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Le plaisir – une dimension oubliée de l’activité physique chez les personnes âgées.

13/07/2014

Un article à paraître dans la revue Social Science & Medicine attiré mon attention avec le titre suivant : Le plaisir – une dimension oubliée de l’activité physique chez les personnes âgées.

Les deux chercheurs de l’Université d’Exeter (UK) ont élaboré une étude qualitative auprès de 51 sujets.

Le constat initial qui dépeignent, c’est que le plaisir est (trop) souvent associé à des comportements de santé ayant des conséquences négatives (drogues, alimentation sucrée…). Or le plaisir pourrait contribuer à la santé plutôt que d’être considéré comme une menace. Dans le domaine de l’activité physique, quelques premières études soulignent la part non négligeable du plaisir dans une pratique continue (musculation, rugby). Or aucunes études n’a été menée à propos de l’AP à des fins de santé. QLD_GCB_NEWS_TUGUNAGAIN_08DEC13

N’étant pas un spécialiste de ce type de méthode, je la résume brièvement. Les sujets inclus avaient plus de 60 ans et pratiquaient une AP régulière. Les entretiens se basaient sur la vie entière. Une partie de l’échantillon (n=34) a accepté d’être pris en photo durant leur pratiques d’AP. Un second entretien d’auto confrontation face à ces photos (prises durant une séane d’activité physique ou sportive) était organisé par la suite.

Les sujets pratiquaient des AP diverses : marche, danse, cyclisme, golf…. A la suite de l’analyse des entretiens retranscrits, une typologie du plaisir durant l’AP a été proposée : le plaisir sensuel, documenté, des actions habituelles, de l’immersion.

le plaisir sensuel, « le vent dans mes cheveux »- »sentir l’herbe fraîche »

le plaisir documenté, « rapporter par écrit les kilomètres ou randonnées réalisées »

le plaisir des actions habituelles, « l’activité physique, c’est juste une part de ma vie »

le plaisir de l’immersion, « quand je pratique, j’oublie ma maladie, mes problèmes »

Les auteurs soulignent l’importance que le plaisir rapporté ne situe pas uniquement durant la pratique. Ils ajoutent que la prise de plaisir associée à l’activité physique ne semble associée à l’apparence corporelle perçue.

Cette étude très originale sur la méthode, et la thématique mène son lecteur à plusieurs réflexions.

Dans la promotion de l’activité physique et ou du sport, on utilise souvent l’argument du plaisir, or dans la réalité, durant les séances, celui-ci est rare ou tarde à se faire sentir. Cela a des explications dans la structuration des instances sportives, des attitudes positivement associées au « il faut souffrir pour réussir ».

J’ai souvent interrogé des Enseignants APA sur leurs pratiques professionnelles, et me suis rendu compte que trop peu souvent la notion de plaisir était abordée. A mon sens, mixer sécurité pratique, réponse à des objectifs personnalisés et plaisir de pratique reste un enjeu majeur pour un Enseignant en Activités Physiques Adaptées.

Cassandra Phoenix, Noreen Orr. Pleasure: A forgotten dimension of physical activity in older age. Social Science & Medicine. http://dx.doi.org/10.1016/j.socscimed.2014.06.013

Le blog ActiPhysect fête ses 4 ans d’existence !

19/06/2014

Pour fêter l’événement, voici une sélection personnelle d’articles qui méritent d’être (re)lus.

L’effet placebo, l’Acticité Physique et la santé

La fatigue perçue est elle réellement un ennemi pour l’enseignant APA ?

Activités Physiques Adaptées et thérapie cognitivo-comportementale, un duo gagnant ?

La perte de poids chez les usagers accueillis en psychiatrie, les preuves sont là !

Troubles envahissants du développement et exercice physiquemano solo

Ce blog est né durant mon travail de doctorat, je profite aussi de cet article pour diffuser le travail qui en est issu, c’est à dire mon document de thèse. Si vous portez votre intérêt sur le sevrage tabagique, l’effet de l’activité physique sur celui-ci ou sur la dépression, sur le sevrage tabagique de fumeurs dépressifs, les mécanismes expliquant les effets de l’activité physique sur la dépression… vous y trouverez des informations francophones et les références associées. Voir le mapmind du manuscrit.

Ce travail a fait l’objet de deux publications (Bernard et al., 2012, 2013) et deux autres en cours. Si vous utilisez le document, voici la façon de la citer :

Bernard Paquito. Rôles de l’activité physique dans l’arrêt du tabac de fumeurs touchés par un trouble dépressif. Thèse de doctorat en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, sous la direction du Pr Grégory Ninot et du Pr Xavier Quantin, Université de Montpellier 1.

Bernard, Ninot, G., Guillaume, S., Fond, G., Courtet, P., Picot, M., & Quantin, X. (2012). Physical Activity as a Protective Factor in Relapse Following Smoking Cessation in Participants with a Depressive Disorder. The American Journal on Addictions, 21(4), 348‑355. doi:10.1111/j.1521-0391.2012.00242.x

Bernard, P., Ninot, G., Moullec, G., Guillaume, S., Courtet, P., & Quantin, X. (2013). Smoking cessation, depression, and exercise: empirical evidence, clinical needs, and mechanisms. Nicotine & Tobacco Research: Official Journal of the Society for Research on Nicotine and Tobacco, 15(10), 1635‑1650. doi:10.1093/ntr/ntt042

Lettre ouverte aux acteurs des Activités Physiques Adaptées en France

24/05/2014

Les Activités Physiques Adaptées (APA) ont trente ans d’existence en France et sont portés par un mouvement international prenant corps avec l’International Federation Adapted Physical Activity. Il apparaît important de dresser rapidement l’état des APA en France aujourd’hui.

La formation en APA repose sur une trentaine de Licence STAPS-APA-santé et sur un nombre difficilement quantifiable de Master. Les contenus de formation semblent assez éparses et les échanges avec des jeunes professionnels de différents lieux de formation font émerger des dominantes disciplinaires fortes en fonction des lieux de formation. En termes de lisibilité des contenus de formation (quantité et qualité d’heures de stage, « spécialités » locales…), les universités ne peuvent que progresser tant les efforts dans ce sens sont pauvres par manque de volonté ou de moyens.

La professionnalisation en APA demeure, depuis quelques années, une question traitée au sein des Universités. Celle-ci semble correcte voir bonne en fonction des lieux d’études et niveau de formation. Il apparaît que les professionnels APA investissent des domaines vraiment très diversifiés. Cependant, quasi aucune information n’est disponible sur le professionnalisation des premières générations de professionnels.

La recherche en APA reste à mon sens un défi. En effet, même si celle-ci est bien vivante à travers des publications de qualité, l’avancée des années témoigne de sa parcellisation en terme d’objet d’étude et d’approche disciplinaire. De plus, sa représentation reste diffuse à travers différentes sociétés savantes internes aux STAPS (Association des Chercheurs en Activités Physiques et Sportives, Association Francophone pour la Recherche en Activité Physique et Sportive, Association Francophone en Activités Physiques Adaptées) et plus que questionnable dans le champ de la santé. Il reste difficile d’en identifier les raisons même si la réorganisation de la recherche accentue ce manque de lisibilité.

L’implantation française des APA repose donc sur un bilan mitigé. A cela vient s’ajouter, un manque de reconnaissance des professionnels, une faible présence des spécialistes des APA dans les expertises scientifiques nationales, un faible nombre de plans envisageant d’introduire les professionnels APA dans la prise en charge de populations à risques et de la méconnaissance des APA de la part du grand public.

Il me semble que le développement des APA arrive à un point de bascule. En effet, les pouvoirs publics prennent conscience du potentiel de l’activité physique pour des raisons majoritairement utilitaristes plus que scientifiques. La question de la mise au pas de l’activité physique par la santé (1) et le monde du sport est d’actualité et amène les APA à une vision réductionniste. Dans ce contexte, les acteurs des APA sont face à une sorte de pari de Pascal (2) : restons sur des positions attentistes, individuelles et uniquement corporatistes et les APA vivoteront benoîtement ici et là ou supposons que les APA peuvent réellement être portées par une expérience collective fédératrice, accompagnée des bénéficiaires et menées avec conviction et ainsi elles seront vivantes et en évolution permanente.

L’avenir des APA peut prendre différentes formes, je me risque à proposer plusieurs pistes.

Les acteurs des APA se doivent de développer un système d’échanges horizontaux et dynamiques entre l’université et les professionnels APA qui en sont issus afin de faire état de positions communes dans le domaine de l’éducation et de la santé. Ces échanges pourraient à terme nuancer cette dichotomie cultivée université/terrain. Clairement, l’établissement de pratiques professionnelles basées sur des preuves en serait une résultante forte et pérenne, mêlant à la fois connaissances factuelles et savoir-faire (3). Dans ce cadre, les outils de communication, les échanges constructifs et les projets partagés manquent.

Le regroupement des professionnels des APA est porté aujourd’hui par la Société Française des Professionnels en Activités Physiques Adaptées (SFP-APA), est ce aujourd’hui suffisant, je pense que non. La force de cette association reste de pouvoir embrasser la complexité des APA tout en tentant des les circonscrire en termes de définition et de pratiques professionnelles. Le travail de fond et de reconnaissance auprès des institutions livré par la SFP-APA ne doit pas faire oublier que nombreux sont les professionnels APA qui doivent sortir du bois. Ainsi, le développement de projets autour des activités physiques à des fins d’éducation, de santé ou de loisir repose en bonne partie sur les domaines du médico-social et des fédérations. Or ces professionnels APA semblent être les moins actifs dans la reconnaissance de leurs pratiques et compétences.

Que connaît-on aujourd’hui des pratiques d’APA au sein d’Instituts Médico-Educatifs ? Qui sait aujourd’hui le nombre de cadres qui portent des délégations locales de fédérations sportives sans que l’on sache la vraie nature de leur formation initiale ? Il est tant que ces professionnels cessent de se cacher derrières leurs acquis ou leurs postes. Ne pourrait-on pas imaginer des formes de regroupement de ces professionnels pour faire (re)connaître la qualité de prise en charge des bénéficiaires par les APA ou leurs compétences de gestion de projet à long terme. La SFP-APA offre un support vivant pour une fédéralisation de professionnels APA ayant leurs spécificités. A ce titre, y-a-t-il une profession et des métiers dans le domaine des APA ou un cœur commun et spécifique aux APA, indépendant de son emploi ?

Nombreux sont les jeunes diplômés qui se lancent dans l’aventure de entrepreneuriat par défaut ou par envie. Ces projets naissent le plus souvent d’une volonté individuelle cantonnée à une zone géographique et ou certains types d’usagers. Naïvement, je m’interroge sur la place qu’ont les usagers dans la construction et le financement de ces projets, rappelant au passage que la SFP-APA citée plus haut, a basé son logo sur les bénéficiaires des APA (symbole fort). Encore une fois, l’avenir est à la fédéralisation de ces projets à une échelle nationale mais surtout à une réflexion sur les modèles sous-tendus par le choix de la forme entrepreneuriale. Ainsi, les formes d’entreprises portées par l’économie sociale et solidaire apparaissent comme une ressource inexploitée, agglomérant salariés, usagers, collectivités, entreprises et pouvant faire jaillir des prises en charges par les APA innovantes (e.g., Société Coopérative d’Intérêt Collectif (Scic)). Les instances publiques souhaitent aujourd’hui des réponses concrètes en termes d’AP, aux professionnels des APA de les construire dans le respect de l’usager.

Des mémoires d’étudiants s’empoussièrent, les rares présentations en congrès ou journées de travail cherchent l’oubli au fond des disques durs, les sites concernant les APA comptent sur les doigts d’une main. Les alertes internet associés aux termes APA recrachent des articles de presse locale flous (4), des articles scientifiques sur-vulgarisés et des écrits produits par des médecins employant le plus souvent l’expression sans réellement la connaître. Il est clair que les acteurs des APA ont intérêt à prendre leur clavier à deux mains. L’ancienne association Association pour la Promotion des Activités Physiques et Sportives reste un modèle du genre en termes d’articles produits. Nombreux sont les professionnels qui dépensent une énergie folle à se démarquer (pour ne pas dire critiquer) d’autres corps de métier, mais regardons ce qui se passe ailleurs. Des revues francophones ont depuis longtemps émergé chez les professionnels les plus variés, à mon sens la revue e-respect (5) pourrait devenir un modèle du genre.

Écrire, écrire, écrire et présenter, des étapes incontournables pour des APA vivantes mais prenons garde aussi d’expliquer les effets et pratiques des APA dans des supports divers comme les revues d’associations de malades ou de parents, les congrès pluridisciplinaires et de valoriser les productions scientifiques anglophones avec des résumés et critiques francophones. Uniquement les écrits sont sources d’échanges et de confrontation de points de vue pour rendre compte de la complexité qui émerge lors d’études ou de prises en charges en APA. Autrement dit, l’ultra simplification de la question de prescription de l’activité physique, du « sporticament » et les amalgames nourris autour du sport-santé seraient rapidement dépassés.

(1) Lien 1

(2) « Comme je l’ai dit parfois, nous sommes en face d’une sorte de pari de Pascal : supposons que rien n’est possible, et le pire arrivera ; supposons que l’on peut améliorer les choses, alors ; peut être le fera-t-on ». N. Chomsky. Raison contre pouvoir, le pari de Pascal.

(3) Hutzler (2011). Evidence-Based Practice and Research: A Challenge to the Development of Adapted Physical Activity. Adapted Physical Activity Quarterly

(4) Lien 2

(5) http://e-respect.fr/

Ce blog n’ayant pas pour objet ce type d’écrit, je m’en sers uniquement pour favoriser une diffusion large de cette lettre et faciliter les commentaires. Les propos tenus n’engagent que son auteur.

 

L’activité physique chez les sujets BPCO post-réadaptation ?

12/05/2014

Le maintien de l’activité physique après une prise en charge dans un centre de Soins de Suite et de Réadaptation est enjeu majeur pour les sujets touchés par une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Un précédent article du blog soulignait qu’un faible niveau d’AP chez les adultes BPCO était associé à une mortalité accrue.

En effet, si pendant de nombreuses années, la recherche clinique s’est uniquement centrée sur l’identification des caractéristiques des programmes de réadaptation les plus efficaces, la problématique majeure reste les changements de comportement des patients (adhésion au traitement, gestion des symptômes et surtout l’activité physique-(AP)).

L’étude de Soicher et al. (2012) tentait d’identifier les trajectoires en terme d’AP des patients BPCO à la sortie d’un programme de réadaptation (4 semaines en centre + 8 semaines, 3 séances/sem à domicile ou en centre) (1).

Methode

Les sujets étaient encouragés tous les 2 mois par téléphone à rester actif physiquement.

L’évaluation de l’AP a été réalisée à 4,6,8 et 12 mois post-réadaptation en utilisant un questionnaire. Les chercheurs ont aussi utilisé les données initiales afin d’identifier les facteurs associés aux trajectoires identifiées.

Résultats

3 trajectoires sont identifiées : Haut niveau d’AP entre 4 et 12 mois (n=61) – Faible niveau d’AP entre 4 et 12 mois (n=114) – Haut niveau d’AP à 4 mois déclinant jusque 12 (n=31).physical activity and COPD

Les facteurs associés à ces trajectoire sont les suivants : le passé en terme d’AP, la distance au test de marche de 6 minutes et les barrières perçues à l’AP.

Discussion

Cette étude souligne les limites des effets des programmes de réadaptation sur le comportement de santé : AP à long terme. Le message est assez clair, la prise en charge par l’AP durant ces programme doit viser une augmentation des capacités fonctionnelles mais surtout aider les sujets BPCO à préparer leur changement de comportement en terme d’AP.

(un précédent article souligne cette complexité). De ce fait, la construction des équipes Activités Physiques Adaptées (APA) au sein de ces structures devrait se baser sur des Enseignants APA et sur des coordinateurs APA, formés au conseil motivationnels et à l’utilisation d’outils adaptés aux patients.

Dans une perspective plus large, cette étude illustre les besoins de formation en psychologie de la motivation des étudiants STAPS APA.

Article en accès libre.

Des règles de bonnes pratiques vers un code de déontologie des professionnels des Activités Physiques Adaptées (APA)

16/04/2014

Faute de temps, dus aux échanges riches et nombreux entre le Pr Camy et l’assemblée, la présentation intitulée : Des règles de bonnes pratiques vers un code de déontologie des professionnels des APA n’a pu être réalisée lors du CNP-APA. Le Pr Camy situait la question de la reconnaissance d’un métier, présentait ensuite les étapes d’une démarche appliquée au cas des « métiers de l’APA » et les parties prenantes qui y sont nécessairement associées. Par la suite, JM Barbin en compagnie de M Fondimbi et C Perrin ont abordé la question du référentiel métier de l’Enseignant en APA et de la méthode utilisée pour sa construction.

Dans ce contexte, la tâche m’incombait de réaliser un premier éclaircissement autours de la question de la déontologie.

Vous trouverez donc ci-dessous les diapositives de la présentation. Celles-ci ne remplaçant pas le discours, il reste important de noter les points essentiels à retenir de ce premier « travail ».

- Différencier les codes de déontologie des professionnels de santé versus autres professionnels

- Le travail en cours sur le référentiel métier peut être une base pour travailler, dans un premier temps à un ou des référentiels de bonnes pratiques dans différents domaines des APA.

- En parallèle, de la production de connaissances, de la structuration de l’offre en APA et de l’évolution législative, un travail sur des référentiels de bonnes pratiques fournira une base solide pour la construction d’un code de déontologie digne de ce nom à moyen terme.

- La totalité de ces actions participe au processus de reconnaissance des APA et des professionnels APA.

 

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LEFEBVRE (2011) Déontologie des professions médicales et de santé. Les études hospitalières.

LE DUC (2000) Déontologie de la relation à l’usager, Dunod

Corvazier & Bonjour (2008) Repères déontologiques pour les acteurs sociaux. Editions ERES

Hutzler 2007 Defining Adapted Physical Activity-International Perspectives APAQ

Bénéfices de l’activité physique dans le cadre du sevrage tabagique

26/03/2014

Le résumé d’un article paru dans le numéro de Mars 2014 du Courrier des Addictions (numéro spécial Tabac) est présenté ci-dessous. Il peut être très utile pour des Enseignants APA, des médecins et ou tabacologues.

 

Bénéfices de l’activité physique dans le cadre du sevragsport tabace tabagique

L’activité physique (AP) est un traitement adjuvant efficace pour diminuer les symptômes de sevrage tabagique.

L’activité physique (AP) se réfère à l’ensemble des mouvements corporels produits par la mise en action des muscles squelettiques, entraînant une dépense d’énergie qui varie de faible à élevée; elle inclut les loisirs, les déplacements et le travail. Au Royaume-Uni, une enquête auprès de 170 tabacologues suggère que seuls 56 % d’entre eux promeuvent l’AP durant leur consultation. De plus, leurs habitudes propres en termes d’AP sont le facteur le plus explicatif de la promotion de l’AP comme un des outils d’aide à l’arrêt du tabac. Cet article fait état des bénéfices de l’AP dans le cadre du sevrage tabagique et propose des pistes utiles aux professionnels de santé.

Point clé

L’activité physique (AP) est un traitement adjuvant efficace pour diminuer les symptômes de sevrage tabagique.

extrait

sport tabac2

Les activités physiques adaptées dans le traitement du cancer = 2 thèses + 1 journée

22/03/2014

La littérature concernant les effets de l’activité physique lors du traitement de personnes touchées par un cancer est foisonnante. A cela, vient s’ajouter des Congrès ou Journées.  Brièvement, deux thèses en accès libre qui permettront aux professionnels et étudiants de mettre à jour leurs connaissances ainsi qu’une présentation de la 12ème Journée des Activités Physiques Adaptées.japa montpellier A événement exceptionnel, invités exceptionnels, seront présents à cette journée : Clermont Simard (déjà présent pour l’édition 2012 et énorme source de réflexion) et Jean-Claude De Potter.

L’Activité Physique Adaptée en sénologie : des preuves scientifiques à la mise en œuvre de programmes auprès des patientes atteintes de cancer du sein.

Aude-Marie Foucaut, Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport EA647, Université de Lyon.

En 2 lignes, une thèse qui traite de la réduction des risques de santé, de l’effet et du coût-efficacité d’un programme d’activités physiques adaptées dans le domaine du cancer : INCONTOURNABLE !!!.

Résumé :

La littérature apporte de plus en plus de preuves du bénéfice de la pratique d’une activité physique dans le cadre des préventions secondaire et tertiaire du cancer du sein, cancer le plus fréquent chez la femme. Ces travaux de thèse sont nés de la collaboration entre une équipe experte de la prise en charge clinique et de la nutrition de patients atteints de cancer (Centre de Lutte contre le Cancer Léon Bérard de Lyon) et une équipe experte de l’activité physique (Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport EA647). Cette approche « recherche-action » a permis d’implanter des programmes novateurs d’activité physique adaptée (APA) auprès des patientes atteintes de cancer du sein et ce, de manière concomitante aux traitements adjuvants. Les programmes d’APA complétés d’une prise en charge diététique apparaissent comme un moyen faisable et peu coûteux de lutter contre les facteurs reconnus de mauvais pronostic que sont la prise de poids, les risques métaboliques, mais aussi la problématique de l’inactivité physique et de la sédentarité qui s’installent dès le diagnostic de la maladie. Les résultats originaux de ce travail de thèse fournissent des avancées importantes pour promouvoir l’intégration de l’APA en tant que soin de support des patients atteints de cancer, tout au long des traitements et dans la phase de réhabilitation. Ces travaux permettent de fixer les modalités de prise en charge de ce public spécifique, mettant à disposition des professionnels du secteur un panel de connaissances scientifiques et pratiques. Ils démontrent ainsi la compatibilité et l’applicabilité directe de la recherche en milieu professionnel.

Effets de l’activité physique adaptée sur la fonction aérobie et la fatigue chez des patientes atteintes d’un cancer du sein en situation adjuvante et néo-adjuvante

Thibault CORNETTE, Université de Limoges, 2013

Résumé :

Objectifs. Le but de cette étude est d’évaluer la fonction cardio-pulmonaire mesurée par la VO2pic dans le cancer du sein avant un traitement (CT-RT) et après la réalisation d’un programme d’activité physique adaptée (APA). Méthodes. Le bras A (entraînement en endurance et résistance) et le bras B (groupe contrôle). Cette étude inclus 3 temps d’évaluation. (T0 : avant CT-RT) ; T1 (semaine 27) and T2 : évaluation finale à 54 semaines). Les examens réalisés sont une épreuve d’effort cardio-pulmonaire évaluant la VO2pic, un test de marche de 6 min 5TM6), des tests de la force musculaire, des explorations fonctionnelles respiratoires, l’évaluation de l’activité physique à l’aide du questionnaire IPAQ, de la fatigue (MFI 20), qualité de vie (EORTC QLQ-C30), de l’anxiété et de la dépression (HADS) et pour finir une évaluation de la composition corporelle. Résultats. Entre juin 2012 et juin 2013 44 patientes ont été incluses dans l’étude. A T0, la moyenne d’âge était de 52,3 ± 11,7 ans pour le bras A et de 48,8 ±8 pour le bras B. Avant traitement la VO2pic était de 22,5 ± 4,4 ml.kg-1.min-1pour le bras A et de 23,4 ± 5,1 ml.min-1kg-1 pour le bras B. Après traitement, en analyse par intention de traiter, la différence entre nos 2 groupes était de 2,3 ml.min-1kg-1, alors qu’en analyse per-protocole cette différence est de 3,49 ml.min-1kg-1 et est significative. La distance de marche s’améliore de 21,75 ± 7,15 m pour le bras A (P=.016) et diminue de 9,54 ± 6,82 m pour le bras B (P=.0,43). Conclusions. Notre étude a réussi à prouver qu’un entraînement individualisé et à domicile est faisable et sûr pour des patientes atteintes d’un cancer du sein en situation adjuvante ou néoadjuvante.

Pour conclure, la 12ème Journée des Activités Physiques Adaptées, le Jeudi 10 Avril 2014 à Montpellier, a pour thème :

« Une vie physiquement active pendant et après le cancer,

comment et avec quels professionnels spécialement formés ? »

Programme

1ère conférence :  3ème plan cancer : l’activité physique comme soin de support.

Le 4 février dernier, Le Président de la république, Mr François Hollande a présenté le 3ème plan cancer. Il a rappelé l’importance d’une prise en charge globale pour les personnes touchées par le cancer. Le but, préserver au maximum l’autonomie, la continuité et la qualité de vie des personnes pendant, mais aussi après la période du traitement. Les bénéfices reconnus de l’Activité Physique peuvent être une solution à apporter pour atteindre ces objectifs.

En effet, il est clairement établi que l’Activité Physique a des bienfaits sur la santé physique, psychique et sociale mais surtout, est bénéfique pour la prévention de pathologies chroniques. Dans ce contexte, une fois les bases du cancer posées (définition, prévalence, étiologie…) il s’agira durant cette conférence, d’identifier les effets de l’AP sur les dimensions bio-psycho-sociales au regard des besoins de ces personnes. Enfin, suite aux recommandations du troisième plan cancer, 2014 – 2019, la question sera de savoir si ces dernières prennent véritablement en considération les éléments qui auront été évoqués en amont.

9h30 : Mécanismes et fonctionnement d’une maladie hétérogène. William Jacot, oncologue, Institut du Cancer de Montpellier (ICM).

9h45 : Bénéfices de la pratique d’activité physique sur les dimensions bio-psycho-sociales des personnes atteintes d’un cancer. Florence Cousson-Gélie, Professeur en psychologie, Directrice d’Epidaure – Pôle Prévention de l’ICM, Montpellier.

10h : « La vie pendant et après le cancer » : recommandations du troisième plan 2014-2019.

10h15 : Table ronde

  • Aude Marie Foucaut, Docteur en STAPS, responsable de la commission cancer SFP-APA,  Lyon.

  • Claude Jeandel, Professeur gérontologue, co-directeur de l’Unité de Coordination en Oncogériatrie du Languedoc- Roussillon.

10h45 : Pause

2ème conférence :  L’Enseignant en Activité Physique Adaptée acteur dans la prise en charge ? Exemples de dispositifs interdisciplinaires.

L’Activité Physique Adaptée est une pratique encadrée par un professionnel spécialement formé de niveau Licence, Master ou Doctorat. Ce professionnel prend en charge un public à besoin spécifique par l’intermédiaire des Activités Physiques et Sportives dans un objectif de santé, de participation sociale et de maintien de l’autonomie.  En soit, selon la définition du Pr. J-C De Potter, pionnier des APA en Europe,  l’APA peut se définir comme « tout mouvement, activité physique et sport, essentiellement basé sur les aptitudes et les motivations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires». Ainsi, l’objectif de cette seconde conférence est de promouvoir les initiatives en APA et Oncologie. Bien plus que de présenter des programmes APA, nous souhaitons valoriser l’interdisciplinarité. Autrement dit, nous souhaitons via le discours d’Enseignants en APA associés à d’autres professionnels de santé, monter l’intérêt de l’interdisciplinarité dans la prise en charge du cancer. Egalement, le témoignage d’usagers pourra rendre compte de leurs expériences.

11h15 : Présentation de la formation APA et du DU APA et cancérologie, Betty Mercier, maître de conférences à l’UM1, Montpellier

11h25 : APA et soutien psychologique en milieu associatif. Marie-Morgane Le Berre, enseignante en APA et Alain Andreu, responsable du pôle soutien psychologique, Association Etincelle LR, rester femme avec un cancer.

11h30 : L’APA dans un service oncopédiatrique.Ghislain Quai, Enseignant en APA & Pr Nicolas Sirvent, Chef du service onco-hémato-pédiatrie CHU Arnaud de Villeneuve.Entreprise de prestation d’APA, V@si.

11h35: L’APA et la Rééducation à l’Institut Régional du Cancer de Montpellier (ICM).

11h40 : Témoignage d’un usager de ces prestations.

11h50 : Table ronde

12h40 : Conclusion de la matinée, Monsieur le professeur émérite, Jean-Claude De Potter, pionnier des APA en Europe, Bruxelles.

En conclusion, l’objectif des débats et conférences de la matinée sera de contribuer au développement et à l’utilisation de l’activité physique adaptée (APA) en tant que pratique physique intégrée dans le parcours de vie de personnes atteintes d’un cancer. Durant les deux temps fort de la matinée, Il s’agira, à travers la définition de la maladie et de ses retentissements bio-psycho-sociaux de comprendre quels sont les intérêts et les limites de la pratique. De plus, en cohésion avec l’actualité politique, nous tenterons de faire le lien entre les recommandations du plan cancer du 4 février dernier et les programmes APA/oncologie existants. Une attention particulière sera donnée aux actions régionales.

13h : Repas

14h – 17h : Ouverture du 2nd salon des APA au Palais des Sports de Veyrassi

L’objectif sera de contribuer à la formation et la professionnalisation des étudiants de la filière APA au moyen d’un salon regroupant une cinquantaine de stands, des animations et des mini-conférences autour du thème de l’activité physique, de la santé et de l’insertion sociale. Véritable temps fort de la journée, l’ouverture du second salon des APA permettra de montrer notamment le dynamisme et la capacité des diplômés STAPS/APA à développer des sociétés de service innovantes en réponse aux besoins sociétaux en matière de santé.

17h15 : Retour sur les conclusions du 1er Congrès national des Professionnels en APA, Bobigny 4 avril 2014.

17h45 : Cérémonie de remise des diplômes de la Promotion Clermont Simard, Master RAPA et GESAPPA  2012/ 2013.

Une nouvelle fois, Mr Clermont Simard, Professeur émérite des sciences de l’éducation au Québec, pionnier des APA, nous fera l’honneur de son déplacement. Pour remettre les diplômes à la promotion sortante qu’il parraine, il sera accompagné de Mr le Professeur, Philippe Augé, Président de L’Université Montpellier 1, de Mr le Professeur Didier Delignières, Directeur de l’UFR STAPS, de Mr le Professeur Alain Varray, responsable du département Activité Physique Adaptée et de tous les enseignants de la formation ainsi que certain membres de la gouvernance de l’UM1.

18h30 : Synthèse de la journée et Allocution de clôture.

19h : Ouverture du Cocktail.

Pour ceux qui ne connaissent pas le JAPA:

Comment l’activité physique pourrait diminuer la fatigue dans le domaine du cancer ?

20/03/2014

Suite et fin de la série « Cancer ».

Après avoir décrit plusieurs paramètres dits « psychologiques » associés à la pratique d’activité physique (AP), cet article traite d’une étude explorant des mécanismes psychologiques expliquant potentiellement l’effet de l’AP sur la fatigue chez des personnes malades (i.e., 2 échantillons : traitées pour un cancer du sein (CS) et sclérose en plaques (SEP) 1.

picture113Les auteurs émettent l’hypothèse suivante : l’AP aurait un effet direct sur le niveau de d’Efficacité personnelle et un effet indirect sur la fatigue à travers l’Efficacité personnelle et la dépression.

En terme de méthode, il testent leur hypothèse sur les 2 échantillons, le 1er dans le cadre du cancer du sein (CS), plan d’analyse transversal ; le second avec les sujets touchés par une SEP, plan d’analyse longitudinal (+6mois). McAuley et al. (2010) mesurent par auto-questionnaire les concepts soulignés dans l’hypothèse. Ceux-ci ne sont pas strictement les mêmes dans les 2 échantillons, et l’AP est mesurée objectivement avec les patients SEP.

L’hypothèse est vérifiée avec les sujets CS. En revanche, les analyses sur les données mesurées à t+6mois suggèrent une validation partielle de l’hypothèse. Une augmentation de l’AP influence négativement le niveau de fatigue à 6 mois (schéma B).

cancer sein dépression

multiple sclerosis ans physical activity

Ces résultats soulignent qu’une attention accrue sur l’Efficacité personnelle des sujets touchés par un CS ou une SEP lors d’une prise en charge en activité physique peut majorer les effets de l’AP sur la fatigue.

Concrètement, connaître les sources de l’Efficacité personnelle (déjà présentées dans le blog) afin de les utiliser lors de l’encadrement de séances et ou la rédaction de documents, sites pourraient avoir un effet de majoration des bénéfices de l’AP.

Pour aller plus loin, lire le mémoire de M.Artigusse intitulé : Effet d’un programme en activités physiques adaptées sur le sentiment d’efficacité collective à l’activité physique chez des personnes touchées par des troubles psychiatriques sévères : Étude basée sur les sources du sentiment d’efficacité collective (2012).

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