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L’intensité « auto-choisie », « libre », ouvre de nouvelles portes dans le champ de l’exercice physique et de la psychiatrie

07/09/2015

De nombreux articles du blog décrivent des études portant sur les effets ou relation entre l’exercice physique ou l’activité physique et la dépression. Dans le cadre précis de la recherche clinique centrée sur l’efficacité de l’AP dans le traitement des épisodes dépressifs majeurs, un nombre important d’études ont menées avec des résultats (dans l’ensemble) positifs. Par la suite, plusieurs chercheurs ont voulu valoriser les type d’EP utilisés (ex : la marche) ou les intensités d’effort (ex : 85% VO2max) ou des programmes spécifiques (ex : haute intensité d’effort fractionnée…).Borg scale

Cependant, en parallèle, un courant a vu le jour en science de l’exercice, décrivant la possibilité de cibler des intensités d’effort non plus « physiologiques » mais « psychologiques ». Ainsi des études sont menées chez des adultes en santé ou des touchés par un trouble physique modéré où on leur demande de par exemple, pédaler à une vitesse où ils ont du plaisir, ou il ne se sente pas trop fatiguée, ou qui leur va. Ces quelques lignes simplifient énormément le propos, mais les curieux peuvent aller lire des écrits (en accès libre) de Pantelis Ekkekakis, un pionnier dans ce domaine.

Un récent article a attiré mon attention sur sujet, car il développe cette idée dans le cadre des troubles dépressifs majeurs avec une méthode sérieuse (Doose et al., 2015). En effet, une équipe allemande a évalué l’effet d’un programme d’exercice physique à intensité « auto-choisie », « libre». L’étude décrit un essai randomisé contrôlé, EP versus liste d’attente.

Le programme testé durait 8 semaines, 3 fois par semaine, avec des séances supervisées d’une heure de groupe en extérieur en forêt encadrées par des professionnels du sport. Les participants courraient ou marchaient en choisissant l’intensité d’effort (évaluée par l’échelle qui illustre l’article) en fonction de leur effort.

Les investigateurs avaient pour objectif principal la réduction du score de l’échelle de dépression HRSD. Les objectifs secondaires étaient le score de dépression à l’échelle BDI, le changement clinique (voir l’article pour le détail), la performance au test de marche de 2 km.

36/10 sujets suivaient le groupe exercice physique. La moitié des sujets recevaient un traitement pharmacologique ou psychologique pour la dépression (voir l’article du blog à ce sujet).

Résultats : Les sujets du groupe EP ont participé à 13.3/23 séance en moyenne, l’intensité d’effort était en moyenne de 11.7. 11/46 sujets ont quitté l’étude pour blessure, cause psychiatrique ou raison personnelle. Le programme d’EP à intensité « auto-choisie », « libre», entraînait une diminution significative du score à l’échelle HSRD en fin d’intervention. Aucun autre changement significatif n’a été obtenu.

Aucune conclusion ferme ne peut être issue de cette étude mais celle-ci a le mérite de changer de paradigme (i.e., physiologiste vs psychologique) sur le choix de l’intensité de l’exercice. Clairement, le programme testé se rapproche aussi beaucoup des pratiques cliniques en activité physique adaptée. Les auteurs obtiennent un très bon taux d’adhésion pas de changement majeurs de la « condition physique ». Ils s’interrogent alors sur le meilleur objectif à avoir une bonne adhésion du participant au programme ou une meilleure « forme » physique pour des individus souvent touchés par plus de pathologies chronique que la population générale.

Cette étude ouvre de nouvelles portes dans le champ de l’exercice physique et de la psychiatrie, mais les limites méthodologiques (relations soignant/soignés peu contrôlées, absence d’informations sur l’AP des participants…) rencontrées sont trop importantes pour conclure clairement.

Affaire à suivre…

Doose et al. (2015).Self-selected intensity exercise in the treatment of major depression: a pragmatic RCT. International Journal of Psychiatry in Clinical Practic

5 commentaires leave one →
  1. Bouricha Rémy permalink
    08/09/2015 5:52

    Je crois que l’intensité auto-choisie mériterait une attention particulière (d’autres études) et également sur d’autres pathologies chroniques. Sur le terrain elle semble très bénéfique car elle joue sur la motivation et la régularité des pratiquants. On peut faire l’hypothèse des bénéfices psychiques et physiologiques (régularité avec intensité choisie, liée à la notion de plaisir).

    • 08/09/2015 9:25

      de prochains articles sur ce sujet sont à venir !
      PB

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