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Des règles de bonnes pratiques vers un code de déontologie des professionnels des Activités Physiques Adaptées (APA)

16/04/2014

Faute de temps, dus aux échanges riches et nombreux entre le Pr Camy et l’assemblée, la présentation intitulée : Des règles de bonnes pratiques vers un code de déontologie des professionnels des APA n’a pu être réalisée lors du CNP-APA. Le Pr Camy situait la question de la reconnaissance d’un métier, présentait ensuite les étapes d’une démarche appliquée au cas des « métiers de l’APA » et les parties prenantes qui y sont nécessairement associées. Par la suite, JM Barbin en compagnie de M Fondimbi et C Perrin ont abordé la question du référentiel métier de l’Enseignant en APA et de la méthode utilisée pour sa construction.

Dans ce contexte, la tâche m’incombait de réaliser un premier éclaircissement autours de la question de la déontologie.

Vous trouverez donc ci-dessous les diapositives de la présentation. Celles-ci ne remplaçant pas le discours, il reste important de noter les points essentiels à retenir de ce premier « travail ».

- Différencier les codes de déontologie des professionnels de santé versus autres professionnels

- Le travail en cours sur le référentiel métier peut être une base pour travailler, dans un premier temps à un ou des référentiels de bonnes pratiques dans différents domaines des APA.

- En parallèle, de la production de connaissances, de la structuration de l’offre en APA et de l’évolution législative, un travail sur des référentiels de bonnes pratiques fournira une base solide pour la construction d’un code de déontologie digne de ce nom à moyen terme.

- La totalité de ces actions participe au processus de reconnaissance des APA et des professionnels APA.

 

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LEFEBVRE (2011) Déontologie des professions médicales et de santé. Les études hospitalières.

LE DUC (2000) Déontologie de la relation à l’usager, Dunod

Corvazier & Bonjour (2008) Repères déontologiques pour les acteurs sociaux. Editions ERES

Hutzler 2007 Defining Adapted Physical Activity-International Perspectives APAQ

Bénéfices de l’activité physique dans le cadre du sevrage tabagique

26/03/2014

Le résumé d’un article paru dans le numéro de Mars 2014 du Courrier des Addictions (numéro spécial Tabac) est présenté ci-dessous. Il peut être très utile pour des Enseignants APA, des médecins et ou tabacologues.

 

Bénéfices de l’activité physique dans le cadre du sevragsport tabace tabagique

L’activité physique (AP) est un traitement adjuvant efficace pour diminuer les symptômes de sevrage tabagique.

L’activité physique (AP) se réfère à l’ensemble des mouvements corporels produits par la mise en action des muscles squelettiques, entraînant une dépense d’énergie qui varie de faible à élevée; elle inclut les loisirs, les déplacements et le travail. Au Royaume-Uni, une enquête auprès de 170 tabacologues suggère que seuls 56 % d’entre eux promeuvent l’AP durant leur consultation. De plus, leurs habitudes propres en termes d’AP sont le facteur le plus explicatif de la promotion de l’AP comme un des outils d’aide à l’arrêt du tabac. Cet article fait état des bénéfices de l’AP dans le cadre du sevrage tabagique et propose des pistes utiles aux professionnels de santé.

Point clé

L’activité physique (AP) est un traitement adjuvant efficace pour diminuer les symptômes de sevrage tabagique.

extrait

sport tabac2

Les activités physiques adaptées dans le traitement du cancer = 2 thèses + 1 journée

22/03/2014

La littérature concernant les effets de l’activité physique lors du traitement de personnes touchées par un cancer est foisonnante. A cela, vient s’ajouter des Congrès ou Journées.  Brièvement, deux thèses en accès libre qui permettront aux professionnels et étudiants de mettre à jour leurs connaissances ainsi qu’une présentation de la 12ème Journée des Activités Physiques Adaptées.japa montpellier A événement exceptionnel, invités exceptionnels, seront présents à cette journée : Clermont Simard (déjà présent pour l’édition 2012 et énorme source de réflexion) et Jean-Claude De Potter.

L’Activité Physique Adaptée en sénologie : des preuves scientifiques à la mise en œuvre de programmes auprès des patientes atteintes de cancer du sein.

Aude-Marie Foucaut, Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport EA647, Université de Lyon.

En 2 lignes, une thèse qui traite de la réduction des risques de santé, de l’effet et du coût-efficacité d’un programme d’activités physiques adaptées dans le domaine du cancer : INCONTOURNABLE !!!.

Résumé :

La littérature apporte de plus en plus de preuves du bénéfice de la pratique d’une activité physique dans le cadre des préventions secondaire et tertiaire du cancer du sein, cancer le plus fréquent chez la femme. Ces travaux de thèse sont nés de la collaboration entre une équipe experte de la prise en charge clinique et de la nutrition de patients atteints de cancer (Centre de Lutte contre le Cancer Léon Bérard de Lyon) et une équipe experte de l’activité physique (Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport EA647). Cette approche « recherche-action » a permis d’implanter des programmes novateurs d’activité physique adaptée (APA) auprès des patientes atteintes de cancer du sein et ce, de manière concomitante aux traitements adjuvants. Les programmes d’APA complétés d’une prise en charge diététique apparaissent comme un moyen faisable et peu coûteux de lutter contre les facteurs reconnus de mauvais pronostic que sont la prise de poids, les risques métaboliques, mais aussi la problématique de l’inactivité physique et de la sédentarité qui s’installent dès le diagnostic de la maladie. Les résultats originaux de ce travail de thèse fournissent des avancées importantes pour promouvoir l’intégration de l’APA en tant que soin de support des patients atteints de cancer, tout au long des traitements et dans la phase de réhabilitation. Ces travaux permettent de fixer les modalités de prise en charge de ce public spécifique, mettant à disposition des professionnels du secteur un panel de connaissances scientifiques et pratiques. Ils démontrent ainsi la compatibilité et l’applicabilité directe de la recherche en milieu professionnel.

Effets de l’activité physique adaptée sur la fonction aérobie et la fatigue chez des patientes atteintes d’un cancer du sein en situation adjuvante et néo-adjuvante

Thibault CORNETTE, Université de Limoges, 2013

Résumé :

Objectifs. Le but de cette étude est d’évaluer la fonction cardio-pulmonaire mesurée par la VO2pic dans le cancer du sein avant un traitement (CT-RT) et après la réalisation d’un programme d’activité physique adaptée (APA). Méthodes. Le bras A (entraînement en endurance et résistance) et le bras B (groupe contrôle). Cette étude inclus 3 temps d’évaluation. (T0 : avant CT-RT) ; T1 (semaine 27) and T2 : évaluation finale à 54 semaines). Les examens réalisés sont une épreuve d’effort cardio-pulmonaire évaluant la VO2pic, un test de marche de 6 min 5TM6), des tests de la force musculaire, des explorations fonctionnelles respiratoires, l’évaluation de l’activité physique à l’aide du questionnaire IPAQ, de la fatigue (MFI 20), qualité de vie (EORTC QLQ-C30), de l’anxiété et de la dépression (HADS) et pour finir une évaluation de la composition corporelle. Résultats. Entre juin 2012 et juin 2013 44 patientes ont été incluses dans l’étude. A T0, la moyenne d’âge était de 52,3 ± 11,7 ans pour le bras A et de 48,8 ±8 pour le bras B. Avant traitement la VO2pic était de 22,5 ± 4,4 ml.kg-1.min-1pour le bras A et de 23,4 ± 5,1 ml.min-1kg-1 pour le bras B. Après traitement, en analyse par intention de traiter, la différence entre nos 2 groupes était de 2,3 ml.min-1kg-1, alors qu’en analyse per-protocole cette différence est de 3,49 ml.min-1kg-1 et est significative. La distance de marche s’améliore de 21,75 ± 7,15 m pour le bras A (P=.016) et diminue de 9,54 ± 6,82 m pour le bras B (P=.0,43). Conclusions. Notre étude a réussi à prouver qu’un entraînement individualisé et à domicile est faisable et sûr pour des patientes atteintes d’un cancer du sein en situation adjuvante ou néoadjuvante.

Pour conclure, la 12ème Journée des Activités Physiques Adaptées, le Jeudi 10 Avril 2014 à Montpellier, a pour thème :

« Une vie physiquement active pendant et après le cancer,

comment et avec quels professionnels spécialement formés ? »

Programme

1ère conférence :  3ème plan cancer : l’activité physique comme soin de support.

Le 4 février dernier, Le Président de la république, Mr François Hollande a présenté le 3ème plan cancer. Il a rappelé l’importance d’une prise en charge globale pour les personnes touchées par le cancer. Le but, préserver au maximum l’autonomie, la continuité et la qualité de vie des personnes pendant, mais aussi après la période du traitement. Les bénéfices reconnus de l’Activité Physique peuvent être une solution à apporter pour atteindre ces objectifs.

En effet, il est clairement établi que l’Activité Physique a des bienfaits sur la santé physique, psychique et sociale mais surtout, est bénéfique pour la prévention de pathologies chroniques. Dans ce contexte, une fois les bases du cancer posées (définition, prévalence, étiologie…) il s’agira durant cette conférence, d’identifier les effets de l’AP sur les dimensions bio-psycho-sociales au regard des besoins de ces personnes. Enfin, suite aux recommandations du troisième plan cancer, 2014 – 2019, la question sera de savoir si ces dernières prennent véritablement en considération les éléments qui auront été évoqués en amont.

9h30 : Mécanismes et fonctionnement d’une maladie hétérogène. William Jacot, oncologue, Institut du Cancer de Montpellier (ICM).

9h45 : Bénéfices de la pratique d’activité physique sur les dimensions bio-psycho-sociales des personnes atteintes d’un cancer. Florence Cousson-Gélie, Professeur en psychologie, Directrice d’Epidaure – Pôle Prévention de l’ICM, Montpellier.

10h : « La vie pendant et après le cancer » : recommandations du troisième plan 2014-2019.

10h15 : Table ronde

  • Aude Marie Foucaut, Docteur en STAPS, responsable de la commission cancer SFP-APA,  Lyon.

  • Claude Jeandel, Professeur gérontologue, co-directeur de l’Unité de Coordination en Oncogériatrie du Languedoc- Roussillon.

10h45 : Pause

2ème conférence :  L’Enseignant en Activité Physique Adaptée acteur dans la prise en charge ? Exemples de dispositifs interdisciplinaires.

L’Activité Physique Adaptée est une pratique encadrée par un professionnel spécialement formé de niveau Licence, Master ou Doctorat. Ce professionnel prend en charge un public à besoin spécifique par l’intermédiaire des Activités Physiques et Sportives dans un objectif de santé, de participation sociale et de maintien de l’autonomie.  En soit, selon la définition du Pr. J-C De Potter, pionnier des APA en Europe,  l’APA peut se définir comme « tout mouvement, activité physique et sport, essentiellement basé sur les aptitudes et les motivations des personnes ayant des besoins spécifiques qui les empêchent de pratiquer dans des conditions ordinaires». Ainsi, l’objectif de cette seconde conférence est de promouvoir les initiatives en APA et Oncologie. Bien plus que de présenter des programmes APA, nous souhaitons valoriser l’interdisciplinarité. Autrement dit, nous souhaitons via le discours d’Enseignants en APA associés à d’autres professionnels de santé, monter l’intérêt de l’interdisciplinarité dans la prise en charge du cancer. Egalement, le témoignage d’usagers pourra rendre compte de leurs expériences.

11h15 : Présentation de la formation APA et du DU APA et cancérologie, Betty Mercier, maître de conférences à l’UM1, Montpellier

11h25 : APA et soutien psychologique en milieu associatif. Marie-Morgane Le Berre, enseignante en APA et Alain Andreu, responsable du pôle soutien psychologique, Association Etincelle LR, rester femme avec un cancer.

11h30 : L’APA dans un service oncopédiatrique.Ghislain Quai, Enseignant en APA & Pr Nicolas Sirvent, Chef du service onco-hémato-pédiatrie CHU Arnaud de Villeneuve.Entreprise de prestation d’APA, V@si.

11h35: L’APA et la Rééducation à l’Institut Régional du Cancer de Montpellier (ICM).

11h40 : Témoignage d’un usager de ces prestations.

11h50 : Table ronde

12h40 : Conclusion de la matinée, Monsieur le professeur émérite, Jean-Claude De Potter, pionnier des APA en Europe, Bruxelles.

En conclusion, l’objectif des débats et conférences de la matinée sera de contribuer au développement et à l’utilisation de l’activité physique adaptée (APA) en tant que pratique physique intégrée dans le parcours de vie de personnes atteintes d’un cancer. Durant les deux temps fort de la matinée, Il s’agira, à travers la définition de la maladie et de ses retentissements bio-psycho-sociaux de comprendre quels sont les intérêts et les limites de la pratique. De plus, en cohésion avec l’actualité politique, nous tenterons de faire le lien entre les recommandations du plan cancer du 4 février dernier et les programmes APA/oncologie existants. Une attention particulière sera donnée aux actions régionales.

13h : Repas

14h – 17h : Ouverture du 2nd salon des APA au Palais des Sports de Veyrassi

L’objectif sera de contribuer à la formation et la professionnalisation des étudiants de la filière APA au moyen d’un salon regroupant une cinquantaine de stands, des animations et des mini-conférences autour du thème de l’activité physique, de la santé et de l’insertion sociale. Véritable temps fort de la journée, l’ouverture du second salon des APA permettra de montrer notamment le dynamisme et la capacité des diplômés STAPS/APA à développer des sociétés de service innovantes en réponse aux besoins sociétaux en matière de santé.

17h15 : Retour sur les conclusions du 1er Congrès national des Professionnels en APA, Bobigny 4 avril 2014.

17h45 : Cérémonie de remise des diplômes de la Promotion Clermont Simard, Master RAPA et GESAPPA  2012/ 2013.

Une nouvelle fois, Mr Clermont Simard, Professeur émérite des sciences de l’éducation au Québec, pionnier des APA, nous fera l’honneur de son déplacement. Pour remettre les diplômes à la promotion sortante qu’il parraine, il sera accompagné de Mr le Professeur, Philippe Augé, Président de L’Université Montpellier 1, de Mr le Professeur Didier Delignières, Directeur de l’UFR STAPS, de Mr le Professeur Alain Varray, responsable du département Activité Physique Adaptée et de tous les enseignants de la formation ainsi que certain membres de la gouvernance de l’UM1.

18h30 : Synthèse de la journée et Allocution de clôture.

19h : Ouverture du Cocktail.

Pour ceux qui ne connaissent pas le JAPA:

Comment l’activité physique pourrait diminuer la fatigue dans le domaine du cancer ?

20/03/2014

Suite et fin de la série « Cancer ».

Après avoir décrit plusieurs paramètres dits « psychologiques » associés à la pratique d’activité physique (AP), cet article traite d’une étude explorant des mécanismes psychologiques expliquant potentiellement l’effet de l’AP sur la fatigue chez des personnes malades (i.e., 2 échantillons : traitées pour un cancer du sein (CS) et sclérose en plaques (SEP) 1.

picture113Les auteurs émettent l’hypothèse suivante : l’AP aurait un effet direct sur le niveau de d’Efficacité personnelle et un effet indirect sur la fatigue à travers l’Efficacité personnelle et la dépression.

En terme de méthode, il testent leur hypothèse sur les 2 échantillons, le 1er dans le cadre du cancer du sein (CS), plan d’analyse transversal ; le second avec les sujets touchés par une SEP, plan d’analyse longitudinal (+6mois). McAuley et al. (2010) mesurent par auto-questionnaire les concepts soulignés dans l’hypothèse. Ceux-ci ne sont pas strictement les mêmes dans les 2 échantillons, et l’AP est mesurée objectivement avec les patients SEP.

L’hypothèse est vérifiée avec les sujets CS. En revanche, les analyses sur les données mesurées à t+6mois suggèrent une validation partielle de l’hypothèse. Une augmentation de l’AP influence négativement le niveau de fatigue à 6 mois (schéma B).

cancer sein dépression

multiple sclerosis ans physical activity

Ces résultats soulignent qu’une attention accrue sur l’Efficacité personnelle des sujets touchés par un CS ou une SEP lors d’une prise en charge en activité physique peut majorer les effets de l’AP sur la fatigue.

Concrètement, connaître les sources de l’Efficacité personnelle (déjà présentées dans le blog) afin de les utiliser lors de l’encadrement de séances et ou la rédaction de documents, sites pourraient avoir un effet de majoration des bénéfices de l’AP.

Pour aller plus loin, lire le mémoire de M.Artigusse intitulé : Effet d’un programme en activités physiques adaptées sur le sentiment d’efficacité collective à l’activité physique chez des personnes touchées par des troubles psychiatriques sévères : Étude basée sur les sources du sentiment d’efficacité collective (2012).

Congrès National des Professionnels des Activités Physiques Adaptées: Envoyez le programme !

02/03/2014

Le Congrès National des Professionnels des Activités Physiques Adaptées a mis en ligne son programme.

Voici un extrait :

8h30 – 8h45 Quelles sont les modalités d’installation en libéral pour un professionnel en APA ? Résultats d’expérienceaffiche CNP-APA

11h15 – 12h00 : Conférence débat : APA et Cancer

L’activité physique en prévention secondaire et tertiaire du cancer : effets et recommandations actuelles (15min)

14h30 – 15h15 : Conférence débat : APA et Troubles psychiatriques

 De la santé mentale aux troubles psychiatriques : quelles APA pour quels effets ? (15min)

Comment motiver les patients psychotiques à la pratique des APA au sein d’un service hospitalier ? (20min), Célia Boursier, UHP Centre Hospitalier de l’Agglomération Montargoise

16h30-17h00 : « Quelle démarche pour faire reconnaître les métiers de l’APA ? »

Consultable intégralement ou en version courte.

J-15 pour les meilleurs tarifs d’inscription !

Pourquoi les personnes traitées pour un cancer font (ou pas) de l’activité physique ? (3)

23/02/2014

L’essai randomisé contrôlé « Group Psychotherapy and Home-Based Physical Exercise (GROUP–HOPE) » (1) a fait l’objet d’un sous-investigation. L’étude Group-Hope incluait différents types de participants en terme de cancers diagnostiqués (2). Ainsi, Courney et al. ont souhaité déterminer les facteurs associés à l’adhésion au programme d’activité physique (AP) pour le groupe expérimental. En parallèle, une seconde analyse a été menée afin d’examiner aussi les facteurs associés à la contamination.

die antwoordL’adhésion à une intervention en AP peut être définie comme le degrés avec lequel une personne va suivre les indications concernant ce même programme (e.g., venir aux séances, pratiquer 2 fois par semaine en autonomie…). Dans le domaine du cancer, un taux d’adhésion supérieur à 65 % est considéré comme bon (3).

La contamination représente le taux de participants du groupe contrôle réalisant de l’AP en autonomie en dépit du fait qu’ils soient dans le groupe contrôle. Le taux de contamination dans des essais sur le cancer du sein peut varier de 22 à 55 % (4).

Les facteurs explicatifs testés rassemblaient ceux présentés dans les 2 précédents articles du blog 1 et 2 : personnalité, variables de la Théorie du comportement planifié, antécédents en terme d’AP… Les auteurs sélectionnaient les facteurs à la suite d’une analyse de corrélation puis intégraient ces facteurs dans une régression linéaire descendante.

RÉSULTATS: L’adhésion à l’intervention en AP (n = 51) étaient associée au genre (β = .38, p < .01), au niveau d’extraversion (β = .30, p < .05), aux croyances normatives (β = –.27, p< .05), et au contrôle comportemental perçu (β = .23, p < .10). Les facteurs associés à la contamination dans le groupe contrôle (n = 45) étaient : antécédents en terme d’AP (β = .70, p < .001), le genre (β = .20, p =.042), et l’intention (β = .17, p = .082).  Dans les deux cas, des variables ont un niveau de significativeté > à 0.05.

Ces résultats suggèrent que les variables comme le genre féminin, les antécédents d’AP influencent la participation à l’AP. En ce sens, ils restent importants à prendre en compte lors d’une pratique d’Activité Physiques Adaptée. De plus, pour les professionnels-étudiants qui s’intéressent aux essais cliniques concernant l’AP dans le domaine du cancer, il apparaît essentiel de s’interroger à chaque lecture à cet effet de contamination. Lorsque celui-ci est élevé, on peut penser que les résultats (significatifs) obtenus peuvent être minorés.roger ballen

Il en va de même dans les essais développant des interventions d’AP d’intensité élevée et ou avec une fréquence elle-aussi élevée, de s’interroger sur l’adhésion des participants à ce type d’étude. On peut obtenir un super résultat sur la VO2max par exemple, mais si 20 % des sujets sont venus à toutes les séances, comment interpréter les résultats ???

1. Courneya KS, Friedenreich CM, Sela RA, Quinney HA, Rhodes RE, Handman M. The group psychotherapy and home-based physical exercise (group-hope) trial in cancer survivors: physical fitness and quality of life outcomes. Psychooncology. juin 2003;12(4):357‑374.

2. Courneya KS, Friedenreich CM, Sela RA, Quinney HA, Rhodes RE. Correlates of adherence and contamination in a randomized controlled trial of exercise in cancer survivors: An application of the theory of planned behavior and the five factor model of personality. Ann Behav Med. 1 nov 2002;24(4):257‑268.

3. Carayol M, Bernard P, Boiché J, Riou F, Mercier B, Cousson-Gélie F, et al. Psychological effect of exercise in women with breast cancer receiving adjuvant therapy: what is the optimal dose needed? Ann Oncol. 2 janv 2013;24(2):291‑300.

4. Mock V, Pickett M, Ropka ME, Muscari Lin E, Stewart KJ, Rhodes VA, et al. Fatigue and quality of life outcomes of exercise during cancer treatment. Cancer Pract. juin 2001;9(3):119‑127.

Pourquoi les personnes traitées pour un cancer font (ou pas) de l’activité physique ? (2)

13/02/2014

Dans la suite du précédent article, examinons aujourd’hui une étude de Courneya et al. (2009) (1). Celle-ci explore les facteurs prédicteurs de l’activité physique (AP) 6 mois après avoir participé à un programme d’AP (étude START) (2) durant un traitement par chimiothérapie chez des femmes traitées pour un cancer du sein.

Brièvement, l’essai clinique START comparait un programme d’AP aérobie supervisé (n=82), versus AP de renforcement musculaire (n=82) versus soins courants (n=78). Les sujets étaient évalués pré-post-intervention puis recontacter par questionnaire 6 mois après la fin de leur programme.  Les auteurs souhaitaient identifier les facteurs les plus associés à un pratique d’AP répondant aux recommandations, soit en terme d’AP aérobie, d’endurance ou les deux.

Théorie Comportment PlannifiéLes potentiels prédicteurs étaient les suivants :

Démographiques (i.e., age, statut marital, niveau scolaire, revenus, emploi)

Médicaux (i.e., stade du cancer, type de chirurgie, type de chimiothérapie, durée, dose)

Comportementaux (statut tabagique, niveau d’AP précédent l’étude)

Condition physique* (Vo2pic, (IMC)

Psychologiques* (qualité de vie spécifique au cancer, fatigue perçue, estime de soi, dépression, anxiété)

Motivationnels (basé sur la Théorie du Comportement Planifié : motivation, contrôle perçu, attitude instrumentale, attitude affective, norme subjective) (3) (plus d’info ici). La mesure d’AP à 6 mois était auto-rapportée à l’aide du questionnaire de Godin modifié.

Résultats

83 % des participantes ont répondu à 6 mois. 42 % des sujets avaient un niveau d’AP inférieur aux recommandations.

Les analyses multivariées ont identifiées 7 variables explicatives de l’AP à 6 mois : un jeune age, un niveau de pratique d’AP suffisant pré-intervention, une chirurgie conservatrice, l’amélioration de la force, une fatigue perçue faible en fin d’intervention, une attitude positive augmentée et un IMC plus faible.

Discussion

De part l’ensemble et la nature des variables prises en compte, cette étude reste réellement pertinente. Les résultats soulignent les impacts de facteurs dits non modifiables (e.g., niveau de pratique d’AP suffisant pré-intervention), d’autres réellement associés à l’AP (e.g., le gain de force) et d’autres plus associé à une caractéristique individuelle et ou une modifiée par l’intervention (e.g., l’attitude).ballen

Mais le plus grand intérêt de ce type d’investigation réside dans les variables non prédictives. Ainsi, la dépression, la qualité de vie, la VO2 pic ne semblent pas associés à l’AP. Dans ce cadre, cette étude amène à une réflexion sur les réels objectifs d’un programme d’AP durant un traitement pour le cancer. Point de vue physiologiste versus psychologique ? Ou doit-on absolument obtenir un gain de force, de VO2 ou de la qualité de vie ?

Ma réponse, les deux !!! En effet, une (sur)interprétation de ces résultats amènent à penser qu’une prise en charge par un Enseignant en Activités Physiques Adaptées en Oncologie doit réellement permettre aux patients une amélioration de sa condition physique ainsi que lui apporter une aide pour identifier ses ressources psychologiques/environnementales à la pratique d’AP. Cela nécessite une approche complexe du patient, des ressources pédagogiques importantes de la part de l’EAPA, et des outils d’évaluation adéquats. (voir précédents articles du blog sur cette thématique ici, )

* utilisation de la différence entre sortie et l’inclusion comme valeur prédictive

 1. Courneya KS, Friedenreich CM, Reid RD, Gelmon K, Mackey JR, Ladha AB, et al. Predictors of follow-up exercise behavior 6 months after a randomized trial of exercise training during breast cancer chemotherapy. Breast Cancer Res Treat. mars 2009;114(1):179‑187.

2. Courneya KS, Segal RJ, Mackey JR, Gelmon K, Reid RD, Friedenreich CM, et al. Effects of aerobic and resistance exercise in breast cancer patients receiving adjuvant chemotherapy: a multicenter randomized controlled trial. J Clin Oncol Off J Am Soc Clin Oncol. 1 oct 2007;25(28):4396‑4404.

3. Coutu M-F, Dupuis GH, Marchand A, O’connor K, Trudel G, Bouthillier D. Adoption et maintien des habitudes comportementales saines : Recension des modeles explicatifs. Rev Francoph Clin Comport Cogn. 5(2):23‑35.

Pourquoi les personnes traitées pour un cancer font (ou pas) de l’activité physique ? (1)

06/02/2014

Ces derniers temps, les publications scientifiques aidant, l’intérêt des chercheurs, médecins, oncologues et Enseignants en Activités Physiques Adaptées (APA) s’est accru envers les personnes traités pour différents types de cancer (e.g. sein, prostate, poumon…). Ce blog a déjà traité cette thématique en 2011 et 2012.

Si la littérature anglophone (1–3) et même francophone (4) présente les effets bénéfiques et caractéristiques de l’exercice physique pour les personnes traitées pour un cancer ou en rémission, les études qui portent sur les facteurs motivationnels, individuels qui sont associés ou non à ces effets le sont moins. Lorsqu’on porte son attention sur les changements d’habitude de vie, de comportement de santé à long terme chez ses patients peu d’informations sont disponibles.

cancer et sportJ’entame ici une série d’article traitant de ces derniers points. La méthode est habituelle : présenter des articles choisis pour leur originalité et ou résultat(s).

Rhodes et al. (2001) (5) ont porté leur intérêt sur les possibles relations entre les traits de personnalité et l’intention de participer à l’activité physique au sein d’un échantillon de femmes ayant été traitées pour un cancer du sein. Le plan de l’étude était transversal et celle-ci incluait 175 sujets.

Les auteurs ont utilisé le modèle dit du « Big Five » (6), ce modèle postule de l’existence de cinq grands facteurs qui déterminent plus ou moins les traits de personnalité de chacun(e). Ces 5 traits sont présentés et définis ci-après : Extraversion (E) (implique une approche enthousiaste du monde matériel et social incluant des traits comme la sociabilité, l’action, l’affirmation de soi et les émotions positives); Agréabilité, (A) (tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres) ; Caractère consciencieux (C) (autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité ; orienté vers des buts); Névrosisme (N) (contraire de stabilité émotionnelle : tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l’inquiétude ou la dépression, vulnérabilité); Ouverture (O) (largeur, la profondeur, l’originalité et la complexité de la vie mentale et des expériences de l’individu).

Le Névrosisme est le trait associé au niveau d’intention le plus faible. L’Agréabilité et la Caractère consciencieux sont, eux, associés avec une intention ou une pratique d’activité physique déclarée. Les autres traits ne semblent pas être associés.

Cette étude était une des premières à souligner que les traits de personnalité, un déterminant individuel, peuvent un facteur explicatif de la pratique d’AP post-traitement cancer. Cette étude simple a été répliquée par la suite avec des plans d’études plus rigoureux. L’identification progressive de ces facteurs est majeure dans la compréhension des effets de l’AP, de l’adhésion/abandon aux programmes proposés, des comportements de santé post-traitement.

<!–
1. Courneya KS, Friedenreich CM. Physical Activity and Cancer: 186. 1st Edition. Springer; 2010.

2. Carayol M, Bernard P, Boiché J, Riou F, Mercier B, Cousson-Gélie F, et al. Psychological effect of exercise in women with breast cancer receiving adjuvant therapy: what is the optimal dose needed? Ann Oncol. 2 janv 2013;24(2):291‑300.

3. Courneya KS, Mackey JR, Bell GJ, Jones LW, Field CJ, Fairey AS. Randomized controlled trial of exercise training in postmenopausal breast cancer survivors: cardiopulmonary and quality of life outcomes. J Clin Oncol Off J Am Soc Clin Oncol. 1 mai 2003;21(9):1660‑1668.

4. Carayol M. Le rôle de l’activité physique dans la prévention tertiaire du cancer. J Pharm Clin. 1 mars 2013;32(1):23‑30.

5. Rhodes RE, Courneya KS, Bobick TM. Personality and exercise participation across the breast cancer experience. Psychooncology. 2001;10(5):380‑8.

6. McCrae RR, John OP. An Introduction to the Five-Factor Model and Its Applications. J Pers. 1992;60(2):175‑215.

 

 

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