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Les perceptions de la maladie prédisent le bien être psychologique et la capacité à l’effort des sujets BPCO en fin de séjour de réhabilitation.

20/09/2014

La BPCO demeure une maladie chronique occupant une place importante dans la santé publique. L’AP est reconnue comme ayant une place importante dans la diminution des symptômes et la prévention des troubles souvent associés comme la détresse psychologique. (Plusieurs articles du blog ont traités de ce sujet)

La réhabilitation des personnes BPCO est aujourd’hui bien organisée, mais la question du retour à domicile, de la dégradation des acquis (capacité à l’effort, qualité de vie…) reste un enjeu majeur pour ces patients.

artousUne étude a exploré si la perception de la maladie avant un séjour de réhabilitation prédit la condition physique et la qualité de vie en fin de séjour chez des sujets BPCO.

Les chercheurs ont évalué 96 sujets selon les critères suivants : VEMS, capacité à l’effort (test de marche de 6 minutes), anxiété et dépression (HADS), qualité de vie (SF-36) et perception de la maladie (Ilness Perception Questionnaire IPQ).

En fin de séjour, la qualité de vie n’est modifiée significativement alors que la capacité à l’effort, les symptômes anxio-dépressifs sont améliorés cliniquement.

Les régressions hiérarchiques montrent que la perceptions de la maladies à l’entrée prédisent la capacité à l’effort et le bien être psychologique (sous dimension du SF-36) en fin de séjour. Ces résultats sont obtenus après contrôles des caractéristiques socio-démographiques, psychologiques et de la sévérité de la maladie.

Cette étude suggère que les croyances envers une pathologie influencent les résultats d’une prise en charge de type réhabilitation. A ce titre, des efforts centrés sur les croyances non adaptatives devraient être fournis durant les séjours. Les psychologues et enseignants en APA ont un rôle primordial sur les croyances, particulièrement durant les séances de groupe et la pratique physique supervisée.

Article sur le même sujet (ici)

Zoecker et al. 2014. Illness perceptions predict exercise capacity and psychological well-being after pulmonary rehabilitation in COPD patients. Journal of Psychosomatic Research

Activité physique pour les adultes traités par hémodialyse : comment et pourquoi ?

12/09/2014

La revue de la FNAIR en Septembre 2013 avait publié un article sur le conseil à l’activité physique chez les patients traités par hémodialyse. Valéryane Thooris, Enseignante en Activités Physiques Adaptées présentait une étude de faisabilité basée sur le modèle en 5-A (déjà présenté dans le blog). Cet article est accessible sur le site de la SFP-APA.

Plus récemment, une revue de littérature en français a été publiée dans la revue Néphrologie & Thérapeutique : Activité physique chez les patients dialysés : comment et pourquoi l’évaluer et mettre en place un programme ?

Cette seconde lecture peut s’avérer très intéressante et complémentaire pour les Enseignants en Activités Physiques Adaptées voulant s’ouvrir à ce type de population. Un résumé en a été publié par l’auteure même sur le site de la SFP-APA.

chardon bleu des pyrénéesCe travail est bien rédigé et permet d’avoir une vue d’ensemble des possibilités et limites de la mise en place d’intervention d’activité physique. Les auteurs ciblent des outils et méthodes adéquates et précisent les place des professionnels. La seule limite réside dans l’absence d’outils d’évaluation de la motivation. Dans le futur, la mise à jour de ce type de revue basée sur des échanges entre EAPA et néphrologue pourrait s’avérer riche.

Voici quelques extraits :

Dans une enquête réalisée auprès de 505 néphrologues, Johansen et al. ont souligné que si 97 % estiment que l’AP est bénéfique pour les patients dialysés, seulement 38 % l’évaluent et 5 % ont mis en place un programme, essentiellement par manque de temps et de connaissance dans ce domaine…

Chez les patients pour qui la sédentarité est évidente, ou chez les patients a` risque, une évaluation complémentaire doit être menée par une personne compétente en AP, idéalement un enseignant en activité physique adaptée (APA), un kinésithérapeute, ou toute autre personne (néphrologue, diététicien. . .) formée à ces méthodes d’évaluation.

Les freins sont nombreux et de différents ordres. Le manque de motivation, la crainte des risques et le temps à y consacrer de la part du patient, mais surtout de l’équipe soignante, sont régulièrement mis en avant, mais les patients apparaissent plus intéressés que les néphrologues.

Thooris V. Conseils à l’activité physique chez les personnes traités par hémodialyse : étude de faisabilité. Revue FNAIR, Septembre 2013, n°135.

Kolko Labadens A, et al. Activité physique chez les patients dialysés : comment et pourquoi l’évaluer et mettre en place un programme ? Néphrologie & Thérapeutique (2014), http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2013.12.004

Payer les gens pour qu’ils bougent, cela marche ?

05/09/2014

Basé sur les principes du conditionnement opérant ou de l’économie comportementale, des études ont exploré l’efficacité de récompenses matérielles ou financières dans le domaine de la perte de poids, du sevrage tabagique ou de la prise d’un traitement.

Qu’en est-il dans le domaine de l’activité physique (AP) ?

Kelley Strohacker a publié une revue systématique à ce sujet en 2014. Dix études ont été retrouvées.

dollarsLes auteurs ne peuvent conclure clairement, car le nombre d’études est faible et celles-ci sont très hétérogènes. Les récompenses matérielles ou financèrent semblent augmenter légèrement le nombre de sessions d’AP effectués par les sujets.

Voici quelques exemples :

Chez des adultes obèses, les investigateurs rémunéraient les séances de marche : ($1 par marche pour les 25 marches, $1.50 par marche pour les 50 suivantes marches, $2 par marche f pour les 50 suivantes marches, et $3 par les autres marches) pour le groupe expérimental. Le groupe contrôle ne recevait aucune indemnités. Résultats, l’adhésion aux séances était doublée pour le groupe rémunéré mais déclinait tout de même avec le temps.

Deux études ont testé la récompense de 5km (évalué par accéléromètre) de marche par une heure de télévision chez des enfants.

Une étude testait le principe de l’accès à une loterie pour le groupe expérimental, dont les objets à gagner avait une valeur croissante avec l’avancée du programme d’AP. Aucune différence significative a été retrouvée.

Parmi les 10 études, la moyenne des prix de loterie était de 809$ (SD ±1,440.21; range, $59–2,969). pour l’argent, la moyenne des paiements hebdomadaires était de $20.75 (SD=$14.25; range, $2.80–38.10).

Cette revue de littérature offre deux perspectives. Cela permet de rappeler au lecteurs d’études interventionnelles centrées sur l’AP de toujours garder à l’esprit de rechercher dans les articles si les sujets sont rémunérés pour leur participation. Ainsi, des sujets rémunérés semblent plus adhérer, ainsi il y a souvent un écart de participation entre ces études et la réalité des l’encadrement de l’AP.

Deuxièmement, plusieurs plans nationaux abordant l’AP à des fins de santé publiques abordait la question du remboursement de séances ou de licences fédérales. A la vue des résultats de la présente revue, on peut s’interroger sur la relative efficacité de telles mesures.

Strohacker K et al. The Impact of Incentives on Exercise Behavior: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials ? Annal of Behavioral. Medicine. doi 10.1007/s12160-013-9577-4

Une autre histoire du sport, une conférence gésticulée pour réfléchir

29/08/2014

Le présent blog développe une analyse de la littérature scientifique concernant l’activité physique et la santé. La lecture continue des articles tente d’aider le lecteur à mettre en perspective les résultats scientifiques, les recommandations dans une visée de santé publique. Le plus souvent ce thème reste amalgamé avec la question du sport, des activités physiques adaptées, de la prescription. Les lecteurs, les personnes affectées par une pathologie, leurs proches s’interrogent sur les freins au développement de l’activité physique à des fins de prévention primaire, secondaire et tertiaire.

En comparaison à d’autres systèmes d’organisation du monde sportif, le système français est très pyramidale et centré sur la performance, et cela à des origines historiques.

Pour la première fois, le blog actiphysect propose la vidéo d’une conférence, appelée Conférence Gesticulée qui a pour titre : Une autre histoire du sport ou pourquoi je ne serai jamais Luis Fernandez. L’auteur y défend un point de vue critique de l’histoire du sport. Son propos ne se centre pas du tout sur la santé, mais à bien des égards cela peut aider à comprendre les différences de culture entre le sport et le monde de la prévention, la question de la pratique de compétition pour les sujets en situation de handicap, mais surtout que l’organisation du sport est avant tout politique.

L’objectif de la présentation de cette conférence est de susciter chez les visioneurs, une réflexion sur le monde du sport et de réfléchir aux impacts que cela peut avoir sur la (non) volonté réelle de développer une politique de prévention par l’activité physique mêlant tous les acteurs concernés (milieu sportif, médical, social, juridique).

Le conférencier, Anthony Pouliquen, utilise son expérience personnelle de sportif pour entamer sa conférence et conclut avec les dires d’Albert Jacquard, un penseur d’une envergure sans commune mesure.

Le plaisir – une dimension oubliée de l’activité physique chez les personnes âgées.

13/07/2014

Un article à paraître dans la revue Social Science & Medicine attiré mon attention avec le titre suivant : Le plaisir – une dimension oubliée de l’activité physique chez les personnes âgées.

Les deux chercheurs de l’Université d’Exeter (UK) ont élaboré une étude qualitative auprès de 51 sujets.

Le constat initial qui dépeignent, c’est que le plaisir est (trop) souvent associé à des comportements de santé ayant des conséquences négatives (drogues, alimentation sucrée…). Or le plaisir pourrait contribuer à la santé plutôt que d’être considéré comme une menace. Dans le domaine de l’activité physique, quelques premières études soulignent la part non négligeable du plaisir dans une pratique continue (musculation, rugby). Or aucunes études n’a été menée à propos de l’AP à des fins de santé. QLD_GCB_NEWS_TUGUNAGAIN_08DEC13

N’étant pas un spécialiste de ce type de méthode, je la résume brièvement. Les sujets inclus avaient plus de 60 ans et pratiquaient une AP régulière. Les entretiens se basaient sur la vie entière. Une partie de l’échantillon (n=34) a accepté d’être pris en photo durant leur pratiques d’AP. Un second entretien d’auto confrontation face à ces photos (prises durant une séane d’activité physique ou sportive) était organisé par la suite.

Les sujets pratiquaient des AP diverses : marche, danse, cyclisme, golf…. A la suite de l’analyse des entretiens retranscrits, une typologie du plaisir durant l’AP a été proposée : le plaisir sensuel, documenté, des actions habituelles, de l’immersion.

le plaisir sensuel, « le vent dans mes cheveux »- »sentir l’herbe fraîche »

le plaisir documenté, « rapporter par écrit les kilomètres ou randonnées réalisées »

le plaisir des actions habituelles, « l’activité physique, c’est juste une part de ma vie »

le plaisir de l’immersion, « quand je pratique, j’oublie ma maladie, mes problèmes »

Les auteurs soulignent l’importance que le plaisir rapporté ne situe pas uniquement durant la pratique. Ils ajoutent que la prise de plaisir associée à l’activité physique ne semble associée à l’apparence corporelle perçue.

Cette étude très originale sur la méthode, et la thématique mène son lecteur à plusieurs réflexions.

Dans la promotion de l’activité physique et ou du sport, on utilise souvent l’argument du plaisir, or dans la réalité, durant les séances, celui-ci est rare ou tarde à se faire sentir. Cela a des explications dans la structuration des instances sportives, des attitudes positivement associées au « il faut souffrir pour réussir ».

J’ai souvent interrogé des Enseignants APA sur leurs pratiques professionnelles, et me suis rendu compte que trop peu souvent la notion de plaisir était abordée. A mon sens, mixer sécurité pratique, réponse à des objectifs personnalisés et plaisir de pratique reste un enjeu majeur pour un Enseignant en Activités Physiques Adaptées.

Cassandra Phoenix, Noreen Orr. Pleasure: A forgotten dimension of physical activity in older age. Social Science & Medicine. http://dx.doi.org/10.1016/j.socscimed.2014.06.013

Le blog ActiPhysect fête ses 4 ans d’existence !

19/06/2014

Pour fêter l’événement, voici une sélection personnelle d’articles qui méritent d’être (re)lus.

L’effet placebo, l’Acticité Physique et la santé

La fatigue perçue est elle réellement un ennemi pour l’enseignant APA ?

Activités Physiques Adaptées et thérapie cognitivo-comportementale, un duo gagnant ?

La perte de poids chez les usagers accueillis en psychiatrie, les preuves sont là !

Troubles envahissants du développement et exercice physiquemano solo

Ce blog est né durant mon travail de doctorat, je profite aussi de cet article pour diffuser le travail qui en est issu, c’est à dire mon document de thèse. Si vous portez votre intérêt sur le sevrage tabagique, l’effet de l’activité physique sur celui-ci ou sur la dépression, sur le sevrage tabagique de fumeurs dépressifs, les mécanismes expliquant les effets de l’activité physique sur la dépression… vous y trouverez des informations francophones et les références associées. Voir le mapmind du manuscrit.

Ce travail a fait l’objet de deux publications (Bernard et al., 2012, 2013) et deux autres en cours. Si vous utilisez le document, voici la façon de la citer :

Bernard Paquito. Rôles de l’activité physique dans l’arrêt du tabac de fumeurs touchés par un trouble dépressif. Thèse de doctorat en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, sous la direction du Pr Grégory Ninot et du Pr Xavier Quantin, Université de Montpellier 1.

Bernard, Ninot, G., Guillaume, S., Fond, G., Courtet, P., Picot, M., & Quantin, X. (2012). Physical Activity as a Protective Factor in Relapse Following Smoking Cessation in Participants with a Depressive Disorder. The American Journal on Addictions, 21(4), 348‑355. doi:10.1111/j.1521-0391.2012.00242.x

Bernard, P., Ninot, G., Moullec, G., Guillaume, S., Courtet, P., & Quantin, X. (2013). Smoking cessation, depression, and exercise: empirical evidence, clinical needs, and mechanisms. Nicotine & Tobacco Research: Official Journal of the Society for Research on Nicotine and Tobacco, 15(10), 1635‑1650. doi:10.1093/ntr/ntt042

Lettre ouverte aux acteurs des Activités Physiques Adaptées en France

24/05/2014

Les Activités Physiques Adaptées (APA) ont trente ans d’existence en France et sont portés par un mouvement international prenant corps avec l’International Federation Adapted Physical Activity. Il apparaît important de dresser rapidement l’état des APA en France aujourd’hui.

La formation en APA repose sur une trentaine de Licence STAPS-APA-santé et sur un nombre difficilement quantifiable de Master. Les contenus de formation semblent assez éparses et les échanges avec des jeunes professionnels de différents lieux de formation font émerger des dominantes disciplinaires fortes en fonction des lieux de formation. En termes de lisibilité des contenus de formation (quantité et qualité d’heures de stage, « spécialités » locales…), les universités ne peuvent que progresser tant les efforts dans ce sens sont pauvres par manque de volonté ou de moyens.

La professionnalisation en APA demeure, depuis quelques années, une question traitée au sein des Universités. Celle-ci semble correcte voir bonne en fonction des lieux d’études et niveau de formation. Il apparaît que les professionnels APA investissent des domaines vraiment très diversifiés. Cependant, quasi aucune information n’est disponible sur le professionnalisation des premières générations de professionnels.

La recherche en APA reste à mon sens un défi. En effet, même si celle-ci est bien vivante à travers des publications de qualité, l’avancée des années témoigne de sa parcellisation en terme d’objet d’étude et d’approche disciplinaire. De plus, sa représentation reste diffuse à travers différentes sociétés savantes internes aux STAPS (Association des Chercheurs en Activités Physiques et Sportives, Association Francophone pour la Recherche en Activité Physique et Sportive, Association Francophone en Activités Physiques Adaptées) et plus que questionnable dans le champ de la santé. Il reste difficile d’en identifier les raisons même si la réorganisation de la recherche accentue ce manque de lisibilité.

L’implantation française des APA repose donc sur un bilan mitigé. A cela vient s’ajouter, un manque de reconnaissance des professionnels, une faible présence des spécialistes des APA dans les expertises scientifiques nationales, un faible nombre de plans envisageant d’introduire les professionnels APA dans la prise en charge de populations à risques et de la méconnaissance des APA de la part du grand public.

Il me semble que le développement des APA arrive à un point de bascule. En effet, les pouvoirs publics prennent conscience du potentiel de l’activité physique pour des raisons majoritairement utilitaristes plus que scientifiques. La question de la mise au pas de l’activité physique par la santé (1) et le monde du sport est d’actualité et amène les APA à une vision réductionniste. Dans ce contexte, les acteurs des APA sont face à une sorte de pari de Pascal (2) : restons sur des positions attentistes, individuelles et uniquement corporatistes et les APA vivoteront benoîtement ici et là ou supposons que les APA peuvent réellement être portées par une expérience collective fédératrice, accompagnée des bénéficiaires et menées avec conviction et ainsi elles seront vivantes et en évolution permanente.

L’avenir des APA peut prendre différentes formes, je me risque à proposer plusieurs pistes.

Les acteurs des APA se doivent de développer un système d’échanges horizontaux et dynamiques entre l’université et les professionnels APA qui en sont issus afin de faire état de positions communes dans le domaine de l’éducation et de la santé. Ces échanges pourraient à terme nuancer cette dichotomie cultivée université/terrain. Clairement, l’établissement de pratiques professionnelles basées sur des preuves en serait une résultante forte et pérenne, mêlant à la fois connaissances factuelles et savoir-faire (3). Dans ce cadre, les outils de communication, les échanges constructifs et les projets partagés manquent.

Le regroupement des professionnels des APA est porté aujourd’hui par la Société Française des Professionnels en Activités Physiques Adaptées (SFP-APA), est ce aujourd’hui suffisant, je pense que non. La force de cette association reste de pouvoir embrasser la complexité des APA tout en tentant des les circonscrire en termes de définition et de pratiques professionnelles. Le travail de fond et de reconnaissance auprès des institutions livré par la SFP-APA ne doit pas faire oublier que nombreux sont les professionnels APA qui doivent sortir du bois. Ainsi, le développement de projets autour des activités physiques à des fins d’éducation, de santé ou de loisir repose en bonne partie sur les domaines du médico-social et des fédérations. Or ces professionnels APA semblent être les moins actifs dans la reconnaissance de leurs pratiques et compétences.

Que connaît-on aujourd’hui des pratiques d’APA au sein d’Instituts Médico-Educatifs ? Qui sait aujourd’hui le nombre de cadres qui portent des délégations locales de fédérations sportives sans que l’on sache la vraie nature de leur formation initiale ? Il est tant que ces professionnels cessent de se cacher derrières leurs acquis ou leurs postes. Ne pourrait-on pas imaginer des formes de regroupement de ces professionnels pour faire (re)connaître la qualité de prise en charge des bénéficiaires par les APA ou leurs compétences de gestion de projet à long terme. La SFP-APA offre un support vivant pour une fédéralisation de professionnels APA ayant leurs spécificités. A ce titre, y-a-t-il une profession et des métiers dans le domaine des APA ou un cœur commun et spécifique aux APA, indépendant de son emploi ?

Nombreux sont les jeunes diplômés qui se lancent dans l’aventure de entrepreneuriat par défaut ou par envie. Ces projets naissent le plus souvent d’une volonté individuelle cantonnée à une zone géographique et ou certains types d’usagers. Naïvement, je m’interroge sur la place qu’ont les usagers dans la construction et le financement de ces projets, rappelant au passage que la SFP-APA citée plus haut, a basé son logo sur les bénéficiaires des APA (symbole fort). Encore une fois, l’avenir est à la fédéralisation de ces projets à une échelle nationale mais surtout à une réflexion sur les modèles sous-tendus par le choix de la forme entrepreneuriale. Ainsi, les formes d’entreprises portées par l’économie sociale et solidaire apparaissent comme une ressource inexploitée, agglomérant salariés, usagers, collectivités, entreprises et pouvant faire jaillir des prises en charges par les APA innovantes (e.g., Société Coopérative d’Intérêt Collectif (Scic)). Les instances publiques souhaitent aujourd’hui des réponses concrètes en termes d’AP, aux professionnels des APA de les construire dans le respect de l’usager.

Des mémoires d’étudiants s’empoussièrent, les rares présentations en congrès ou journées de travail cherchent l’oubli au fond des disques durs, les sites concernant les APA comptent sur les doigts d’une main. Les alertes internet associés aux termes APA recrachent des articles de presse locale flous (4), des articles scientifiques sur-vulgarisés et des écrits produits par des médecins employant le plus souvent l’expression sans réellement la connaître. Il est clair que les acteurs des APA ont intérêt à prendre leur clavier à deux mains. L’ancienne association Association pour la Promotion des Activités Physiques et Sportives reste un modèle du genre en termes d’articles produits. Nombreux sont les professionnels qui dépensent une énergie folle à se démarquer (pour ne pas dire critiquer) d’autres corps de métier, mais regardons ce qui se passe ailleurs. Des revues francophones ont depuis longtemps émergé chez les professionnels les plus variés, à mon sens la revue e-respect (5) pourrait devenir un modèle du genre.

Écrire, écrire, écrire et présenter, des étapes incontournables pour des APA vivantes mais prenons garde aussi d’expliquer les effets et pratiques des APA dans des supports divers comme les revues d’associations de malades ou de parents, les congrès pluridisciplinaires et de valoriser les productions scientifiques anglophones avec des résumés et critiques francophones. Uniquement les écrits sont sources d’échanges et de confrontation de points de vue pour rendre compte de la complexité qui émerge lors d’études ou de prises en charges en APA. Autrement dit, l’ultra simplification de la question de prescription de l’activité physique, du « sporticament » et les amalgames nourris autour du sport-santé seraient rapidement dépassés.

(1) Lien 1

(2) « Comme je l’ai dit parfois, nous sommes en face d’une sorte de pari de Pascal : supposons que rien n’est possible, et le pire arrivera ; supposons que l’on peut améliorer les choses, alors ; peut être le fera-t-on ». N. Chomsky. Raison contre pouvoir, le pari de Pascal.

(3) Hutzler (2011). Evidence-Based Practice and Research: A Challenge to the Development of Adapted Physical Activity. Adapted Physical Activity Quarterly

(4) Lien 2

(5) http://e-respect.fr/

Ce blog n’ayant pas pour objet ce type d’écrit, je m’en sers uniquement pour favoriser une diffusion large de cette lettre et faciliter les commentaires. Les propos tenus n’engagent que son auteur.

 

L’activité physique chez les sujets BPCO post-réadaptation ?

12/05/2014

Le maintien de l’activité physique après une prise en charge dans un centre de Soins de Suite et de Réadaptation est enjeu majeur pour les sujets touchés par une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Un précédent article du blog soulignait qu’un faible niveau d’AP chez les adultes BPCO était associé à une mortalité accrue.

En effet, si pendant de nombreuses années, la recherche clinique s’est uniquement centrée sur l’identification des caractéristiques des programmes de réadaptation les plus efficaces, la problématique majeure reste les changements de comportement des patients (adhésion au traitement, gestion des symptômes et surtout l’activité physique-(AP)).

L’étude de Soicher et al. (2012) tentait d’identifier les trajectoires en terme d’AP des patients BPCO à la sortie d’un programme de réadaptation (4 semaines en centre + 8 semaines, 3 séances/sem à domicile ou en centre) (1).

Methode

Les sujets étaient encouragés tous les 2 mois par téléphone à rester actif physiquement.

L’évaluation de l’AP a été réalisée à 4,6,8 et 12 mois post-réadaptation en utilisant un questionnaire. Les chercheurs ont aussi utilisé les données initiales afin d’identifier les facteurs associés aux trajectoires identifiées.

Résultats

3 trajectoires sont identifiées : Haut niveau d’AP entre 4 et 12 mois (n=61) – Faible niveau d’AP entre 4 et 12 mois (n=114) – Haut niveau d’AP à 4 mois déclinant jusque 12 (n=31).physical activity and COPD

Les facteurs associés à ces trajectoire sont les suivants : le passé en terme d’AP, la distance au test de marche de 6 minutes et les barrières perçues à l’AP.

Discussion

Cette étude souligne les limites des effets des programmes de réadaptation sur le comportement de santé : AP à long terme. Le message est assez clair, la prise en charge par l’AP durant ces programme doit viser une augmentation des capacités fonctionnelles mais surtout aider les sujets BPCO à préparer leur changement de comportement en terme d’AP.

(un précédent article souligne cette complexité). De ce fait, la construction des équipes Activités Physiques Adaptées (APA) au sein de ces structures devrait se baser sur des Enseignants APA et sur des coordinateurs APA, formés au conseil motivationnels et à l’utilisation d’outils adaptés aux patients.

Dans une perspective plus large, cette étude illustre les besoins de formation en psychologie de la motivation des étudiants STAPS APA.

Article en accès libre.

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