveau de dépression modéré à élevé. Voici une étude qui pourrait venir compléter les informations du précédent article.

Un essai clinique multicentrique a réparti des adultes touchés par des troubles dépressifs modérés à élevés en 4 groupe : yoga (n=106), exercice physique de type aérobie de moyenne intensité (n=105), d’intensité élevée (n=99) ou soins usuels (n=310). Les programmes d’activité physique étaient supervisés et réalisés en groupe, 3*55minutes durant 12 semaines. La fréquence cardiaque durant l’effort était contrôlée dans 78 % des séances.

Le niveau de dépression était évalué avec l’hétéro-questionnaire de Montgomery (pre-post intervention).

Les auteurs ont comparé les niveaux de dépression des 3 groupes ‘exercice physique’ versus soins usuels en fin de programme. Les 3 groupes entraînaient une différence significative et aucune diminution de la dépression n’était plus importante entre ces groupes.capture-du-2016-10-17-12-24-04

Les sous analyses en fonction du sexe, ne montrent pas de différence pour les hommes. En revanche, la diminution de la dépression était plus marquée chez les femmes pour le yoga et l’intensité élevée.

Les auteurs concluent donc qu’il n’y a pas de différence d’efficacité de l’exercice physique sur la dépression en fonction de l’intensité de pratique.

Helgadóttir, B., Hallgren, M., Ekblom, Ö., & Forsell, Y. (2016). Training fast or slow? Exercise for depression: A randomized controlled trial. Preventive Medicine, 91, 123–131. https://doi.org/10.1016/j.ypmed.2016.08.011

L’intensité d’exercice physique chez des personnes dépressives : imposée ou libre ?

17/10/2016

Un équipe de l’Université du Wisconsin a comparé les effets, sur le niveau de dépression, de différentes intensités d’exercice physique chez des femmes touchées par une dépression majeure.

Ainsi 24 participantes réalisaient, dans un ordre aléatoire, trois sessions d’exercice (vélo stationnaire) à une intensité imposée (échelle d’effort perçu à 11, 13, 15) et une session à intensité libre (‘choisissez l’intensité d’exercice que vous préférez’). Le niveau de dépression auto-rapporté était évalué avant et à 10 et 30 minutes post-exercice ainsi que le niveau sanguin de facteur neurotrophique dérivé du cerveau (FNDC) (i.e., un marqueur potentiellement explicatif de la relation entre exercice physique et santé mentale). L’ effort perçu était mesuré tous les 5 minutes durant la session intensité libre.

Les chercheurs ont donc utilisé des comparateurs différents :

  • A- libre versus imposé (qui avait le niveau d’effort perçu le plus proche de la moyenne de l’effort perçu durant la session libre)
  • B- libre versus imposé ayant entraîné la plus importante diminution de la dépression

A- Libre versus imposé (qui avait le niveau d’effort perçu le plus proche de la moyenne de l’effort perçu durant la session libre)

A 10 min et 30 min

  • Aucune différence sur la diminution de la dépression
  • Le niveau de FNDC était significativement augmenté pour la session imposée.

B-Libre versus imposé ayant entraîné la plus importante diminution de la dépression

A 10 min et 30 min

  • Différence significative en faveur de la session imposée sur la diminution de la dépression
  • Aucune différence sur le niveau de FNDC

Les résultats suggèrent que l’intensité libre entraîne une diminution de la dépression, mais celle-ci est plus faible que lorsque l’intensité est imposée. Ce qui est étonnant, c’est que dans la comparaison A, les efforts réalisés sont très proches au niveau perceptif et physiologique. Il y aurait donc un effet de la décision interne versus externe sur l’amélioration de la réponse affective dans un contexte de dépression clinique.

Pour la comparaison B, il est important de noter que la session de comparaison n’était pas la même en fonction des participantes (effort perçu à 11 ou 13 ou 15). Cela pourrait indiquer que l’intensité optimale n’est pas la même pour l’ensemble des sujets.

Cette étude est la première qui montre des effets supérieurs de l’exercice physique à intensité imposée vs. libre dans un contexte de trouble mental. Ces résultats sont à l’opposé de ceux retrouvés sans un contexte de trouble de santé mentale.

Les auteurs soulignent que les résultats sont peut être expliqués par la nature même de l’étude, testant uniquement des sessions séparées d’exercice physique et non un programme de plusieurs semaines.

On pourrait penser que les résultats pourraient diverger car à terme les participantes pourraient mieux connaître leurs possibilités physiques et produire une intensité libre supérieure ou égale à celle imposée. A noter aussi que les auteurs n’ont pas retrouvé d’effet des types d’antidépresseurs sur la réponse à l’exercice physique (voir précédents articles du blogue à ce sujet 1 et 2).

Meyer, J. D., Ellingson, L. D., Koltyn, K. F., Stegner, A. J., Kim, J.-S., & Cook, D. B. (2016). Psychobiological Responses to Preferred- and Prescribed-Intensity Exercise in MDD: Medicine & Science in Sports & Exercise, 1. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000001022

Activités physiques libres ou encadrées et condition physique liée à la santé chez des adultes burundais

30/09/2016

L’article fêtant les 6 ans d’existence de l’année 2016 soulignait la volonté de présenter des travaux francophones ciblant l’activité physique dans les pays francophones africains.

1Voici des extraits d’une étude de Jean Berchmans Bizimana et al. du Bénin et du Burundi qui comparent des marqueurs de condition physique chez des adultes participants ou non à une activité physique d’entretien (article en accès libre dans la revue Pan African Journal). Cette étude était transversale et incluait 90 participants (18-65ans) dont 47 qui s’exerçaient en pratique encadrée.

L’activité physique était mesurée à l’aide du questionnaire de Baecke (donnant un indice d’activité de travail, un indice d’activité sportive et un indice d’activité de loisir. Les paramètres musculaires, cardiorespiratoires, cardiovasculaires et métaboliques étaient mesurés objectivement.

Les auteurs concluent : « Le niveau d’activité physique des burundais qui bénéficient d’un encadrement professionnel est plus élevé que celui des adultes qui n’en bénéficient pas. Comparés aux adultes encadrés, les sujets non encadrés ont des lacunes aux niveaux musculaire et physiologique. Néanmoins, bien que ce ne soit pas à un niveau comparable, les deux groupes présentent un bon profil des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. »capture-du-2016-09-30-09-30-20

Berchmans Bizimana et al. Activités physiques libres ou encadrées et condition physique liée à la santé chez des adultes burundais: étude transversale. The Pan African Medical Journal. 2016;25:38. doi:10.11604/pamj.2016.25.38.7688

Un sous-type de dépression clinique répond mieux à l’exercice physique

19/09/2016

Le dernier article présentait les définitions de deux sous-type de dépression, dont la dépression atypique. Rethorst et al. ont publié une analyse secondaire de l’essai clinique ‘TREAD’ (déjà présenté ici).

Ils concluent que les personnes diagnostiquées avec une dépression majeure, de sous-type ‘atypique’ répondent plus favorablement à un programme d’exercice physique aérobie équivalent à 150 minutes hebdomadaire durant 12 semaines.maxresdefault

Celles-ci représentaient 11% de l’échantillon. Cette information est la première du genre, à ma connaissance, et nécessite des réplications car la taille de l’échantillon est peu importante. En tout cas, cela offre de belles perspectives cliniques dans l’individualisation de l’exercice physique au niveau clinique.

Rethorst, C. D., Tu, J., Carmody, T. J., Greer, T. L., & Trivedi, M. H. (2016). Atypical depressive symptoms as a predictor of treatment response to exercise in Major Depressive Disorder. Journal of Affective Disorders, 200, 156–158. http://doi.org/10.1016/j.jad.2016.01.052

Pourquoi il faut aider les personnes dépressives à changer leurs comportements de santé ?

13/09/2016

coffee-and-cigarettes-1La question des habitudes de vie ou comportements de santé chez les personnes touchées par un trouble mental sévère est peu à peu mise à jour dans des études observationnelles. Voici les résultats de l’analyse de ‘BiDirect study’.

Une précision avant de lire ce qui est dessous : le DSM-IV-TR reconnaît des sous-types de la dépression, parmi lesquels :

  • La dépression mélancolique est caractérisée par un critère clé parmi les 2 suivants : perte de plaisir dans toutes les activités ou presque OU une faible réactivité à un stimuli habituellement agréable. Puis au moins 3 parmi les critères suivants : une aggravation des symptômes dans la matinée, un réveil de bonne heure, un retard psychomoteur, une perte excessive de poids (à ne pas confondre avec l’anorexie) ou un sentiment excessif de culpabilité.
  • La dépression atypique est caractérisée par une humeur réactive (anhédonie paradoxale) plus des 2 critères parmi les suivants : un gain de poids important ou un appétit plus prononcé (plaisir de manger), un sommeil excessif ou hypersomnie, une sensation de lourdeur dans certaines parties du corps et une mauvaise adaptation sociale marquée par une hypersensibilité au rejet interpersonnel.

La ‘BiDirect study’ a fait l’objet d’une publication qui intégrait une cohorte de personnes accueillies en psychiatrie et une cohorte de contrôle. Les auteurs allemands voulaient examiner les comportements de santé et plus précisément comparer les deux cohortes et à l’intérieur de la cohorte investiguer si les personnes touchées par une dépression cliniques avaient des habitudes de vie plus moins détériorées en fonction de sous-type de dépression et de sévérité de leurs symptômes. Le graphique présente leurs comportements de santé de manière habile.

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  • 61 % des personnes touchées par une dépression clinique (823 participants) étaient ‘classés’ comme dépression mélancolique et 5,2 % dépression atypique.
  • Les participants de l’étude touchés par une dépression clinique sont significativement plus nombreux à être fumeurs, inactifs, en surpoids en comparaison aux personnes sans dépression.
  • La dépression atypique n’est pas associée à la consommation de tabac mais est le sous-type le plus associé au surpoids.
  • La dépression mélancolique est la plus associée avec une faible activité physique.

Les auteurs soulignent aussi que leurs analyses suggèrent qu’il y a un effet dose entre la sévérité de la dépression clinique et la consommation de tabac, la faible activité physique et le surpoids.

Même si les habitudes de santé sont mesurées par questionnaire, cette étude souligne le besoin criant de développer des prises en charge afin de modifier les comportements de santé chez les adultes touchés par une dépression clinique. Les kinésiologues et enseignants en Activité Physique Adapté ont un rôle majeur à jouer dans les équipe de psychiatrie.

Rahe, C., Khil, L., Wellmann, J., Baune, B. T., Arolt, V., & Berger, K. (2016). Impact of major depressive disorder, distinct subtypes, and symptom severity on lifestyle in the BiDirect Study. Psychiatry Research, 245, 164–171. http://doi.org/10.1016/j.psychres.2016.08.035

Quelles sont les dernières recommandations du réseau canadien pour le traitement de la dépression par l’exercice physique ?

02/09/2016

Le groupe d’experts canadiens vient récemment de livrer ses conclusions à propos des traitements alternatifs et complémentaires dans le cadre des soins de la dépression. Il dresse un état de littérature scientifique afin de pouvoir réaliser des recommandations les plus factuelles possibles. Je n’aborde pas les autre traitements complémentaires pour la dépression ici (voir un article du blogue à propos).

Ils commencent leur texte en soulignant les difficultés méthodologiques de l’évaluation de ce type de traitement (contrôle de l’effet placebo, évaluation en aveugle…). Rappellent au passage, un manque d’information disponible sur les potentiels effets d’interaction avec les traitements (voir articles 1 et 2 du blogue).

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En bref, leur argumentation est basée sur :

Niveau dépression moyen à modéré

  • 2 méta-analyses et 2 revues systématiques concluent que l’exercice physique a un niveau similaire d’efficacité que les antidépresseurs ou une psychothérapie
  • efficacité à court terme est supérieure à une condition traitement

Niveau dépression modéré à sévère

  • 1 méta-analyse concluent au fait que l’exercice est supérieur aux groupes contrôles
  • Peu de preuves de bénéfices à long terme

CONCLUSIONS

Pour des adultes touchés par un niveau de dépression moyen à modéré

  • Recommandation en 1er ligne
  • Niveau de preuve = 1
  • Monothérapie

Pour des adultes touchés par un niveau dépression modéré jusqu’à un épisode dépressif majeur

  • Recommandation en 2nd ligne
  • Niveau de preuve = 1
  • Traitement complémentaire

Compléments

  • Absence de supériorité claire entre exercice physique et exercice de résistance
  • au moins 30 minutes d’exercice supervisé d’intensité modéré, 3 fois par semaine durant 9 semaines consécutives
  • Niveau de preuve élevé que l’adhésion, la participation à l’exercice physique, est plus élevée quand celle-ci est encadrée par un personnel qualifié
    Ravindran, A. V., Balneaves, L. G., Faulkner, G., Ortiz, A., McIntosh, D., Morehouse, R. L., … CANMAT Depression Work Group. (2016). Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments (CANMAT) 2016 Clinical Guidelines for the Management of Adults with Major Depressive Disorder: Section 5. Complementary and Alternative Medicine Treatments. Canadian Journal of Psychiatry. Revue Canadienne De Psychiatrie, 61(9), 576–587. http://doi.org/10.1177/0706743716660290

Les canadiens connaissent-ils les recommandations d’activité physique ?

28/08/2016

BS1020AFB04Afin de mieux préparer la communication sur les prochaines recommandations d’activité physique de 2017, une enquête souhaite évaluer la connaissance des recommandations de 2011 parmi un échantillon de Canadien (Pfaeffli Dale et al. 2016).

La question était la suivante : Avez-vous entendu parler des recommandations d’activité physique pour adulte à leur sortie en 2011 ? Oui (Non Pas sur). Des questions démographiques étaient proposées ainsi qu’une question permettant d’évaluer l’activité physique modérée à élevée habituelle.

25-35 % de taux de réponse, représentant 1586 participants dont 149 francophones, la Colombie-Britanique était la province la plus représentée.

Résultats

  • 44 d’âge moyen
  • 80 % de femmes
  • 55 % des participants se déclaraient actif (i.e., >150 minutes par semaine)
  • 13 % des participants déclaraient connaître les recommandations
  • Les adultes actifs déclaraient plus fréquemment connaître les recommandations.
  • Le taux de 13 % est similaire à ceux relevés au Royaume-Uni ou aux États-Unis.

Ce résultats montre bien qu’il est nécessaire de réfléchir en amont aux stratégies d’application des futures recommandations afin d’augmenter ce taux. De plus, avec les biais méthodologiques (absence d’échantillonnage, évaluation auto-rapportée), il est fort probable que ce taux de 13 % soit encore plus bas.

Pfaeffli Dale, L., LeBlanc, A. G., Orr, K., Berry, T., Deshpande, S., Latimer-Cheung, A. E., … Faulkner, G. (2016). Canadian physical activity guidelines for adults: are Canadians aware? Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism. http://doi.org/10.1139/apnm-2016-0115

L’activité physique durable

23/08/2016

Bjornara et al. (2016) développent une idée très originale et riche de réflexion : l’activité physique durable. (article original en accès libre)

19716675Dans le sociétés occidentales, l’activité physique et l’effort physique ont été très largement diminués dans notre vie quotidienne : machines d’aide au travail, transports motorisés et activités de loisir sédentaires. Quand l’homme chasseur-cueilleur existait, il réalisait environ 19 kilomètres, soit 24000 pas quotidiennement, contre 7000 à 6600 aujourd’hui pour un adulte américains.

Le style de vie influence l’environnement, à travers l’alimentation, le transport (23 % des gaz à effet de serre) et la consommation de produits divers. Sur la base des projections populationnelles mondiales, 9 milliards d’humains devraient peupler la Terre en 2050, et la production d’alimentation devra être doublée. Les auteurs donnent la définition de l’alimentation durable, puis étendent le concept issu de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture à l’activité physique.

Alimentation durable rassemble l’ensemble des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines. (plus d’information ici).

Il y a-t-il une activité physique durable ?

Dans une perspective de santé, l’OMS aborde la question de l’activité physique à travers les facteurs suivant : la fréquence, l’intensité et la durée de l’activité mais ne traite pas du type d’activité. En effet, de nombreux types d’activité physique peuvent entraîner des bénéfices similaires sur la santé. Dans ce cadre, Bjornara et al. (2016) introduisent l’idée d’une activité physique durable.

« Activité physique durable rassemble l’ensemble des activités physiques produites avec une durée, une fréquence et une intensité suffisante pour promouvoir la santé sans dépense/coût énergétique trop élevé en terme de nourriture, de transport ou d’équipement. Les activités physiques durables ont un faible impact environnemental et sont culturellement et économiquement acceptables et accessibles ». (Bjornara et al.2016) (traduit par mes soins).

« Sustainable physical activity includes those activities that are conducted with sufficient duration, intensity and frequency for promoting health, yet without excessive expenditure of energy for food, transportation, training facilities or equipment. Sustainable physical activities have low environmental impact and they are culturally and economically acceptable and accessible » (Bjornara et al.2016)

Bjornara et al. (2016) argumente en faveur d’une modification de la vision de l’activité physique. En voici quelques un sélectionnés.

  • Augmentation et développement des Transports/déplacements actifs = Bénéfices pour la santé physique et la diminution d’émission de dioxyde de carbone
  • Développer des activités physiques communautaire = Diminution des transports motorisés (i.e., prendre sa voiture pour aller au gym courir sur un tapis)
  • Améliorer la facilité à ce déplacer à pied dans les quartiers = Entraîne une augmentation de 800 pas quotidiens chez des adultes
  • Diminuer l’équipement qui remplace des tâches quotidienne qui nécessitent une dépense énergétique = Pelleter la neige à la main plutôt qu’à la souffleuse. Les auteurs abordent une étude qui montre que réaliser son pain soi même entraîne une dépense de 16,2 min d’activité physique modérée chez 10 sujets.

Les auteurs offrent un vision différente de l’activité physique véhiculée généralement. Ils donnent un rôle important à l’activité physique dans l’élaboration d’un mieux vivre ensemble dans le futur. A méditer…

Bjørnarå, H. B., Torstveit, M. K., Stea, T. H., & Bere, E. (2016). Is there such a thing as sustainable physical activity? Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports. http://doi.org/10.1111/sms.12669

L’activité physique, un catalyseur des traitements de la dépression ?

18/08/2016

6857123Le niveau d’activité physique (AP) d’adultes touchés par des troubles dépressifs (modérés à élevés) est un facteur qui influence la réponse à un traitement de la dépression. Mats Hallgreen et al. (2016) ont réalisé une analyse secondaire d’un essai clinique qui évaluait initialement l’efficacité d’un programme d’exercice physique versus une thérapie cognitive et comportementale (TCC) par internet versus des soins usuels . Il s’est concentré uniquement sur les 2 derniers bras interventionnels, c’est à dire, sans les participants au groupe exercice physique, représentant au total 629 participants. L’essai clinique était en simple aveugle et multicentrique.

Les investigateurs ont catégorisé le niveau d’activité physique faible, modéré, élevé, sur la base d’un questionnaire d’AP. Ils se concentraient sur l’analyse des scores au Montgomery–Åsberg Depression Rating Scale (MADRS) pré et post-intervention. L’analyse statistique prenait en compte des covariables importantes, comme par exemple la prise d’antidépresseurs.

Les résultats montrent que la diminution du niveau de dépression est significativement plus marquée uniquement chez les sujets ayant déclarés un niveau d’activité physique élevé avant le traitement. Ce résultat est indépendant du bras interventionnel (TCC ou soins usuels) et du sexe.

happiness-therapy-silver-linings-playbook-30-01-2013-16-11-2012-9-gBien que l’étude souffre de plusieurs limites (AP auto-rapportée, non prise en compte des données manquantes…), c’est un résultat important car c’est, à ma connaissance, une des 1er fois que l’activité physique est identifiée comme un facteur associé à une efficacité plus importante des traitements de la dépression. Ainsi, promouvoir un style de vie plus actif durant une thérapie cognitive et comportementale pourrait être bénéfique pour les usagers.

Dans le futur, une évaluation objective de l’activité physique pourrait venir confirmer ces résultats.

Voir aussi sur le blog un précédent article sur la question des antidépresseurs et de l’activité physique.

Hallgren, M., Nakitanda, O. A., Ekblom, Ö., Herring, M. P., Owen, N., Dunstan, D., … Forsell, Y. (2016). Habitual physical activity levels predict treatment outcomes in depressed adults: A prospective cohort study. Preventive Medicine, 88, 53–58. http://doi.org/10.1016/j.ypmed.2016.03.021

Absence de preuve d’une relation réciproque entre l’activité physique et le sommeil chez les femmes.

21/07/2016

Le dernier article du blogue concluait « Une nouvelle fois, la relation bidirectionnelle attendue entre activité physique et sommeil n’est pas confirmée. Bien entendu, la mesure uniquement 51XHwOA-UILsubjective du sommeil est une limite sérieuse ». La littérature scientifique apporte parfois des surprises. En effet, un article sous presse qui traite de cette question vient d’être mis en ligne [1]. Sa force principale est l’utilisation de mesures objectives pour quantifier l’activité physique et les paramètres du sommeil durant 7 jours consécutifs chez un nombre important de sujet (N= 353, uniquement des femmes).

Les auteurs ont examiné les relations bidirectionnelles au jour le jour entre l’activité physique modérée et intense et la sédentarité d’une part, et le temps total de sommeil et l’efficience de sommeil d’autre part.2016-07-21 18_11_44-Sans nom 3 - LibreOffice Impress

Résultat, aucune association significative n’a été identifiée. Il semble que l’activité physique et plusieurs paramètres du sommeil soient réellement indépendant. Cependant, il reste des questions en suspend : est ce que ces absences de relations sont toujours le même lorsqu’on les étudient chez des personnes touchée par des troubles du sommeil, une modification importante de l’activité physique durant plusieurs semaines impacte-elle le sommeil à moyen terme?…

1. Mitchell JA, Godbole S, Moran K, Murray K, James P, Laden F, et al. No Evidence of Reciprocal Associations between Daily Sleep and Physical Activity. Med. Sci. Sports Exerc. 2016;

Plus on dort, moins nous sommes actifs le lendemain

15/07/2016

La question des relations entre activité physique et sommeil a fait l’objet de plusieurs articles sur ce blog. Notamment, celui qui décrivait les relations entre activité physique Bigsleep2et sommeil au jour le jour chez des femmes âgées. L’ activité physique du jour même ne semblait pas être associée avec le sommeil de la nuit qui suit. Dans un autre article, il était question de possibles bénéfices de l’exercice physique pour des adultes dépressifs cliniquement. Les sujets actifs avaient des symptômes d’insomnie de moindre intensité, indépendamment de la sévérité de leur dépression.

L’article du jour est un peu une synthèse des deux précédents. Bouwmans et al. (2016) ont examiné les relations temporelles entre activité physique et sommeil durant 30 jours consécutifs chez 27 adultes dépressifs et 27 cas contrôles (sans difficulté de santé mentale) [1]. Les sujets portaient tous un accéléromètre et répondaient quotidiennement par écrit aux questions suivantes : Avez-vous bien dormi? Et Combien de temps avez-vous dormi?

Sur la base d’analyses statistiques solides, les auteurs ont traité les données pour répondre aux questions suivantes (les réponses suivent) :

  • Un changement de qualité de sommeil précède-t-il un changement d’activité physique?  NON
  • Un changement de durée de sommeil précède-t-il un changement d’activité physique?   OUI, une relation négative (B = -.21)
  • Un changement d’activité physique précède-t-il un changement de qualité de sommeil?  NON
  • Un changement d’activité physique précède-t-il un changement de durée de sommeil?  NON
  • La dépression modere-t-elle ces relations?  NON

Cette relation n’a pas été retrouvée avec des participants insomniaques ou âgés [2] dans de précédentes études. En revanche, cela pourrait venir confirmer l’indépendance de la relation AP-sommeil en contexte dépressif. Une nouvelle fois, la relation bidirectionnelle attendue entre AP et sommeil n’est pas confirmée. Bien entendu, la mesure uniquement subjective du sommeil est une limite sérieuse.

1. Bouwmans MEJ, Oude Oosterik NAM, Bos EH, de Groot IW, Oldehinkel AJ, de Jonge P. The Temporal Order of Changes in Physical Activity and Subjective Sleep in Depressed Versus Nondepressed Individuals: Findings From the MOOVD Study. Behav Sleep Med. 2016 Jun 2;1–15.

2. Lambiase MJ, Gabriel KP, Kuller LH, Matthews KA. Temporal relationships between physical activity and sleep in older women. Med Sci Sports Exerc. 2013 Dec;45(12):2362–8.

Faut-il taper sur les kinésithérapeutes ?

11/07/2016

81019-game-of-thrones-une-saison-6-top-secreteSi les exemples ne manquent pas pour s’énerver face à son écran (je vous aurais prévenu, exemple 1exemple 2), le titre est volontairement provoquant. Uniquement pour attirer les chalands ! D’ailleurs, prenez le mot kinésithérapeutes et remplaçaient le par éducateur sportif, ministère de sports/santé… c’est exactement la même réponse que je donne : Non.

Avec un peu de recul, ces derniers 12 mois ont été très agités autours des questions de l’activité physique adaptée, sa place, son rôle, ses acteurs, sa reconnaissance. Voir à ce propos deux articles de la SFP-APA qui dressent un bilan (mitigé?) clair des enjeux actuels.

Pour les fans du réseau social, plusieurs comptes livrent aussi une quantité d’informations non négligeables et facilitant une meilleure appréhension du contexte actuel (@MVergnault @stefdijoux @Chaudru_ @GillesThoni ).

Cet article dénote de ceux généralement postés sur ce blog. Il vise simplement à livrer ma position personnelle sur la question de l’organisation des forces vivantes autours de l’activité physique adaptée. Je reprends mots pour mots un ancien texte: Il me semble que le développement des APA arrive à un point de bascule. En effet, les pouvoirs publics prennent conscience du potentiel de l’activité physique pour des raisons majoritairement utilitaristes plus que scientifiques. La question de la mise au pas de l’activité physique par la santé (1) et le monde du sport est d’actualité et amène les APA à une vision réductionniste. Dans ce contexte, les acteurs des APA sont face à une sorte de pari de Pascal (2) : restons sur des positions attentistes, individuelles et uniquement corporatistes et les APA vivoteront benoîtement ici et là ou supposons que les APA peuvent réellement être portées par une expérience collective fédératrice, accompagnée des bénéficiaires et menée avec conviction et ainsi elles seront vivantes et en évolution permanente.Voir le texte complet pour les curieux.

Je souhaite souligner, à nouveau, que la reconnaissance de l’APA et son développement en faveur des usagers repose uniquement sur les professionnels de l’APA ACTIFS à sa reconnaissance. Si la SFP-APA est irréprochable dans ce domaine, les Enseignants APA forts de leur référentiel métier et de leur formation universitaire devraient se mobiliser en plus grand nombre par le biais de la SFP-APA ou d’autres voies. L’énergie et le temps de chacun n’est pas extensible à l’infini, donc concentrons nous sur la promotion de l’APA et évitons les réactions/critiques à chaud chronophages visant des corporations ou personnes. Les pistes ne manquent pas : créer un syndicat professionnel, ou se faire connaître dans les syndicats classiques, être réellement actifs en terme de communication auprès des usagers, associations de malades ou d’aidants, développer des manières de travailler en réseau avec les professionnels médicaux-paramédicaux-éducatifs-du loisirs et penser que les élections approchent (rappelez vous le travail nécessaire de l’ANESTAPS en 2012 ici et ).

6e année pour le blog !

12/06/2016

simon 2Ce blog a évolué au cours de ces années avec un nombre d’articles plus ou moins important en fonction de mes tâches parallèles. Si je tente de résumer sa vocation, ce blog est une base d’informations pour les professionnels de la prévention, les Enseignants en Activité Physique Adaptée, les kinésiologues et plus globalement les professionnels de la santé. Les thématiques abordées sont: la question de la motivation à l’activité physique, de l’approche épidémiologique de l’activité physique et des relations (négative & positive) entre l’activité physique et la santé mentale avec parfois quelques articles de réflexion personnelle ou issus d’articles originaux.

Qu’est ce qui pourrait être mieux ? L’interaction avec les lecteurs et une diffusion plus importante des articles sur les réseaux sociaux. Peut être aussi que des demandes pourraient faire émerger des idées d’articles… et que de mon côté de je me penche sur la question de l’activité physique en Afrique.

Le blog étant basé dorénavant au Québec, et grandissant progressivement en terme d’audience, je mesure aussi qu’une de ses forces reste la langue française (voir par exemple, les articles de mars et octobre 2015 de recension de la littérature francophone glanée sur internet) facilitant la diffusion de résultats souvent anglophones.

Pour fêter cet anniversaire, rien de mieux que de poursuivre la question de l’activité physique adaptée en francophonie, mais en Suisse cette fois !

L’activité physique chez les personnes touchées par des troubles schizophréniques, tout ce que l’on sait

06/06/2016

Après une activité moins fournie sur le blog ces derniers mois, voici un article qui présente une méta-analyse réellement intéressante. L’équipe composée principalement de Stubbs, Schuch, Rosenbaum and Vancampfort produit énormément d’études (1,2), dont plusieurs présentées dans ce même blog, et celles-ci font souvent l’état de la littérature sur une question précise touchant la santé somatique, psychiatrique et l’activité physique de personnes suivies pour des troubles psychiatriques.

Ainsi, leur dernière production rassemble l’ensemble des études disponibles évaluant le niveau d’activité physique de personnes touchées par des troubles schizophréniques (3).

The Lefovers_runningNous nous concentrerons uniquement sur les résultats des études ayant évalué l’activité physique objectivement (12 études). Si vous êtes un lecteur du blog, vous n’êtes pas sans savoir que la question de la mesure subjective ou dîtes, auto-rapportée pose de nombreux problèmes méthodologiques. Dans cette investigation, les participants rapportaient 25 min par jour par questionnaire d’activité physique alors que les mesures objectives décrivent en moyenne 192 min par jour.

L’activité physique MODÉRÉE mesurée objectivement représente en moyenne 42 minutes par jour. Cela diminue radicalement pour l’activité physique VIGOUREUSE, tombant 0,2 minutes par jour.

Les auteurs ont aussi porté leur intérêt sur les 2 études qui décrivaient la proportion de participants ayant une activité physique équivalente ou supérieure aux recommandations internationales (150 minutes par semaines d’activité physique modérée minima). C’était le cas pour 54.2 % des participants. Globalement, les analyses de sous groupes soulignent que les personnes en soins ambulatoires sont plus actives indépendamment de la catégorie d’activité physique.

Ces résultats sont majeurs et appellent les professionnels de la psychiatrie, les familles et les usagers à porter un intérêt plus grand à l’activité physique, principalement d’intensité vigoureuse. Les kinésiologues, les enseignants en Activité Physique Adaptée ont un rôle majeur à jouer pour mobiliser (en sécurité) les personnes touchées par des troubles mentaux sévères.

1. Vancampfort D, Firth J, Schuch F, Rosenbaum S, De Hert M, Mugisha J, et al. Physical activity and sedentary behavior in people with bipolar disorder: A systematic review and meta-analysis. J Affect Disord. 2016 May 14;201:145–52.

2. Schuch FB, Vancampfort D, Rosenbaum S, Richards J, Ward PB, Stubbs B. Exercise improves physical and psychological quality of life in people with depression: A meta-analysis including the evaluation of control group response. Psychiatry Res. 2016 Apr 26;241:47–54.

3. Stubbs B, Firth J, Berry A, Schuch FB, Rosenbaum S, Gaughran F, et al. How much physical activity do people with schizophrenia engage in? A systematic review, comparative meta-analysis and meta-regression. Schizophr Res [Internet]. 2016 Jun 1 [cited 2016 Jun 6];0(0).

Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ?

02/05/2016

Le blog Activités Physiques Adaptées vous donne rendez-vous sur le blog Qualaxia, blog québecois qui offre de nombreuses informations sur la santé mentale. Qualaxia est un réseau de chercheurs, d’experts, de décideurs, de gestionnaires et de cliniciens. L’article a pour titre : Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression ? Cet article résume et vulgarise les résultats de l’étude anglophone suivante : Effects of a 6-month walking intervention on depression in inactive post-menopausal women: A randomized controlled trial (2015). Aging & Mental Health.

Capture du 2016-05-02 20:08:32

Ne ratez pas non plus un autre article du même blog sur cette thématique (lien)

La promotion de l’activité physique par les oncologues, ce n’est pas suffisant !

27/03/2016

Voici une traduction personnelle d’un texte rédigé en collaboration avec Josée Savard et édité par Jennifer Brunet pour l’Association Canadienne de Psycho-Oncologie.

katebPark et al. (2015) ont examiné les effets de la recommandation de l’activité physique à des personnes ayant terminé leur traitement pour un cancer du sein ou un cancer colorectal par des oncologues. Les investigateurs assignaient les participants dans une des 3 conditions suivantes : contrôle (consultation conventionnelle), recommandations en terme d’exercice physique (décrire les bénéfices de l’exercice d’intensité modérée sur les risques de récurrence de cancer), recommandations en terme d’exercice physique + outils motivationnels (DVD de présentation d’exercices de renforcement musculaire, podomètres et agenda) + une séance d’éducation menée par spécialiste de l’exercice physique. L’activité physique auto-rapportée 4 semaines à la suite de l’intervention était le critère de jugement de l’étude. La qualité de vie étant aussi mesurée à l’aide du questionnaire: European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC) QLQ C-30.

Parmi les participants recrutés, 121 avaient reçus un traitement pour un cancer du sein et 41 pour un cancer colorectal. Le taux de rétention de l’étude était bon (80%). L’analyse en intention de traiter indiquaient que l’ajout d’outils motivationnels et d’une séance d’éducation augmentaient significativement l’activité physique auto-rapportée modérée et totale, en comparaison au groupe contrôle. Les participants recevant cette intervention augmentaient leur durée d’exercice physique de presque 80 minutes par semaine. Les participants des deux autres bras ne modifiaient pas leur activité physique significativement. Aucune différence entre les 3 bras n’a été retrouvée pour la qualité de vie.

Cette récente étude montre que la recommandation de l’exercice physique par un oncologue pourrait être insuffisante pour modifier le comportement d’adultes traités pour un cancer du sein ou colorectal. Cela étaye l’idée que la promotion de l’activité physique devrait être accompagnée d’outils motivationnels et d’une consultation par un spécialiste de l’exercice physique.

Pourquoi cet article est pertinent : Malheureusement, la promotion de l’activité physique en oncologie est souvent conceptualisée comme une simple prescription de la part des oncologues. Mais l’activité physique est un comportement de santé complexe et devenir physiquement actif est défi de taille pour les personnes traitées pour un cancer. Cette étude souligne qu’une intervention appuyée par un soutien motivationnel est efficiente. Elle souligne aussi que l’intégration de spécialistes de l’exercice physique (ex: kinésiologues, enseignant en APA) pourrait être importante dans le futur.

Park, J.-H., Lee, J., Oh, M., Park, H., Chae, J., Kim, D.-I., … Jeon, J. Y. (2015). The effect of oncologists’ exercise recommendations on the level of exercise and quality of life in survivors of breast and colorectal cancer: A randomized controlled trial. Cancer, 121(16), 2740‑2748. http://doi.org/10.1002/cncr.29400

Version anglophone du texte en accès libre ici

Voir aussi un autre article du blogue sue ce sujet : Les oncologues et leurs croyances envers l’activité physique

Pour préparer la semaine d’information sur la santé mentale 2016 (2/2)

04/03/2016

Second article pour aider les lecteurs du blog à préparer la semaine d’information sur la santé mentale dont le thème reste : « Santé mentale et santé physique – un lien vital ».

Un poster sur l’utilisation du test de marche de 6 minutes avec des personnes touchées par des troubles schizophréniques. Celui-ci est anglais mais reste simple à lire et valorise une utilisation « juste » de ce test utilisable en clinique comme en recherche.

Ensuite un diaporama qui traite de la question de la motivation à l’activité physique chez ces mêmes personnes.

N’hésitez pas à diffuser les articles aux personnes intéressées.

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